SUITE DE MES SOUVENIRS
Au château de Gaïx, ce 5 janvier [1830.]
En fouillant au milieu de vieux papiers, je trouvai dans le fond de mon bureau quelques feuilles éparses, sans ordre, sans dates, qui racontaient le bonheur de mes jeunes ans. A peine sortie de l'enfance, je commençai à les écrire ; je les continuai à plusieurs reprises, sans me donner la peine d'en marquer l'époque, car je décrivais mes sensations plutôt que les événements de ma vie ; et, comme le cœur ne vieillit pas, je ne croyais pas que son histoire eut besoin de dates.
Ces premières lignes, sorties de la plume d'une enfant, ne peuvent guère intéresser qu'une mère, et une mère aussi tendre que la mienne. Elle m'engagea à les continuer.
Mais l'histoire de mon bonheur est finie. Que d'amer-