‹ Correspondance et documents relatifs aux événements récemment survenus dans les Territoires du nord-ouestChapitre 22 sur 56 · PRE RASE · texte numérisé non relu

PRE RASE

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nement.” Je demandai : “ quel gouvernement?” Ils dirent : “ le gouvernement que nous avons fait.” Je leur demandai ce qu'ils avaient instruction de faire si je refusais de m'en retourner? Ils dirent “qu’ils ne savaient pas—qu'ils n'avaient pas d'ordres.” Je les informai alors que j'étais envoyé pour gouverner le pays au nom de la reine d'Angleterre, et sous son autorité, et que je ne pouvais obéir aux ordres de leur comité. Je produisis en même temps ma commission sous le grand sceau et li remis au capitaine pour qu'il en prit*connaissance. Il ne pouvait évidemment pas la lire, mais le parchemin et le sceau parurent le convaincre que ce document était bien ce que je lui disais qu'il était. TI me la remit en disant que si ses chefs avaient vu cela, il pensait qu'ils ne m'auraient pas fait d'opposition—qu'ils ne voulaient pas prendre les armes contre la reine. T1 ajouta que j'aurais dû aller jusqu’à la barricade, ce que j'aurais pu faire sans étre‘inquiébé. Je lui répondis que je voyageais aussi vite que possible, lorsque j'avais été arrêté par un ordre écrit de son comité que je-lui présentai. Il le lut et dit qu’il n’était pas présent lorsqu'il avait été écrit, mais il admit qu'il venait du Comité National dont il remplissait les ordres. Son compagnon étant sorti de la chambre, il parut impatient de terminer la conversation et se leva pour partir. Je leur avais demandé leurs noms, qu'ils me donnèrent sans hésitation comme étant Lépine et Lavallée. Ils furent très-respectueux dans leurs manières, et paraissaient honteux de la commission dont on lesiavait chargés. Je leur envoyai demander s'ils voulaient manger, et ils répondirent qu'ils en seraient bien aises : ; en conséquence, je leur fis donner du lard, du pain et du thé. Apprenant qu'ils se disaient entre eux que s'ils avaient su que je venais représenter la reine aussi bien que le gouvernement canadien, et que je n'avais pas été envoyé pour les troubler dans leurs droits religionx ou personnels, ils ne se seraient pas joints au parti des insurgés, eb ayant remarqué Teffet produit par le grand sceau sur le capitaine de la bande, je résolus de les envoyer tous chercher, et de leur expliquer ma position eb mon autorité de la imême manière que je l'avais fait aux deux chefs. \Ils répondirent à mon invitation qu'ils étaient fatigués, que quelques-uns d'entre eux étaient allés au village eb ne pourraient me voir que le lendemain matin. Vers six hetires, lemême soir, M. Provencher et le capitaine Cameron arrivèrent au poste, escortés par six hommes à cheval, qui les avaient conduits comme prisonniers depuis la rivière Sale. Ces messieurs n'avaient pas pu aller au-delà de la barricade, ni avoir aucune commucation avec les autorités du Fort Garry. Le rapport de la mission ‘de M. Provencher et son résultat est transmis sous ce pli, marqué E.

Vers huit heures, mercredi, le 3 de ce mois, l'on enteudit parler à voix forte à la barrière, et en sortant.je vis le parti des rebelles, les armes à la main, formés en demicercle, gesticulant violemment, et déclarant avec menaces que si nous n'étions pas partis à neuf heures ils ne répondraient pas de notre vie. Je constatai qu'ils avaient mis en état d’arrestation M. Hallett, qui était sorti pour réitérer mon invitation de la veille au soir, et qu'il était alors att aché à un chariot, avec défense de parler à aucun de mes compagnons. Voyant leur attitude, et pensant qu'il ne serait pas prudent de leur donner un prétexte de pousser les choses plus loin, j'ordonnai d’atteler les chevaux, et nous partîmes au poste de la compagnie de 13 Baie d'Hudson, dans la direction de Pembina, escortés par une partie des insurgés à pied. Lorsque je fus arrivé au poteau qui 3 été posé pour indiquer le 49ème parallèle, le capitaine du groupe s'arrêta, ets'adressant à moi; me dit en français : ‘ T] ne faut pas que vous reveniez plus loin que cette ligne,” en montrant la borne fron-

ière. Il ajouta de plus qu'il ne me connaissait pas comme gouverneur, mais seulement comme M. McDougall. Comme trois ou quatre personnes nous avaient rejoints en route, mais qu’elles n'avaient aucun autre rapport avec nous, je demandai s’il leur était aussi défendu d'aller plus loin. IL haussa les épaules et dit qu'il n’en savait rien ; il ne les en empêcherait pas, mais peut-être seraient-elles arrêtées à la rivière Sale. Je partis alors, et

-mon escorte retourna au poste de la compagnie de La Raie d'Hudson.

Nous campâmes sur la ferme de M. Peter Hayden, vieux colon irlandais, qui était dans le territoire depuis quarante ans, et qui avait épousé la sœur du chef sauvage Kéwétaosh. Il fut très amical pour nous, et exprima de forts sentiments britanniques, bien

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qu'il vécût sur le côté américain de la frontière, Nous sommes restés là jusqu'aujourd'hui. Le temps étant froid et orageux, j'ai chargé ie colonel Dennis de louer une maison pour

nous loger, et des écuries pour nos chevaux, si on pouvait en trouver dans le voisinage, —-ce dont je doute. Le village de Pembina se compose de la maison du maître de poste, et d'une autre où le percepteur des douanes tieut son bureau. Toutes les autres, au nombre de quatre ou cinq, ne sont que des cabanes, eb u’offrent qu'un logemont fort peu agréable à leurs occupants actuels. Notre position est entourée de difficultés. Nous ne pouvons avancer à moins d'avoir nue force armée, qui nous fuit défaut. Nous ne pouvons nous en % retourner immédiatement, parce que nos chevaux ont besoin de repos et de grain avant de Ë pouvoir entreprendre un aussi long voyage. La neige peut nous prendre en chemin, et i uous mettre dans l'impossibilité de continuer notre route avec les voitures à roues. Il n’y ia ni maisons ni provisions entre Pembina et Georgetown, distance de 150 milles. Avec & les Canadiens qui nous ont rejoint en chemin, et qui ont maintenant peur d'avancer plus ie loin, mon parti se compose actuellement de vingt personnes. Le colonel Dennis est aussi “avec moi, eb suivra probablement ma fortune, puisqu'il a été expulsé du pays en même temps et par la fnême autorité, Après avoir examiné la situation, et avoir décidé en moimême de la conduite qu'il était de mon devoir de suivre, je tins conseil avec MM. Richards “et Provencher et le colonel Dennis. Le capitaine Cameron était alors éloigné de nous, et sa ayant déjà agi plus d’une fois suivant son propre jugement et contrairement À mon avis, à son grand désaväntage en même temps qu'au nôtre, je ne l’attendis pas pour le consulter. J'avais auparavant envoyé le colonel Dennis savoir quelles provisions nous pourrions nous drocurer pour nous-mêmes eb pour nos chevaux. II fit rapport que l’approvisionnement ide thé, sucre, farine, sel et viande (fraîche), que l'on pouvait obtenir au poste de la éompa-

fonie de la Baie d'Hudson, était suffisant pour nos besoins, si les rebelles ne s’en saisissaient

pas où ne nous cmpêchaient pas d’en prendre possession. L'on ne pouvait se procurer que séquelques minots d'avoine (une vingtaine) des deux côtés de la frontière, mais il avait * “entendu dire que l'orge était plus abondante, quoique ce grain même pût être difficile à se

, Fous ces circonstances, nous décidâmes :— 1°, de nous procurer, s'il était possible, les vingt minots d'avoine que nous étions déjà en marché d'acheter, parce que nos chevaux en avaient grand besoin ; 2°, de nous procurer toute l'orge que nous pourrions trouver pour les besoins futurs ; 3°, d'envoyer chez l'agent de la compagnie de la Baie d'Hudson pour se procurer toutes les épiceries, la farine et la viande qu’il nous faudrait au moins pour trois sou quatre semaines ; 4°, après nous être pourvus de provisions suffisantes pour nous “permettre de nous rendre au moins jusqu'à St. Cloud, si nous voyions qu'il devenait ‘nécessaire de retourner à cet endroit, de nous établir 1à le plus confortablement qu’il nous erait possible sous des tentes, ou dans les maisons, si nous pouvions nous en procurer,

n Canada avant que j'eusse pris les rênes du gouvernement. Nous résolûmes donc de ester à Pembhina pendant urie semaine ou deux, si nous pouvions avoir des provisions.

