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A M. LE MARQUIS DE CORIOLIS

La Chênaie, le 21 mars 1830.

Je n'ai rien fait, c'est vrai; mais j'ai tant voulu faire 2.

Ce vers, monsieur le marquis, ne peint pas un homme seulement, mais toute une race d'hommes qui, de bonne volonté en

* Allusion ininlelligiijle maintenant, attendu l'obscurité des noms choisis pour rendre Vanlithèse plus frappante.

^ Vers moqueur appliqué à l'inertie ministérielle de M. de la Bourdonnaie par un satirique du temps, qui pourrait bien être M. de Coriolis lui-même. Voici, en effet, comment, mieux placé que tout autre pour juger cet homme d'État, il le caractérisait dans une de ses lettres (30 janvier 1830) : « ... II n'y a pas jusqu'à ce formidable M. de la B. dont la sortie a été pire que l'étourderie de l'entrée. Au reste, il s'est montré fort en paroles, en menaces; rien ne s'y peut égaler que la faiblesse, l'inanité de ses propositions. Il s'est

bonne volonté, et toujours sauvant l'État... in petto, s'en vonf, qui au ministère, qui à une direction générale, qui à la pairie, où ils se reposent enfin de tout ce qu'ils n'ont pas fait, comme il est bien juste. Ce qui ne se repose pas, c'est la Révolution, bien qu'il lui reste peu de chemin à faire ; celle-là est infatigable : la voilà qui se met à causer constitutionnellement avec le roi, ou avec la couronne, si vous l'aimez mieux, et je crois, en effet, ce dernier mot plus parlementaire. Elle lui dit avec politesse, car elle s'est formée depuis trente ans : « Sire, vous avez de l'esprit, un tact parfait, un jugement sûr; c'est dommage qu'avec cela vous ne sachiez ce que vous faites ^ » — Pour que ces paroles aimables ne perdent rien de leur solennité, le roi veut les entendre du haut de son trône, entouré de trois cents témoins. Je m'imagine bien, à la vérité, qu'il est trop modeste pour accepter le compliment sans restriction; toutefois, je ne saurais m'empêcher de trouver quelque chose d'étrange dans tout cela. Si j'avais à entendre, moi, pauvre hère, une harangue semblable, j'aimerais mieux moins de pompe et d'éclat. Enfin les rois, on me l'a toujours dit, ont une manière de voir et de sentir tellement élevée au-dessus de celle des autres hommes, qu'il y aurait de la témérité à soupçonner seulement qu'ils puissent s'y tromper. Je ne crois donc pas. Dieu m'en préserve ! que Charles X se trompe ; mais je crois bien que M. de Chateaubriand ferait bien de tailler sa plume, cette plume puissante, cette plume merveilleuse avec laquelle il se fait fort de relever dans un an tout trône abattu -;

fait voir méJiocre, faible, inléressé en perfection, oublieux et ingrat à mer veille envers ses amis, » etc., etc.

* Résumé ironique de l'adresse dite des 221, votée le 15 mars, après une discussion acharnée, à une majorité de quarante voix. Le 17, présidant un conseil des ministres, Charles X déclara que jamais il ne consentirait à se soumettre aux prétentions de la Chambre. La dissolution fut immédiatement arrêtée. On décida aussi que le roi recevrait l'adresse des 221, pour ne pas avoir l'air de craindre la « déclaration de guerre » de ses adversaires. M. Royer-Coliard lut l'adresse d'une voix légèrement altérée par l'émotion. ■Charles X répondit en peu de mots au refus de concours que lui dénonçait la Chambre, que les résolutions annoncées dans son discours d'ouverture étaient « immuables. »

