‹ Correspondance et documents relatifs aux événements récemment survenus dans les Territoires du nord-ouestChapitre 38 sur 56 · PROCLAMATION · texte numérisé non relu

PROCLAMATION

CoxsIDÉRANT que Sa Majesté ia Reine, par des Lettres-Patentes sous le grand sces de la Puissance du Canada portant la date du vingt-neuvième jour de septembre, dan lannée.de Notre-Seigneur mil huit cent soirante-neuf, dans la tronte-troisième année Règne de Sa Majesté, a gracieusement voulu me constituer eb nommer, à dater de l'épom qui sera fixée par Sa Majesté pour l'admission de la Terre de Rupert et du Territoire d Nord-Ouest dans l'Union ou Puissance du Canada, LI£UTENANT-GOUVERNEUR À Territoires du Nord-Ouest, durant le bon plaisir de Sa Majesté, et par ces lettres-patenta m'autorise et me donne le pouvoir eb me requiert et commande, à dater de l'époque susdit de fuire et exécuter toutes choses en la manière qu’il appartient à mon dit commandemer et à la confiance reposée en moi, suivant les différents pouvoirs eb instructions à mi accordés et conférés par cette commissiôn de Sa Majesté, et par l'acte du Parlement pas dans la trente-deuxième année du Règne de Sa Majesté, intitulé: “ Acte concernant} gouvernement provisoire de la Terre de Rupert et du Territoire du Nord-Ouest après qu ces Territoires auront été unis au Canada,” et les instructions à moi données avec cel commission, ou par toiles autres instructions qui pourront ci-après m'être données con? nané les Territoires du Nord-Ouest cet leur gouvernement, par le Gouverneur-Général à conseil, sous son seing manuel, ou par l'entremise de l'un des membres du Conseil Pri de Sa Majesté en Canada, et suivant telles lois qi sont maintenant ou qui pourra ci-après devenir en force dans les dits Y'erritotres du Nord-Ouest ;

Et considérant que Sa Majesté à déclaré et fixé le premier jour de décembre comn le jour de l'admission de la Terie de upert et du Territoire du Nord-Ouest dans l'Unin eb Puissance du Canada; Et consüttrané, qu'en vertu et conformément à ‘“l'Acte à PAmérique Britannique du Nord, 1867,” “l'Acte de la Terre de Rupert, 1868,” le di ‘acte concernant le gouvernement provisoire de la Terre de Rupert et du Territoire Nord-Ouest après que ces territoires auront été unis au Canada,” et la dite Déclaration et dit ordre de Sa Majesté, la Terre de Rupert et le Territoire du Nord-Ouest ont été ad dans l’Union, et sont devenus et forment maintenant partie de la Puissance du Canada, doivent dorénavant être appelés et connus comme “ l'erritoires, du Nord-Ouest ;”

CS

M Sachez maintenant que nous avons jngé à propos de lancer cette Proclamation Uour faire connaître la dite nomination de Ka Majesté à tous ofliciers, magistrats, sujets Me Sa Majesté et autres dans les dits Territoires du Nord-Ouest” ;—et je requicrs et commande par les présentes que tous et chacun des officiers ct fonctionnaires publics

pionant Men dans la Terre de Anport cb le Territoire du Nord-Ouest, à l'époque de

D 'antorité de l'acte en dernier fou mentionné ; cé je requiers ct commande de

bnlus par les présentes que tous les sujets bién-aimés de Sa Majesté, et tous autres que

Lela peut concerner, en prennent avis eb se conduisent en conséquence.

Donné sous mon seing 'eb le sceur de mes armes, à la Rivière-Rouge, dans les dits Territoires, ce deuxième jour de Décembre, en l'année de Notre-Seigneur, mil huit ent soixante-neuf, eb duns la trente-troisième année du règne de Sa Majesté.

. . Wu. McDoucar.

Par ordre, :

J. À. N. PROVENCHERr, Secrétaire.

(J'aiprié M. Provencher de signer comme secrétaire, sa nomination formelle dépenant du cours des événements et des exigences de l'acte.)

Wa. McDoucaLr.

xtraîts du “ Duily Press” de 84. Paul, en date du 21 novembre, dont à est fait à mention dans lu lettre de f. McDougall du 3 décembre.