: Je puis faire observer que l’on me fit voir aujourd’hui une preuve par écrit que les ha- . ébitants du village américain de Pembina sont en communication constante avec les chefs de 6 qu'ils appellent “ l'armée des patriotes,” à la rivière Sale. Un M. Stuttsman, ex-employé u département du Trésor, qui demeure ici depuis quelque temps, et qui agit en qualité avocat de village, et que l’on dit avoir beaucoup d'influence, rencontra les insurgés endant qu'ils venaient au poste de la Baie d'Hudson, mardi, et eut un court pourparler vec eux. Nous constatâmes aussi que les chefs du parti étaient descendus et s'étaient nsultés avec lui et d'autres personnes du village, aussitôt après qu’ils m’eurent remis leur

avec cette personne pendant le voyage, qui causa quelques commentaires parmi notre parti, était parvenu aux oreilles de Stutisman, ce qui l'a d'autant mieux préparé à lui accorder sa confiance. D'un autre côté, je n'ai aucun doute de sa loyauté à mon égard, et que si le : ‘ passeport ” du col. Sbuttsman est reconnu par les rebelles, més lettres parviendront à |! leur destination. !

Feryue Lanrose, 1 mille au sud de la rivière Pembina, ! U

Lord

L ? novembre 1869.

Nous avons réussi à obtenir nos approvisionnements pour deux ou trois semaines du poste de la compagnie de la Baie d'Hudson. Nous les avons fait traverser ‘la frontière pendant la nuit, avec l'aide de notre ami l'Irlandais, qui les a envoyé chercher dans un chariot à bœufs. Les éolaireurs de l'ennemi, qui rôdaient dans les environs pour épier nos démarches, furent apparemment trompés par ce mouvement, et lnissérent passer le chariot sans l’examiner. Aussitôt après, j'ordonnai de lever les tentes, et notre parti se rendit à environ un mille au sud de la rivitre Pembina, sur la ferme d'un Canadien nommé Larose, du Sault Ste. Marie. Il est Sauvage quarteron, mais il est intelligent et bienveillant. Il a consenti à nous donner l'usage de sa maison, qui est neuve, étil vase construire une hutte pour lui et sa famille. “II a aussi une écurie pour nos thevaux qui, avec quelque si amélioration, powra très bien répondre à nos besoins. La maison nécessite quelque modi. : À fications pour loger les femmes et les enfants que nous avons aveé nous, même pour peu ge de temps, eb nous avons fait un marché à cet effet. MM. Richards, Provencher et Begg ont ‘ trouvé à se loger provisoirement dans le village, et le capt. Cameron et les siens sont! LÀ encore dans la exbäne del Irlandais, qu'ils partagent avec une nombreuse famille d'enfants / jé métis, i #

J'ai reçu du Fort Garry une communication d’une date plus récente que celles apportées par le col. Dennis et M. Hallett. Les malles ont été arrêtées et ouvertes par les ge rebelles, et je n'ai aucun doute que toutes Les lettres adressées à moi ou à mes compagnonsi à ont été ouvertes et retenues. J’attends maintenant d'heure en heure un messager duf È Fort Garry, qui franchira la baxricade comme ami des rebelles, ou qui là tournera comme: : le Col. Dennis l’a fait. Il nous sxrive des rumeurs de toutes sortes, comme vous pouvef, à le supposer. La dernière est que le Fort Garry a été pris par les rebelles, que le gouver- pa neur MeTavish a été obligé de quitter sa maison et le fort, que des sentinelles sont postées par tout l’Eteblissement, ‘et àla maison que l’on a louée pour moi sur l’Assiniboine, ste qu'il ne se fait aucune tentative de résistance d'aucun côté. : ps

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Daraxcre, 6h. P. M. :

Un messager vient d'arriver d'un endroit situé à environ quarante milles en bas de his rivière. Jlm apporte nue lettre sans signature, que je crois venir du Dr. Schultz ed d’autres Canadiens (voir document marqué H). Cette lettre confirme l'histoire de la pris du Fort Garry, ainsi que l’inaction et l'impuissance des autorités. à Je répondis par un petit billet, sans signature, par le même messager, informant rai teur de Îa lettre que j'avais l'intention de rester ici pour le moment ; que je ne pouvait supposer ou croire que les agents de Ia compagnie de la Baie d’ Hudson désiraient le succés

des rebelles, ou qu'ils leur donnaient des secours, à moins d'y être forcés ; ‘que j avais ‘entamé Gas‘ négociations avec les autorités et que je leur avais suggéré de lancer uni proclamafion, expliquant le changement de gouvernement : et ma qualité “officielle, et mrétd nant les mécontents des conséquences de leurs actes ; 5 qu'en tems opportun je lancerii moi-même un manifeste où une proclamation, que j'en attendrais l'effet et me guiderii pe xp. d’après les circonstances. Je priailes mêmes personnes de communiquer avec moi aus

même tems, j'adressai un petit billet au gouverneur McTavish, craignant que mes lettres “# précédentes ne lui fussent pas parvenues. (Voir document marqué I.) Je m'entendis avec < le messager (qui est un Métis allemand intelligent et loyal) pour qu'il maintint un moyen

de communication particulier, si c'était possible, avec l'Etablissement, pendant mon séjour se D'après la narration qui précède, et les documents ci-joints, Son Excellence sera en mesure d'apprécier les difficultés dont je suis entouré, et les graves questions qui peuvent ‘4 bientôt se présenter à sa considération. Tout en espérant recevoir un message m'infor- # mant que l'émeute est terminée, et que l'autorité de la couronne sera reconnue dans ma LA personne, par ceux qui sont maintenant sous. les armes, j'avoue qu'il y a des faits qui tendent fortement à faire croire à un résultat différent. ‘#% Je puis faire observer en terminant que, prévoyant la possibilité de quelque inter- “éruption de la nature de celle que j'ai éprouvée, j'ai pris des arrangements à St. Cloud “pour faire transporter les armes et munitions à Georgetown, et d'y attendre mes ordres. “Elles sont maintenant cn la possession de l'agent de la compagnie de la Baie d'Hudson à “ce fort, evelles ne courent aucun danger de tomber entre les mains des rebelles. Si 4j apprends quelque tentative de leur part pour s’en emparer, je prendrai des mesures pour eles faire transporter au Fort Abercrombie, si c’est possible. J'ai l'honneur d’être, ete.,

Wu. MoDouaazr.

’hon. Secrétaire d'Etat pour les Provinces, :

Ottawa.

Fort Garry, Rivrèren-RouGes, 30 octobre 1869.

ropos de votre arrivée dans le pays, ce qui fait qu'en veuant dans l'Etablissement vous ge devez user de la plus grande circonspection ; et c'est afin d'attirer votre attention sur cette nécessité que je vous écris cette lettre. :

Depuis quelques semaines, des rumeurs me sout parvenues de sources plus ou moins svguthentiques, indiquant que les Métis français sont très mécontents des arrangements Le cents; mais croyant alors que ce mécontentement n’ébait pas général, j'espérais qu'il févanouirait. Mais, je le dis avec peine, j'ai été tromyé dans cet espoir, et depuis quelques #JOurs ce mécontentement s'est manifesté de manière à créer des appréhensions sérieuses sur & résultat qu'il peut avoir. Après avoir arrêté les” tavaux d’arpentage du col. Dennis,

"Dès le moment que les choses ont pris un aspect grave, la conduite de ces gens à été, puis le dire, le sujet des délibérations sérieuses des autorités locales ; mais quoique l’on ï fait tous les efforts que le conseil aït jugés prudents ou praticables pour ramener ces gens Harés à la raison, et pour obtenir leur dispersion paisible, je suis fâché de dire que, jusici, tout à été inutile, et que la difficulté, qui est maintenant devenue grave et alar- Anbte, est encore sans solution, eï que nous ne savons comment vous mettre véritablement Fabri des dangers qui vous menacent à votre entrée dans l'Etablissement.

J'apprends du col. Dennis qu'il vous a déjà envoyé par différents individus des Érapports sur l’état actuel des choses, et que dans sa dernière communication il vous conseil-

Bit. de rester à Pembina jusqu'à ce que vous appreniez, par quelque voie sûre venant

souvent que l'occasion s'en présenterait, mais qu'il. valait mieux agir que récriminer. En

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LAUYF pe He ee d'ici, d'une manière ou & une autre, que la route est assez libre pour que vous puissiez si Pr venir. Il me semble que, dans les circonstances, ce conseil du col Dennis était Fe Là

bon et judicieux, et mon esprit a été délivré d'une grande anxiété en entendant cet officier exprimer la ferme conviction que vous suivriez ce conseil, bien que je ne puisse wempêcher d'ajouter que je partage pleinement son chagrin en me voyant obligé de vous donner un pareil avis. ’ '

Je n'ai pas vu moi-même les lettres que le col. Dennis vous a écrites au sujet de ces malheureux événements, mais il a eu la complaisance de les lire à quelques membres du conseil, afin de les mettre en état de juger de l'exactitude de ses renseignements ; eb d'après ce qu'ils m'en ont dit, je n’hésite nullement à vous déclu'er que Je contenu des communications du colonel peut être regardé par vous comme étant en somme une narration exacte des événements dont il parle, et qu'il représente avec justesse le sentiment populaire dans l'Etablissement.