^ Phrase célèbre de M. de Chateaubriand, à propos de la liberté de la presse. Nous rappelons ici. ce quia été dit plus haut des jugements portes

les souverains devraient se cotiser pour en faire l'acquisition, j'entends de la plume ; le propriétaire est obligeant ; il ne refuserait pas de la vendre, ni même, si on l'exigeait, lui avec. Il faut avouer que nous vivons dans un singulier siècle, et au milieu de singulières gens. Vous le savez mieux qu'un autre, vous, monsieur, qui voyez le monde et qui le regardez, ce que tous ne font pas. Ce spectacle doit quelquefois vous causer bien du dégoût; j'en juge par ce que j'éprouve dans ma solitude, troublée encore, quelque profonde qu'elle soit, par le bruit lointain des folies, des crimes et des sottises des hommes. Cliarenton et Bicêtre ont aujourd'hui des échos partout; la terre, pour peu que cela dure, cessera d'être habitable. Lorsque j'entends le rossignol, dont la voix commence à animer nos bois, j'oubhe quelques instants Tèloquence constitutionnelle ; mais bientôt le citoyen Labbey-Pompières, le citoyen Royer-Collard, et tant d'autres citoyens de même force, viennent me faire rêver à toute autre chose qu'au printemps et à la nature. Us disent qu'ils ont l'avenir pour eux. Eh bien! qu'ils nous laissent donc le présent ; c'est tout ce que je leur demande. Dans le présent, dans l'avenir, personne, monsieur le marquis, ne vous est ni ne vous sera dévoué avec plus de zèle et de respect que

LE SOLITAIRE DE LA ChENAIE.

Le 91 mars 1830.

Ces nouvelles souffrances de la comtesse Louise m'affectent péniblement, mon bien cher ami, et pour elle et pour vous, et pour M'"^ de Senfft, qui aurait tant besoin de repos. Peut-être, et j'aime à le croire, n'est-ce qu'une sorte de retentissement et comme un écho de la dernière crise. Que Dieu vous donne force et courage pour supporter ces rudes épreuves, et qu'il

par Lamennais sur l'auteur du Génie du Christianisme; ils étaient sévères, ils ne furent pas définitifs.

daigne les abréger dans sa bonté ! Un jour viendra où de celte racine amère sortiront des fruits pleins de douceur.

Vous avez vu l'Adresse de la Chambre ; on s'attendait qu'elle serait suivie d'une ordonnance de dissolution. 11 parait que le njinistère a pris un autre parli '; je ne sais ce qu'il se propose, car la majorité est décidément prononcée contre lui; s'il prolonge la session, il obtiendra un budget réduit, parce que c'est l'intérêt du parti opposé de lui en accorder un semblable. Tout calculé, je ne vois d'autre issue à cette lutte, que le despotisme, ou la République, c'est-à-dire toujours une révolution: qu'elle tarde un peu plus ou un peu moins, il n'importe guère; le principe, du reste, en est partout, et plus dangereu sèment dans les États où le Pouvoir en arrête la manifestation publique: ceux-là sont destinés à subir, dans l'ébranlement général, les plus violentes secousses.

M. de Polignac a été ridicule dans la séance à laquelle il a assisté ^: cela est fâcheux pour un président du conseil. La

* Lamennais se trompait. Les ministres, en prorogeant simplement la session de 1830 au 5 septembre suivant, entendaient donner aux agents de l'administration le temps de disposer, pour cette dernière bataille, tous leurs moyens d'influence. Au surplus, voici comment, à la même époque, M. de Vitrolies envisageait la lutte à venir:

« Le ministère ... est inébranlable dans sa nullité. Le roi et M. le Dauphin sont très-résolus à le soutenir de toutes leurs forces négatives. Si le dissentiment de la Chambre va au point de déclarer son incompatibilité avec les ministres, ou de gêner essentiellement quelques parties du service public, elle sera d'abord prorogée, pour être cassée plus tard. On fera alors quelques efforts pour donner prépondérance à ceux qui veulent soutenir contre ceux qui veulent renverser. On essayera de la politique de Chateaubriand dans le Conservateur, « sept hommes par département. » On essayera les nouvelles élections sous ces nouvelles influences. Si elles ne réussissent pas mieux,... on fera autre chose. N'allez pas chercher à deviner, car personne ne le sait. Je dis : personne. » — M. de Vitrolies à Lamennais. Paris, 10 mars 1830.

