Professeur de droit
158 André-Marie et Jean-Jacques Ampère.
de M. Bellart, de M. Delvincourt» et de sa bande; tout est à peu près fini ; dix jeunes gens sont en prison.
« Ton jardin est charmant; les dahlias, les roses trémières l'embellissent; trop de pavots ont étouffé de jolies plantes. Nous couperons les têtes avec soin avant qu'elles mûrissent, sinon ce serait une véritable invasion de barbares pour Pété prochain.
« Ta maison avance; le salon est aux mains des peintres. Tout cela est long, mais finira pourtant. Quel bon hiver nous allons passer ensemble, isolés du monde par la rue Saint-Victor qui nous entoure comme un fleuve de boue, et par les cimes glacées de l'Esplanade. Que de philosophie, de physique, de lectures et d'études ! Au coin de mon feu, dans la jolie chambre que tu m'as choisie, vite, quand je trouve une difficulté, je grimpe le petit escalier, je traverse le salon; me voilà près de toi, tu m'expliques et je redescends au travail.
« La famille de Jussieu^.MM. Chevreul, Stapfer et Cousin te disent bien des choses. Moi je t'embrasse de tout mon cœur et t'attends impatiemment. Ton fils,
« J.-J. Ampère. »