SIMCOE. L
( Télégramme.) Toroxro, 14 janvier 1870.
A Sèr John À. Macdonaid.
Georgetown, Minnesota, 7; St. Cloud, 13.—Le Dr. Tupper, le capitaine Cameron ct à Mme Cameron sont arrivés ici hier après-midi. Le père Thibault et de Salaberry devaicni £ avoir une audience du conseil pour expliquer les : choses. Le Dr. ‘Tupper à &£ deux jours au Fort Garry. 800 Métis ont joint le drapeau de Riel. Rumeurs que grand nombre de Sioux étaient en route pour le Fort Garry. Tous les Canadiens sont encort
emprisonnés ; aucun signe qu'ils soient relâchés. 2 Le) EH. P. Dwicur.
DÉPARTEMENT DU SECRÉTAIRE D'ÉTAT POUR LES Provinces, - Orrawa, 24 décembre 1869.
A lhon. Wm. McDougall, C. B., Pembinu.
Moxsieur,—Votre dépêche datée de Pembina, 2 décembre, et ses'incluses À et B, sont arrivées à Ottawa le 28 de ce mois, et furent promptement soumis au gouverneur-générd en conseil. Comme il appert de ces documents que vous vous êtes servi du nom de la rein sans son autorité, et que vous avez attribué à Sa Majesté des actes qu'elle n'a pas encor! accomplis, que vous avez organisé une force armée dans le territoire de la Baie d'Hudson sans aucune instruction à ce sujet, j’ai ordre de vous informer que les graves événement que vous racontez ont fait naître ici de grandes inquiétudes.
Ilne fallait pas brusquer intempestivement, même sous la sanction de la loi, recours à la force militaire contre un peuple égaré par de mauvais conseils, vu -les con quences graves qui pouvaient en résulter, si les Indiens, dont beaucoup sortaient di conflit récent avec les blancs des Etats voisins, entraient dans la lutte. Mais comme lot
ganisation de cetto force armée daus ces circonstances était un acte illégul, le gouverneurgénéral et le conseil ne sauraïont vous déguiser le poids de la responsabilité qui pèse sur vous.
Croyant que le pays passcruit sans trouble au Canada avec l'assentiment général de la population, on avait fuit, comme vous le savez, tous les arrangements préparatoires, dans espoir que le ou vers le ler décembre le territoire serait transféré à Sa Majesté par la compagnie, et qu'en conséquence Sa Majesté lancerait sa proclamation fixant un jour pour l'annexion du territoire.
La proclamation, après avoir été transmise ofliciellement, vous aurait permis, en vertu de votre commission eb do l'autorité qui vous était donnée en vue de cet événement, de remplir légalement, au jour fixé, vos devoirs ofliciels, comme gouverneur du Nord-Ouest.
La commission du 29 seplembre vous nommuit gouverneur eb ne vous conférnit les , pouvoirs et l'autorité ‘ qu'à dater de l’époque qui serait fixée ” par proclamation de la reine ; ‘et les instructions qui vous furent transmises avec la commission vous ordonnuient de vous rendre au Fort Garry, et de vous tenir prêt à prendre le gouvernement du territoire, lors du
transfert de ce pays au Canada. ’
: On espérait que vous aviez clairement compris ces instructions, car dans votre lettre de .Pembina, du 7 de novembre, adressée au gouverneur MeTavish, ct communiquée à ce ‘département, vous dites ce qui suit: “Je vais vester ici jusqu'à ce que j'apprenne - ofiiciellement que la cession du territoire a été effectuée, ct me guider sur les événements | pour ce que je devrai dire et faire ;” et parce que dans votre lettre à ce département, du ,14 novembre, vous parlez ainsi de quelques propositions injudioieuses faites par vos amis : :# La recommandation que l’on me fait de lancer une proclamation immédiatement n’est : pas la première de ce genre, mais j'ai constamment répondu que jusqu’à ce que le transfert dv territoire ait eu lieu, et que je sois notifié du fait, je ne voulais p'endre aucune des ‘esponsabilités du gouvernement.”
L'on a toujours supposé le transfert pacifique du territoire dans tous le cours des régociations, et le gouvernement n'a jamais prétendu exercer aucune autorité quelconque dans le Nord-Ouest, jusqu'à ce que la souveraineté du pays lui fût assurée par la proclamation de Sa Majesté.
Le transfert de ces territoires eût sans aucun doute été proclamé le ou vers le 1er décembre, si votre rapport du 31 octobre et les documents qui l'accompagnaient n’eussent complètement changé la face des affuires et rejeté sur le gouvernement des responsabilités d'une nature toute nouvelle. Dans ces documents, vous dites que des obstacles sérieux se ont opposés à votre entrée dans le pays ; qu'un grand nombre de personnes s’opposaient l'établissement de l'autorité de la Puissance ; qu'un gouvernement provisoire avait été formé etles chemins barricadés et gardés ; que quelques membres du clergé catholique ncourageaient ouvertement le mouvement, et que les officiers de la compagnie de la Baie “Hudson, s'ils ne prêtaient pas main-forte aux insurgés, ne pouvaient les contrôler.
Votre lettre fut reçue icile 19 novembre, et le 26 décembre, celles du 5 et du 7 me barvinrent, d'après lesquelles il apparaissait que l’insurrection se continuait, que les officiers e la Baie d'Hudson étaient impuissants, et que vous aviez été expulsé du pays. |
Les faits contenus dans ces lettres changérent entièrement la base sur laquelle les iégociations avaient jusqu'alors, avec la plus entière bonne foi de la part de la Puissance, é conduites avec la.compagnie de la Baïc d'Hudson et le gouvernement impérial.
. Si, avec ces faits devant lui, le gouvernement canadien acceptait la responsabilité gouverner, ou plutôt, prenait les rênes du gouvernement d’un pays qui ne pourrait être nquis que par la force, à une grande distance de Ja base des opérations, et où pendant üsieurs mois l’on ne pourrait parvenir que par les Etats-Unis, il n'aurait guère pu justifier vant le parlement et le public un acte aussi précipité, tandis qu'il était également évident e si vous étiez revêtu des pouvoirs de gouverner et que vous ne pouviez entrer dans le Ë itoire ni exercer aucune autorité, votre faiblesse donnerait au gouvernement révolumnaire une nouvelle force, et il serait en effet (la proclamation ayant destitué lé gouverur MeTavish) le seul gouvernement du pays jusqu’* ce qu'il fût détruit par la force des
C'était donc une nécessité, plutôt qu’un choix, de retarder la publication de k proclamation de Sa Majesté, et on présuma ici que la chose vous paraitrait aussi évidente qu’elle l'était au conseil privé. Difiérer le transport du territoire par la compagnie de la Baie d'Hudson, jusqu'à ce que cette dernière fût capable de transmettre à Sa Majesté, non-seulement ses droits, mais le territoire lui-même, retarder la promulgation de la proclamation de la rcine, et laisser à la compagnie de la Baie d'Hudson et au parlement impérial l'obligation de rétablir l'ordre et d'assurer les droits de la couronne, était le premier devoir de ce gouvernement, et le gouverneur-général et le conseil espéraient que cela serait aussi évident pour vous que pour eux.
