‹ Correspondance générale, 1792-95. Publiée avec des notes historiques et biographiques (volume 2)Chapitre 115 sur 388 · I.E «ÔÉRAL O'JIOnAJf Al MIMSTBE DE LA GCERRE BOCCHOTTE · texte numérisé non relu

I.E «ÔÉRAL O'JIOnAJf Al MIMSTBE DE LA GCERRE BOCCHOTTE

Quartier (jéDéral à Cassel, le ai avril 1793, l'an i de la nëpnblique.

if GKSKIiÀL DE Division O'MORAH AU illMSTKE DE LA GUERRE.

Citoyen ministre,

Je m'empresse de vous mettre sous les yeux un rapport rigoureusement exact de l'état des places de mon arrondissement (pie j'ai visitées avec toute l'attention dont je suis susce])lilile. Sainl-Onier se trouvant couvert par le camp de Cassel dont il n'est éioijfné que de '1 lieues, j'ai remis à un autre moment la visite de celte place par laquelle je n'ai fait que passer.

A Calais j'ai trouvé les ouvrages de la place en très hon étal. La garnison est composée de trois hons bataillons; les autorités civiles et militaires, parfaitement d'accord, ont imprimé à l'esprit public dans cette ville, ainsi qu'à Gravelines et Dunkerque, im mouvement bien favorable h la c^use que nous défendons. J'ai cherché à entretenir l'émulation des citoyens en annonçant que la municipalité tiendrait un registre ouvert pour inscrire les noms de ceux qui brigueraient l'honneur de défendre leurs nuirs dans les postes les plus périlleux.

Je regarde comme un moyen de défense , qui n'est point Ji négliger, d'armer une ou plusieurs chalou|>es canonnières pour défendre l'entrée du port et éloigner les corsaires anglais qui poursuivent nos bâtiments jusques sur la côte. En attendant (pi'on puisse se procurer des clialoupes canonnières, j'ai donné des ordres pour qu'on fit venir de Dunkerque un bAtimenl quelconque qui y supj)léera pour le moment.

142 CORRESPONDANCE GÉNÉRALE DE CARNOT. [94 avril 1798.]

J'ai placd provisoirement un commandant temporaire au fort Nieulay.

Gravelines n'est pas à beaucoup près dans un l'-tat de défense aussi respectable que Calais; mais on y travaille à force. J'ai donné des ordres pour la construction de quelques ouvrages extérieurs que je crois très importants. J'ai requis la municipalité de fournir des ouvriers. J'ai autorisé l'ingénieur à couper les arbres qui se trouvent dans la place et qui peuvent fournir les palissades dont il jnanque.

J'ai jugé que l'artillerie des remparts devait être augmentée de quatre pièces de gros calibre et je vais m'occu[)er des moyens de les avoii-. La garnison de Gravelines est composée de trois bataillons incomplets , mais je crois inutile pour le moment d'encombrer cette place qui n'est pas immédiatement menacée.

J'ai établi des postes extérieurs en avant, très près de la mer, tant du côté de Dunkerque (pie de Calais , pour repousser les tentatives que pourraient faire les corsaires en cas de descente, et protéger les liabitations des citoyens, ainsi que la conservation de leurs troupeaux. Finalement, en cas d'une descente exécutée, j'ai donné des ordres positifs aux citoyens de la côte de s'armer et de faire marcher dans l'intérieur, à 1 ou 9 lieues, leurs troupeaux, afin de les mettre en sûreté et de faire sonner le tocsin dans leurs communes. Ces dispositions prépareront les braves habitants des campagnes à défendre tout à la fois la cause de la liberté et leurs propriétés.

Les plaintes les plus graves m'ont été portées contre le citoyen Camuset '"', lieutenant-colonel du 3* bataillon du district de Cambrai, qui se trouve à Gravelines, et j'écris aux représentants de la Nation pour qu'ils nomment une commission chargée d'informer à sa charge '"'.

On a tiré de Dunkerque tout le parti possible ; mais , si l'on doit peu compter sur des fortifications de sable, on peut faire le plus grand fond sur l'énergie des citoyens qui est portée au comble. Je les ai tous vus à leurs postes sur le rempart et je leur ai payé le juste tribut d'éloges que mérite leur zèle. J'ai fait la visite des cantonnements avec le général Pascal, auquel j'ai communiqué mes vues sur différents objets tendant h abréger ses comnumications et à midtiplier ses moyens de défense, en ordonnant de traverser les l'oules par des barrières, de faire occuper les clochers par des sentinelles vigilantes et d'y faire arborer des signaux en cas d'apparition de l'ennemi.

La garnison de la place de Dunkerque est de trois bataillons et les cantonnements qui la couvrent composent environ 4, 000 hommes. J'aurai l'honneur de vous adresser un état nominatif des troupes a mes ordres.

La place de Bergues, forte par eile-môme, a néanmoins un côté très faible dont les ouvrages sont en partie ruinés. On s'occupe à les réparer provisoirement, et

''' Jean-Baptiste Camuset, adininislra- ''' Cf. au sujet de ces dénonciations un

leur du département du Nord, conunandait long et curieux mémoire justilicalif du

le 3' bataillon du district de Cambrai, lié- lieutenant -colonel Camuset (Arch. nat.,

sifjné aussi sous le nom de 8' halaillou du DXLII 5). — Voir aussi une piquante lettre

Nord, qui avait été formé le a,5 octobre du jjénéral O'Moran contre le même citoyen

1799. {C[. Camille Roussel, Les Volon- Camuset, publiée plus loin à la date du

tairet, p. 820.) a'i juillet 1798.

[a4 AVRIL 1793.] MISSION DANS LES DEPARTEMENTS DU NORD. Ii3

j*ai fait adopter aux officiers du gënie employés dans cette place le projet d'un fossé en avant du glacis sur le front d'Ypres.

Quant à mon camp de Cassel, il est retranclié d'une manière inexpugnable, mais je suis toujours sans artillerie, malgré mes pressantes sollicitations pour en obtenir '''.

Le général de division ,

O'MOBAN.

(Orig. , Arcb. de la (jHorrc, armée du Nord.)

DEVANT DUNKERQUE, 'ih AVniL ^1^^-

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