NOM. | PAROISSE. TÉMOIN DE LA SIGNATURE
[B 8.] ‘ Peugina, 17 décembre 1869.
L'Honorable William McDougall, C. B., Lieutenant-Gouverneur, etc., etc.
Moxsteur,—J'’ai l'honneur de vous faire rapport de mon arrivée ici dans la soirée du 15 de ce mois, étant venu du Portage dela Prairie par les Prairies.
Ayant reçu dans la soirée du 10 un message de M. Sutherland, m'annonçant qu’il n’y avait aucun espoir d'amener les chefs français à consentir à une entrevue, je me décidai de partir le lendemain pour aller, conformément à mes instructions, vous
‘ faire rapport en personne, et je terminai les arrangements nécessaires à mon départ en
engageant un guide, etc., etc.
“En faisant part à M. Hart de mes intentions, je lui ordonnai de payer et licencier le chef Prince et sa bande le'j jour de mon départ et d’évacuer le fort. Quant aux provisions que l’on avait, il fut donné à entendre à M. Hart qu'elles’ seraient prises et portées en compte par la compagnie de la Baie d'Hudson.
Toutes les couvertures de laine distribuées devaient être réunies et rapportées au magasin. Les armes et munitions devaient rester en la possession des personnes enrôlées en qui on avait confiance et qui en donneraient un reçu faisant voir que ces armes restaient
aux ordres du gouvernement, Quant à la poudre et aux balles, je chargeni M. Hart de dire aux personnes de qui on les avait obtenues qu’elles étaient encore à leur service, vu que le gouvernement n'en‘avait plus besoin, et que sion les croyait plus en sûreté au magasin du fort, elles pourraient y ‘rester susqu’À ce qu'il serait trouvé à propos de les | porter ailleurs.
, J'ai ensuite ordenné à M. Hart d'aller continuer l’arpentage qu'il avait commencé, tout en lui recommandant de ne pas dépasser les limites de la partie anglaise de l'Etablissement; mais je n'en ai pas moins la crainte qu'il soit interrompu dans son travail ou peut-être arrêté par le parti français.
Dans la soirée, j'ai reçu la nouvelle qu'un corps de Sioux, que l’on dit être au nombre de 500, était en marche pour l'Etablissement et qu'il était déjà rendu à la Pointe-aux- Trembles ( Poplar Point) et prêt à commencer la guerre pour ‘“ son propre compte.”
Trouvant la situation de l'Etablissement de la Rivière-Rouge déjà assez compliquée sans l’incursion des Sioux, et craignant, dans le cas où cette nouvelle serait fondée, que le major Boulton, qui était parti le 10 à 4 heures À. M., n’eût pu rencontrer les “guerriers, ” (car il devait aller en droite ligne jusqu’au Portage en passant par la Grosse Ile), je décidai de m'assurer du fait, et dans le cas où la nouvelle serait fondée, de faire de mon mieux pour engager les Sauvages à s’en retourner et éviter ainsi un conflit des plus sanglants auquel Anglais et Français auraient pu prendre part. Je quittai en conséquence le Fort à 2 heures A. M., changeai de chevaux à la ville de Winnipig et cheminai sans interruption aucune jusqu "à la Pointe-aux-Trembles, où j'arrivai chez M. George Taylor vers 1 heure p. x.
Chez M. Taylor, je rencontrai le capitaine Webb et M. N: ewcomb, activement occupés au service de la compagnie, dont les principaux comptoirs sont à cet endroit.
Le capitaine Webb m'a remis son rapport (voir copie ci-jointe datée 11 décembre) (1) qu'il se proposait d'expédier aujourd hui.
J'ai compté environ 100 loges de Sioux entre ce lieu et le Portage de la Prairie, 'et lors de mon arrivée, le major Boulton, qui avait atteint ce point le soir précédent et agi immédiatement selon les ordres qui lui furent donnés, tenait conseil avec les Sauvages, ‘et le Petit-Renard, premier chef de la nation crise, y assistait aussi.