La question qui se présente maintenant à tous les esprits est de savoir ce qu'il ya de mieux à faire pour effectuer paisiblement votre entrée dans l'Etablissement. Jusqu'ici, tous nos expédients ont échoué ; et à moins que des mesures de temporisation, que l'on emploie maintenant pour la dispersion des mécontents, ne réussissent, il est à craindre que votre entrée en ce moment ne soit accompagnée d'un grand danger.

Vous avrez, par les dépêches du colonel Dennis et par cette lettre, une connaissance aussi entière et exacte de ja position des affaires ici que l'on puisse vous donner par écrit ; à et m'étant convaincu que vous êtes au fait de toutes les circonstances principales de #2 l'affaire, je crois que vous êtes maintenant en état de décider l'importante question de vos mouvements ; eb je n'ai pas besoin de dire que j'attendrai votre décision avec la plus grande : anxiété. té Mais sans vouloir en aucune manière vous prescrhe ce que ‘vous devez faire, je me permettrai d'ajouter qu'il s’est offert, à ceux qui, avec moi, ont délibéré sur les meilleures Hi mesures à prendre dans des circonstances d’une nature aussi embarrassante eb aussi criti- # que, trois moyens de surmonter la difficulté actuelle. :

Le premier est — comme il y a heureusement, même parmi les Métis français, un : élément considérable de personnes bien disposées —de choisir avec soin parmi cette section * ne un corps de vingt ou trente hommes qui, à cheval et armés, se rendraïent à Pembina et vous 44 escorteraient jusqu’à votre résidence dans l'Etablissement par un chemin détourné, qui vous # 1 ferait complètement éviter les routes sur lesquelles on sait que les mécontents se sont À postés. :

Le second serait de faire un appel public à toute la partie loyale de l'Etablissement en £ l'invitant à se ranger à la cause de l’ordre, et en l’invitant à fournir 300 hommes alertes ‘et vigoureux, si on pouvait obtenir ce nombre, qui se rendraient à Pembina sans armes pour vous escorter jusque dans l'Etablissement par la route ordinaire, que les mécontents l'occupent ou non.

Et le troisième est que vous restiez à Pembina et attendiez l'issue de négociations! conciliatrices entamées dans le but dé faire disperser paisiblement les mécontents.

Maintenant, à lé égard du premièr de ces moyens, il est, à mon avis, sujet à la grave objection que, si même il devait aboutir à vous faire arriver en sûreté parmi nous, il; impliquerait virtuellement la recontäissance de l’ascendant des insurgés, et tendraït à rehausser leur courage duns la poursuite de leurs desseins ; en outre, je suis fortement? d'opinion que, dans les circonctances actuelles, votre personne” ne pouxrait pas être suffisam-} ment protégée par un détachement aussi faible que celui que l’on Propose, — détachement}

qui aurait l'effet de provoquer la lutte, mais qui serait impuissant à la soutenir, "È

Le second est un moyen a#üduel les autorités locales ont constamment pensé, mais k auquel elles se sont déjà refusé de recourir, dans des circonstances à peu près semblables en partie par défiance de l’étendue et de l'esprit de la réponse qui serait faite à un pareilé appel, et en partie aussi, mais principalement, par la crainte de provoquer une lutte entro* les différentes sections de la population, qui pourrait plonger ñon-seulement l'Etablissement, % mais tout le territoire, dans les désastres d'une guerre de races et de religions, — guerre

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: dont le légitime objet serait bientôt perdu de vue, pour faire place aux passions eb aux préjugés de ceux qui s’y trouveraïent engagés. 1 11 semble au conseil et à moi-même que, sous les circonstances actuelles, la troisième ; h proposition est la seule qui puisse être regardée comme prudente où praticable ; et nous ‘i sommes en conséquence d'opinion que vous restiez à Pembina pour ÿ attendre l'issue de : négociations conciliatrices, entamées dans le but d engager les insurgés à se disperser paisi- ! blement.

: Il ne me reste plus qu'à ajouter que, bien que cette lettre soit ostensiblement écrite ; ! par moi, elle contient les vues du conseil d’Assiniboia, et que, à une réunion de ce conseil . : tenue aujourd'hui expressément dans ce but, elle a été unanimement adoptée comme étant la communication que je devais vous faire immédiatement. Espérant sincèrement que l'on arrivera bientôt à une solution paisible de toutes ces # difficultés, ï Je demeure, mon cher monsieur,

Votre tout dévoué,

W. MoTavisx.

JEupt, 28 octobre.

La situation n’a pas changé. Vers neuf heures, j'ai envoyé au parti de M.'Dease un Ésac de farine, un quartier de bœuf et une petite quantité de thé et de sucre. Vers onze ‘“éheures, je me rendis auprès du Dr. Cowan, que je trouvai en compagnie du juge Black. ‘Don m'apprit que le gouverneur avait écrit au Père Ritchot de venir le voir et que ce prêtre était 1à avec lui M. MeBeth, membre du conseil, vint chez le Dr. Cowan “pendant que j'y étais, et la conversation roula sur la nécessité de faire connaître à M. McDougall, soit par la voie du conseil, soit par une autre source officielle, la situation ‘des affaires, et cela de manière à ce qu'il reçût cette information avant d'arriver à Pembina. à i e leur dis avoir pris chaque jour note des faits et circonstances liés à l'insurrection, et que ‘en avais envoyé à M. McDougall la relation, es spérant qu'elle lui parviendraït à à temps, et due pour faire voir au conseil jusqu'à quel point j'avais ainsi renseigné M. McDougall, je n'avais aucune objection à lui montrer ces renseiguements, bien qu’en les écrivant mon “intention ne fût pas de les rendre publics. Le conseil maunifesta le désir de prendre con- -Daissance de cette relation. Je l'envoyai chercher et j'en donnai lecture. J'eus la satisfaction e voir que l’on fut unanime à reconnaître l'exactitude des renseignements et avis que favais envoyés, et le juge Black fit observer que le conseil ne pour: aïé rien y ajouter qui pût mettre M. McDougall mieux au fait de l'état des affaires. É 5. p. m.—Le juge Black vient d'entrer pour dire qu'après une entrevue de trois éhieures, le gouverneur n'avait pu faire entendre raison au Père Ritchot ni à ses compaions. Î1 dit aussi que M. Dease lui à appris que les insurgés ont proposé au parti ‘de la Le que s'ils s’alliaient à eux pour expulser M. McDougall du territoire, au cas où il ie efuserait d'accéder à leurs demandes, ils lui permettraient d'entrer dans l'intervalle. M. Black ajoute avoir dit à M. Dease qu'un pacte de cette nature ne pouvait être cepté, vu qu'il pourrait donner lieu au même outrage que celui qui est maintenant ne Il fut convenu que M. Dease reverrait ce soir les insurgés, et qu'il essaierait

VENDREDI, 29 octobre.

% Les négociations dont il était question hier soir n’ont abouti à’rien. M. Dease a fait pport que sur des assertions qu’il croit avoir été faites hier soir par le père Ritchot, ce parti a déclaré que le gouverneur McTavish étâit favorable -à ses projets. D’ après la dE « Contenance de M. Dease, j je ne suis pas sûr d’avoir réussi à le convaincre autant que je le * RER moi-même que rien n'est plus éloigné de la vérité. $i M. Ritchot à affirmé pareille

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ose, ce n’a pu être que dans l'intention d'induire son parti en erreur et de le contrôler.

J'ai envoyé d’autres provisions pour une journée au parti de M. Dease. J'ai été invité à rencontrer, à 9 heures ce matin, quelques mombres du ‘conseil : M. Sutherland, M. Fraser, le Dr. Cowan, M. Dense et le juge Black. Après quelques pourparlers, il a été convenu que MM. Fraser et Sutherland iraïient au camp des insurgés eb essaieraient de les bien persuader que l'élément anglais de la colonie est tout à fait adverse à leurs projets, et aviseraient à.ce qu'il faut faire pour les engager à se soumettre. J'ai fourni des moyens de transport à M. Wm. Hallett et au chef cris, le Renard, et ils sont aussi partis pour le camp des insurgé$, chargés d'une mission analogue.