(1) (Leitre du Fort Garry.) WinnipiG, 6 novembre 1869,

: Ïlse passe ici de graves événements. Cotte colonie est décidée d'être indépendante e la Puissance du Canada, et la révolution est commencée. Les colons français ont pris initiative, et sur cette question, ils sont en plein accord avec le reste des colons. Les 20 t 21 octobre, environ deux cents hommes armés furent assermentés pour délivrer le pays, Selon leur expression. Actuellement, il y à six cents hommes armés et assermentés ; ce Hombre ne sera pas augmenté avant le printemps, mais alors ils sera porté à près de trois Mnille hommes de troupes. Le 2 novembre, un détachement a occupé le Fort Garry, qu'ils nt maintenant en leur possession. Leur discipline est exemplaire eb n'et surpassée ou, Méalée par celle d'aucune troupe que j'aie jamais vue. À en juger d’après les apparences ctuelles, toute la cclonie ne tardera pas à se lever pour tenir les Canadiens hors du Terriire. Je crois qu'ils peuvent réussir. Le pays peut être défendu très aisément, excepté ontre des troupes qui viendraient par le Minnesota et le Dacotah ; mais on ne croit pas ossible que notre gouvernement permette aux troupes canadiennes de passer par cette Oute, Les conséquences seraient terribles. Les Métis français, au nombre de sept mille, Hest-à-dire la moitié de 1a population de la colonie, quitteraient leurs foyers, se rallieraient ux Indiens des plaines et feraient une guerre qui détruirait cot Etablissement. Toute tentave de coercition provoquerait une destruct tion gt énérale de vies et de propriétés ; et un tel acte Éhostilité envers la population à à moitié nomade de cette région, de la part de notre gouernement, que Von pourrait inférer du passage d’une armée canadienne sur le sol américain Bout aller faire la guerre à ce peuple, provoauerait sa vengence et toutes les horreurs une guerre de Sauvages et de Métis sur les établissements de la frontière du Minnesota du Pacotah. I ost donc de la plus grave importance, pour la sûreté de la frontière

américaine, que notre gouvernement ne 5e ligue pas avec le gouvernement canadien pour tâcher de subjuguer ce peuple. Qu'on ne fasse aucune concession au Canada, et tout ira bien. Pendant la prochaine session du parlement canadien, l’opposition sera probablement en ma. crité et abrogera selon toute probabilité l'acte qui décrète l'acquisition de ce territoire. Dans | tous les cas, le parlement ne votera aucune mesure à l'effet d'envoyer dés hommes ou de dépenser de l’argent dans le bus de conquérir ces populations. De la politique 'du gouvernement des Etats-Unis dans cette affaire dépendent des événements d’une impor. tance considérable. Ces événements se révèleront d'eux-mêmes dans un avenir prochain. Mon affaire n'est pas de-les prédire, mais de les enregistrer, et je vous en” fais le juge. | PEuMIcCAN.

(2) (Lettre de Pembin«.)

Peusixa, 8 novembre 1869.

Mardi, le 2 courant, des troupes de ia Rivière-Rouge se sont tranquillement empari du Fort Garry et de l’hôtel du gouvernement. Winnipig est sous le régime de la loi martiale, Pas un soldat n’a la permission de prendre une goutte de spiritueux. La discipline la plus sévère est observée, Si un citoyen ou un étranger est trouvé ivre ou causant du désordre, il est promptement arrêté et emprisonné jusqu'à ce qu’il devienne sobre et tranquille. - à | :

Jamais jusqu'ici on n’a vu régner un ordre aussi complet ni autant de sécurité pour la personne et la propriété dans les établissements de ]a Rivière-Rouge. Les offciek canadiens qui ont été récemment chassés du territoire sont encore campés près de Pembina. Îls se construisent des logements et paraissent déterminés à’ y fixer leuk quartiers d'hiver. L'honorable J. A. N. Provencher, membre du conseil et secrétaire} territorial, est disposé à s'en retourner, tant il est découragé, au Canada ; mais Son Excel lence le gouverneur McDougail n'y consentira pas. Le gouverneur a demandé des troupe au gouvernement canadien, et comme il est impossible de les acheminer par aucune aut voie, il faudra demander la permission de les faire passer par les Kitats-Unis.

Cependant, il est à espérer que notre gouvernement ne se déchonorera pas et ne prov quera pas la. guerre civile parmi le peuple de la Rivière-Rouge en accordant une demand aussi déraisonnable.

Le peuple étant uni, il ne peut survenir de guerre civile si l’on ne recourre pas à! coercition ; et, si notre gouvernement décline sagement la demande, la coercition est ho de question, et tant qu’il n’y aura pas de guerre civile; les droïts de la personne et de! propriété seront respectés.

Les résidents américains restent neutres ; mais s’il survenait malheureusement 1 conflit, on les trouvera tous, comme un seul homme, aux premiers rangs des troupe citoyennes.

Le capitaine Cameron, un des fabricants de lois du gouverneur, un malheureux qu a presque perdu l'esprit, propose de se mettre à la tête de 400 Canadiens (quand ils seroil arrivés,) et de pénétrer dans le territoire. juscu’au lac Winnipig! Si ces 400 sold sont aussi écervelés que leur chef en perspective, ils ne pénétreront pas bien loin.

Voici les noms et les qualités officielles des personnages expulsés :

Son Excellence Wm. McDougall, gouverneur.

A. N. Richards, procureur-général et membre du conseil.

Capt. Cameron, membre du conseil et Pénétrateur.

Alexander Begg, percepteur des douanes

Col. Dennis, arpenteur-général. |

Dr. J'ackes, aviseur et préposé à l'administration des pilules.

Franck McDougall, John Connor, J. F. Enow et autres subalternes.

J'ai le regret de vous apprendre que le souverneur MeTavish est bien malade et qu'é ne croit pas qu’il en revienne, ‘ °

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