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A UN DIACRE DE LA MISSION, AUX BONS-ENFANTS

15 décembre 1639.

Ne pouvant avoir le bien de vous aller voir, comme je vous l’avais mandé, je vous prie par ces lignes de ne point céder à la tentation qui vous détourne de prendre le saint ordre de prêtrise, pour auquel parvenir vous avez fait quasi tout ce que vous avez fait depuis que vous êtes au monde. Disposez- vous-y donc, je vous en prie, pour le recevoir à cette ordination. Si vous différiez davantage, vous priveriez Dieu de la gloire qu’il en prétend, les bienheureux de la consolation qu’ils en auraient, les âmes du purgatoire du soulagement qu’elles en recevraient et toute l’Eglise militante des grâces que vous lui obtiendrez par vos sacrifices ; et qui pis est, vous réjouiriez le diable d’avoir eu le pouvoir de vous détourner de faire tous ces biens. De penser que vous en soyez une

Lettre 413.

Reg. 2, p. 280.

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autre fois plus digne, ô Jésus ! il ne le faut pas espérer. De ne le faire jamais, Dieu vous garde d’avoir à répondre de cela devant Dieu ; ce serait enfouir le talent qu’il vous a mis en main, auquel cas les Saintes Ecritures vous menacent d’un horrible châtiment. De dire que vous n’êtes pas capable d’un tel ordre et ne le serez jamais, je l’avoue, mon très cher frère, eu égard à l’infinie sainteté de l’œuvre ; mais, eu égard à notre misère, espérez que Notre-Seigneur sera votre capacité, comme il sera lui-même le sacrificateur avec vous.

Paris^ 1 7 décembre 1639.

Mademoiselle,

j’ai reçu, hier au soir, la vôtre, du jour de saint Nicolas L, laquelle me porte une fort sensible consolation en suite de la peine que j’avais du lieu où vous pouviez être et de l’état de votre santé. Béni soit Dieu de ce que vous voilà donc à Angers et logée avec le bon M. l’abbé de Vaux! Je ne vous répondrai pas par la présente à tout ce que vous me mandez, parce que je n’ai encore pu voir vos filles de La Chapelle et que le messager s’en va partir bientôt.

Je vous ai écrit cette semaine pour répondre à la vôtre de Saumur et adressé ma lettre à M. l’abbé de Vaux, auquel je me suis donné l’honneur d’écrire.

C’est aujourd’hui le samedi des quatre-temps, qui m’oblige à aller dire une messe à Notre-Dame pour la Charité. Après dînée ou demain matin, j’irai à La Cha-

Lettre 414. — Pémartin, oÿ. cit., t. I, p. 272, lettre 261.. Le manuscrit Saint-Paul a reproduit des extraits de cette lettre, p. 58.

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