Ils avaient une autre mission, à laquelle ils se dévouérent sans retard. C'était de désabuser la population du Nord-Ouest des impressions fausses sous lesquelles il y avait trop à craindre qu'elle eût agi, et de rétablir la tranquillité par des moyens pacifiques. Les mesures prises à cet effet vous furent expliquées dans les lettres du 19 et du 29 novembre, et des 7, 8, 10, 11 et 17 décembre. -
Aucune de ces dépêches "ne vous autorisait à agir comme vous l'avez fait, suivant votre dépêehe du 2 décembre. Il est à regretter qu’elles ne vous soient pas parvenues plus tôt ; mais nous espérons que, s’il n’y avait eu encore aucune collision ou effusion de sang lorsque vous les avez reçues, et si vous avez pu vous aboucher avec les messieurs que nous avons député à la Rivière-Rouge, les choses peuvent encoro revêtir une plus heureuse tournure, et vous permettre de prendre en main le gouvernement du territoire avec quelque garantie de paix et suivant les. formalités de la loi. Dans tous les cas, que ceb espoir soïbt où non réalisé, votre devoir est bien simple, et Son Excellence me charge de vous prier de rester à Pembina jusqu’à ce que vous puissiez vous rendre paisiblement au Fort Garry, avec l'assentiment et sous la protection des autorités de là compagnie de la Baie d'Hudson ; que vous fassiez tout en votre pouvoir pour dissiper les appréhensions qui peuvent exister dans les esprits, soit par des explications ou autrement, et que vous n'exerciez aucun pouvoir, ni ne fassiez aucun acte d'autorité au nom ou de la part du gouvernement du Canada, jusqu'à ce que vous soyez informé officiellement que la proclamation de Sa Majesté à été émanée, et que vous ayez pris les rênes du gouvernement et prêté le serment d'office le ou après le jour fixé pour la réunion de ce pays au Canada. +
Comme vous deviez mettre à exécution le plan que vous m’indiquiez dans votre dépêche du 2 décembre, avant que j'eusse pu vous faire parvenir une réponse, j'ai cru devoir retarder quelques jours à vous répondre, afin d'apprendre, s’il était possible, quels en seraïent les résultats ; mais la réception de votre dépêche du 6 courant, qui m'est parvenue le 23, avec les documents 2 A, 2Bet 2 C, et la conduite tenue par le colonel Dennis, telle que relatée dans ces documents, m'obligent à vous envoyer la présente sans délai, par un mes$ager spécial. ;
- Je regrette d'avoir à vous informer que ce rapport n’a fait qu'augmenter les appréhensions du gouverneur-général et de son conseil. Ilest vrai qu'il n "y avait pas encore eu effusion de sang jusqu'au 6, et que vous n’aviez pas encore réalisé votre intention d'occuper la palissade près de Pembina, avec une force armée, mais les démarches du colonel Dennis, telles que rapportées par lui-même, sont si extraordinaires et si condamnables, que lon ne saurait s'empêcher ici d’avoir de sérieuses appréhensions de voir confier votre autorité à un officier aussi imprudent.
Si les habitants de la Terre de Rupert se fussent coulisés contre les insurgés, ou ai 10 gouverneur MeTavish eût organisé une force armée pour occuper ses forts et maïnteni son autorité, c’eût été fort bien, et Riel eût été seul responsable du sang qui eût pu êtrt répandu et des propriétés qui auraient été détruites. Mais le colonel Dennis, sans aucun autorisation légale, s'empare du fort, y met une garnison, composée de blancs et de. Sauva ges, eb se propose de livrer combat aux ibsurgés s’il pouvait opérer sa jonction avec uno troupe qu'il aväit fait exercer sur VAssiniboine. Il semble n'avoir jamais compris que du moment que la guerre était commencée, les blancs restaient à la merci des Indiens, qui en
\ eussent fait bon : marché, divisés comme ils étaient.
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Il est impossible de lire le rapport fconcernant les efforts faits par le colonel Dennis auprès du juge Black pour le déterminer à l'aider à proclamer la loi martiale, sans regretter profondément que vous ayez envoyé, pour vous représenter dans la colonie, uu homme d'aussi peu de jugement. Il n’est pas surprenant que le juge Black ait été ‘“effrayé” de cette proposition, sachant que le colonel Dennis aurait à répondre, devant la justice, de chaque vie perdue par sa faute, eb quo toute arrestation illégale d’un sujet américain i provoquerait de suite une interveution des Etats-Unis et conduirait à de sérieuses compli- - cations.
, J'ai, etc., , JOSEPH Howe.
Pegina, 8 décembre 1869.
| L'Honorable Joseph Howe, Secrétaire d'Etat, Ottawa.
! Rogue parle n Moxsieur, — J'ai l'honneur de vous informer qu'aucun message où L'erétaire d'Etat messager du Fort Garry ou du colonel Dennis ne m'est parvenu depuis ma : pour les provin- dépêche du 6 de ce mois. Il circule une rumeur ici, fondée sur un rapport ices, le 25 dé- un courrier de la malle (qui ne parcourt que la moitié de la distance d'ici : cœnbre. au Fort Garry), qu'il y avait 600 hommes sous le colonel Dennis au Fort de F Picrre, et 300 sous Riel au Fort Garry. Coinme quelques-uus d’entre nous ont reçu des lettres par la dernière malle du nord, j'en infère que le chemin, ou une partie du chemin, É était, jusqu'à dimanche au moins, sous le contrôle de Riel. Je ne m'attendais pas que le colonel Dennis partirait du Fort inférieur avant que les gens du ‘“ Portage” ne l’eussent É rejoint, ce qui ne pouvait avoir lieu avant Jundi ou mardi. Je ne suis donc pas surpris ‘que le chemin scit encore obstrué entre ici eb le Fort Garry. M Lundi dernier, M. Richards, qui demeurait chez un ir. Rolette, sous-marshall des B:E.-U. à Pembina, me dit que les employés et les gens du village étaient très excités, en Æ.conséquence de la rumeur que les habitants loyaux. armaient les “Sauvages et que quelques Canadiens du Fort Garry avaient cherché à avoir l'aide des Sioux. Sachant que les Sauvages Favaient refusé de se joindre au parti de Riel, eb que les Sioux aimeraient à avoir unc | excuse pour les attaquer, et sachant aussi que.nous étions au fait de la complicité de quel-
Bpareille rumeur. J'avais déjà entendu dire qu'ils avaient essayé d'organiser une force pour D
Œdu pays,” mais en réalité, je n'en ai aucun doute, dans des-intentions meurtrières.
î J'avais reçu des renseignements particuliers sur les desseins de deux ou trois indi- Avidus sans foi ni loi, qui ont trouvé plus commode de vivre dans le voisinage, eb qui sont Mimpliqués dans le mouvement actuel. Ils avaient appris l'occupation du Forb de Pierre par le colonel Dennis et la détermination des Métis anglais et écossais de résister au parti Ë fe Riel, et ils craignaient pour leur propre sûreté. IIS faisaient semblant de croire que Mj'avais donné ordre d’ employer les Sauvages, et-ils menaçaïent d'user immédiatement de représailles si je ne révoquais pas les ordres supposés. M. ‘Richards fut très effrayé de ces Mémenaces, eb recommanda l'envoi immédiat des femmes et des enfants au Fort Abercrombie, BBien que ce conseil fût humain, je pensai qu'il était impolitique et impraticable pour le Pémoment. Nous n'avions pas encore construit une quantité sutlisante de traincaux pour ire le voyage, bien qu'ils fussent en voie de construction. Je résolus donc de descendre à village et d'avoir une conférence avec les personnages officiels qui, je le savais, en Peraient “bientôt connaître le résultat à ceux qui étaient le plus fortement impliqués dans : 0 conspiration. J'emmenai M. Richards, M. Provencher et mon fils avec moï, et nous ous rendîmes à la Douane. M. Nelson, le sou s-percepteur, est un homme très intelligent & très respectable, et j'ai raison de croire qu'il s’est tenu à l’écart de Stuttsman et de ses Essociés, Je trouvai quelques-uns d'entre eux dans son bureau évidemment très alarmés et fort mal disposés à à mon égard. J’expliquai de suite le but de ma visite, et je demandai lue le maître de poste et les autres personnages officiels du voisinage fussent réunis. Cola
ae
Éques-uns d’entre eux dans l'insurrection, il était naturel qu ils fussent alarmés d’une.
Bnous attaquer dans nos quartiers d'hiver,” ostensiblement dans le but de ‘nous chasser . a 3
cvs
fut bientôt fait, et je leur expliquai franchement leur position et la mienne, telle que je à comprenais. La lettre ci-incluse (3 À), que j'adressai ensuite à M. Nelson, explique suffi. samment ce qui eut liou à cette entrevue. ,
J'appris le londemain que M. Nelson eb un ou deux de ses voisins ébuiont rassurés | pr les explications que je leur avais données, et qu'ils s’étaiont déclarés satisfaits de ma franchise et de ma fermeté, Siubisman et Rolette, cependant, parlaient encore de ven. À geance. MI. Richards, Provencher ct Begg étant venus demeurer avec moi, nous | établîmes un régime militaire et nous nous préparimes à résister à une altaque, de quelque À part qu'elle vint. Nous veillämes la nuit et le jour, armés et prêts à tonte évantualité, È N'ayant pas eu de nouvelle du Col. Dennis depuis la date de son rapport expédié ave ma dernière dépêche, je différai mon départ projeté du terriloire américain, mais j'entre | tins des communications journalières avec le poste de la comyagnie de 1a Baie d'Hudson
J'inclus (document “3 B°) la traduction d’une lettre reçue il y a deux ou trois joms par M. Provencher, venant, suppose-tl, du prêtre catholique romain de la rivière au Gratias, Elle ne porte pas de signature et à évidemment pour but de nous effrayer. Mais nous sentons que notre départ pour le Canada au moment actuel, quelque désirable qu'il soit pour des motifs personnels, serait fatal à la conservation du Nord-Ouest comme partie de la Puissance, et pour cette raison nous avons résolu à tout hasard de rester ici encore quelque temps, dans l'espoir d'une solution paisible de la difficulté.
