‹ Correspondance générale, 1792-95. Publiée avec des notes historiques et biographiques (volume 2)Chapitre 146 sur 388 · DUNKEDQCE, 3o AVRIL lygS · texte numérisé non relu

DUNKEDQCE, 3o AVRIL lygS

CAIiNOT ET I)CQlJES\OY AU COMITÉ DE SALL'T PLBLIC.

A Dunkor([ue, ce 3o avril 1798, l'an 11 de la Republique.

LES REPnésEMAMS DE LÀ HÀTlOy, DÉPVTÉS DE LA COUVEfiTlOU NATIOyALE AUX AliMÉES DP NORD ET DBS ARDEfiXES, AU REI'RÉSEXTAflTS DE LA f/ATION COMPOSAXT LE COMITÉ DE SALIT PUBLIC.

Hier, sur les quatre heures du soir le guetteur de la tour découvrit à la distance de sept à huit lieues trente vaisseaux anglais de transport qui prenaient la route d'Ostende et qui étaient escortés de quatre frégates. Environ deux heures après, on en aperçut dix autres qui sui- Vtiient les premiers. Si ces vaisseaux portent des troupes, ils peuvent contenir 8,000 à 9,000 hommes'".

A peine ce rapport venait de nous être fait que le général O'Moran vint nous instruire que Dampierre lui donnait ordre de lui envoyer 3,000 hommes de troupes choisies et presque toute sa cavalerie. Le général O'Moran nous déclara qu'il était prêt à obéir, mais qu'alors il ne pouvait plus répondre de la frontière et qu'il lui était impossible d'en empêcher l'invasion, en cas que l'ennemi se présentât. En conséquence, nous crûmes devoir suspendre l'exécution des ordres de Dampierre, jusqu'à ce qu'il eût été informé de l'arrivée des quarante-quatre vaisseaux anglais à Ostende. 11 est probable que le projet de Dampierre est de dégager Condé, opération de la plus haute importance, mais qui doit réussir avec les troupes dont il peut disposer, ou qui ne réussirait pas mieux avec 3, 000 hommes de plus, car on ne peut secourir Condé que par une ruse de guerre, et non par une bataille, qui pourrait devenir des plus funestes, si on était vaincu. Au reste, en donnant les 3,0 00 hommes demandés, il faudrait nécessairement abandonner Dunkerque, Bergues et Cassel, qui ne seraient plus tenables et qui n'ont pas encore la moitié de ce qui leur faut pour une bonne défense.

don (Lot) le a3 février 1769, avocat, dé- >" L'adniiiiistraleur civU de Dunkerque

pulé du Lot à la Convention , membre du avait écrit au ministre de la marine pour

Conseil des Cinq-Cents, conseiller d'État à lui signaler ce l'ail. Dans sa séance du

Naples sous Murât, baron de La Lande le a mai 1798 le Conseil exécutif provisoire

i3 février i8ii, préfet de la Somme en arrêta que «cet avis sera transmis par le

181 5, mort à Bruxelles le ai mars 1829. minisire de la jruorro au général Dam-

11 eut pour fils Godefroy el Eugène Gavai- pierre, en lui indiquant les précautions à

gnac. prendre à ce sujet.- (Cf. Aulard . III , 56.'i >

[3o AVRIL! 793.] MISSION DANS LES DÉPARTEMENTS DU NOHD. 181

L'exemple de Gondé fait voir combien il est dangereux de laisser les villes de guerre sans subsistances. C'est ce qui nous a engagés à ordonner qu'on approvisionnât toutes celles qui nous environnent pour un an au moins. Mais les fonds manquent toujours; nous avons beau demander, crier, on ne nous répond pas. Les troupes manquent de tout ; nous faisons travailler pour elles, mais le pays ne suffit pas à l'armée et encore une fois les fonds manquent. Faites faire les réfusions les plus promptes dans les caisses de district, qui sont épuisées; faites envoyer des fonds d'avance aux payeurs de la guerre, car on est ennuyé d'être trompé, et l'on ne veut plus travailler qu'on ne soit payé d'avance. Nous demandons des effets de campement, et on ne nous écoute pas; nous demandons des chemises, des culottes, des choses de première nécessité pour la troupe, et on ne nous écoute pas; nous demandons de l'argent pour faire faire nous-mêmes ce qui manque, et on ne nous écoute pas; nous demandons des fonds pour les entrepreneurs des fortifications, et on ne nous écoute pas; nous demandons des fonds pour les vivres et les approvisionnements, et on ne nous écoute pas. Si l'on ne veut pas nous écouter davantage, il faut abandonner la défense de ce pays; 3o millions ne suffiraient pas, et je crois qu'on a déjà envoyé 3 00,000 livres.

Il y aurait bien des observations à vous faire sur la revue extraordinaire décrétée; elle deviendra probablement illusoire presque partout, si vous n'y faites la plus sérieuse attention.

Nous apprenons à l'instant que l'arsenal de Bergues vient d'être détruit en partie par l'explosion d'un baril de poudre auquel le feu a pris par la négligence d'un ouvrier. 11 n'y a eu personne de tué, ni de dangereusement blessé'''.

Les représentants de la nation aux armées du Nord et des Ardennes '-'.

Dl'QUESNOV, L. (ÙIINOT.

(Orif;. aiit. de Duquesnoy, Arcli. nat., AF il a38, n° 34.)

'" Le général U'Moraii avait écrit à ce sujet aux représentants, le i8 avril 1798 (Arch. nat., reg. d'O'Moran, AK 11 56, 188). Voici le passage de sa lettre :

itII vient d'aniverà Berjjues un accident dont les suites ne sont pas heureusement aussi graves (|u'on avait lieu de le craindre. Dans le lieu où se font les épreuves des

armes, le leu a pris à un sac contenant i4 livres de poudre; l'explosion a fait sauter un coin des bâtiments, brisé un grand nombre de fusils et blessé légèrement un canonnier. On ignore comment le feu s'est communiqué au sac à poudre.»

'" On lit en tête : tiReçii le 5 mai. Reg. n° 353. i> — Le Comité de salut public ne

CORRESPONDANCE GEiNERALE DE CARNOT.

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