‹ Correspondance et documents relatifs aux événements récemment survenus dans les Territoires du nord-ouestChapitre 35 sur 56 · RENE RER · texte numérisé non relu

RENE RER

ne Dee

ES

dcuments publics, et ont fait prisonniers le trésorier et les ofliciers chargés des fonds üblies. Je n'ai pas appris s'ils avaient délogé le gouverneur MuTavish de sa résidence cielle, mais il est évidemment 4ors de combat, personnellement et officiellement. Je n'ai u aucune communication de sa part depuis le 19 de ce mois, ni directement ni indireciment, bien que dans sa dernière lettre il me promit de cominuniquer de nouveau imméatement avec moi. Comme je n'ai éprouvé aucune difficulté à envoyer ou recevoir de Établissement des communications particulières, j'en infère que les rebelles ont si bien iprisonné le gouverneur qu'il ne peut ni recevoir ni envoyer quoi que ce soit qu’ils és approuvent, # Le soir du même jour, Riel fit une sortie dans le bné de s'emparer des provisisons-du Quvernement confiées à M. Snow, prétendant qu'il ne voulait qu'en faire l'inventaire. Melques Canadiens employés à l’arpentage se trouvant dans le voisinage, et indignés de gbte conduite des rebelles, et craignenë aussi que la prise de possession de ces provisions ï les rebelles ne fortifiât considérablement leur position, ils résolurent de les transporter force, si c'était nécessaire, au fort inférieur de la compagnie de la Baie d'Hudson : is après réflexion, ils comprirent qu'il serait peut-être imprudent de provoquer un fit en ce moment, sur un pareil sujet, el comine les autorités locales ne vonlaient ou pouvaient rien faire, ils m'envoyèrent un jeune Canadien, M. Newcombe, le même soir, éc la lettre marquée A. Il arriva ici saus accident, ayant fait à peu près la moitié du émin à pied, cb parcouru toute la distance de 67 milles en 20 heures. Il était prêt # partir à pied ou à cheval après s'être reposé une heure, si j'eusse cru la chose nécessaire. ôn énergie, son courage, son zèle, et le rapport qu'il nous fit des sentiments de la partie >yäle des habitants, nous inspirèrent à tous l'espoir qu’une réaction était commencée, et Waussitôé que les débris'impuissants d'un gouvernement moribond et inactif seraient fartés, l’on pourait sans danger inviter les gens loyanx et.fien disposés à se rallier pour idéfense de l'ordre eë de la loi. Mais en conséquence des relations particulières qui istent entre les Métis français ct le reste de la population, je n'ai pas cru devoir permettre dune “bataille ” eût lieu à propos de quelques effets du gouvernement, jusqu’à -ce qu’il isurvenn quelque conilit qui aurait excité les Métis anglais et francais et les aurait xaspérés contre les insurgés. L'interruption des affaires, qui réduit le prix des grains et lève celui des marchandises, l'arrestation d'hommes comme Hallett, qui ont une influence “le et de nombreuses relations de famille, l'enlèvement des provisions des colons sans payer, et l'occupation dé leurs maisons s4ns leur consentement, et Ja probabilité d’une Sion provenant de quelqu'un de ces faits, me paraissent justifier un délai dans l’orgaisäbion d'une oppositiun &n projet formé par Riel pour enlever le larl et la farine du Otvernement qui, s'il réussissait, ne serait pas regardé par les Métis comme un bien grand die, où un fait à pronos duquel ils dussent risquer leur vie. De plus, les officiers de la Smpagnie de la Baie d'Hudson sont encore nominalement les gouvernants de l’Etablis- Sent, et comme leur shérif (McKinney) est notoirement en faveur des rebelles, les dseillant, les aidant et supportant, il m'a semblé qu'il valait mieux qu'ancun de agents ou partisans ne provoquät un conflit ou n'y prit part avant le ler décembre, mourant le risque de voir le shérif et les autres autorités se ranger du côté des rebelles, ce qui reviendrait au même, de les voir émettre des mandats d'arrestation contre

io Ho

Re.

me

“En conséquence, je retins M. Newcombe pour m'en servir plus tard, et j'ai expédié

Lau Métis loyal la réponse “ B ” ainsi que la lettre “ C ” au gouverneur. , Mon plan dt. de tenir les autorités responsables de l'accomplissement de leur devoir aussi JHStem ps possible, et d'attendre, sans tout à faib empêcher la résistance des employés et

du nouveau gouvernement. Je ne sais pas encore jusqu'à quel point ce plan a 1, mais je soupçonne que Riel se sera saisi des provisions avant que mes ordres ne parvenus au Fort Garry, on, dans tous les cas, avant que ce que je recommande ve ne l'ait été. Je ne regarde pas la prise de possession de ces provisions par Riel S'gens comme étant un fait d’une grande importance. Ils ne peuvent les consommer

ite, et si les mesures que j'ai prises pour organiser une force armée qui doit s'emparer : +

de Riel et de ses collègues et disperser ses partisans réussissent, ces provisions seront bientôt de nouveau entre nos mains.