^ Interpellé sur la destitution d'un colonel, pair de France (M. Donatien de Sesmaisons), qui avait combattu l'élection de M. Dudon, candidat ministériel, M. de Polignac prétendit qu'il y avait dans ce grief un anachronisme, M. de Sesmaisons n'ayant été destitué ({n'après l'élection. — « Belle concession, s'écria le général Sébastiani : fallait-il pas le destituer avant? » Un éclat de rire accueillit cette apostrophe. M. de Polignac se troubla. Il déclara qu'il expliquerait plus tari la destitution ; et, pressé de donner surle-chanip les explications qu'il ajournait d'une façon si intempestive, il quitta la tribune sans répondre. Pitt, en des circonstances absolument analogues, défendit mieux la prérogative royale : « Je vais, dit-il après s'être laissé long-

hauteur dédaigneuse, le rire affecté, ne relèvent pas le ministre, et irritent contre l'homme.

J'ai de, nouveau recours à votre obligeance pour acheminer la lettre incluse. Vous savez que le P. Ventura vient d'être élu général de son ordre *; cette nomination fera grand plaisir à M'"^ R... ^ Je vous prie de vouloir bien lui offrir mes hommages, ainsi qu'au comte R...

Le mal religieux va croissant, en France, avec une extrême rapidité. Le gallicanisme se constitue et devient secte; j'avais annoncé ce résultat inévitable du silence de l'autorité; on ne m'a pas cru : on verra les suites. La perversité des uns, la faiblesse et l'aveuglement des autres, l'ignorance, la lâcheté, l'insouciance, l'esprit de vertige devenu presque universel, ce qu'on fait et ce qu'on ne fait pas, tout concourt à préparer la plus terrible leçon qui jamais ait été donnée au monde.

Tout à vous, cher ami, du fond de mon cœur.

Le 27 mars 1850.

Je pars demain pour un petit voyage qui durera huit jours, et je veux auparavant vous remercier de votre excellente et aimable lettre du 14-. Grondez-moi toujours ainsi, j'en serai fier, et vous en aimerai davantage. Je ne veux point justifier ce qu'il y a eu de moi dans les déterminations que j'ai prises : qui oserait seulement excuser une seule de ses actions? mais je crois que l'événement entrait dans les desseins de Dieu ^.

temps harceler par ses antagonistes, je vais expliquer la destitution qu'on me reproche... La tigure de l'officier général en question a eu le malheur de déplaire à Sa Majesté. » Celte défaite ingénieuse fut comprise et applaudie.

* Les Théatins.

2 M'"" Riccini.

^ Nous en sommes réduits à deviner que la lettre expédiée à Rome par l'entremise de M. de Senfit, et dont il est question dans celle Hu !«'' mars 1830 (V. plus haut, page 121), renfermait un refus à quelque proposition émanée du Saint-Siège. Probablement — les phrases qui suivent semblent l'iniiiquer — on offrait à Lamennais de venir occuper, à Rome même, une position qui lui permettrait de faire prévaloir ses idées. Toutefois, nous le 11. 9

130 CORRESPONDAKCE

Et puis, qui sait ce qu'il aurait été possible de faire? L'opposition, là comme partout, est grande, forte, opiniâtre; elle me fait trembler pour l'avenir. Il semble qu'on n'ait pas la moindre idée de l'état des choses et des esprits, ni de ce qu'on peut, ni de ce qu'on doit, ni de ce que permettent les temps, ni de ce qu'ils demandent. Tout ce qui a jamais été fait de grand l'a été en s'affranchissant du présent, et par une sorte d'inspiration de l'avenir. Cette vue en avant est la prudence divine ; car tout dans l'univers est progressif; rien ne remonte vers son origine, et demander le salut au passé, c'est chercher la vie dans les tombeaux.