La nouvelle qui s’est répandue dans, l'Etablissement au sujet des Sioux était com-. plètement fausse. Ils s'étaient déclarés favorables au gouvernement, mais n'avaient pas
l'intention de ‘ faire la guerre ” sans y être d’abord invités par le gouverneur. ‘ Le Petit-Renard, qui est venu me voir chez M. Taylor après le conseil, est un homme d'une grande intelligence et dont la loyauté ne saurait être mise en doute. Il est fort respecté des blancs et des Sauvages, et indépendamment du contrôle qu ’l exerce sur sa tribu, il a une grande influence sur les Sioux et les autres tribus des prairies.
À ma demande, le major Boulton a ‘fait quelques présents aux chefs et distribué entre eux une petite quantité de provisions. .
Désirant convoquer les notables des Grands-Côteaux et du Portage pour leur faire connaître la raison pour laquelle on devait faire cesser le mouvement, je continuai ma route et me rendis dans l’après-midi chez les principaux de l'endroit en premier lieu désigné, qui avaient signé l'adresse au lieutenant-gouverneur, et, s'étaient récemment identifiés'avec l'organisation volontaire. M. Hamilton, élève de l’école militaire, sous le capt. Webb, exerçait avec zèle la compagnie, et fit un rapport très flatteur ‘pour les
volontaires.
Arrivé au Portage à 6P.M. .
Puisque l'on renonce à lorganisation militaire, il est heureux que le capitaine Webb n'ait pas fait plus de provisions. De bœuf et de farine il ne reste pas plus d’un ou deux barils, qui ont été donnés en présent aux Renards et aux Sioux. Quant aux couvertures de laîne, fusils et munitions, j'ai donné au capitaine Webb les mêmes instruc- - tions qu'à,.M. Hart.
: Il est évident que le fait de faire cesser le mouvement volontaire n'est pas bien
(1) Ce document est omis °
LU
vu dans cet Etablissement ; cependant, le chiffre des enrôlés n'était que de 99, et ce détachement seul aurait été d'un faible secours. Le total de l'effectif organisé et plus ou moins exercé en vertu de ma commission, se
décompose à peu près comme suit :— u No. Quartiers généraux. Officier 8, Hommes. Chiffre approximatif des . ‘ jours d'exercice. 1 Fort.de Pierre .......... - 8 71 1 2 St.-André.,.......,.... 3. 50. "8 3 St. Paul..........,..........…. 3 35 "1 4 Kildonan . 3 . T4 34 5 Winnipig (nombre supposé). 3 40 Pas de rapport de l'effectif ni des exercices.
6 Pointe-aux-Trembles. sense 6) 31 7 Grands-Côteaux..…........... 3 82 : 4 8 Portage de la Prairie... 3 36 4 Le chef Prince et se: hommes... 1 50 10 25 419 ‘ Moyenne, 4 jours.
Comme à M. Hart, j j'ai dit au capitaine Webb de continuer l’arpentage cet'hiver. Ses opérations, cependant, devront nécessairement se borner à cette partie de l'Etablissement depuis la Pointe-aux-Trembles jusqu'au Portage de la Prairie.
Voyant que je pouvais me procurer un guide pour me conduire en ligne droite du Portage à Pembina, j'ai fait les préparatifs nécessaires eb je suis parti le lendemain à TA M
Le voyage à travers les prairies prit plus de temps que je ne m'y attendais. En plusieurs endroits, la croûte de la neige rendait difficile la marche des chevaux. Le troisième jour fut aussi tempêtueux, et ce n’est que dans la soirée du quatrième que j'arrivai à ma destination.
J'ai l'honneur d’être, Monsieur, Votre très obéissant serviteur, | J. S. Denis, x - Lieutenant-Colonel, etc.
Orrawa, 19 février 1870.