Les deux dernières malles ne m'ont apporté que quelques journaux et deux ou trois courtes lettres particulières, Je crains beaucoup que les lettres officielles ne soient retenues, quelque part entre St. Paul et ici, et qu’elles ne soient peut-être lues et détruites. Comme le maître de poste d'ici avoue ouvertement ses sympathies pour les Métis et permet à un i nommé Stutisman, dont j'ai déjà parlé dans un rapport antérieur, de distribuer et toucher les lettres qui arrivent à à son bureau, je n'ai pas grande. confiance que mes lettres pour À Ottawa aient été expédiées, si elles l'ont été, sans avoir été prénlablement lues, Je m'ahs.ÿ tiendrai donc de mentionner aucun détail des opérations projetées après le ler décembre. Ë Leur divulgation et publication ici les feraient certainement échouer. kr

J'ai reçu une lettre amicale du chef sauvage “ Peswis,” qui demeure à Winnipis À à dans laquelle il condamne fortement la conduite des Métis français. Il me rappelle qu hf viennent de mon propre pays et que ce sont des “ hommes très “méchants.” Il désire ni voir, me serrer la maïn et faire un marché à propos de ses terres. Il à offert ses service $ ' aux Canadiens de l'Etablissement pour abattre Riel et ses gens, prévoyant évidemments que si ces derniers triomphent, le droît des Sauvages aux terres de l'Assiniboine ne sen: Fe guère repecté ct ne leur rapportera pas g grand profit. ia

J'ai envoyé une réponse verbale à sa lettre, exprimant les plus grands sentiment nes

y d'amité pour lui eb sa tribu, et mon désir de les voir au Fort Garry le plus tôt possiliis J'ai cru plus prudent de ne vien mettre par écrit, et même de ne vien dire qui püût été interprété comme une invitation aux Sauvages de s’'armer où d'attaquer aucune chef d'habitants, pas même ceux qui sont aujourd'hui sous les armes e6 en état d'insurrectioi a Il est très satisfaisant de voir que les Sauvages de tous les côtés, et qui obéissent à à chefs différents, sont bien disposés et ne v sulent donner aucune aide aux Métis fr: ant Je me suis efforcé, par l'entremise de personnes loyales qui ont de Finfluence parmi eus d'éveïller les appréhensions des Sauvages à propos des tendances annexionistes des Mi et des effets de ce mouvement sur eux-mêmes eë sur leurs réclamations à l'égard des t ter. Ils se sont promptement aperçu que ce mouvement ne leur présageait rien de bon. et: ve pourront, par conséquent, être entraînés à y prendre part. Ce fit a déjà une influer visible sur les plans et les opérations des insurgés.

I] à été publié une lettre dans un journal de Yankton, Dacotah, que l’on prétend ii voir été écrite et remise par deux chefs sauvages, demandant péremptoirement un 7, ee

ment avec eux avant mon entrée dans le territoire. Cette lettre a été complotée et der. 28 .

se

par des Américains de Pembina, e D'abord, ils y consentir ent, mais le endemain ls s se rendirent au village, demandèrent voir, et‘la mirent eh pièces. Le véridique correspondant du journal de Yanktr:: donne néanmoins comme une lettre qui m'a été réellement écrite !

Le même journal contient une TES even une à ‘la date du 23 soDremDre) Expos

conspirateurs, | je nommé Frs a : dernibr ement été au Fort Garry, et Ton sait qi ee encourage et aide les insurgés. 2.