Les bonnes dispositions des Sauvages du territoire envers nous, et leur antipathie contre les Américains, est l’ancre de s alut qui nous permettra de le conserver. Tant qu'ils seront avec nous et convenablement traités, aucun ennemi du sud ne pourra s'aventurer sur ces immenses plaines. Ce fait est parfaitement compris des autorités militaires de Washington, ainsi que des féniens de Méw-York. De grands efforts ont été faits par les chefs de Îa conspiration pour contracter une alliance avec les Sauvages, surtout avec les tribus du voisinage de l4 Rivière-Rouge, avant d'entrer en campagne. Leur premier pas a été de leur persuader de me faire des demandes d’une nature telle qu'il m'aurait été impossible d'y accéder, et par là de créer, dès le début, un cusus belli entre le nouverf gouvernement et les Sauvages. À cet effet, ils gardèrent le chef Ké-wi-ta-osh et une partie de sa tribu à Pembinu et dans les environs pendant plusieurs semaines,—Lien plus long temps qu'ils n’en étaient convenus, —pour qu'ils me rancontrassent à la frontière eb me fissent ces demandes. J'ai déjà, dans mon rapport du 29 novembre, parlé de la publication, dan le Yankion Dakotian, de la lettre préparée pour les Sauvages par les conspirateurs amér cains d'ici, mais répudiée par les Sauvages aussitôt qu'ils en eurent compris la portée. J vois que cette lettre à paru dans plusieurs journaux canadiens, et elle à sans doute aëtir l'attention du conseil privé.
La seconde mesure fut l'invitation faite aux chefs des grandes tribus de rencontre Riel et ses associés à la rivière Sale pour se concerter et faire un tr aité, en vue d'un alliance armée contre nous. Les chefs le Renard ét la Grosse-Oreille se rendirent à cet invitation, mais bien que tentés par de très grandes promesses, ils refusèrent sagement & promptement de se joindre ou d'aider au mouvement des Métis, tandis qu’au contraire ik avertirent nos amis qu'ils seraient prêts à obéir à'une sommation des autorités.
Dans ces circonstances, nous avons cru que c'était une politique sage, aussi bien qu loyale et humaine, de menacer les insurgés et leurs chefs annexionistes d'une guerre dienne aussi bien que civile, s'ils persistaient dans leur rébellion. La frayeur, réelle ou feints des gens neutres et reshectables,— quoique en petit nombre ici, —ainsi que l'exaspératio et les menaces meurtrières des conspirateurs eux-mêmes, font voir la puissance du moy qu'ils croient avoir été employé. Je crois qu'ils ont demandé des troupes du poste américaül le plus rapproché (le Fort Abercrombie) pour les protéger contre les redoutables Sioux Je dois ajouter que l'on à vu dernièrement dé petites bandes de’ Sioux, à seulement deu, ou trois jours de marche d'ici. Deux Sauvages Tchippeweys et un jeune Métis qui étaie allés vers la montagne de Pembina pour faire la chasse, rencontrèrent six Sioux qu après les avoir trompés par des marques d'amitié, s’élancèrent tout à coup sur chariots des Tchippeweys, saisirent leurs armes et tirèrent sur eux. L'un des Sauvages tom mort, le jeune garçon se sauva apparemment blessé, + tandis que l’autre s ’échappa su
avoir de mal ; il accourut de ce côté ob arriva au poste de la compagnie de la Baie : ‘d'Hudson presque épuisé de faim ct do froid. Ils appartenaient à la tribu de Ké-wi-ta-osh, ‘eb l'on me dit que, suivant la coutumo des Sauvages, des guerricrs sont partis pour reprendre les chariots cb l'enfant blessé, et pour venger la mort de l'un des leurs. Ces attaques cb représailles de partis de chasseurs des deux tribus ne sont pas rares, mais l'affaire actuelle. montre un degré de hnrdiesse de la part des Sioux, et une tendance à s'avancer au nord plutôt qu'à l'oucst, qui ne sourient pas à l'imagination de nos voisins de la frontière. Je n'ai pu m'empêcher de leur dire, à notre réunion de lundi soir, lorsqu'on me fit le portrait du caractère féroce des Sioux, et qu'on me pressait de donner immédiatement aux colons loyaux l'ordre de ne pas accepter l'aide des Sauvages, que certains individus des environs de Pembina aurrient dû songer aux conséquences possibles d’une guerre indienne il y a quelques semaines. Cette observation fut faite d’un ton sérieux et avec l'emphase convenable, ct elle fnt reçue par uu silence solennel. Le coup porta, car voyant qu'ils ne pouvaient assez m'effrayer pour me faire donner des ordres dictés par sux, ils se dirent satisfaits de ma déclaration, telle que rapportée dans ma lettre à M. Nelson.
ï J'attendis pendant deux j jours et deux nuits après cette entrevue, espérant recevoir in second rapporb du colonel Dennis m'informant de la dispersion de Riel et de ses gens, ju de l'envoi d'une députation auprès de moi, avec un armistice en attendant, Mais 5omme je n’en reçus pas, et que l’histoire de l'armement des Sauvages pouvait, quoique äusse, € excepté à l'égard de la bande de Prince, devonir une vérité ] par sa propre cireulaion, je crus devoir adresser une lettre [se c” C'”) au colonel Dennis à ce sujet, et je la jonfai à à la malle sous enveloppe adressée à M. Nelson. Je chargeai le messager de iermettre à à M. Nelson de la lire avant de la cacheter, aûün de le convaincre de mon désir l'éviter aussi longtemps que possible un appel aux Sauvages.
& Je reçus une note du général Hunt, qui commande au Fort Abercrombie, m'inforhant qu’il ne pouvait trouver place pour mes effets dans le fort, mais qu'on lui disait que I. MeCauley, marchand de l'endroit, les emmagasineraient et demanderait sa protection “ {ce qu’il ne croyait pes pr obable) quelqu’ un cherchait à s’en emparer, J'ai aussi appris Sn personne envoyée pour transporter les armes, etc., de Georgetown, qu'elles étaient j fivées sans accident aa Fort Abercrombie. “
ii JEUDI, 9 décembre.
FA Je viens justement d'apprendre, zu moment de fermer cette dépêche, que deux mes- Gers de l'Etablissemcni c:15 été-arrêtés près d'ici, et que leurs” papiers leur ont été enlevés ar Stubts man et compagnie, ou les Métis employés par eux. Je prends des mesures ; pour Bvier à cet inconvénient à l'avenir.
J'ai l'honneur d'être, ete., Wy. McDoucat.
Posre De LA CoMPAGNIE DE LA Baïe D'Hupsow, Pemeina, 8 décembre 1869.’ L]
E. Nelson, Ecr., Sous-percepteur des Douanes, Pembina.
À 2 Cuen Monsieur, —Je crois qu'il est de mon devoir envers vous et envers moi-même E hettre par écrit, quoioue non officiellement, les principaux points de notre conversa- Hide lundi soir dernier. Des événements et complications graves peuvent surgir des bles qui existent malheureusement encore à l'Etablissement de la Rivière-Rouge.
Des rapports exagérés et, ie le crains, parfois volontairement faux sur l'étendue, gine, le but et la tendance de ces troubles ont été répandus à droïte et à gauche par la fe américaine, sur l’autorité de personnes demeurant dans ces environs. J’ai quelque
t Ls
crainte que l’entrevue de lundi soir, ainsi que ce qui s'y est dit des deux côtés, ne soit
encore faussement rapportée par les mêmes agents, et c'est pourquoi je prends Ja xr can tion,
pendant que la chose est encore fraiche, d'écrire les principaux points de notre conversa.
tion.
