‹ Correspondance et souvenirs de 1805 à 1864Chapitre 11 sur 21 · I . Porte-toi bien · texte numérisé non relu

I . Porte-toi bien

là interrompu. On crie contre moi comme si j'étais un scélérat; je ne sais où donner de la tête, et je pars dans treize jours pour ma tournée d'inspecteur général. Ah ! si je pouvais vous rencontrer à Lyon ou au Molleron, comme j'expliquerais bien tout ce que je ne peux pas écrire ! Si nous sommes aux antipodes à propos de certains sujets, il n'en est pas de même à l'égard de vos observations sur l'ouvrage de Ballanche ; mais de ce que ' vous avez presque toujours raison contre lui, il n'en est pas moins admirable.

« Adieu, je vous aime de tout mon cœur.

« A. Ampère. »

D'André-Marie Ampère à J.J, Ampère.

Lyon, 13 juin 1819.

a Que ce petit mot dise à tous combien je les aime, combien j'attends avec impatience l'instant qui doit nous réunir. Mille choses aux amis de Jussieu. Tu devrais bien aller lundi soir chez M. de Biran. Écris-moi sur la philosophie. Tâche de te procurer la Flore française».

« Adieu, cher fils, ton père t'embrasse de toute son âme.

« A. Ampère. »

André-Marie et Jean-Jacques Ampère^ 1 57

De J,'J. Ampère à André-Marie Ampère,

Paris, j juillet 18 19.

aCherpère, j'ai la Flore française ; j'espère la mettre à profit et faire d'ici à la fin de Pété un certain nombre d'excursions productives. Ce maudit mois de juin a été si variable que j'ai pu à peine herboriser depuis ton départ; mais enfin nous voilà dans une température italienne ; je veux avoir un commencement d'herbier à te montrer à ton retour. Pour le dessin, j'ai quitté mon maître, il m'a donné des principes qui me seront toujours utiles. Maintenant il faut aller me mettre en présence de la nature. Si tu le permets, je substituerai à M.- Dufaure, qui est ultra^ ce que je ne pardorine pas à vingt-sept ans, M. Lobstein; Fulgence Fresnel partagera ma leçon deux fois par semaine. En même temps je coulerai à fond l'allemand.

« Il y a eu du bruit dans nojtre quartier, l'École de droit s'est soulevée avant-hier. M. Bellart* s'est rendu chez M. Bavoux^ (le professeur à l'occasion duquel on s'est ému), on a mis les scellés chez lui, chassé MM. Dupin et Ferey, deux avocats de ses amis. Il n'y a dans ce moment qu'un cri d'indignation sur le compte

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