J'ai appris que les prêtres s'étaient abstenus, dernièrement, de toute coopération a avec les insurgés ; qu'il commencent à chanceler et à manifester des doutes sur les quences qui doivent résulter de ce soulèvement. Jusqu'à ce que j'aie reçu des instructions plus précises à propos de ma conduite que j'aurai pris les rênes du gouvernement, et que j'aie appris ce que nenseront Son lence et le Conseil des événements détaillés dans mes ve ports, je ne me croïaif liberté de-faire aucune recommandation spéciale à l'égard des mesures qui devraien“ adoptées par le gouvernement du Canada. J'ai déjà agi, et je dois continuer à agir se propre responsabilité à l'égard des mesures qui doivent être prises et exécutées de à territoire. J'ai hésité à demander des troupes où des volontaires du Canada au mil l'hiver. Les difficultés de la route sont énormes, et les risques d’un désastre, dus actuel des communications, sont à peu près indvitables. Mais l’on devrait inçonte Fe

# ment faire des préparatifs pour encourager une émignation considérable, au printemps, de colons comme ceux offerts l'automne dernier par le colonel Barivis, du township d'Halifax, Get par une autre personne du comté de Bruce. Des colons de ce genre seront une précieuse Ë. et même une nécessaire acquisition pour ce territoire, et tous les frais de leur transport

GA

‘ devraient être volontiers fournis.

J'ai l'honneur d’être, ete., Wu. McDoucair.

Winniria, mercredi 24 movembre 1869.

Cner CoLoxez,-—Nous avons besoin d'instructions précises sur ce que nous avons à ! faire dans les circonstances suivantes :——Aujourd’hui, vers + h. p. m., nous fîmes informés # que les approvisionnements du gouvernement, qui étaient chez le Dr. Schultz, devaient É être saisis. Le capt. Boulton, M. Codd et moi nous rendimes immédiatement sur les lieux afin de constater ce qu'il y avait de vrai dans cette assertion. Nous trouvämes - # Riel et une garde armée sortant de l'arrière magasin avec le Dr. Schultz Je m'avancai & eb demandai ce qui s’y passait. Le docteur dit: “ M. Riel fait l'inventaire des approvidi sionnements, ” Je répondis en regardant Riel: “ Ces approvisionnements son£ la propriété de la reine. ” Ilse retourna, et, frappant du pied, il s’écria avec colère : “La Æ propriété du diable !” et ils’éloigna. Je pris des informations sur l'affaire ; le docteur # Lous apprit que ses voitures avaient été arrêtées au Fort, eb qu’il s’y était rendu pour voir # ce qui en était. Il vit Riel, qui lui dit que c'était une ‘ simple affaire de forme ” et qu'il & voulait savoir si “les impôts avaient été payés ” et s’il “y avait des armes dans les #1 caisses. ” Le docteix répondit : “ Non, il n’y a pas d'armes. ” Cependant Riel accom- #5 pagna le docteur à son magasin, afin d'en faire l'examen. En y entrant, Riel demanda : # Ces effets sont-ils tous à vous ?” Le docteur répondit : “ Non, c’est Ia propriété du & gouvernement. ” Riel dit alozs : “ A propos, cela me rappelle que je puis tout aussi bien # en faire l'inventaire, dans le cas où on en enlèverait quelque partie, et que l'on nous en ac- ÉE cuserait. ” Pendant ce temps-là, une garde armée de quatre hommes était entrée. (Comme : dit le Dr, c'était une ruse pour obtenir accès dans le magasin.) Riel mit deux hommes à la garde des effets, et sortit uvec l'intention de revenir. Pendant son absence, le # docteur engayea lu garde, moyennant six deniers par homme, pour aider à entrer les caisses #5 dans li maison. Ces gardes laïssèrent leurs armes dans le magasin cts’en allèrent travailler 2% pour le docteur. Pendant qu'ils faisaient cette besogne, le docteur envoya Smith, qui enleva les armes et ferma le magasin à Ja clé. Riel revint une couple d'heures après et % trouva ses gardes portant les caisses sur leurs épaules. Après les avoir vivement répri- : |mandés, il demanda à entrer dans le magasin. Le docteur refusa et leur dit qu'il aurait à “employer la force ; 4 répéta cela. Winalement, ils obtinrent la clé de Smith. Le à docteur se mit alors devant la porte et en refusa l'entrée à moins que Riel ne promit, sur l'honneur, qu'il ne toucherait àrien,—ce que Riel fit. Le docteur ajoute qu'en ce moment (c'est-à-dire après qu'ils furent entrés dans le magasin) //allett se montra ; Riel en vint de suite à la conclusion qu'il était trop tard pour faire un inventaire et plaça une garde “ armée à la porte. Ce fut au moment où ils sortaient du magasin du docteur qne nous Hi arivames.

