‹ CorrespondanceChapitre 65 sur 224 · A M. LE MARQUIS DE CORIOLIS · texte numérisé non relu

A M. LE MARQUIS DE CORIOLIS

Paris, le 17 août 1831.

Je vous remercie mille fois, mon cher ami, des bonnes et douces paroles que vous me dites, et de l'intérêt que vous prenez à ma chétive santé. Je voudrais de tout mon cœur aller essayer de la rétabUr prés de vous ; le plaisir de vous voir y ferait plus que le voyage et le changement d'air. Malheureusement, il n'y a pas moyen de quitter ma galère ; j'y suis enchaîné et rivé, comme Prométhée sur son roc. Au lieu de prendre un peu de repos, je vais me trouver, pendant deux mois, plus surchargé que jamais, par le départdu pauvre abbé Gerbet dont l'état m'inquiète, et que j'ai décidé à partir pour la Bretagne, dans l'espérance que le mouvement et la distraction lui feront quelque bien. Je me propose de voir demain M*"^ de Coriohs avant de retourner à Juilly : ce sont des moments bien doux que ceux qu'elle me permet de passer prés d'elle ; pourquoi faut-il qu'ils soient si courts? Vous voyez ce qui se fait et ce qui se dit dans la Chambre : c'est un cresœndo de bêtise et d'infamie dont Dieu seul connaît le dernier terme. Tout se prépare pour une nouvelle crise ; Dieu veuille qu'elle ne soit pas terrible! Les royalistes, d'un autre côté, sont au moins aussi fous que jamais; vous en savez quelque

chose, là où vous êtes *. Partout où je suis, il y a quelqu'un qui vous est bien tendrement dévoué.

mA. — A MONSEIGNEUR LAMBRUSCHINI,

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