3 ». M.—Charles Donald, Métis anglais, habitant de la paroisse Mapleton, en bas du fort inférieur, qui avait été chargé par M. Dease de prévenir tous les Métis bien disposés de sa section de se tenir prêts s'ils étaient appelés à joindre son parti, vient justement d'arriver d'en bas, et se rend auprès des insurgés pour leur remettre une lettre dont copie se trouve à la page 458. (1) Son cheval était épuisé de fatigue, ayant voyagé deux jours et une nuit ; je lui en fournis un autre, |

9 P. M—MM. Fraser et Sutherland sontvenus apporter la note ci-jointe du Dr. Cowan. Ces messieurs disent que lors de leur visite au camp des insurgés, ils rencontrèrent le père Ritchot, qui les conduisit dans une chambre particulière de son habitation, où se trouve la chapelle, et refusa pendant longtemps de les mettre en rapport avec les chefs du mouvement, et qu’il s'efforça de leur persuader qu'il serait impossible de les induire à se retirer de la position qu'ils avaient prise. Néanmoins, ces messieurs insistèrent, et, en fin de compte, le prêtre les conduisit dans le haut du même: édifice, dans ce qu’il appelait la chambre du ” comité, où siégeait effectivement le comité, composé de dix membres. Ces messieurs firent connaître le but de leur visite, mais on leur dit que rien ne pourrait se faire en l’absence du président, qui fit son apparition peu après et que l'on reconnut être John Bruce, personnage dont il est question plus haut, MM. Fraser et Sutherland firent ensuite plusieurs questions relativement au but que se proposait le parti. Pas une seule réponse ne put être obtenue d'aucun des membres, et à la fin il devint même difficile de se faire entendre. L'on eut dit que les chefs Bruce et Riel—ce dernier était aussi dans la chambre—craignaient de permettre à ces messieurs de parler, dans la prévision que leurs arguments pourraient peutêtre amener la défection dans leur camp. M. Wm. Hallett était aussi présent et parla en

langue sauvage au comité—dont la plupart des membres lui étaient connus—mais on refusa

de le laisser continuer: On entendit le prêtre, qui, de la chambre d’en bas, écoutait évidemment les délibérations, faire éette observation : “ Mais pourquoi ne parlez-vous pas français?” Ayant passé là toute la journée sans avoir obtenu aucun résultat, MM. Fraser et Sutherland s’en revinrent. Ils disent que le nombre du parti, dont chaque membre, autant qu'ils ont pu le voir, était complétement armé, peut être porté à environ 150 hommes. M. Hallett et le chef sont aussi revenus et corroborent de tous points le rapport de MM. Fraser et Sutherland. M. Hallett me dit que le chef le Renard parla avec beaucoup d'effet dans son idiome sauvage aux insurgés qui se tenaient en dehors; ils ne quittèrent le camp que quelque temps après les messieurs désignés ci-haut. M. Hallett me dit qu'il remarqua des signes d’indécision parmi les chefs subalternes des insurgés. Il pense qu'il y a tout lieu de croire que cette indécision augmentera à mesure que se fera sentir l'influence des autres Métis, et que la conjuration finira par tomber. M. Hallett m'apprend aussi que les insurgés ont envoyé chercher le chefla Grosse-Oreïlle et ses gens pour qu'ils se joignent à eux, et ce chef, avec dix de ses hommes, sont venus en conséquence. Cependant, informé du motif de l'insurrection, le chef refusa de s’en mêler. Il se sépara, ainsi que ses gens, de ce parti, et alla dans une maison près de là, où lui (Hallett) et le chef le Renard eurent une entrevue hier soir avec lui. Ces hommes m'envoyèrent une note par Hallett, dans laquelle était exprimée leur opinion à l'égard de ce mouvement—{Voir le mémoire françäis annexé.) (2) J'ai tout lieu de croire que tous les Sauvages, au fait du but des insurgés, y sont entièrement opposés. Si l'affaire prend ure tournure plus sérieuse, reste à savoir si les prêtres pourront les rallier à leur parti. Hallett dit, et, son assertion est corroborés par

(1) Sic dans l'original.

(2) Ce mémoire n’a pas été transmis.

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MM. Fraser et Sutherland, que le Père Ritchot aurait fait observer que M. McDougall pourrait peut-être venir par quelque autre route, et donné à entendre par son langage que dans ce cas ils ne le poursuivraient pas, ainsi qu'ils en ont maintenant l'intention.

SAMEDI, 30 octobre.

Rencontré le Dr. Cowan et le recorder, au fort, à 9 À. u. La rivière Rouge étant difficile à traverser, parce que la glace commençait à se former, le père Lestanc était resté toute la nuit avec le gouverneur et venait justement de le quitter après lui avoir promis qu’il exercerait toute l'influence de sa position pour.mettre fin aux troubles.—J'ai été informé que l’on envoyait chercher tous les membres du conseil que l’on pourrait réunir vers 11 heures pour qu'ils assistassent à une assemblée spéciale convoquée pour cette heure.— Les chefs la Grosse-Oreille et le Renard étant tons les deux en ville, j'ai tenu à les voir et à offrir à chacun d'eux une couverture de laine, quelques provisions eb quelques autres articles de peu de valeur.

5 p. M.—J'ai vu le Dr. Cowan et le recorder au fort. Le résultat de la réunion du conseil a été la rédaction d’une lettre à M. McDougall, qui m'a été lue, et par laquelle on l'informait de la situation, tout en lui suggérant différents moyens d'action. Cette lettre part ce soir, et de crainte d'accident, un double partira par la malle de lundi. Conformément à sa promesse de ce matin, le Père Lestanc est venu ce soir au fort avec le gouverneur, auquel il a dû, je pense, exprimer ses regrets de ce que tous ses efforts n'aient été d'aucune utilité. : |

Jusqu'à présent, le parti du père Ritchot n’a montré aucune disposition à vouloir céder, Par son langage, au contraire, et en arrêtant, comme il l’a fait, des chariots qu’il a détenu inutilement avec les effets qu'ils contenaient, il a irrité l’esprit de ceux qui

* étaient disposés à se tenir à l'écart, irritation qui pourrait devenir encore plus prononcée

et accroître les difficultés.

J. $. Dennis.

[C.] ; Adresse au col. Fort Garry, 27 octobre 1869.

Dennis, pré- Aux Colonel Dennis.

sentée par les

” habitants anglais Les sousvignés, sujets anglais, présents à une assemblée tenue ce soir

dlvilede. à Garrett House, ville de Winnipig, conformément à une résolution passée

Winnioi . 1 s à pas offrent dé e à cet effet, prennent la liberté de vous informer qu'ils'sont prêts à se

rendre à Pembina mettre à votre disposition pour aller jusqu'à Pembina et servir d’escorte pour faire escorte au gouverneur McDougall jusque dans cet Établissement. aulieut. gouv. ' 99 Signatures MeDougall jus- = LS ° qu’à l'Etablissement de la Rivière-Rouge. — Reçue le 27 oct.

1869. A ‘ E Peugina, à novembre 1869.

L'Hon. Wm. McDougall, C. B., Pembina.

Moxsieur,-—J’ai l'honneur de vous faire rapport que selon vos instructions du 30

; du mois dernier, je suis parti du Fort de Pembina avec l'intention de me rendre aussi loin - que possible dans la direction du Fort Garry, et là de rencontrer les chefs du soi-disant il. parti des Métis. À peine à quelques milles de Pembina, je remarquai que tous mes

mouvements étaient surveillés de près par des éclaireurs en communication constante d’un

F point à un autre. Ces éclaireurs étaient à cheval. Vers 5 heures p. m., un de ces & derniers se mit à suivre ma voiture. Il refusa de me dire son nom, mais il ajouta que : son intention était de m’accompagner jusqu’à la rivière Sale; où était érigée la barricade. * Ne pouvant aller jusqu’à cet endroit ce soir-là, la nuit venue, je logeai dans une maison - près de la route. Mon hôte, qui paraissait faire cause commune avec les insurgés, prit { toutes les précautions pour m'empêcher de fuir durant la nuit, On craignaït surtout que je * me rendisse au Fort Garry, car un de leurs principaux objets était de couper toute commu- & nication entre vous et les autorités du Fort. ‘

Le lendemain matin, j'allai à l'endroit appelé rivière Sale, où je trouvai la route fermée par une clôture et une garde à pied d'environ trente à quarante hommes. Je descendis immédiatement de voiture et demandai à parler à l'officier commandant. On me répondit . que l’on me conduirait à son habitation, qui se trouvait à £ ou 5 minutes de marche audelà de la clôture. Je dis au cocher de m'’attendre, mais on lui intima de me suivre avec la voiture. J'étais accompagné d'une garde de dix ou quinze hommes, tous armés de fusils, de carabines et de pistolets de différentes espèces. On m'offrit d'assister à l'office religieux qui commençait, ce à quoi je consentis. Je parlai à plusieurs que j'avais raison de croire chefs des insurgés ou liés à eux de quelque manière. Je restai surpris de voir: qu'ils ignoraient l'existence des mesures du parlement canadien ou impérial concernant le Territoire du Nord-Ouest. Ils savaient seulement que le Canada avait payé à la compagnie de la Baie d'Hudson £ 300,000 pour ses droits sur ce territoire.