e Maintenant, à y « ici des C'anadiens qui veulent protéger lu propriété du Canada et Se transporter les approvisionnements au Fort de Pierre, pour plus de sûreté. Nous proposons

AE lé plan suivant :—Nous (les Canadiens) allons nous rendre vers midi, an nombre de vingt ou trente, dans des voitures que nous louerons dans le poste écossais, hu magasin de Schuliz et transporterons les provisions de là au Fort de Pierre où nous les laisserons à la garde de hommes (armés, naturellement). Si nous rencontrons de l'opposition, Sanous défendrons les approvisionnements et les transporteruns contre tous venants. Cela ie anra peut-être pour effet de précipiter les affaires. D'un autre côté, s'ils enlèvent.ces approvisionnements, ce qui est sans aucun doute dans leur intention, vous verrez de suite qu’ils ‘auront gagné un avantage très important sur les colons loyaux. Hallett dit qw'indivi-

“RE

co ° 70

ve duellement il se ralliera à nous et nous secondera. Vous attendons l'avis et les instructions du gouverneur pour agir. Cela nous servira d’excuse pour occuper le Fort de Pierre, où une grande quantité de munitions se trouve en entrepôt.

!, Votre très obéissant serviteur, D. A. GRANT.

P. STI est entendu que si nous agissons en cette affaire, nous le ferons sur notre ' 7. © . ? 9»

propre responsabilité. : Ne voulant pas éompromettre l'autorité, nous désirons seulement recevoir des conseils.

" (B) D. À. Grant, Ecr., Fort Garry.

° Mox cHER MoxstEur,—J’espère que la présente vous parviendra sûrement et en temps opportun. Le gouverneur a décidé de retenir le porteur de votre lettre, pour des raisons qui ne tarderont pas à être connues. Je serais près de vous depuis longtemps déjà si le gouverneur ne m'eût pas prié de rester ici pour des motifs qui vous seront aussi bientôt connus. Quant aux approvisionnements et à la propriété publique que vous dites en danger d’être saisis par une bande de brigands et enlevés à la garde de ceux qui avaient été chargés de les surveiller, j'ai reçu instruction de vous transmettre les ordres suivants de M. McDougall :

lo. Demandez aux autorités locales une 1e police ou une force suffisante pour prévenir ce brigandage.

20. Si “cet te demande est refusée, ou si vous ne pouvez obtenir une force de ce genre, demandez au gouverneur MeTavish ou à l'officier commandant du Fort de ‘Pierre, la permission d’y mettre la propriété en sûreté, et faites-vous autoriser à garder la propriété et ‘ à la défendre avec le secours volontaire des habitants loyaux.

" 30. Si la permission d'emmagasiner ces effets dans le Fort est accordée, transpor-

tez-y les approvisionnements, etc., et engagez un nombre suffisant de personnes pour les

transporter et les défendre contre toute tentative illégale d'enlèvement. do. Mais dans le cas où une force considérable d'hommes armés les saisirait ou tenteait de les saisir, soit avant ou pendant que vous les transporterez, ainsi que vous venez

‘d'en recevoir l'avis et l'autorisation, vous devez éviter un comälit qui pourrait entraîner

l'effusion du sang, à moins que les autorités locales n'aient sanctionné l'organisation d'une

force armée dans le but de protéger la propriété. M. McDougall à écrit au gouverneur MecTavish à ce sujet et lui a demandé son intervention sur votre réquisition écrite.

Peurna, 25 novembre 1860.

Croyez-moi, cher M. Grant, bien à vous, J. S. Dexxrs.

William MeTavish, Ecr., Gouverneur, etc., de la Compagnie de la Baie d'Hudson.

Pemgixa, 24 novembre 1869.

Mox cuer Moxsreur,-—Les agents du gouvernement de la Puissance qui ont la garde des approvisionnements et autre propriété publique du gouvernement, actuellement à Winnipig, m'ont averti qu'une bande de brigands armés ont “tenté de saisir ces propriétés et de se les approprier. Îls m'ont demandé des instructions eb recommandé que cette

propriété s soit transportée, sous escorte si c’est nécessaire, au Fort ‘de Pierre, pour plus de sûreté. :

J'ai donné instruction au colonel Dennis de leur communiquer ce qui suit comme étant mes ordres (voir la lettre à M. Grant, 1, 2, 5, et 4).

Page 1