SPECTATEUR
(3) (Autre lettre de Pembina.) Pexeina, 6 Novembre-1869.
Comme vos lecteurs peuvent n'être pas fatigués d'apprendre des nouvelles de l'insur- : rection de la Rivière-Rouge, A. B. N., je les informe qu’elle est à son apogée. Nous avons : appris ce matin, par le courrier, que les forces insurrectionnelles ont pris possession du : Fort Garry, sans aucune résistance, mardi dernier le 2 de ce mois, et qu elles sont mainteî : nant à compléter l’organisation de leur gouvernement provisoire qui doit remplacer le ; gouvernement de facto de la compagnie de la Baie d'Hudson. 4 Je vous disais, dans une dernière correspondance, que M. MeDougall et sa suite É: devaient laisser Pembina le même jour pour s’en retourner en Canada, mais je vous apprends l'maintenant que, ses chevaux ayant besoin de repos, ila résolu de s'établir dans notre : paisible localité, jusqu’à ce que les troubles aient cessé au Fort Garry ou jusqu’à ce que ses : quadrupèdes soient en état de transporter plus loin sa future Excellence. Cependant, « J'apinion générale est qu’il devra passer l’hiver, non dans la terre du pémican, mais sous le ciel de la liberté et de l'indépendance dont notre belle patrie a été dotée. -È L'autre jour, sa future Excellence était chez Frank Rose, à un mille plus haut qu'ici, Mexarninant les réclamations des habitants du côté ouest de la rivière Rouge du Nord, a - prenant des informations au sujet des arpentages de notre gouvernement, et donnant ainsi M: à croire à nos citoyens qu'il a l'intention de s'établir duns le territoire béni de la liberté. A I] peut être bon de remarquer aussi que, jusqu'ici, les insurgés se sont conduits d’une &. manière exemplaire. La vie, la propriété, le décorum, la discipline morale, la sobriété et tout ce que l'on peut désirer ont été strictement respectés et observés. Quand M. =: McDougall et les siens furent repoussés de leur contrée, des jeunes gens de sa suite ‘4 E échangèrent des paroles passablement rudes avec la garde qui les accueillit froidement et “leur répondit très poliment. Les forces des insurgés sont maintenant de cinq ou six cents