Je leur expliquai que le parlement impérial avait autorisé la cession des Territoires du Nord-Ouest au Canada, et que le parlement canadien et la compagnie de la Baie d'Hudson avaient arrêté les conditions de la cession. J'insistai particulièrement sur le fait que lorsqu'il serait établi par une proclamation à cet effet, ls gouvernement représenterait la couronne d'Angleterre et le gouvernement du Canada, mais que le Canada n’était devenu que possesseurs des titres de la couronne et de Îa compagnie, et qu'il ne pourrait ni ne voudrait s’immiscer dans les droits civils ou religieux des citoyens. J’ajoutai aussi que beaucoup de membres du nouveau conseil seraient choisis dans la population de ce pays, afin de représenter aussi fidèlement que possible tous les intérêts du peuple; que l’on pouvait juger quelle était la politiquedu gouvernementcanadien par sa conduite envers les autres provinces et par les discours des ministres sur cette question même ; et que le peuple canadien serait trop heureux de pouvoir abandonner une partie de sa responsabilité en leur accordant de libres institutions politiques et un gouvernement responsable, dès que les circonstances le permettraient.

Îls me parurent de suite envisager la question sous uh tout autre jour, mais tous É répondirent qu'il était trop, tard, que le mouvement insurrectionnel avait pris de trop grandes proportions pour qu'un réglement paisible fût maintenant possible, L'on m'a dit, “ en cette circonstance, qu’un nouveau gouvernement était déjà organisé, qu’une nouvelle # constitution était rédigée, que les élections avaient eu lieu, et qu'ils étaient en pourparler Û avec les Métis anglais et protestants, à l'effet de régler toute choses concernant la langue, # la nationalité ou la religion. J'ai su que cs même comité avait aussi à décider sur ce di qu'ils feraient par rapport à ma mission.

Autant que j'ai pu m'en assurer, ces bommes se plaignaient généralement de n 'avoir Ë pas été consultés au sujet des changements politiques à la veille de s'effectuer. Ils dirent si avoir toléré le gouvernement de la Compagnie seulement comme chose existante, parce : qu’en réalité la charge en était peu lourde et qu'ils n'avaient aucun motif pour demander} un changement, quoique depuis bien des années ils aient agité la question d'élire leurs? : représentants au conseil d'Agsiniboia, et que maintenant ils étaient décidés à profiter des événements récents pour réaliser ce désir. ê

Ils dirent de plus avoir été grandement malmenés, abusés par quelques personnes considérées comme représentant les vues du gouvernement canadien, et qu'ils étaient ainsi portés à craindre que l'établissement du gouvernement projeté n’exposât leurs droits à un£e yrand danger. Dans ces conjonctures, ils avaient résolu d'enlever à ce nouveau gouverne ment toute possibilité de s'établir en ne permettant pas au gouverneur récemmentià nommé d'entrer dans le pays.

Vers quatre heures p. A., je fus présenté au président du comité spécial des Métis, quiééà commença par me demander en quelle qualité je me trouvais là. Je fis connaître quel était votre mission-et la mienne, Alors il me dit que comme chef des Métis, poste euque : il était récemment nommé, il ne pouvait reconnaître la validité d'aucun acte du gouverné! ment canadien à leur égard, ni notre nomination ; mais que, cependant, si le gouvernemen#e canadien Je voulait, ils “étaient prêts à entrer en négociation avec lui, ou toute persons revêtue de pleins pouvoirs, pour arrêter les conditions de leur entrée dans la confédération canadienne, ë

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T1 me fut dit en outre que pour cette négociation ils ne recevraient comme représentants du gouvernement canadien, que des personnes qui leur conviendraient, et qu’ils objecteraient péremptoirement à la nomination de certains individus. Immédiatement après cette entrevue, qui dura environ vingt minutes, l'on m'a dit qu ‘il me fallait partir sur-le-champ pour le Fort Pembina. J’appris ensuite que la foule m'avait appelé à grands cris pendant deux lieures et qu'elle avait grande hâte de me voir partir. Je m'en Tetournai avec une garde de treize cavaliers armés. Sept d'entre eux me quittèrent le lendemain matin, et les six autres se rendirent avec moi jusqu’au Forb Pembina, où j'arrivai le 2 novembre, à 6 heures du soir.

. J'ai l'honneur d'être, Monsieur, 1. Votre très-obéssant serviteur, à J. A. N. PROVENCHER.

[F.] Psirmina, 2 Novembre 1869.

Au Gouverneur MeTavish, ete, Fort Garry.

Cuer Monsieur, —J’ai l'honneur d’accuser réception de votre lettre du 30 octobre, que m'a remis le colonel Dennis, m’annonçant qu'un corps d'hommes armés est réuni sur la route près de Fort Gary dans le but avoué de m'empêcher d'entrer dans l'Établissement. Le coïonel Dennis m'avait déjà informé des allées et venues de ces gens, et comme vous me dites que ses communications à mon adresse ont été montrées et approuvées dans leur à, teneur par les membres de votre conseil, je n'ai aucun doute de posséder à cette heure assez à de renseignements pour me faire connaître l'origine et la nature de l’insurrection que votre # gouvernementn'a pu empêcher, et qui, pour le présent, faït obstacle à mon entrée dans le pays.

J'ai suivi le conseil du colonel Dennis (conseil approuvé et réitéré par vous) de rester “quelques jours à Pembina, dans l'espoir que les mesures que vous avez prises auraient pour résultat de faire quitter aux insurgés la position qu'ils occupent actuellement. Comme vous le savez, la cession du territoire et des pouvoirs politiques à vous confiés, doit prendre effet à compter du jour que la proclamation royale indiquera ; d'ici 1à—et l’on m'a informé que ce serait vers le premier jour de décembre prochaïin—vous êtes légalement gouverneur lu pays, et responsable du maintien de la paix publique. Ma commission m'autorise et n'ordonne de me charger des pouvoirs politiques et de les exercer à compter de ce jour. J'ai en même temps recu instruction, dans l'intervalle, de me rendre au territoire, de faire rapport sur certains sujets, et de préparer le nouvel état de choses.

Dans ces circonstunces, vous devez comprendre que l'autorité légale qui doit éprimer toute rébellion qui pourrait avoir lien avant Îa cession des pouvoirs poliiques est en d’autres mains que les miennes. Vous ne vous êtes pas, paraît-il, cru ustifiable d'appeler à votre aide, pour réprimer l'insurrection dont vous m'avez informé, es habitants loyaux et bien disposés du pays. De cela, je dois conclure que, connaissant rnieux que moi les dispositions du peuple et les moyens à À votre portée pour faire respecter Votre autorité, vous êtes resté convaincu que cet appel n “aurait produit aucun résultat fficace ; mais je ne puis m'empêcher de croire, cependant, qu'une proclamation émanant e votre gouvernement, —dans le but de faire connaître les dispositions du récent acte mpérial concernant le territoire du Nord- Ouest, ainsi que l'autorité en vertu de laquelle le nouveau gouvernement doit exercer ses pouvoirs, eb cela, tout en avertissant les méconets de ia gravité du crime qu'ils méditaient, et des conséquences funestes devant en ésulter pour tous les intéressés— n'eût pas été bien accueillie ; elle eût peut-être empêché les ù 2 ieneurs de ce mouvement d’ accomplir leur dessein ; cependant, je tiens du colonel Dennis au aucune prôclamation ou avis officiel à <e sujet n’a encore été publié au Fort Garry.

À cette distance du théâtre des évènements, et dans les circonstances où je me trouve, 8 mo sens dans l'impossibilité de faire aucune autre recommandation. Les mesures que OUS avez us seront peut-être couronnées de succès, ce que j'espère en toute sincérité, en

Cher Monsieur, Votre dévoué serviteur, Wu. McDovcaLr.

PEMBINA, 4 novembre 1869.

Au Gouverneur MceTavish, etc, Fort Garry.