M. Richards m'ayant dit que vous aviez manifesté de grandes craintes qu'une guerre indienne, accompagnée des dangers qu’elle entrainerait pour la vie et les propriétés des citoyens américains de ce territoire, ne surgit des efforts des magistrats eb des personnes loyales de l'Etablissement de la Rivière-Rouge pour disperser les Métis armés conduits par Riel, et que vous sembliez croire que je pourrais, par l'exercice de mon autorité, prévenir ou amoindrix le danger de ces conséquences, j'ai cru qu'il vous était dû, comme principal employé du gouvernement américain à ce poste, de conférer immédiatement avec vous. | Vivant pour le moment sous la protection de la loi américaine, je ne pouvais être indifé. rent aux désirs de l’un de ses plus habiles, honorables et obligeants administrateurs.
Je me rendis à votre bureau vers 5 heures P. M. [le 6 de ce moïs,) et vous expliquai pourquoi j'étais venu, en vous priant de réunir les autres personnages officiels de l’endroit, M. Cavalier, lé maître de poste ; J. Rolette, l’un de vos employés; J. Rolette, son père, qui est, je crois, sous-marshall ou agit comme tel ; M. Harrison, juge de paix ; À Lemay, ex-percepteur, et trois ou quatre autres habitants du village étaient présents. I £ Richards, M. Provencher et mon fils, étaient avec moi.
Lorsque vous eûtes fini une lettre que vous étiez occupé à écrire à mon entrée dans otre bureau, je m'adressai à vous et vous dis que M. Richards m'ayant fait part de vos appréhensions, tel que je viens de les mentionner, je désirais expliquer la situation légale Ë des affaires dans les territoires du Nord-Ouest. Je vous dis qu'au ler décembre, les rênes du gouvernement passèrent de la compagnie de la Baie d'Hudson'et ses employés au rep sentant de Sa Majesté la reine désigné par le gouverneur-générel de la Puissance. Que c'était là le résultat de divers actes du parlement et des faits légalement accomplis sou leur autorité ;—que j'avais été chargé eb autorisé de représenter Ja couronne comme lieutenant-gouverneur, mais qu'en me rendant au Fort Garry, avant que le transfert n'eût en lieu, j'avais été rencontré par un corps d’homines armés, agissant sans autorité, et même, comme je l’appris plus tard, au défi de l'autorité, qui m'avaient ordonné de sortir du teri toire ;—-que j'étais resté sur le sol américain, sous la protection des lois américaines, jus qu’à ce moment ;—que les proclamations annonçant le changement de gouvernement, et notifiant les employés publics, ete, de ce fait, avaient été promulguées au poste de la com: $ pagnie de la Baie d'Hudson, sur le sol britannique, et que je n'avais fait ni ne mc proposi de faire aucun acte offciel, excepté lorsque je serais dans ma propre juridiction que LE mouvements des gens loyaux du territoire contre les insurgés conduits par Riel étaient er grande partie spontanés eb dirigés par les autorités locales, où les “ conservateurs de h! paix,” n'exerçant qu'un pouvoir civil. Je dis encore que dans toutes les sociétés civilisées les magistrats et officiers de la paix ont le pouvoir d'appeler à l’aide du pouvoir publi (posse comitatus) la force dont ils peuveut avoir besoin, pour disperser les attroupements séditieux et les émeutes qui troublent la prix publique, eb que c'était 1à la seule “ guerre” qui existât à ma connaissance ou que j'eûs sanctionnée, Que je n'avais pas autorisé S Varme ment de Sauvages, et que je ne me proposais, pas de le faire, excepté en dernier ressort ; que j'avais reçu | des messages de plusieurs chefs, exprimant leur désapprobation de la co Ë duite des Métis français sous Riel, et offrant leurs services à la cause de l’ordre cet de h& loi;—que j'avais envoyé des réponses verbales et concises, les remerciant de leur bon voi loir, éludant leurs offres de service, eb remettant les questions au sujet desquelles ils dés: raient me consulter jusqu'après mon arrivée au Fort Garry;—et que, pour être france explicite, après avoir lu ce que j'avais vu dans les journaux, et entendu diverses opinions formulées par certaines personnes qui m’écoutaient alors, je devais dire que ma conviction bien arrêtée était que les blancs qui, des deux côtés de la frontière, avaient conseillé encouragé et aidé la révolte illégale des Métis français, et quis’étaient réjouis de leur succès à tenir hors du territoire le représentant de l’autorité légitime et du seul pouvoï que les Sauvages seraient probablement disposés à écouter et respecter, devaient être tent!
‘responsables, devant Dieu et devant les hommes, de toute destruction de vie ou de pro- ‘ priété qui pourrait en résulter. N ‘ Vous me dites alors que vous n'aviez nullement encouragé le mouvement des Métis, — que vous w’aviez exprimé aucune opinion ni dans un sens ni dans l’autre, mais que vous aviez rempli les devoirs de votre charge avec une stricte impartialité,—que vous désapprouviez que l’on mit des armes entre les mains des Sauvages ou qu’on les employât dans ‘une guerre civile, et que vous aviez été fort alarmé, lorsque vous aviez entendu dire qu'ils ‘allaient être employés par les autorités de l'Etablissement, et vous vous demandiez si, dans . le cas où je l'aurais autorisé, je n'avais pas violé les lois de la neutralité. Que vous étiez : heureux de m'entendre dire que je ne l'avais pas fait, et que vous espériez que j'emploierais . mon autorité pour l'empêcher.
î Je reconnus de”suite votre conduite impartiale et honorable, et ÿ’exprimai la convic- : tion que vous n’aviez rien fait ou dit pour provoquer ou encourager la conduite illégale des Métis ; mais j'ajoutai que je craignais qu'il y en eût d'autres, du côté américain de la { frontière, dont on ne pouvait dire la même chose. Que quant à employer mon autorité pour rétablir l’ordre et réprimer l’effervescence du pays, c'était là précisément ce que J'essayais de faire, mais que n'ayant pas à ma disposition une force suffisante pour maitriser tles gens armés qui avaient barricadé le chemin, il m'était impossible d'user de mon autorité de ia manière la plus efficace ; que les magistrats et les officiers locaux étaient én conséiquence laissés à leur propre jugement quant à l'emploi des moyens, et qu'il était fort idéraisonnable de me tenir responsable de leurs actes tant que je n'aurais pas l’occasion de iles contrôler ou de les empêcher.
!- AT Cavalier, le maître de poste, me demanda s'il n’était pas à ma connaissance que le EDr. Schuléz avait envoyé un nommé Sherman, avec des articles d'une certaine espèce, aux {Sioux des environs de la montagne de la Tortue, et que son but était de les employer-contre de parti de Riel. Je répondis que je n'avais pas entendu parler de cela, et, de plus, que he ne le croyais pas. Je pensais que le Dr. Schultz avait trop de bon sens, et qu'il avait trop d'intérêts en jeu pour courir un risque aussi dangereux. M. Cavalier dit qu'il avait que la chose était vraie ; et à propos de ce que j'avais dit de la position du Dr. Schultz, il dit que c'était un homme irréfléchi et égoïste, dont la doctrine était que “vous fe pouvez compter personne comme ami, s'il n'a pas d'intérêt à le devenir,” ete.,— que fi Sherman était un repris de justice, qu'il n’osait pas venir sur le territoire américain, et fue s’il y venait, il serait pendu. Que les Sioux en question ne sont pas encore conciliés au Houvernement, et qu'ils n'hésiteraient pas à massacrer les citoyens américains, s'ils y aient encouragés par un homme comme Sherman,” ete., ete. » M. Lemay ditavec beaucoup d’emphase que si les Sauvages prenaient part à la guerre, mme il l'appelait, ma vie ne seraït pas en sûreté pendant cinq minutes. M. Harrison outa que, dans ce cas, moi eb mes gens nous nous trouverions dans la position la plus itique que nous ayons jamais occupée, etc. M. Lemay voulait avoir une réponse plicite à la question : de savoir si, dans aucun cas, j'approuverais on autoriserais l'emploi s Sauvages. Je refusai de dire ce que je ferais ou ne ferais pas lorsque j’entrerais dans $ fonctions de ma charge, mais que je n'avais pas autorisé l'armement des Sauvages et le je ne voulais même pas employer de Métis pour faire ls guerre ;—que j'étais pasblement étonné de ce qu'avait dit M. Cavalier à propos des Sioux de la montagne de la tue, et je demandai s’ils vivaient sur le territoire américain ou sur le territoire anglais. 1: Cavalier répondit qu'ils étaient parfois d’un côté et parfois de l'autre, mais qu’on les ait hostiles aux Américains.—Après quelques autres remarques générales, je terminai ntrevue en disant qu’en face de la position dangereuse dans laquelle nous nous trouvions is placés, je pensais que la meilleure chose à faire était de rétablir l’ordre et l'autorité à Rivière-Rouge le plus tôt possible, et que je croyais qu’il y avait dans la salle ou dans oisinage immédiat, des personnes qui pouvaient le faire ; que dans tous les cas c'était non devoir eb ma mission, et que j’entendais les remplir au meilleur de ma connaissance capacité. Aux observations—que d’autres qualifieraient de menaces—de MM. Lemay et rison,—que si les Sauvages, que je n'avais jamais vus et dont je ne suis nullement onsable, entraient en güerre, ma vie ne durerait pas cinq minutes, —je répondis qu’une
SR CA SG APE na rame rentnmun ne con — ‘ &
pareïlle observation où possibilité ne changerait pas le moins du monde ma ligne de conduite. J'avais accepté une charge importante dont je connaissais tous les périls, mais j'avais l'intention de remplir mon devoir sans égard à aucune considération personnelle, Je no comptais que pour un homme, et après moiilen viendrait un autre, peut-être un autre plus habile que moi dans l’art de la guerre. J'étais venu pour cultiver les arts de la paix, établir des lignes de télégraphe, construire des chemins, encourager l'immigration, ot organiser une société selon les usages des peuples civilisés. Mais ceux qui croyaient micux servir leurs intérêts en fomentant le désordre et l'émeute-parmi les Métis français, qui constituent, après les Sauvages, l'élément le plus dangereux du pays, ne devaient pas s'imaginer qu'ils pourraient rejeter sur moi la responsabilité d’une conflagration qu'ils avaient alimentée, s'ils ne l'avaient pas allumée.