À l'Honorable Secrétaire d'Etat pour les Provinces.
Mowsteur,—J'ai l'honneur de vous transmettre sous ce pli copie d'une lettre adressée à l'honorable Ministre des Travaux Publics, au sujet de la manière dont j'ai employé une partie du temps que j'ai passé, durant la dernière saison, dans le territoire du Nord-Ouest.
Comme la part que j'ai prise dans les récents événements survenus dans ce pays a été mal jugée par beaucoup de personnes, je demande respectueusement que la lettre en question fasse partie des autres documents sur ce sujet, dans le: cas où ces derniers seraient mis devant la Chambre des Communes.
: J'ai l'honneur d’être, Monsieur, Votre obéissant serviteur, J. $. DENNIS, A. P.
, OTTAWA, 19 février 1870.
À l'Honorable Ministre des Travaux Publics.
Moxsrgur,—J'ai l'honneur de vous rendre compte de la manière dont, j'ai employé mon temps dans le cours de la dernière saison sur le territoire de la Rivière-Rouge, lorsque” je n’étais pas ‘personnellement occupé à surveiller les arpentages en voie d'exécution, conformément à mes instructions du 10 juillet dernier.
. , agi
À J'exception du délai survenu vers le commencement de.décembre, lorsque jè fus
envoyé à l'Etablissement par M. McDougall,: au sujeb de l'avancement des travaux et.
pour conférer avec MM. Hart et Webb, chefs des opérations d'arpentage,tet leur donner des instructions pour le futur, la période ci-dessus embrasse tout le temps subséquent au 29 octobre.
Durant ce temps, mes services ont été requis par l’honorable M. McDougall, pour l'aider à effectuer son entrée dans le territoire où il était envoyé pour administrer le gouvernement.
Mais l'on pourrait se demander 1° Pourquoi, puisque je fus envoyé au territoire pour diriger et surveiller des arpentages, ai-je abandonné ces travaux pour aller audevant de M. McDougall, et 2° pourquoi, après avoir vu ce monsieur, ne suis-je pas revenu continuer mes travaux d’ arpentage ?
Eh bien! voici ma réponse :
J'ai agi ainsi dans l'intention réelle de remplir un devoir, —me considérant alors le seul officier ou en quelque sorte le seul représentant du gouvernement canadien dans l'Etablissement,—dans le but de prévenir, s’il était possible, les insultes que lon voulait faire subir à la personne envoyée au territoire comme lieutenant-gouverneur. Le sentiment de
ce devoir était d'autant plus grand que, comme Ministre des Travaux Publics, ce fonction- .
naire m'avait jusqu alors donné tous les ordres dont j'étais chargé, et m'avait même dit
que ce serait de lui que je recevrais tout ordre futur dans le cas où il serait nommé lisute-
nant-gouverneur, 66, à mon départ du: Canada, en juillet, on parlait de sa nomination à ce oste.
P Ce qui. suit fera connaître les motifs qui m induisirent à entreprendre cette tâche. ui
Le soulèvement d’une partie de la population de l'Etablissement ayant pour bub ostensible d'empêcher quand même l’honorable M. McDougall d'entrer sur le territoire, eut lieu le 21 octobre, et était de nature à inspirer les craintes les plus vives pour la sûreté personnelle de ce monsieur, dans le cas où il centinuerait sa route au nord de la ligne frontière.
Le conseil d'Assiniboia, avec des membres duquel je confér ais chaque 'jour, eut plusieurs réunions, et déclara que M. McDougall devait, si possible, être informé de ce fait, et prié de rester à Pembina jusqu’à ce qu on lui fit connaître qu'il pouvait se rendre au Fort Garry sans danger pour lui; et à sa réunion du 29 octobre, le conseil décida d'envoyer à à M. McDougall une dépêche à cet effet.