Cwer Monsieur, — Depuis que ma lettre du 2 courant est écrite, et'avant d'avoir trouvé une occasion de l'expédier, il s’est passé des événements qui changent en quelque sorte la situation des affaires, Dans l'après-midi de ce jour, un corps de cavaliers (armés) au nombre de quatorze, est venu an: galop jusqu'au poste de la compagnie de la Baie d'Hudson où j'étais stationné, et m'a demandé une entrevue. Deux d'entre eux, qui f parurent reconnus comme chefs, eb qui, sur ma demande, dirent se nommer Lépine et Lavallée, déclarèrent avoir été envoyés pour me sommer de partir—que je ne devais pas É

\ rester au poste plus tard que neuf heures le lendemain. Je leur demandai par qui ils Ë : étaient envoyés, et de la part de quelle autorité ? Ils divent avoir été envoyés par leurs À chefs et l'autorité du gouvernement. Quel gouvernement ? demandai-je. Ils répondirent : Ê ‘ Le gouvernement que nous avons établi.” J e leur dis que je ne pouvais me soumettre ë aux ordres de leur gouvernement, vu que j'étais envoyé par l'autorité de la reine pour ‘ administrer le gouvernement eu son nom. Je leur montrai en même temps ma commission sous le grand sceau, et leur en expliquai la teneur. Le capitaine de la bande regarda le sceau et le parchemin, et essaya de lire le document, maïs il le remit aussitôt en disant que ; l si je m'étais rendu ct que j'eusse montré à à ses chefs la commission émanant de la reine, ils ne m'auraient pas, raicnt aucun désir de braver l'autorité de L la reine. Il ajouta que Fonraio pu faire cette démarche sans aucun risque, Je lui répliquai Fi que je me rendais aussi rapidement que je le pouvais, lorsque ses prétendus chefs m'inti. mèrent de ne pes procéder plus loin, et lui:montrai en même temps une lettre du ‘“ Comité à National,”—signée par John Bruce, “président, et Louis Riel, secrétaire—qui me fut remise dès mon arrivée à Pembina. Oela parut l'embarrasser un peu, et il finit par dire qu'il # ie n'était pas 1à quand la lettre avait été écrite. J'el ui demandai quels étaient ses ordres dans FE le cas où je refuserais de quitter le territoire? J1 répondit qu’il n'en avait pas, et son Le 4 compagnon étant sorti quelques minutes auparavant, il se retira subitement. ie

Vu l'effet produit par ma commission, eb la remarque que son parti ne voulait pas Ka braver l'autorité de la couronne, je me décidai à inviter toute la bande (qui comptait alors À Ë vingt hommes, par l'arrivée de ceux qui avaient fait escorte à M. Provencher et au (a ca $. Cameron) à à eonférer amicalement, afin de leur faire connaître la vérité sur ma ë pésition et la leur; mais ils s’excusèrent auprès du messager en disant que leur bande était Fe

dispersée et fatiguée et qu'ils me verraient le lendemain matin. Comme huit heures if du matin allaient sonner, et ne voyant aucuns préparatifs pour notre départ, ils entou-

rèrent la barrière et nous ordonnèrent en vociférant de partir avant neuf heures. Le chef déclara que ses ordres étaient positifs, et qu'il ne répondait pas de notre vie si noue restions. Ils avaient en même temps fait prisonnier M. Hallett, qui était sorti pour leurfat parler de la conférence projetée ; et voyant qu'ils étäient mal disposés, eb qu'ils pourraient à : se porter à quelque autre violence, j'ordonnai que l’on attelât mes chevaux, et sans attendre ; le déjeûner, je traversai la ligne dans la direction de Pembina, escorté par une partie dé la bande les armes à la main. Arrivé au poteau indicateur de la frontrière internationale; ils s'arrêtèrent et me recommandèrent de ne pas revenir au-delà de cette limite, en mie

disant qu’ils ne me connaissaient pas comme gouverneur, maisseulement comme 1

McDougall. - L'on enjoignit au col. Dennis de m'accompagner, ce qu'il fit, et il est resté avec moi es

M. Hallett qui, pendant quelque temps, était resté attaché à un chariot, agec défense dé

parler à aucun de mes gens, fub envoyé dans la direction du Fort Garry, sous une escort armée.

Je suis maintenant campé à une petite distance de la ligne frontière, sur la ferme ip

M. Hayden, et je compte demeurer dans le voisinage jusqu’à ce que je sache quelles mesure

ces nouvelles: Ilne me reste plus qu’à dire,que si le peuple du territoire se soumet ee résistance au gouvernement que ces Métis ont ou prétendent avoir établi, je n’ai -actuellemen

qe POP PO

aucune force à ma disposition, ni l'autorité pour lui opposer résistance. Quant aux | opérations militaires ou autres auxquelles il faudra nécessairement recourir, vous n'avez que faire des avis'que je pourrais donner. J'ai fait un rapport des faits tels qu'ils me sont parvenus aux autorités. | | . | |

Je puis ajouter, pour votre information, que j'ai de bonnes raisons de croire que sur le côté américain de la ligne, des personnes s'occupent activement de fomenter ces troubles, et que dans l'Établissement se trouvent des individus de quelque influence qui correspondent avec elles. Leur but avoué est d'amener l'annexion du territoire aux EÆEtats-Uniz. J'ignore si le soulèvement des Métis français tend à ce résultat, mais il est bon de connaître les influences et les motifs qui'sont en jeu. . J'espère que vous prendrez les moyens de me tenir au courant de ce qui se passe pardelà la barricade, et que vous me direz si, selon vous, il scrait de quelque utilité. que je restasse ici pendant quelque temps.

J'ai bien des détaïls à communiquer verbalement, et qui vous parviendront, sans doute, par des personnes dignes de foi, n'étant pas sûr que cette lettre se rendra sans avoir #nété lue par d'autres.

J'ai l'honneur d'être

Votre très respectueux serviteur, Wu. McDoucaLL.

| l'Honoruble William Ac Dougail, C.B., etc., Pembina.

, Comme amis, nous désirons vous faire connaître, par le porteur de la présente, qui t un homme digne de confiance, où en sont les affaires d'ici. Les insurgés se sont emparé

de Ë +

LE

“résistance. La ville est aussi occupée par les rebelles, mais il n’y à pas eu de trouble jusqu'à présent, Il y a beaucoup d'indécision parmi les Métis du parti de Riel, parce

Les rebelles convoquent une assemblée générale pour lundi prochain, dans le but de rovoquer l'expression de l’opinion qui règne dans la colonie. Nous veillerons à ce que us soient présents. - Nous: n'avons aucun doute qu’une forte majorité sera en votre enr, et nous vous recommandons instamment d'attendre à Pembina le résultat de cette La compagnie de la Baie d'Hudson fait évidemment cause commune avec les rebelles, son but est, de vous empêcher d'entrer officiellement en relation avec eux. On dit que les belles maintiendront le gouvernement de la Baie d'Hudson tel qu'il existe aujourd'hui. üs les subalternes du parti insurrectionnel disent que si vous avez une commission de Majesté vous autorisant à entrer ici comme gouverneur, ils mettront bas les armes. l eb les autres chefs font en sorte qu’ils ne sachent rien. Si la proclamation peut être Omulguée ici, et si le gouvernement de la compagnie de la Baie d'Hudson est. officielle. nt priée d'agir, la compagnie se verra forcée de réprimer l'insurrection, et c'est ce qu’elle t faire aisément. - :

‘ Le chiffre réel des insurgés n'excède pas en tout 250 hommes, et la plus légère oppo- On le réduirait à 40, y compris les prêtres et leur supérieur.

En ville, le spartisans desrebelles commencent à manifester beaucoup d'inquiétude. Nous

es d'avis que la proclamation devrait être envoyée par le porteur et nous verrons à

u’elle soit afichée ici. TÆEnvoyez-en des copies en double à *** au Portage de la Prairie,

un homme sûr. ’

Pour aucune raison ne quittez pas Pembina avant d’avoir établi une communication

iGielle avec la compagnie de la Baie d'Hudson. Toute lettre que vous enverrez par le

eur lui sera fidèlement transmise. . *

Nous sommes des amis du gouvernement canadien.

, D novembre, Winnipig.

Em.

Au gouverneur Mclavish, etc.

CuEr Monsieur,— Je ‘profite de cette occasion pour vous apprendre qu’une bande de 20 hommes armés m'a contraint de quitter le poste de l1 compagnie de la Baie d'Hudson et de repasser la ligne. Je suis maintenant sur le territoire américain, où je vais rester pour le présent. Je vous ai écrit deux lettres — toutes deux sous la même enveloppe — pour vous donner des détails sur l'état de choses ici ct suggérer à votre gouvernement d'émettre une proclamation expliquant la nature du changement politique et avertissant les insurgés des conséquences de leurs actes. J'ai été désappointé d'apprendre de ceux que. j'ai vus qu'ils n'avaient pas été informés officiellement par personne que le changement de gouvernement était le fait d'un. acte impérial sanctionné par la reine. Je vous ai aussi rappelé, ainsi qu'à votre conseil, que d'ici à ce que le transfert soit accompli et la proclamation publiée, vous êtes le souvernement légitime et responsable du maintien de la paix publique. Par une communication que m ‘a remis le porteur de la présente, j'ai été surpris d'apprendre que vous ayez permis à quelques rebelles de s'emparer de votre fort sans résistance aucune, ni même sans protester publiquement. Il va sans dire que je ne suis guère en mesure de pouvoir bien juger ou donner des avis dans les circonstances critiques où je me trouve ; mais dans l'espoir que par quelques moyens le peuple finira par être éclairé sur ses actes, et qu'il reculera devant les conséquences d'une guërre et des confiscations qui devront sûrement en résulter, je vais rester ici jusqu'à ce düe j’apprenne officiellement que la cession du territoire a été effectuée, et me guider sur les événements pour ce que je devrai dire et faire. . °

Avec l'espérance de recevoir d'amples détails sur ce qui s’est passé eb sur ce que vous conseillez de faire là et ici, je me souscris votre très respectueux serviteur,

Peugina, 7 novembre 1869.

