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A FRANÇOIS DU GQUDRAY, PRÊTRE DE LA MISSION

A ROME

Vous devez faire entendre que le pauvre peuple se damne, faute de savoir les choses nécessaires à salut et faute de se confesser. Que si Sa Sainteté savait cette nécessité, elle n’aurait point de repos qu’elle n’eût fait son possible pour y mettre ordre ; et que c’est la connaissance qu’on en a eue qui a fait ériger la compagnie pour, en quelque façon-, y remédier ; que, pour ce faire, il faut vivre en congrégation et observer cinq choses comme fondamentales de ce dessein : i° de laisser le pouvoir aux évêques d’envoyer les missionnaires [dans] la part de leur diocèse qu’il leur plaira ; 2° que lesdits prêtres soient soumis aux curés où ils iront faire la mission, pendant le temps d’icelle ; 30 qu’ils ne prennent rien de ces pauvres gens, mais qu’ils vivent à leurs dépens ; 40 qu’ils ne prêchent, ni catéchisent, ni confessent dans les villes où il y a archevêché, évêché ou présidial, excepté les ordinands et ceux qui feront les exercices dans la maison ; 50 que le supérieur de la compagnie

19 septembre 1649) avoir vu Clément VIII, qui occupa le Siège de saint Pierre de 1592 à 1605.

Lettre 73. — Reg. 2, p. 1.

ait l’entière direction d’icelle ; et que ces cinq maximes doivent être comme fondamentales de cette congrégation.

Notez que l’avis de M. Duval 1 est qu’il ne faut point que l’on change rien du tout au dessein dont je vous envoie les mémoires. Baste pour les paroles ; mais pour la substance, il faut qu’elle demeure entière ; autrement, l’on n’y pourrait rien changer ni ôter qui ne portât un très grand préjudice. Cette pensée est de lui seul, sans que je lui en aie parlé. Tenez-y donc ferme et faites entendre qu’il y a longues années que l’on pense à cela et qu’on en a l’expérience.

Mademoiselle,

La grâce de Notre-Seigneur soit avec vous pour jamais !

Vous êtes une brave femme d’avoir ainsi accommodé le règlement de la Charité 2, et je le trouve bien. Pour

i. André Duval, célèbre docteur de Sorbonne, auteur de plusieurs savants ouvrages, ami et conseiller de Vincent de Paul, né à Pontoise le 15 janvier 1564, mort à Paris le 9 septembre 1638. Le saint ne prenait aucune décision importante sans recourir à ses lumières. Il demanda son avis avant d’accepter la maison de Saint-Lazare (Abelly, of>. cii ., t. I, chap. xxu, p. 97) et d’établir les vœux dans la congrégation de la Mission (lettre du 4 octobre 1647) • L’humble docteur s’émut un jour de voir son portrait dans une des salles de Saint- Lazare. Il insista tellement que saint Vincent dut enlever le tableau. ( Vie cC André Duval, docteur de Sorbonne , par Robert Duval, son neveu, ms. ; Un confesseur de saint Vincent de Paul , par J. Calvet, dans les Petites Annales de Saint Vincent de Paul , mai 1903, p. 135. )

Lettre 74. — L. a. — Dossier des Filles de la Charité, original.

1. Cette lettre a été écrite peu de temps après l’établissement de la Charité de Saint-Nicolas-du-Chardonnet, alors que la peste sévissait à Paris. Ces deux circonstances réunies indiquent clairement l’année

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