‹ Correspondance générale, 1792-95. Publiée avec des notes historiques et biographiques (volume 2)Chapitre 243 sur 388 · AU MINISTRE DES AFFAIRES ETRANGERES LE BRUN · texte numérisé non relu

AU MINISTRE DES AFFAIRES ETRANGERES LE BRUN

Dunkcrque, le i" juin «793, l'an ii de la République.

Citoyen ministre.

Je reçois à i'instanl voire envoi de 760 exemplaires du manifeste de la Gonveiilion nationale traduit en anglais. Il n'est guère facile de les foire passer, maintenant de manière à les faire toinlter dans des mains sûres. Si nos armes font brèche au delà de Nieuport, comme je l'espérerais, si nos gendarmes, nos volontaires, etc. ne dégoûtaient pas leurs chefs par de ces espèces de pillages qui déshonorent le nom français : couper l'oreille d'une jeune fdle pour en avoir plus facilement le pendant, enlever les mouchoii-s sur le sein des fenmies dans la rue, enfin briser même chez ie pauvTC ce que l'on ne peut emporter. 0 déshonneur, la chaumière a été ignominieusement violée! Point de juges à la suite des armées. Enfin le désordre, suite du défaut de lois, sera tel dans deux mois au ])lus tard (pie la Ri'puhlicpie péi-ira dans un accès de (lèvre politique. Les ciloyons raisonnables rougissent et se décom-agent depuis hier plus que jamais. Il faut des lois terribles contre la désobéissance militaire. Tout républicain soldat qui n'a pas d'âme doit frémir devant une loi de fer. (Jue ne fait-on un n'glcmont par lequel le soldat aura telle ou telle part aux prises ou contributions que sa valeur aura procm-ées h la Répuhhque. J'ai bien des choses à vous marquer. Je pars pour Furnes'''. A demain.

Votre concitoyen, Gadolle.

(Ori(j., Arcli.des aCTaircs élran(;éres, France, Si'i, fol. 7.

Ôi MAI— 1 JUIN 1 79J.

BULLETIN DE L'ARMEE ANGLO-llOLLANDAISE SUR L'AFFAIRE DE FURNES.

Du .3i mai. Selon les avis reçus du prince héréditaire d'Orange et du colonel Mylius, l'ennemi attaqua la ville de Furnes occupée par les Hollandais, où on lui lit pendant quatre heures la plus vigoureuse résistance: mais l'ennemi étant ]»eaucou|) su|)érieur en nombre, et cherchant par ses mouvements h couper aux Hollandais, qui étaient en ])etit nombre, la retraite de Nieuport, ceux-ci se retirèrent dans cette dernière ville dans le tneilleur ordre et sans la moindro perte. ,

'■' Le 2 juin 179,3 Gailollc, écrivit de non sciilonioiit à Dunkeniuc, mais aussi Dunkerquc à Le IJruii cl lui dit que lous toul le loiijj «li's frontières du ^'o^d. (Orig. , les cœurs lionnt'los sont navres du pillajje, Arcli. des alT. étr., France, 3^3, fol. 8.)

310 GORRESPONDAiNCE GÉNÉRALE DE CARNOT. [9 J11M793.]

Du 1" juin. Le colonel Mvlius ayant appris que rcnnemi avait pénétre' dans Furnes, fit un mouvement vers Elscndamine, envoya (pielques ])etits délachements pai- Giiyverincliove et droit par Alvcrinjjliem. A peine ces détachements j)ararent à Furnes que l'ennemi commença à se retirer. Le colonel Mvlius ordonna an capitaine Mcsko, des hussards de Blankenslein , de poursuivre l'ennemi et d'attaquer, s'il était possible, son arrière-garde. Le colonel avança avec 3o hommes de Loudon-Verd et 900 Hollandais.

Le capitaine Mesko réussit fort hien dans cette opération, enfonça l'arrièregarde, tua (i hommes, fit 1 capitaine, 1 lieutenant et 95 soldats prisonniers. On ])oursuivit l'ennemi jusqu'à Adinkerke et on repi'il Furnes.

(Arcli. de la guerre, armée du Nord et des Ardennes.)

DUNKERQIE, 9 ^JtlIN 17<)3.

LE GÉiNÉllAL O'SIOIUN AU MIMSTIIE OE LA GUERRE.

Au quartier général à Ducikenjuc, le q juin 1 793, l'an 11 de la République française.

Citoyen ministre,

L'exj)cdition que j'ai fait porter sur Furnes n'a pas atteint , à mon grand regret, le triomphe ((uc j'en attendais '''. Les sohiats de la République, parvenus au nm-

'" On trouve dans le dossier du procès du général Custine (Arcli. de la guerre) la pièce suivante, qui donne une explication de l'insuccès de l'expédilion :

(t Noies sur l'expédilion do Furnes, contre liidiardol et O'iMoran.