Wu. McDoucaz.

: VILLAGE DE PEuBina, E.-U.,

11 novembre 1869.

À l'Honorable Ministre des Douanes, Ottarva.

* Mowsieur, — J'ai l'honneur de vous faire rapport que je suis arrivé à Pembina le 30 du mois dernier, en route poux le Fort Gaxry, en compagnie du gouverneur McDougall et de sa suite.

Vous êtes sans doute au fait des circonstances qui -nous ont empêché d'aller plus loin, et de la manière dont nous avons été expulsés du poste de la compagnie de la Baie d'Hudson et reconduits sur le territoire des Etats-Unis par une bande de vingt: Métis armés.

Le gouverneur va attendre ici quelque temps les résultats de l'insurrection. Il va sans dire que je n’ai rien de mieux à faire que de rester avec lui, et de me guider sur ses avis et démarches. ;

Jusqu'ici, les dépenses ont été très considérables. Tout est au prix de guerre. D'ici à ce que je reçoive la réponse de votre département à ma lettre, mes fonds seront épuisés. Je vous prie donc de me faire une remise, et je vous en rendrai compte.

J'ai l'honneur d'être, monsieur, Votre très obéissant serviteur,

ALEXYANDER BEGG, ° - Percepteur.

Orrawa, 29 novembre 1869.

Reçue par M. Monsieur, — J’ai eu l'honneur de recevoir, vendredi, vos dépêches des MeDougall le 5 eb 7 novembre, la première datée de Pembina, et l’autre de la ferme Larosr. 16 décembre. Huit incluses, comprenant votre correspondance avec le gouverneur Mel'avisli et les rapports que vous ont fait le colonel Dennis et M. Provencher, me sont également . parvenus,

: Ces documents ont été de suite mis devant Son Excellence le gouverneur-général et le conseil, et examinés avec empressement par le conseil privé. Cette crise esb aussi grave qu'inattendue, et si l’on agit inconsidérément, elle peut conduire à une guerre civile, sinon nationale, dont il sera impossible de prévoir la fin.

Le, premier devoir du gouvernement était de communiquer aux ininistres de Ga Majesté les faits rapportés. Le gouverneur général a immédiatement envoyé par le câble sune dépêche au ministre des colonies, et copie de tous les documents a été expédiée par ln “malle anglaise partie d'Ottawa ce matin.

L'insurrection dont vous parlez ne constitue pas simplement une expression de mé- -contentement contre le gouvernement du Canada, mais elle est encore une violation ides lois impériales et un défi porté à l'autorité de la couronne. Toutes les négociations relatives à la cession-de ce pays ont eu lieu avec l’assentiment du gouvernement de Sa Majesté, et le prix d'achat a été prélevé sous la garantie impériale. Des deux côtés il fut admis que la souveraineté de Ia reine était incontestable, et que son pouvoir de protréger ses sujets, même dans cette partie éloignée de ses domaines, serait affirmé avec ferimeté et décision. Dans cette circonstance, il a paru au conseil privé qu'il serait peu sage de compliquer les affaires par l'adoption des mesures lhâtives tant que le gouvernement de Ale reine ne se serait pas prononcé.

Le gouverneur-général est encore en communication par la voie du cäble avec le mijiuistre des colonies, et je pourrai peut-être, avant de fermer cette dépêche, vous transmettre inssez exactement les vues du gouvernement de Sa Majesté.

Dans l'intervalle, il m'est enjoint de vous exprimer le désir du gouvermneur-général n conseil que vous évitiez soigneusement tout conflit avec les insurgés, ainsi que toute iolation des lois de neutralité des Etats-Unis qui pourrait donner prétexte à l'intervention du gouvernement américain.

Cette dépêche vous sera remise par un messager spécial qui pourrait vous être utile, u qu'il parle bien le français et qu'il est homme d'expérience.

Vous voudrez bien, pour le présent, rester à Pembina, et demeurer convaincu comme ous le-sommes que le gouvernement de Sa Majesté saura juger de la gravité des faits et rendra les mesures propres à maintenir l'autorité et venger l'honneur de la couronne, et ela tout en pourvoyant avec sollicitude au bon gouvernement du Nord-Ouest,

J'ai l'honneur d’être, Monsieur, Votre très-obéissant serviteur, Joserx Howe.

;, P. S—Le messager ne peut partir que dans un jour ou deux ; le duplicata sera nvoyée par lui.

FERME LAROsE, PEMBINA, 9 novembre 1869.

L’Honorable Secrétaire d'Etut pour les Provinces,

Ottawa, Canada.

Moxsisür,—J'ai l'honneur de faire rapport que, conformément au 13e paragraphe e mes instructions, j'ai pris des mesures “ pour le proloñgement du télégrapue depuis , territoire jusqu'à Pembina, et pour le faire relier de cette dernière place au réseau de la compagnie ou des compagnies de télégraphe américaines, ” en faisant pour cet objet un

nues sure +

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arrangement provisoire avec la compagnie de télégraphe du Nord-Ouest, dont les lignes s'étendent actuellement à l'ouest jusqu'à St. Cloud, dans le Minnesota.

Quelque temps avant mon départ d'Ottawa, j'eus une entrevue avec M. Wood, l'un des directeurs de la compagnie de télépgaphe.du Nord-Ouest, cet m'enquis auprès de lui de la position de sa compagnie, et s'il y avait quelque probabilité que ses lignes fussent bientôt prolongées jusqu'à la Rivière-Rouge. Il me promit d'en parler aux autres directeurs et de me laisser savoir les intentions de la compagnie, et les conditions auxqueller elle consentirait à prolonger la ligne jusqu’à Pembina ou au Fort Garry. Je dis à M. Wood que le gouvernement, en vertu de ses arrangements avec la compagnie de la Baie d'Hudson, achèterait une grande quantité de fils télégraphiques et d'isolateurs, qui avaient! été envoyés et qui étaient alors au Fort Garry. La lettre ci-jointe, marquée À, contient le! résultat de cette conversation ; et comme elle m'avait été transmise par le département des -

Travaux Publics, après ma nomination à ma charge actuelle, elle servit de base à l’arrangement que je conclus avec la compagnie pendant que j'étais en route pour me rendre ici. Je vis à Chicago le président de la compagnie de télégraphe du Nord-Ouest, et après pas discuté la question avec lui, et l'avoir examinée sous ses différents aspects, J'écrivis enË

définitive la lettre marquée B, acceptant quelques-unes des conditions proposées par li : compagnie, eb demandant la modification de quelques autres. Je lus le projet de cette : lettre au président, au moment de partir de Ühicago, et pour répondre à quelques-unes dË ses objections, j'ajoutai le mémoire marqué BB, vu qu'il n'était pas prêt à conclure lei arrangements sans consulter de nouveau ses collègues ; et comme je désirais élucider à

quelques autres points, je convins de lui écrire de St. Paul et de terminer l'affaire d’une. manière ou de l’autre. La lettre B, avec le mémoire BB, fut envoyée à M. Simmom à (président C. T. N. O.), accompagnée de la note personnelle marquée C, datée de St. Paul # il en accusa réception, et la convention fut close par le télégramme F que je reçus à: St. Cloud. La lottre E, de M. Simmons, me parvint à Pembina, où j'ai été retenu par Jef circonstances que j'ai relatées dans mes rapports antérieurs. ë

fi

Vous remarquerez que par la convention que j'ai conclue, sauf Fapprobation de Su Excellence en conseil, il n’est pas Stipulé que le gouvernement canadien devra payer à hé compagnie aucune somme d'argent pour la construction.de la ligne. Vous verrez aussi que sur une distance de près de 300 milles, c'est-à-dire de Breckenridge au Fort Garry, 1