Notre gouvernement en est là ; il croit que reculer c'est vivre. La question, telle qu'il l'a posée, nous place entre la République et l'arbitraire de cour; à tout prendre, j'aime mieux la première, parce que j'aime mieux la fièvre que la mort, ou la paralysie qui y mène. Tout le monde s'attend à la dissolution de la Chambre; comment les électeurs la recomposeront-ils? Selon toute apparence, telle qu'elle est maintenant; et alors que fera-t-on? Personne ne le sait, et les ministres moins que nul autre. La crise sera terrible; voilà ce qu'il y a de clair.

J'espère que, lorsque vous recevrez cette lettre^ la comtesse Louise sera convalescente, et en état de profiter des beaux jours qui commencent ; car les hommes n'ont pas pu encore se débarrasser du printemps : cela viendra peut-être.

M. de Bourmont s'en va en Alger ^; on assure que, s'il réussit, pour le récompenser à la manière antique, on le surnommera V Algérien. Cette guerre n'a rien de national en France ; on voit trop clairement à quelle intention particulière elle est entreprise, et l'on trouve que c'est payer bien cher une diversion à la curiosité publique.

répétons, celle interprétation, qui est la nôtre, n'a rien que de purement ^conjectural.

* M. de Bourmont partit de Paris le 19 avril. L'expédition d'Alger mit à la voile le 25 mai seulement.

Le 2 avril 1830.

Si je ne vous ai pas remercié plus tôt, monsieur le marquis, de votre spirituelle épître à l'incomparable seigneur de Monoïegrand \ c'est que j'ai fait comme la Chambre, j'ai voyagé, et, comme elle, un peu malgré moi; mais nos destinées, par bonheur, ne sont pourtant pas semblables en tout, car me voilà de retour, et Dieu sait quand elle reviendra, ou si elle reviendra jamais. Pour moi, je crois très-fermement que non, et que la France va avoir encore une fois le plaisir de se donner des représentants de son goût, qu'on suppose assez variable, — moyennant, toutefois, certaines petites précautions administratives, — pour espérer que le ministère y trouvera ison compte, ce que je lui souhaite: le voilà donc, du moins il s'en flatte, le voilà en possession de la bienheureuse majorité ; que fera-t-il avec elle? C'est ce que je prendrais la liberté de lui demander, s'il « descendait à répondre, et prodiguait un mot ^ » Il changera la loi des élections ; je le veux bien; mais €hangera-t-il l'opinion pubUque, qui, après tout, est la vraie puissance, et celle qui l'emporte tôt ou tard? N'avons-nous pas eu déjà une Chambre passablement docile? et qu'en est -il advenu? La difficulté est plus grande qu'ils ne croient. S'ils ont une Chambre indépendante, elle les renversera; si une Chambre servile, la Charte n'existe plus que de nom, et la France se retrouve de fait sous un despotisme de cour, qui, avant deux ans, sera devenu insupportable à tout le monde. L'arbitraire est aujourd'hui repoussé par un sentiment presque unanime; et hors de l'arbitraire, qu'y a-t-il que la République, ou ce qui y conduit directement? Car, entre deux, je défie de

* Petite épître à illustrissime, éminentissime, potentiss'me, inimitable, incomparable seigneur de Monolegrand (M. de Chateaubriand). Celte épître de lt)4 vers est tout entière dans le recueil de la Correspondance entre M. de Coriolis et Lamennais, mis en ordre et copié, à part de tout autre, sous les yeux de ce dernier.