Ce qui précède est la substance de ce qui à été dit dans votre bureau en présence des principaux habitants du village, et je désire que la relation écrite en reste entre vos mains.
Depuis ma conversation avec vous, j'ai entendu dire certaines choses que je crois
devoir mentionner à propos de ce qui précède. L/on me dit qu'une personne à qui j'avais
confié des copies d'une proclamation maintenant et confirmant l'autorité de tous les officiers de ‘paix et autres, à été arrêtée sur le territoire anglais par deux citoyens américains demeurant dans le voisinage, eb que ces papiers lui ont été enlevés sans autorisation et en violation de leur devoir comme personnes placées temporairement sous l’allégeance du souverain du pays dans lequel ils voyagenient. Si cette offense a été commise, comme on me Je dit, par ceux en faveur desquels on me demande d'exercer mon ai utorité sur les Sauvages, je vous demande, monsieur, comment je pourrai faire respecter mes ordres si on ne les laisse pas arriver à ceux à qui ils sont adressés ? Je puis vous assurer que les personnes qui ont cherché à conférer avec moi de l'Etablissement, en qualités officielles ou non, n’ont éprouvé que peu de difficulté et n'avaient aucune crainte sérieuse d'obstacles où de dangers jusqu’à ce qu'elles approchassent de la frontière américaine, et leurs craintes étaient, non pas qu'elles seraient arrêtées dans leur mission paisible et légale par les Sauvages ou les
Métis, mais par des blancs, dont l’un, au moins, est un employé sous votre contrôle. | J'ai la preuve par-devers moi que la personne en question à cherché à envoyer les
Métis ct'autres dans les environs, “à me chasser du pays, moi et ma suite.” Je ne puis
guère supposer que ces démarches eb ces menaces soient faites par le fils d'un sous marshal, eb un employé du département des douanes des Etats-Unis, sans la connaissance et l'approbati tion de quelqu'un dont l'autorité est plus élevée. Ne croyez pas pour un instant que je pense que vous avez encouragé ou que vous encouragerez les actes. ou les menaces de votre subalterne, maïs il est bon que vous sachiez ce quim'a été rapporté à son sujet.
Je vous envois Îa lettre ci-incluse adressée au Colonel Dennis, dans l'espoir que vous trouverez moyen de la lui faire parvenir en sûreté. Peut-être pourriez-vous l’adresser sous enveloppe à à quelqu'un du Fort Garry qui pourrait la lui remettre. Vous verrez par son contenu, dont je vous permets de prendre connaissance (privément), que mes désirs et mes ordres sont contraires à l'armement des Sauvages dans la crise actuelle. J’enverrai un duplicata de cet ordre par la première occasion ; mais comme mes lettres on été si souvent ouvertes, je ne puis me fier à la poste régulière. Une lettre adressée par vous à un correspondant non suspect pourrait parvenir à sa destination plus promptement et plus sûrement.
En terminant, permettez-moi d'ajouter que dans le cas d’une incursion sur cet établissement par les Sioux, vous et les autres citoyens américains qui vous placerez sous ma protection pourrez compter que toute l'influence, toute mon autorité et tous les moyens de défense à ma disposition, seront employés à vous protéger. Si ma charge ét l'autorité dont
. je suis revêtu sont aussi puissantes sur les Kauvages du ‘côté anglais de la frontière que quelques messieurs présents à l'entrevue l’ont dit, le danger que vous craïgnez sera écarté.
Croyez-moi, etc.,
Wa. McDoucaiz.
(3 B.) ee
| Lorsque M. MeDougall estarrivé ici ilya un mois, il y avaitenviron cinq centshommes "sous les armes. Fil était parti alors, les difficultés auraient pu être très facilement réglées ; aujourd'hui, toute la population est sur le picd de guerre, et une opposition d’une nature É. grave pénètre de plus en plus dans les esprits, à inosure que M. McDougall donne plus de b. trouble aux insurgés. Toute tentative de coercition de la part du Canada, où même de Ê l'Angleterre, ne servira qu’à vous faire perdre tous les avantages que vous pourriez tirer de ce £ pays. Les Métis prendront de nouveau le chemin de la prairie, eb de là ils empêcheront toute . amélioration qui pourra être tentée ou essayée—télégraphes, chemins de fer, défrichements ; # —on pourre leur faire la guerre, mais les armées ne pourront jamais les atteindre. Il y en aura des milliers de dispersés ci et là sans qu’on puisse les rencontrer.
l Si la population n’était pas inquiétée, clle serait bientôt prête à écouter les proposi- É tions qui pourraient lui être faites par le gouvernement canadien. Maïs plus’ M. McDougall «cherchera à entrer par des mesures de violence, plus la chose sera diflicile. Quant à lui, à, s’il vient dans le territoire, il sera immédiatement fusillé. Ses principaux amis et partisans ici sont à la veille d'être massacrés.
(3 C.) Pris Prumina, 8 décembre 1869.
Au licuienant-colonel J. #. Dennis, Etablisement de la Rivière-Rouge. ,
Mon cuEr CoLoxet,—Je confie cette lebtre à la poste, sous enveloppe adressée à une tierce personne, eb j'espère que vous la recevrez eb que vous vous y conformerez sans retard. L'on m'a dit que les autorités qui cherchent à calmer la révolte des Métis français ont projeté d'employer des Sauvages à cet effet, et qu'une bande de Sioux de l’Assiniboine 'exerçaient en vue d'un service militaire ou guerrier de quelque espèce. Je désire et ordonne que vous empêchiez, autant que vous le pourrez, tout projet de cette nature. Si es Sauvages lèvent la hache de guerre à l'instance de quelque personne à ce autorisée, il deviendra peut-être très difficile pour elle, et même pour une autorité plus élevée, de les rappeler ou de les contenir dans les bornes permises aux forces armées agissant au soutien du pouvoir civil. L'on dit aussi que des articles “ d’une certaine espèce ”—ce que j'inter- Éprêtes par armes et munitions — ont été envoyés de l'Etablissement aux Sioux qui sont rés de la montagne de la Tortue, avec l'invitation de venir aider à maîtriser les rebelles. e ne puis ajouter foi à cette histoire, mais j'espère que vous vous en informerez et pren-
ains d'ici goûtent fort peu la perspective d’une visite des Sioux, et il serait en effet léplorable qu'ils fussent entraînés dans une lutte qui pourrait leur fournir le prétexte de renouveler les scènes de 1862. |
Quant aux Sauvages de la Mission, sous le chef Prince, dont quelques-uns, me dit-on, ont employés à la garde du Fort de Pierre, je serai heureux d'apprendre que vous vous s dispensé de leurs services à ce titre. Ils peuvent être intelligents et'faciles à contrôler, is le fait qu'ils sont ainsi employés parviendra bientôt aux oreilles et excitera peut-être esprit guerrier d’autres tribus, qu'il ne serait pas aussi facile de maîtriser.
