‹ Correspondance générale, 1792-95. Publiée avec des notes historiques et biographiques (volume 2)Chapitre 175 sur 388 · DUNKERQUE, 8 MAI · texte numérisé non relu

DUNKERQUE, 8 MAI

CAnNOT ET DUQUESNOY AU COMITÉ DE SALUT PUBLIC.

Dunkerque, le 8 mai 1798, l'an n de la République.

LES BEPRésBKIÀHTS DE LÀ WAI10\ DÉPUTES DE LÀ CONVENTION NATIONALE AUX ARMEES DU NORD.

Citoyens nos collègues.

Vous avez connaissance des dispositions que nous avons prises à Douai avec nos collègues de l'armée du Nord pour mettre le plus d'ensemble possible dans nos opérations. Quoique d'après ces dispositions nos centres de correspondance soient établis à Douai, Lille et Valenciennes, et que notre lot particulier soit d'être perpétuellement en course, nous ne laisserons pas de vous informer directement de ce qui se passera de plus essentiel dans notre arrondissement.

Nous arrivâmes hier soir ici, en revenant de Douai par Béthune, Aire, Saint-Omer, Cassel et Bergues. Les travaux défensifs se continuent partout avec beaucoup d'activité; le bon esprit devient de plus en plus dominant.

Dunkerque n'est plus menacée, mais les travaux et la vigilance des habitants de cette ville ne se ralentissent pas. Nous avons pris le parti de faire faire nous-mêmes des effets de campement que nous ne pouvions obtenir et qui sont si essentiels à la police militaire et à la siîrelé des postes avancés.

Nous nous occupons de la revue extraordinaire; il faut un certain temps pour faire avec exactitude cette opération importante.

Dans votre instruction aux administrateurs des départements, vous dites qu'il y a dans la République 33 à aS millions de poudre. Comment se peut-il donc que la frontière du Nord en soit presque totalement dépourvue? Nos places les plus importantes n'ont pas la moitié, d'autres n'ont pas le demi-quart de ce qu'il leur faut. Hâtez-vous, citoyens, d'y faire passer cette espèce de munition sans laquelle les autres sont inutiles.

Les décrets relatifs aux secours à donner aux familles des militaires, à la taxe des grains, et à l'expulsion des femmes de l'armée produiront les plus heureux effets. Il est encore une lèpre à guérir, c'est celle du vol, des dilapidations effroyables qui se commettent impunément sous nos yeux. Il faut faire en sorte que les chefs soient responsables des effets de leurs compagnies et leur donner une autorité suffisante pour que cette responsabilité ne soit pas injuste.

Il y a eu une affaire de poste à Rousbrugge, où nous avons eu l'avantage. Vous en avez eu le détail par nos collègues de Lille. Ces escarmouches sont peu de choses en elles-mêmes, mais elles accoutument nos jeunes soldats au feu et les tiennent en haleine. Il y avait beaucoup de subsistances dans ce village, on a donné ordre de les faire amener dans nos places "'.

DUQI'ESNOY, L. CaBNOT.

(Orig. aut. de Duqucsnoy, Arch. nat. , AFii a58, n° 69.)

<■' On lit en télc de celte leUre : frReçu le 10 mai. Reg. n" 606.11 — Le Comité de salut public répondit, le aa mai 179.3, la lettre suivante aux représentants Camot et Duquesnoy (Minute, Arch. nat., AF 11 938, n°68) :

ffNous avons reçu, citoyens collèfjues, la lettre par laquelle vous nous rendez compte de vos opérations. Nous ne pouvons

qu'applaudir au zèle qui vous anime pour le bien de la République. Quant aux plaintes que vous formez sur les dilapidalions qui se commettent journellement et aux mesures que vous proposez pour les réprimer, nous vous engageons à faire un règlement que vous enverrez au Comité de salut public, afin qu'il puisse le faire autoriser. D

^20 CORRESPONDANCE GÉNÉRALE DE CARNOT. [9 mai 1793.]

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