2 Allusion à un vers de M. de Coriolis.

placer autre chose que le christianisme. Attendons-nous donc, quoi qu'il arrive, à un avenir dur, et souvenons-nous de ce que vit Panurge dans l'île des Lanternes: « Aultres faisoient « de nécessité vertu, et me sembloit Touvrage bien beau et à « propos. » Quant aux journaux, et surtout ceux qu'on appelle royalistes, je n'avais encore de ma vie rien vu de semblable, et je ne saurais me tirer de l'esprit qu'ils sont écrits dans les caves de Charenton : c'est le délire de l'idiotisme; enfin autant cela qu'autre chose. Le spectacle en soi est curieux, y compris M. Madrolle et ses appréciateurs ^ Ce que personne n'apprécie autant que moi, monsieur le marquis, c'est le bonheur de vous lire, de causer avec vous, et d'avoir quelque part dans votre amitié; sur ce point, je n'entends à aucune révolution, et je ne ferai jamais de nécessité vertu.

Le 12 avril 1830.

Je commence à m'inquiéter de votre silence, d'après surtout ce que vous me disiez, dans votre dernière lettre, de la santé de la comtesse Louise. Mon Dieu, combien je partage vos souffrances à tous ! et que je sens vivement cette terrible impuissance où l'homme est d'aider l'homme, cette stérilité désolante du désir qui ne soulage rien et ne console rien! Adressons-nous donc directement à celui qui peut, et à qui seul il est donné de guérir les plaies qu'il a faites, également plein de miséricorde lorsqu'il envoie l'épreuve, et lorsqu'il ramène la paix. La paix! hélas! elle s'éloigne de plus en plus de

* M. Madrolle, dont les excentricités ont eu quelque temps le singulier privilège d'attirer l'attention publique, était à ce moment poursuivi pour outrages et diffamation envers des cours et tribunaux, à raison de plusieurs passages signalés dans un de ses nombreux écrits, intitulé Mémoire au conseil du Roi. Il fut condamné en police correctionnelle (jugement du 15 mai) à quinze jours de prison et cent cinquante francs d'amende. La Cour royale, sur l'appel qu'il forma, et après qu'il eut protesté de son respect pour la magistrature, déclara qu'il avait cédé à V exaltation de son imagination, et le déchargea de? condamnations contre lui prononcées. (Arrêt du 8 juillet.)

nous. Difficilement pourriez-voiis, là où vous êtes, vous représenter l'état de la France. Le mal en tout genre croît si rapidement, que l'œil a de la peine à en suivre les progrès. Je crois le ministère fort embarrassé : dissoudra-t-il? ne dissoudra-t-ii pas? On ne voit guère des deux côtés que des chances de perte; aussi les conseils ne sont-ils qu hésitation, indécision; on veut, on ne veut pas; le malade se tourne et se retourne, et le temps passe, et l'on trouve que c'est autant de gagné. Mais c'est peu de chose que cela : ce qui me frappe surtout, c'est la haine croissante pour le christianisme; l'apostasie interne qui s'approche incessamment de sa consommation, grâce en partie, puisqu'il îe faut dire, à l'incroyable aveuglement et à la folie surnaturelle d'une portion du clergé, et principalement de l'épiscopat. Il y a, depuis deux ans, dans beaucoup de diocèses, conspiration flagrante contre TÉglise; je ne crains point d'affirmer que, si cela dure, si Ton ne songe pas enfin à y apporter un remède déjà bien tardif, le schisme est inévitable ; je pourrais citer là-dessus des faits sans nombre; si on ne les sait pas

M, qu'est-ce donc que l'on sait? et si on les sait c'est cela

surtout qui serait inexphcable. Un grand bien avait été fait; bientôt il n'en restera pas de trace; et les choses en sont désormais au point, que je n'imagine pas ce qu'aucun particulier pourrait faire, pourrait tenter pour arrêter le torrent qui emporte tout. Je ne sais quelle voix a crié d'en haut à ceux qui pourraient : Dormez votre sommeil! Mais entendez aussi ces bruits souterrains, qui, de caverne en caverne, se prolongent par toute l'Europe; quand l'explosion viendra, et le moment n'en est pas loin, tout ce qui dort se réveillera, et les hommes, à genoux sur les décombres, s'écrieront : — Ce jour est vraiment le jour de la justice divine!

Veuillez désormais m'adresser vos lettres simplement à Dinan.

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