Je suis, ete.,
Wa. McDoucazr.
drez des mesures immédiates pour contrecarrer toute démarche de ce genre. Les Améri-
‘ | . Peupina, Lundi, 13 décembre 1869.
À V'Ionorable Joseph Ilowe, Secrétaire d'Etat, ete, Otiaiva, Canada.
Reçue par le Monsieur, —J ai l'honneur de vous informer que je n'ai pas reçu de Sec. d'Etat communication de vous depuis votre dépêche du 19 du mois dernier. Deux pour les pro- lettres, marquées “ personnelles,” de Sir John A. Macdonald, sous la date du jnces, le 30 23 novembre, me sont parvennes en bn état le 11 de ce mois. dJ’ai reçu des
“__ jonrnaux de Montréal et d'Ottawa des 27 et 29 respectivement, et d’autres de villes plus à l’ouest d’une date d’un jour ou deux plus récente. Quand les malles ne sont pas retardées en route, elles viennent d'Ottawa ici en 14 jours environ.
Je regrette de dire que les insurgés qui sont sous la direction de Riel ont fait preuve de plus de force et de détermination que les rapports de toutes sortes que je recevais dn | Fort Garry ne me le faisaient croire. Ils ont réussi, avec l’aide de leurs alliés du côté américain de la frontière, à intercepter et empêcher l'échange de toute communication | entre le col. Dennis et moi depuis son rapport du 2 de ce mois. T1 m'a donc fallu m'en À rapporter aux compte-rendus de l'ennemi et aux rumeurs courantes que nous pouvions À recueillir des Métis de nos amis, au sujet des événements et mouvements qui ont eu lieu au À Fort Garry etau Fort de Pierre depuis le 2. De ces différentes sources, j'apprends que le Ë 5 ou le 6 de ce mois, un certain nombre de personnes (la rumeur dit 40 ou 50) étaient Ë réunies dans la maison du Dr. Schultz pour la garder, ou pour former partie du corps £ appelé en aide au pouvoir civil sur le point de rejoindre les forces commandées par le £ colonel Dennis, lorsqu'elles furent surprises par une bande de gens de Riel et faites prison. À nières. Il re paraît pas que les gens de Schultz aient fait de résistance, mais je ne sais ai Ë c'est à cause dela soudaineté de l'attaque ou si c'est parce qu'ils ne voulaient pas être les É premiers à répandre le sang, On dit qu'ils étaient armés et qu'ils avaient dans la maison des munitions pour tirer 400 coups. Si cette nouvelle se confirmait, elle indiqueraït une grande confiance, de la part de la masse des Français, dans Riel et ses projets ainsi que l'appui constant du clergé et des Américains et autres traiteurs de l'Etablissement que l'on sait avoir conseillé et aidé Riel au début du mouvement. Le même rapport nous Ë apprend que ce déploiement subit de force par Riel à décounragé les Canadiens et leur Ë amis, et que les Métis écossais et anglais ont refnsé de se joindre en nombre au parti de ‘€ l'ordre et de la loï.” Cet exposé de la situation est confirmée jusqu'à un certain point par le fait que Riel a pu envoyer une escouade de 20 hommes au pôste de la compagnie de h Baie d'Hudson, ici, lesquels s’en sont emparés depuis vendredi dernier et ont empêché no gens d'y aller. Les Américains de notre voisinage, concernés dans le mouvement, sont moins excités depuis l’arrivée de cette escouade, et disent que nous allons être obligés, | dans quelques jours, de repartix pour le Canada. Apprenant que M. James McKay colon riche et influent qui demeure sur lAssiniboine, et l’un de ceux que le colonel Denni devait consulter avant de rendre aucune mesure décisive, était arrivé chez M. Dease, environ 26 milles er haut de la rivière Pembina, sur le côté américain de la frontière j'envoyai mon fils, le 11 de ce mois, avec un message veïbal pour lui, espérant -aussi qui pourrait me donner des nouvelles sûres des opérations du colonel Dennis depuis ls dernières que j'en avais eues, et savoir aussi si la rumeur-de l’arrestation opérée chez le Dr. Schultz était vraie. Le chemin qui conduit à l'endroit où était M. McKay passe en certains endroits sur le territoire anglais, et les gens d'ici (excepté M. Nelson) étant ouf ouvertement ligués avec les insurgés, et faisant la garde, la nuit, sur le pont qui travers la rivière Pembina, pour empêcher tonë messager d'arriver jusqu'à moi, je craignais que mon fils ne fût arrêté, et en conséquence je lui enjoïignis de n'apporter aucune lettre où communication écrite, à moins que M. McKay n'y consentit. Il réussit à trouver M McKay, qui lui relabx ce qui s'était passé dans l'Etablissement jusqu'au 5 de ce mois. de vous inclus le rapport qu'il m'a fait (‘“ 4 A7),
En consultant le rapport du colonel Dennis, expédié avec ma dépêche du 6 de« mois (“2 A”), l’on remarquera qu'il a vu M. McKay avant de prendre possession di
* Fort de Pierre, et qu'il le trouva d'opinion qu'il était temps de faire une opposition quel- , conque aux Métis français, mais qu’il craignait que les “orands propriétaires ” comme lui A. n'en éprouvassent des dommages, Je suis porté à croire qu'il s'est sauvé autant à cause H' du danger au'il craignait pour “lui-même que pour ses biens. Mais son exemple démôntre La position: et le sentiment de beaucoup d’autres qui n’ont aucune sympathie pour les Métis &. français et ancune objection au nouveau gouvernement. Ils accepteront ce dernier, si d'autres veulent bien se babtre et payer tous les frais de son établissement.
. Le major Wallace, qui demeure chez Peter Hayden, non loin du poste de Bai
&. d'Hudson, m'a dit hier soir que Riel y était attendu durant la nuit. J'ai pensé, en exami- R'nant tous les faits tels qu'ils se présentent actuellement, et surtout le fait que mes commu- É nications sont entièrement interrompues avec le colonel Dennis, que je serais justifiuble
É d'entrer en communication avec Riel, s'il venait dans les environs. J'écrivis donc la lettre É ci-jointe (‘4 B”) et l’envoyai au capitaine de l’escouade qui a pris possession du poste de # Ja Daie d'Hudson. Elle lui est parvenue ce matin, mais jusqu’à présent (5 li. p. m.), je n'ai pas entendu dire que Riel füt arrivé, ni si on lui avait envoyé ma lettre.
Le Dr. Jackes, qui appartient à notre parti, fut appelé en grande hâte, ce matin, par M. Rolette, sous-marshal des E.-U., ct l’un de nos plus violents adversaires ici, pour & soigner sa femme qui se moturuit (en couches). La sage-fernme indienne l’avait abandonnée, t ses parents, dont quelques-uns avaient menacé de nous tuer, s’adressaient maintenant à nous pour sauver la vie de Mme Rolette. Le docteur courut auprès d'elle, et grâce à son abileté, il surmonta la difficulté et Ini sauva probablement la vie. Ils se montrèrent tous fort econnaissants, et lorsque le danger fut passé, ils lui firent voirune proclamation publiée par: diel depuis le ler décembre, dans laquelle il annonce que les Français ont établi un gouernemeut de leux choix et se proposent de résister, par la force si c’est nécessaire, à toute ntative que l’on ferait pour leur, en imposer un. ŒÆlle nie à la compagnie de la Baie Hudson le droit de céder le pays au Canada, etc., ete. Le docteur ne put en obtenir un xemplaire, vu que Rolette 1’en avait qu'un et ne voulait pas s’en dessaisir.
Je prends de nouveau la liberté d'exprimer l’opinion que la recommandation que j'ai u l'honneur de faire dans ma dépêche du 29 novembre, et plus amplement dans les lettres térieures à Sir John A. Macdonald, est le seul plan praticable pour établir l'autorité du ouvernement de la Puissance dans ce territoire.