n'y a ni villes ni villages sur le territoire américain, eb que par conséquent il n'y de aucune perspective de nature à engager la compagnie à prolonger ses lignes au-delà dé Breckenridge, où le réseau des chemins dé fer de l'Ouest doit aboutir pour le moment. Lei profits de l'exploitation qui, dans les circonstances les plus avantageuses, proviendraienté# de l’établissement anglais de la Rivière-Rouge, ne sauraient justifier une compagnie Cconstruire et entretenir 300 milles de ligne télégraphique. La base sur laquelle le présiden! > de la compagnie désirait conclure l'arrangement portait que chacune des parties devaië: payer moitié du coût de la construction d’une ligne de St. Cloud au Fort Garry. Sa propt: : sition (suivant la lettre A) aurait divisé les frais, d’après l'évaluation de la compagnie, 4 peu près dans cette pr oportion. Mais je lui représentai que la compagnie prolongerait tri probablement sa ligne à ses propres frais jusqu’à Breckenridge, bientôt après l’achèvet ment du chemin de fer, et que le problème à résoudre entre mous était le prolongsk: ment d’une ligne entre Breckenridge et le Fort Garry. Pour lever la difficulté qui paraissait insurmontable sans l'organisation d'une nouvelle compagnie et Je prélèvement d’un capital d'au moins $50,000, je proposai de fournir les fils poué toute la ligne, mais d'en faire peser le coût sur la compagnie pour la partie situt£ à l'est de Breckenridge, au prix coûtant, et de nous faire rembourser au moy# de télégrammes. Comme nous avons au Fort Garry, d’après les renseignements q j'ai reçus, une plus grande quantité de fils qu'il ne nous en faudra pour rempli cette convention, j'ai pensé qu'il serait avantageux d'en vendre 200 milles de manière que je viens de dire. C'est simplement convertir, en argent un article que autrement nous serait resté improductif et qui est sujet à se détériorer. J’attire. vot attention sur l'importante stipulation d’une déduction de 75 pour cent sur les dou

EE

ments publics et les dépêches de plus de 50 mots. Il m'a semblé que parfois il pouvait résulter un grand avantage de la transmission wverbutim immédiate d’une ordonnance devant recevoir l'approbation de Son Excellence. Dans le cas d'opérations militaires ou d'autres affaires qui demandent de l'expédition, une communication formelle, et complète par le télégraphe peut être d’une grande importance. En, pareils cas, les dépenses seraiént minimes, comparativement aux avantages qui en découleront.

En somme, je suis fortement d'opinion que cet arrangement est très favorable pour le gouvernement du Canada, et que la compagnie exécutera énergiquement et honorablement sa part de l'entreprise. J'espère done que l’arrangement sera confirmé sans retard,

J'ai l'honneur d’être, etc.,

Wu. MoDouaauz.

(41 ComPAGNIE DE TÉLÉGRAPHE DU NoRb-OUESsT,

| KExosxa, ler Octobre 1869.

L'Honorable William McDougall,

Commissaires des Travaux Publics, Ottawa.

Caer Moxsieur,—M. Wood m'informe que vous désirez que notre compagnie vous asse une proposition pour la construction d’une ligne de télégraphe depuis le Fort Garry ou Pembina, se reliant à nos ligrres du Minnesota. Sachant que vous avez une grande quantité de matériaux télégraphiques au Fort Garry ou dans le voisinage, nous faisons otre proposition en tenant compte de ce fait,

Nous construirons une bonne et solide ligne, à un seul fl, reliant le Fort Garry à nos ignes, durant la saison de 1870. Lorsqu'elle aura été construite, nous l’entretiendrons endant un an (etensuite si elle es rémunérative) à nos propres frais. Si nous ne pouvons retirer de l'exploitation de la ligne les frais d'opération et d'entretien, nous nous éservons le droit de l’abandonner ou d’en disposer de la manière qui nous conviendra le mieux, en vous laissant la faculté de l'acheter au prix coûtant. * Nous consentirons aussi à aire au gouvernement du Canada, sur ses dépêches officielles, une déduction libérale, d'au moins vingt-cinq pour cent du tarif régulier, sur toutes nos lignes.

"De votre côté, vous nous assurerez le droit de propriété et le droit d'exploitation de a ligne entre Pembina et le Fort Garry, gratuitement et sans taxe.

* 20. Vous nous livrerez, à vos frais, à certains endroits sur-les bords de la rivière Rouge u Nord, entre le Fort Garry et un endroit appelé Breckenridge, dans l'Etat du Minnesota, urant la première partie de la saison de navigation de 1870, cinq cents milles de fil élégraphique galvanisé, avec les isolateurs et les chevilles nécessaires pour le poser.

Si notre proposition est acceptée, nous aurons besoin d’une prompte réponse, afin que ous puissions nous procurer nos poteaux de cèdre, que nous croyons pouvoir obtenir sur à rivière Mississipi, les faire livrer à St. Paul, et de là les envoyer à la rivière Rouge, jour y être mis en radeaux et les faire distribuer suivant les besoins. Cette proposition urait été faite plus tôt, si notre compagnie eût été en état de lafaire. Nous ne connaisions rien du pays, ni s’il pouvait nos fournir les poteaux, et il nous a fallu du temps pour avoir à quoi nous en tenir. Nous n’entrevoyons encore aucune perspective de succès à ‘heure où nous sommes, mais sur ce point nous avons décide d’en courir le risque.

Espérant recevoir une prompte réponse,

Je suis, etc., 2. G. Simmons, \ Président Cie. Télégraphe du Nord-Ouest,

de

[8] Cicaco, 11 octobre 1869.

.Z G. Simmons, Ecr., Président Cie. Tél. N.-0., Kenosha, JU.

Cuer Moxsieur,— Votre lettre du ler de ce mois, par laquelle vous proposez de construire une ligne de télégraphe du Fort Garry, sur la rivière Rouge, à un certäin endroit dans le Minnesota, laquelle se réliera avec vos lignes actuelles, eb que vous nradressiez comme ministre des travaux publics de la Puissance du ‘Canada, m'a été envoyée depuis que je suis parti d'Ottawa.

Ayant été autorisé par le gouvernement canadien à concluro nn arrangement provi- & soire avec votre compagnie, j'ai maintenant l'honneur de soumettre à votre acceptation les : modifications et additions suivantes à votre proposition :

1°. Votre proposition que nous vous fournissions cinq cents milles de fil télégraphique est inadmissible ; mais je m'engage à vous en fournir une longueur suffisante, avec les iso. lateurs, pour constraire la ligne du Fort Garry à Breckenridge, sur la rivière Rouge, et # de le livrer à trois points : 1° An Fort Garry ; 2° à Pembina; 3° à Georgetown, en quantités telles que vous indiquerez. és

2° Le surplns du.fil, jusqu’à une longueur de 500 milles, qui pourra être nécessaire pour compléter la liaison avec les lignes existantes, vous sera fourni à condition que vous Ë l'achetiez au prix coûtant, et que vous le paierez en télégraphiant pour le gouvernement ? É du Canada et celui du Territoire du Nord-Ouest. La moitié des comptes présentés pour ce ii service par votre compagnie sera payable en la portant au crédit de cet achat, jusqu'à ce “

que le prix du fil aïnsi acheté soit acquitté. ei - 8° Par “ tarif régulier,” j'entends le tarif des prix qui ns seront alors pas plus élevés, Fe proportionnellement, que ceux exigés sur vos lignes du Minnesota pour les dépêches recu nes Là # et envoyées de divers points de cet Iitat. 1 4° En sus d’une réduction de vingt-cinq pour cent sur les dépèches oflcielles ou du à gouvernement de moins de cinquante mots, nous nous attendons que vous ferez un rabaï #? de soixante-quinze pour cent sur les rapports et documents officiels de plus de cinquante! . mots, qui pourront être expédiés la nuit, comme les comptes-rendus où dépêches doi He journaux. re 5° Il est entendu que ce rabais dans les deux cas s’appliquera à toutes les lignes inter. médiaires entre la vôtre et les localités.en Canada, auxquelles des dépèches peuvent étre? expédiées, aller et retour,-et que votre compagnie fera les arrangements nécessaires à cet eftot.

Avec ces modifications, j'accepte votre proposition et je vais immédiatement soumettre l'arrangement à l'approbation du gouvernement dela Puissance, J'ai l'honneur d’être, etc.

- Wu. McDoucaLz, - Lieut.-Gouv. des Territoires du Nord-Ouest.

(BB.) [Mémo.] ° Fe Ï1 est entendu que si le gouvernement américain exige des droits de douane sur le fe s'étendant depuis'la ligne 49° à Breckenridge (qui doit être fourni suivant la convention) le montant de ces droits sera porté au crédit de l'achat du fil pour: la ligne au sud de Bref kenridge, mais les droits (s'il en est imposé) sur le fil en dernier lieu mentionné serou< ;

payés par la compagnie.

- Wa: MoDoucaLz.

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