J'avais moi-même déjà fait connaître par lettre à M. MeDougall la situation, ainsi
que. par l'affidavit de M. Walter S. Hyman qu’elle renfermait et qui déclarait que la vie .
de M. McDougall pourrait courrir des dangers s'il venait avant d’être informé que l’opposition avait cessé ; mais vers ce temps, le parti armé avait saisi les malles et assujéti les voyageurs à à un examen tellement sévère qu'il était très incertain que mes lettres eussent pu arriver à destination.
L’excitation était alors très grande. Il me paraissait évident que la compagnie de la Baie d'Hudson était incapable de réprimer l'insurrection.
TL fallait se hâter, car M. MeDougall devait arriver à Pembina vers cette date. J'étais étranger alors, et dans ces circonstances difficiles, je ne connaissais personne à qui me fier. Voilà pourquoi je voulus me charger de remettre moi-même la dépêche du gouvernenr MeTavish, afin d'indiquer personnellement à M: Mc Dougall le danger. qui le menaçait et lui faire connaître les dispositions que j'avais été À même d'observer chez la population anglaise de l'Etablissement.
La dépêche en question me fut remise à 10 h. 30 P. x. le 29 octobre. +Le lendemain, à 3 heures du matin, ‘je partis du Fort Garry, en route pour Pembinà, ais.je dus faire un détour pour éviter le camp des insurgés, et dans la matinée du ler novembre je rencontrai M. McDougall au fort de la compagnie de la Baie d’ Hudson.
. Après lui avoir remis la dépêche, j je le renseignaï complètement s sur l'état dès affaires et lui dis que je comptais retourner à mes devoirs. Les chevaux et mon guide, M. William Hallett, ét moi-même, étions tellement épuisés de fatigue qu’un repos de deux ou trois jours
était nécessaire, etc est pendant que nous étions ainsi au poste de la Baie d'Hudson, à Pembina, qu'un parti armé arriva le 2 novembre, lequel nous était envoyé par le corps principal stationné à la rivière Sale, et m'ordonna, ainsi qu'à M. Mc Dougall et à sa suite, de quitter le territoire: ‘
M. Hallett, mon guide, fut saisi, lié à un chariot et conduit à quelque distance dans la direction du Fort Garry.
Quelques jours après, j ‘exprimai à M. McDougall le désir de retourner à Winnipig, croyant que je parviendrais à m'y rendre, mais seulement pour y remplir mes devoirs, et comme je ne voulais aucunement m'occuper de l'insurrection, j'espérais pouvoir vaquer à mes affaires sans être inquiété.
Âlléguant que je connaissais les dispositions des partis politiques de l'Etablissement, l'honorable M. Me Dougall m’ exprima le désir de me garder près de lui pour m'utiliser au besoin. Il ajouta avoir reçu avis que sa commission entrerait en vigueur le premier du mo prochain, et que si à cette date les mécontents étaient encore en armes, il pourrait requérir mon aide pour l'exécution de certaine mesure propre à établir son autorité,
Dans les circonstances particulièrement difficiles où se trouvait M. McDougall, je. crus devoir me rendre à son désir, eb je demeurai avéc lui jusqu’au soir du 29 novembre.
Pendant cette période et par l’intermédiafre de fidèles Métis français, je réussis, bien que secrètement, à établir une communication régulière et fréquente avec mon bureau, laquelle tenait M. McDougall au courant de ce qui se passait dans l'Etablissement. Je m'occupai aussi activement à contribuer au confort de la famille et de la stite de ce monsieur.
Vers la fin mois, il me dit avoir résolu de me faire parcourir l'Etablissement avec la proclamation qui devait être publiée là, le ler décembre, à, l'effet d'annoncer le. transfert du Territoire et la mise en vigueur de sa commission comme Lieutenant-Gouverneur. ” Comme les nouvelles reçues alors de l'Etablissement annonçaient que les désseins des insurgés avaient exaspéré la partie anglaise de la population, et qu’elle obéirait avec erm-' pr essement à tout appel fait ‘ par l'autorité pour abattre l'insurrection, il ajouta que son intention, était de me conférer à cet effet des pouvoirs de magistrat dont je ferais usage si je trouvais la population dans les dispositions ci-dessus indiquées. Dans le'but de douner un effet légal à sa commission, M. McDougall m’apprit que son ‘intention était d'aller au poste de la Baie d'Hudson, ou sur quelque } point du territoire britannique, dans la matinée du ler décembre, et là de la promulguer en présence de MM. Provencher et Richards.