J'ai l'honneur d'être, etc., .
Wu. McDoucazL.
A.) L ,.. Peugixa, 13 décembre 1869.
Méuorre.— Parti de Pembina dans la matinée du 11 décembre pour St. J' oseph, à 26 les d'ici, pour me rendrechez * * #* Métis, né dans l’Orégon, colon très riche et ês influent parmi les Métis de St. Joseph. Il.me dit que M. Gingras, de St. Joseph, rit essayé, dans la soirée du 10, de persuader aux Métis de l'endroit de se joindre aux Éurgés de la -Rivière-Rouge. in (Gingras) s'était engagé à lever un parti de 130 Métis, avec une partie d'entre eux de chasser le gouverneur MeDougall de sa maison à @mbina. * * traita cette proposition avec mépris et s'efforça de persuader à jügras de ne pas tenter une pareille démarche. (Ces Métis de St. J oseph sont génélement alliés à ceux de l'Etablissement de la Räivière-Rouge, et beaucoup d entre eux à ient disposés à entrer dans le projet de Gingras.
M. Dease pensait que s’ily avait effusion de sang à l'Etablissement de la Rivièreuge, le gouverneur et toute sa suite seraient en grand danger et courraient le risque perdre la vie. M. Dease sympathisait beaucoup. avec le gouverneur et sa suite, et lara qu'il était prêt à faire tout en son pouvoir: pour nous aider. J' appris de lui que M. Kay, de l'Etablissement de la Rivière-Rouge, était chez M. Chärles Grant, à environ 7 es de chez M. Dease. Je me rendis jusque là pour le voir, et j’appris qu'il avait amené
LA
ment reçues du gouvernement du Canada.
sa famille avec lui et avait quitté l'Etablissement dans l'intention de demeurer choz ses parents de St. Joseph tant que les troubles actuels Aureraient,
T1 me dit que cinquante Canadiens qui gardaient les provisions du gouvernement chez le Dr. Schultz, au Fort Garry, avaient étè faits prisonniers, et que le “Dr. Schultz ét sa femme, le Dr. Bown, M. Mairet M. Hallott étaient parmi eux. M. Hallett a été fait prisonnier pendant qu'il était allé chercher des semèdes pour sa femme. M. McKay m'informa aussi que le col. Donnis, en arrivant de Pembina, avait été chez lui, ot qu'il À (McKay) l'avait fortement engagé à no pas inciter une partie de la population à s’armer À contre l'autre,—et que cent des principaux Métis françâis avaient signé un document par À lequel ils consentaient à laisser entrer le gouverneur. Il me dit aussi que, une fois les £ hostilités commencées el le sang répandu, a vie du gouverneur et des siens serait très È probablement sacrifice. Il dit que d’autres riches propriétaires de l'Etablissement avaient los mêmes idées et exprimaient les mêmes opinions que lai. M. McKay se proposait, d'aller voir le gouverneur à Pembina, mais il avait été rejoint on routé par un parti d'insurgés qui s’en l'allaient prendre possession du poste de la compagnie de la Baie d'Hudson à Pembina, ct qu'il avait été furcé de changer de direction et de traverser la prairie pour se rendre à St. Joseph. Il était sous l'impression que le col. Dennis était allé au Portage de la Prairie, et que le Fort de Pierre était encore entre les .mains des Sauvages et autres commandés par le col. Dennis.
‘ l War. B. McDoucaLL.
(4 B.) (Personnelle.) Ù PemeiNa, 13 décembre 1869.
Louis Riel, Ecr.
Moxsteur,—J'apprends du poste de 1 Baie d'Hudson que l'on y attend voire arrivée du Fort Garry ce soir. Je vous envoie ce billet‘pour vous informer que je désire vivement avoir une conversation avec vous, avant que je ne réponde à des dépêches que j'ai récem
Je n'ai encore reçü aucune communication de votre part ni de personne autre, au nom des Métis français qui m'ont empêché de me rendre au Fort Garry, exposant leurs griefs ou leurs désirs à l'égard du nouveau gouvernement. Comme représentant de li souveraine à laquelle vous et eux devez allégeance, et que, me dit-on, vous n'avez pas l'in tention de répudier, il serait convenable.qu'une communication de cette nature eût lieu.
Ce sera uu grand malheur pour nous tous, je crois, si je suis obligé de retourner en Cansdr et de remottre les rênes du gouvernement d'ici à un gouverneur ; militaire.
Tel sera le résultat inévitable, si nous ne trouvons bientôt une solution à la difficult actuelle. «
Je suis revêtu de pleins pouvoirs du gouvernement, et je suis personnellement animé | du plus ardent désir ‘de rendre justice à toutes les classes et sections de la population À Pourquoi ne viendriez-vous pas à moi pour discuter la question ? -
Je vous prie de croire que ce qui s’est passé ne m'indisposera aucunement contre vou! ou ceux pour lesquels vous serez autorisé de parler. ‘
L’entrevue proposée devra avoir lieu sans que certains citoyens américains d'ici, qu prétendent être en rapport avec vous, n’en sachent rien ou y participent. Je me fie à votre honneur sur ce point.
* °- Votre très dévoué,
: Wizziam McDoucazr.
Pemgina, 16 décembre 1869.
‘À l'Hon. Joseph Ilowe, Secrétaire d'Etui, ete, N . Ottawa. .
| Re quo par le Moxsreun,--J’ai l'honneur d'accuser réception: de votre dépêche du .29 “ Sec. d'État novembre. Il est survenu des événements depuis que cette dépêche a été : pour les Pro- écrite qui, lorsque le rapport vous en parviendra, justifieront, je pense, la dé- , vinces, le ler cision que j'ai prise de retourner jusqu'à St. Paul et de communiquer avec : janvier 1870. ous de ceb endroit.
À L'état des affaires au Fort Garry et dans les environs, décrit dans ma dernière : dépêche (13 décembre,) et basé sur les re uscisnements de personnes à qui je ne pouvais guère mme fier, à été pleinement confirmé par l'arrivée du Col. Dennis, hier soir, et par son sorapport. Il est parti du Fort de Pierre samedi matin à 2 heures, après avoir ordonné de 4 ;payer et licencier, à à inidi du même jour, les personnes qui s’étaientvolontairement engagées k.à garder et à défendre le fort.
Ë: Je vous inclus deux petit rapports (“5 A” ct «5 5 B°) qui m'ont été apportés, avec É'd'antres papiers, par deux messagers du chef ‘: Prince,” avant-hier dans la nuit. J'atten- 'dais le colonel lui-même plus tôt qu'il ne le promettait, parce que j'étais convaincu que sa ‘tentative de me faire envoyer unc députation des chefs du parti de Riel échouerait. Je l'gardai les Sauvages comme il me le recommandait, en les cachant autant que possible, et : je les ai trouvés d’un grand secours. Comme je me propose de partir demain pour m'en retourner, je différerai la communication de plus amples détails jusqu'à mon arrivée au Fort Abercrombie, car ils pourraient, s'ils étaient connus ici, déranger nos opérations pour Blavenir.
R: Je vous transmets une lettre (“5 C”) de quelqu'un qui connaît très bien le caractère : et les habitudes des Métis des deux origines. Il à servi de guide à plusieurs expéditions Rdans l'intérieur, et il à été mon guide de St. Cloud ici. ; = Aussitôt que je mo fus décidé à quitter la place, j'ai cru prudent, en vue de ce qui Rpourrait arriver plus tard, d'écrire la lettre ci-jointe à M. MecTavish (“5 D”), que j'ai con- Bfiée à la garde de mes fidèles Sauvayes, qui trouveronthien moyen de la lui remettre. Nous sommes toujours surveillés de près, et on nous empêche d'obtenir des provisions du poste de là compagnie de la Baie d'Hudson. Je n'ai reçu aucune réponse à ma Al ebtre particulière à M. Riel, et je n'ai aucune raison de croire qu’il viendra bientôt auprès
Je vous inclus (f5E 7) un exemplaire de la Déclaration d’ Indépendance qui a été adoptée
À6 24 novembre, eb impriméole 8 décembre. Aussi, une * Liste des Droits ” (“5 F”) qui a
é distribuée deux ou trois jours avant la ‘ Déclaration,” et qui a eu l'effet de refroidir le
ièle de beaucoup de ceux qui s’étaiont déclarés, un ou deux jours auparavant, prêts à à réduire
ô parti de Riel par la force des armes. Aussitôt que la ‘ Liste des Droits ” eût atteint son but, la “ Déclaration ” fut publiée, et les Anglais se sont trouvés pris dans un piége. En
tendant, des gens avaient été envoyés sur tous les principaux points, at les arabe à avaient
lé enlevées aux colons anglais.
