I. Sur l'indifférence religieuse
fr
1 40 André-Marie et Jean-Jacques Ampère.
et que je ne t'en aie encore rien écrit. Elle est située entre l'École polytechnique et le Jardin du Roi , rue des Fossés-Saint-Victor, n*» 19. Cette rue est large, claire, toujours propre, mais en pente assez rapide, en sorte que les voitures ne peuvent guère y monter quand il gèle. La maison est d'origine patrimoniale, bâtie trèssolidement en pierre de taille. Son prix principal est
de jOjOoo fr,
Éîrennes 1,000
Frais de timbre et de notaire .... 2,500 Réparations projetées î>5oo
Total 37>ooo fr.
La plus grande partie de cet immeuble appartient à ma sœur, qui a payé 27,000 sur 37,000 francs; nous nous arrangerons pour les loyers, dont elle recevra les deux tiers.
<( J'aurai un jardin avec six tilleuls, trois pruniers, quelques espaliers de vigne. Ce terrain est plus haut que la cour et au niveau de l'entre-soL Par un petit escalier de bois, bien commode, je réunirai une des pièces de l'entre-sol au premier étage, où je logerai. Cette chambre isolée, donnant sous les tilleuls du jardin, sera une petite habitation charmante que je destine à Jean- Jacques. La pareille, au-dessus, tout aussi agréable, sera celle de ma sœur et d'Albine.
c( Tu me demandes de te parler du livre de Ballant-
André-Marie et Jean-Jacques Ampère. 141
che> et de Y Odyssée de'Dugas. J'ai lu la plus grande partie de celui de Ballanche^ mais bien peu de VOdyssée. Ballanche est beau de sentiments, de pensées, de style; ne voyant presque personne, je ne sais pas l'impression qu'il fait à d'autres. Ceux avec lesquels j'ai voulu causer de son œuvre n'en savaient pas l'existence. J*en veux à tout le monde de ce qu'il en soit si peu question. En as-tu lu un compte rendu dans le Journal du commerce? L'article est d'un Lyonnais, M. Lemontey*, auteur d'un livre intitulé : De l^établissement de la Monarchie de Louis XIV : ce dernier ouvrage m'a semblé remarquable.
a J'ai honte du temps que m'a fait perdre cette acquisition de maison et de la sorte de passion que je mets à entasser des pierres l'une sur l'autre.
«c A. Ampère. »
D'André-Marie Ampère à J.-J. Ampère,
Paris, juin 1818.
(c Depuis que lu m'as quitté, cher fils% je veux tous les jours t'écrire sur mon point de départ en psychologie
1. VEssai sur Us Institutions y livre ou brochure de circonstance, publié par Fauteur en 1 8 1 8.
2. Article inséré dans le Constitutionnel (alors appelé Journal du Commerce),
142 André-Marie et han-Jacques Ampère.
et sur ce que je regarde comme les premières bases de cette science ; mais obligé tantôt de faire avec l'inspecteur des études le classement des élèves, tantôt d'assister aux examens, je n'ai pas un instant. J'ai vu de Jussieu^ à la Société d'instruction élémentaire, occupé de faire lever les scellés de ce pauvre abbé Gaultier. Il m'enverra tes lettres s'il ne peut me les apporter.
« Je suis d'autant plus aise que tu pousses à l'anglais, comme tu dis, qu'en lisant l'autre jour un article sur les œuvres de lord Byron, j'y vis des choses très-belles, d'une grandeur sauvage, qui te plairont surtout dans la langue de l'auteur. C'est une admirable littérature, sans compter même le premier poëme épique moderne qui lui appartient. Ton projet de prendre un maître de grec me fait bien plaisir. Dès que je serai libre, tu recevras la lettre psychologique.
« Tout le monde ici te fait mille amitiés ; celles de ton papa ne sont pas les moins tendres. Respects et compliments de ma part à tous les membres de la famille de Vanteuil. Dis particulièrement à M"*® de Jussieu combien je la remercie de ses bontés pour toi.
« A. Ampère. »