Conformément à ses volontés eb afin d'être au Fort Garay le ler décembre, je partis de Pembina à 10 h. 30 P. m. le 29 novembre. Je marchaï toute la nuit, tout le” jour suivant et toute la nuit suivante, par le froid le plus intense qu’il m’ait été donné j jusqu” ici d’endurer, et j'arrivai à l'Etablissement le j jour voulu à 5 h. 4. M.
Je publiai la proclamation, et après une consultation avec des notables du lieu, dans laquelle il me fut démontré que la population était désireuse de prendre les armes, je me prévalus de la commission que m'avait donné M. McDougall.
Comme tous mes äctes sont amplement détaïllés dans le rapport fait au gouvernement,
je crois inutile d’en faire ici une nouvelle narration. Il me suflira de dire qu'après avoir reconnu l'inopportunité de mesures agressives, Je suis reparti pour Pembina, conformément aux instructions de M. McDougall, et j'y arrivai le 15 du mois. Je me bornerai à dire que durant ces 15 jours (je pourrais y ajouter les nuits) je me suis évertué à remplir fidèlement ce qui me semblait être le plus grand service que Je pouvais être appelé à rendre au gouvernement, c’est-à-dire ‘que, jour par jour, et à l’aide des moyens que je croyais propres à obtenir ce résultat, je me suis efforcé de rétablir Ja paix et l'ordre dans la colonie.
: J'ai agi de bonné foi tout le temps, ignorant, avant de rencontrer dans les präiries (le. 23 décembre) le colonel de Salaberry, “alors que je retournais en. Canada, que la proêlamation st la commission avaient été émises par M. McDougall sous une fausse i impression (le transfert n'ayant pas eu lieu le ler décembre comme on le supposait) et qu ‘elles n'étaient d'aucune valeur.
-Qu'il me soit permis de dire ici que tout chagrin et désappointé que j aie pu être de
n'avoir -pas rétabli la paix, la nouvelle que m'a donné le colonel de Salaberry m'a fait
rendre grâce à Dieu que mes actes n'aient pas fait répandre une seule goutte de sang.
M. McDougall ayant décidé de retourner en Canada ét de m'y ramener aussi, parce que le gouvernement, disait-il, pourrait profiter des renseignements que j'avais acquis dana l'Etablissement, ; j'y ai consenti sans hésitation aucune.
‘ Nous sommes partis ds Pembina le 18 décembre. Au fort Abercrombie, un accident
nous 1etarda do quelques j jours, et'nous arrivâmes enfin à Toronto le 13 de ce mois. Depuis mon retour, j'ai été occupé—c'est-à-dire tant quej'ai pu travailler, carj'aiété forcé de garder le lit 15 jours par suite de cet accident —tout le temps à préparer les comptes,
rapports, etc., pour le département.
Avec l'espérance que l'exposé et les explications ci-dessus seront trouvés satisfaisants, J'ai l'honneur d’être, Monsieur, Votre obéissant serviteur, J. S. Denxis.