Aucun des messagers mentionnés dans votre dépêche n'est encore arrivé.
J’ai l'honneur d’être, ete., Way. McDoucart.
< PS.—Vous trouverez ci-inclus (5 “G”) copie de l'avis publié par le colonel Dennis au rt de Pierre. :
Wa. McD.
ForrT DE PIERRE, ÉTABLISSEMENT DE LA Rivrèrr-Rouce, 2 T. N. 0 9 décembre 1869.
‘ Moxsreur,—J" ai honneur de faire rapport de ce que j'ai fait en vertu de la commis”
: r Tu
sion que j'ai reçue de vous le ler de ce mois, et je vous renvoie au’récit qui ACCOMPAGNE ha présente et qui contient des détails complets.
Je regrette sincèrement d’être forcé d'exprimer mon opinion bien arrêtée que l'on ne peut compter sur les colons anglais de l'Etablissement de la Rivière-Rouge proprement dit, . tormme corps, dans aucune mesure d’une nature agressive qui pourrait être nécessaire pour réduire le parti français maintenant en révolte armée contre le gouvernement.
Je vais rester ici pendant quelques jours encore, afin € ‘être sur Les lieux au cas où il y aurait quelque chance de s'entendre avec les Français poux vous envoyer une délégation, — ce dont, cependant, je n'ai guère l'espoir ; ; lorsque je verrai que ma présence ici ne peut être d'aucune utilité, je retournerai à Pembina. «
‘ J'ai l'honneur d’être, ete, --
J. $. DExNi.
(5 B.) 9 décembre 1869.
L'honorable Wm. MeDougall, C. B., Lieut.-Gouverneur.
Mox cxer M. McDoucaLr, — J'espère encore apprendre ce soir s’il y a définitive. ment quelque chance que le parti des rebelles montre quelque disposition à vous envoyer une délégation.
Si je vois qu'il n’y en a pas, — qu'ils sont bien décidés à s en tenir à leur nouveun gouvernement comme peuple indépendant, — je renverrai immédiatement les gardiens du fort et partirai pour Pembina. Cette lettre vous sera portée par le messager du chef “ Prince,” et il ferait bien de rester avec ses amis les Sauvages en bas du Fort Pembina pendant quelques jours, jusqu’à ce que je sois descendu, afin qu’il puisse rapporter ici les lettres ou instructions que vous pourrez lui donner pour la gouverne des Canadiens ds l'Etablissement.
Je serai avec vous dans une semaine, même en supposant que je retarde pour avoir une entrevue avec le conseil des rebelles, car je partirai immédiatement après. Vous feriez bien alors de garder ce messager pendant une semaine à Pembina. + Vous pores être bien convaincu que ces gens sont parfaitement les maîtres de Ja situation pour l'hiver, et ils disent eux-mêmes qu'avec les promesses d'aide qu'ils ont eu des féniens et fibusti tiers, ils pourront garder le pays. -
Je ne serais pas surpris de voir beaucoup de gens ici se joindre aussi à eux. Je pense que beaucoup d’entre eux feraient n'importe quoi plutôt que d'offenser les Français, maintenant (comme ils disent) qu'ils voient par la “liste des droits” que les Français ne demandent rien de déraisonnable.
Ïl ne nous reste plus qu'à nous soumettre à la force des choses jusqu'au printemps.
* Croyez-moi, etc., : J. $. Dennis.
(5 C:.) Rivière-Roucr, 8 décembre 1869.
Son Excellence l'honorable Wm. McDougall,
Pembina.
Votre Excellence apprendra sans doute d'autres sources l’état actuel des esprits de Ja partie anglaise de la population de l'Etablissement. Je vous aurais écrit plus tôt raais j'ai retardé de le faire parce que l’on m'avait fait croire qne je vous verrais personnellement; mais, au point où en sont rendues ies choses, je suis extrêmement peiné d’avoir à informer Votre Excellence que je n'ai plus aucun espoir. Depuis deux jours, les gens ont, je crois, complètement cessé toutes démarches quelconques. Je ne puis dire quel” est actuellement leur but. J'ai fait de mon mieux pour lever une force suffisante pour aider à
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l'exécution des ordres .du colonel Dennis, mais je crains que tout le plan n’échoue. Même Parmi notre population anglaise, nous avons à lutter contre des individus pires que les “Métis français ; je suis fâché de vous le dire, mais ce n’en est pas moins vrai. L'établissement écossais ne veut pas nous joindre, non plus qu'aucune autre paroisse protestante, en sorte .que ce serait pour nous le comblo de la folie’ d'essayer de prendre l'offensive : nous serions accablés par le nombre. Nous avons dans ces deux paroisses tous les désavantages, tant sous le rapport du nombre que sous celui dès armes. Je pense que le manque d'armes est la seule raison pour laquelle nos gens se tiennent à l'écart ; comme de raison, les Métis se sont emparés de toutes nos armes. Cependant, si les gens le voulaient, ils’pourraint trouver encore assez d'armes pour vaincre les Métis, mais ils ne le veulent pas. Le fait est que ce sont tous des lâches, du premier au dernier. Bien qu’ils soient mes compatriotes, je dois dire la vérité à leur égard. : Le colonel Dennis vous écrit, et Votre Excellence apprendra par lui l’état
Que Votre Excellence me permette de me souscrire, ‘ Votre
(5 D.) . PEmgin4a, 16 Décembre 1869, Filliam MeTavish, Kor., Fort Garry. °
5 Cuer Monsieur, —En conséquence de l'occupation prolongée du Fort Garry par les üsurgés sous la conduite de M. Riel, et la soumission des autorités locales à ses ordres, et l'ayant à ma disposition aucune force armée pour rétablir la suprématie de la loi, j'ai ésolu de retourner jusqu'à St. Paul, et d'y attendre les ordres du gouvernement de Sa ajesté eb du Canada. -
Je n’ai pas eu l’honneür-de recevoir aucune lettre de vous depuis votre lettre partiülière du 19 novembre. Les chemins sont tellement peu sûrs, à cause de la surveillance Mu'y exercent les insurgés, que je n'ai pas osé vous envoyer anicun message officiel ou toute
utre communication, qui aurait pu tomber au pouvoir des insurgés, leur être un sujet lencouragement et aggraver la situation des affaires. Je vous envoie ce message par des ndiens dont j'ai éprouvé la loyauté et la fidélité. Je n'ai ancun doute que cette lettre je vous parvienne. | J'apprends par le secrétaire d'Etat pour les provinces que Son Excellence le gouvereur-général à transmis à lord Granville mes lettres jusqu’au 9 novembre, et lui a télégraié les événements les plus récents, comprenant, je crois, la prise du Fort Garry par les Hétis, sous le commandement de Riel. Je vois par la Montreal Gazette que le gouverneent a donné l’ordre à son agent à Londres, de ne pas payer à la compaguie de la Baie Hudson la somme d'argent convenue pour le transfert de ses droits sur ia terre de Rurt. Je n'ai aucun rapport officiel de cet acte ; je ne serais pas surpris qu'il fût vrai. Æ Sous les circonstances, il devient important d'examiner la position exacte de tous les . ürtis dans la crise actuelle. J'ai l'intention de soumettre mes vues à qui de droit sur les énements récents.
Si, à raîson de la conduite du gouvernement de la Puissance, la reddition et le transr du pays n'avait pas eu lieu le ler décembre, comme on en était d’abord convenu, vous nserveriez alors votre autorité de chef de l'exécutif, comme auparavant, et vous resteriez Sul responsable du maintien de la paix et de l'observation des lois. ; Si, d’un autre côté, le transfert avait été effectué le premier jour de décembre, ma pmmission serait devenue en force, et l'avis, sous la forme de proclamation, émanée par mon orité ce jour-là, exposait les faits avec exactitude et démontrait l'état lésal des partis ! Mipprends du colonel Dennis qu’un avis-ou une proclamation publié par mon ordre, pour Héüfirmer et continuer tous les officiers publics dans leurs charges, à l'exception, pour