A M. LE RÉDACTEUR DU JOURNAL LE COMMERCE
Paris, 27 décembre 1840.
Monsieur,
A la fin du compte rendu, dans votre estimable journal, de' mon procès devant la cour d'assises, je lis ces paroles : « M. Lamennais paraît livré à une vive impression de tristesse (( et de douleur. »
On a pu remarquer sur ma figure quelques traces de la fatigue que j'ai dû éprouver d'une séance de douze heures *; mais c'est là tout. Lorsqu'on est frappé pour avoir eu le sentiment profond des dangers et de l'abaissement de son pays blessé dans son honneur, menacé dans son existence ; pour avoir compati, du fond de l'âme, aux souffrances de ceux que la Société délaisse dans la détresse, et avoir réclamé la justice à laquelle ils ont droit, on n*est pas triste, monsieur, — on est fier.
Je vous prie de vouloir bien insérer cette lettre dans votre numéro de demain, et recevoir l'assurance de ma considération la plus distinguée *.
F. Lamennais.
* L'audience avait été ouverte à 10 heures et demie. — Le premier réquisitoire de M. Partarrieu-Lafosse avait, à lui seul, nous l'avons dit, duré trois heures. — Le jury entra en délibération à sept heures et demie du soir, et n'en sortit qu'à dix heures.
2 Lettres supprimées : — A M. Pascal. Prison de Sainte-Pélagie, 14 janvier 1841.
— A M. de Vitrolles. Trémifçon, 11 février 1842.
— Au même. Paris, 10 décembre 1842.
— A M"*" George Sand. Paris, 11 mars 1845.
Ce billet est relatif à un article publié dans la Revue Indépendante sur l'ouvrage intitulé : Amschaspands et Darvands, en réponse à un réquisitoire littéraire et politique de M. Cuvillier-Fleury. — V. le recueil indiqué n^du 10 février 1843,
— A la même. Paris, 15 mars 1845.
— AM. le vicomte d'Izarn-Freissinet, août 1845.
— A M. de Vitrolles. Villeneuve, 18 juin 1845.
— Au même. Vil eneuve, 29 juin 1845.