" DÉPARTEMENT DU SECRÉTAIRE D'ETAT POUR LES PROVINCES, Orrawa, 16 février 1870°
À Sa Grandeur l'Evêque de St. Boniface. L
Moxsrianeur,-—-Son Excellence le gouverneur-général m'a enjoint de vous remercier de l’empressement avec lequel vous avez mis vos services à la disposition du gouvernement, et entrepris un voyage pénible en hiver, afin d'aider, par votre présence et votre influence, à à la répression des troubles imprévus qui ont surgi dans le Nord-Ouest,
Pour votre information, j'ai l'honneur de vous transmettre :—
1. Copie des instructions données à à honorable William MeDougall, le 28 septembre dernier ;
2. Copie de nouvelles instructions adressées à M. William McDougall, le 7 novembre ;
3. Copie d’une lettre renfermant des instructions au Rév. vicaire-général Thibault, le 4 décembre ;
4. Copie d'une proclamation de Son Excellence le gouverneur-général aux habitants des territoires du Nord-Ouest, émise selon le désir exprimé par la reine ;
5. Copie d’une lettre adressée au Secrétaire d'Etat, par Donald A. Smith, écr., de Montréal, datée du 24 novembre ;
6. Copie d’une lettre renfermant des instructions adresséés par moi à M, Smith,
le 10 décembre dernier;
7. Lettre seini-officielle du Ministre de la J'ustice à M. Smith, du 3 janvier 1870, aussi ; 8. Copie de la commission donnée à M. Smith, le 17 janvier 1870.
La proclamation émise par M. McDougall, à ou près Pembina, et la commission donnée au colonel Dennis ayant été publiées dans es j journaux canadiens et très répandues à la Rivière-Rouge, ne vous sont pas transmises pour la raison légitime qu'il yous est facile de les avoir ; mais il est important que vous sachiez que les actes qui ont mis en danger, pendant un temps, la vie et les biens de la population de la Terre de Rupert, ont été désavoués et condamnés sur-le-champ par le gouvernement de ce pays, ainsi que vous le verrez par ma dépêche à M. McDougall, en date du 24 décembre, dont copie est ci-incluse.
Ces documents indiqueront à Votre Grandeur quelle était et quelle est la politique que le gouvernement canadien veut établir au Nord-Ouest. Le peuple canadien n’a aucun intérêt à créer dans la Terre de Rupert des institutions que l'opinion publique condamnerait; il ne désire pas non plus voir une population jalouse de ses droits vivre dans le mécontentement et l'insubordination par l'imposition d'un mauvais système de gouvernement, état de choses pour lequel.ne sont pas faits les sujets britanniques. Ce qu'il espère, c'est l'établissement d'institutions calquées sur celles dont jouissent les autres provinces, et äl regretterait amèrement que les Hbertés civiles et religieuses de toute la population ne
fussent pas suffisamment protégées par les arrangements temporaires que la prudence peut aujourd’hui suggérer.
Une Convention à été convoquée et elle siége actuellement au Fort Garry, dans le but de consulter le peuple sur les pouvoirs que le parlemént peut sagement lui conférer et sur ceux que la législature locale devrait être appelée à exercer. Lorsque les travaux de cette Convention seront communiqués au conseil privé, vous. pouvez vous attendre à recevoir uns autre.lettre de moi, et s’il arrivait qu’en route il vous fût donné connaissance des décisions de cette Convention, Son Excellence serait heureuse d'être favorisée de toutes les observations que vous pourrez avoir le loisir de lui présenter à ce sujet,
Vous savez déjà que le très Rév. Vicaire-Général Thibault, M. Donald À. Smith et le colonel Charles de Salaberry sont rendus daris la Terre de Rupert etichargés d'une commission du gouvernement. Sous ce pli.se trouvent des lettres destinées à ces messieurs, et vous m ’obligerez en les leur faisant tenir. Le désir de- Son Excellence est que vous coopé- ‘riez avec ces messieurs dans leurs efforts pour amener une paisible solution des difficultés survenues dans les territoires du Nord-Ouest, difficultés qui ont causé beaucoup d’anxiété à Son Excellence, mais qui, j'en ai ail espoir, ne tarderont pas à disparaître, grâce à vos communs efforts.
J'ai, ete. | JosxPx Howr.
. | | ADDEN DA ;
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