(tTouI annonce dans l'armée du Nord la perlide coalition des généraux ci-devant nobles avec Custine. Depuis Ypres jusqu'à Ostende, l'ennemi ne nous oppose que 3,000 lionnnes; malgré la supériorité de nos forces, l'iiiaclion règne dans nos camps. O'Aloran et llicliardot commandent sur ces IVonlières. lis ne veulent l'aire aucune attaque, ou, lorsqu'ils y sont forcés, ils se concertent de manière à n'en tirer aucun avantage. L'expédilion de Furnes en est la preuve. Les représentants du peuple sollicitent cette expédition; O'Moran et liicliardot opposent à leurs sollicitations les forces considcral)les de l'enneuii, qui n'étaient véritablement (pio de 1,300 honnnes, ou lout au ]>lus de 1,800. Eulin ils cèdent aux instances, et l'attaque est décidée.

Mais nouveau motif de retard , O'Moran et Ricliardot annoncent aux députés qu'ils venaient d'apprendre que rennemi venait de recevoir un renfort très considérable. L'exécution est sursise, grâce aux intrigues de ces deux généraux. Le lendemain l)uqnesnoy prouve à O'Moran la fausseté de la nouvelle du renfoit arrivé à l'ennemi cl ce dernier ne peut plus se refuser dallaqucr) le bout d'oreille avait |)ercé. 11 rédige son plan et la marche s'opère. On devait passer le canal de Furnes pour attaquer les avantpostes. O'Moran avait a«suré (jue ie canal n'avait que la à 1 5 pieds de largeur; il se trouva en avoir 4o; les plus longs madriers ne pouvaient aller à la moitié; si l'ennemi eut montré plus de courage, ia défaite de la colonne était certaine. On était absolument dépourvu de pelles, de pioches, de haches pour faciliter ie passage de l'ailillerie dans un pays entrecoupé de haies et de fossés. Cependant la colonne surmonte tous ces obstacles, enlève tous les avantpostes et arrive devant Furnes, qui est

[a niN 179.3.] MISSION DANS LES DEPARTEMENTS DU NORD. 311

inenl de comballre, se sont iiiontros cii vrais soldats républicains, mais aj)rès avoir chassé l'ennemi, ils ont souillé toute leur {yloire en se livrant aux plus jjrauds excès de débauche et de pillage, en dépit des efforts (pie les {généraux do brigade Stettenhoffen et llichardot ont fait pour les retenir et en présence des ' citoyens représentants de la nation, Garnot et Duquesnoy, et après que les vaincus s'étaient soumis à des contributions qui devaient les garantir de tous excès de vive force '''.

Le général de division ,

O'MoRAN.

(Ori(;., Arch. do la (juerre, armée du Nord et des Ardeniies.)

CASSEL, 9 JUIN 1793. nAPPORT DD COMMISSAIRE OBDONiVATEUn VAILLANt'^'

AU COMITÉ DE SALUT PUIÎLIC, SUH L'EXPEDITION DE l'UnNES.

Cassel, 3 juin 1793, l'an 1'' de la Itépubliquc française.

AVX MEMBRES COMPOSANT LE COMITÉ DE SALIT PVBLIC , LE COMUISSAHIE-ORBONyATEUII DE L'AHMÉB DV AORD SOVS CASSEL.

Citoyens représentants.

Le général républicain Stettenhoffen, en ma qualité de commissaire-ordonnateur, m'a fait pai't d'une expédition (jn'il iv.iii ,î faire sur nos ennemis, le

hicnlot cni|)orlée de vive force. On croyait Riclianlol à son poste, il n'avait que deux lieues à faire. Il devait tourner Fumes |)Our couper la retraite de la garnison, inaLs il n'arrive que deux Iieurcs après l'aclion; sans celle lenteur, la jjarnison était prisonnière, tout a échoué pir ce retard.

<t Comment peut-on se lier à un jfénéral qui, lors de l'évacuation de la Bel)ji(|ue. se liouvant au ïllla(je de Rexpoède, déclara «levant témoins qu'il nous falhdl absolument un roi et que nous en aurions un dans i5 jours. 7>

'" Le même jour O'Moran écrivait au (jéncral La Marlière (Arcli. nat., AF m 56, re([. de correspondance du général O'Moran): ffje viens do faire faire une expédition sur Furnes qui n'a pas eu le succès (|uej'en attendais. La garnison, composée lie deux escadrons, a pris la fuite. Nos troupes ont attaqué en vrais héros ré|)uhlicaiiLS, mais ils ont malheureusement souillé leur gloire en se livrant aux plus grands

excis, in dépit des efforts des généraux Slellenhoffen et Richardot, accompagnés des représenlanls de la nation Carnot et Duquesnoy.»

''' Pierre -Alexis Vaillant, commissaire des guerres en novembre 179a, commissaire-ordonnaleur à l'armée du Nord, le Il avril 1 7()3 , s'était bien conduit lors de la trahison de Dumouricz. Il avait envoyé, le II avril 179.3, aux troupes des camps de Maulde et de Brnille l'a\is suivant (Copie, Arch. de la guerre, armée du \ord):

& avril 1793, on ii.

ffSi vous vouleî suivre les drapeaux de la République et non ceux du traître Duniouriez qui nous a trahis et veut vous faire assassiner nos pères et mères, parents cl amis, et avoir votre nécessiure, il faut vous rendre à Valcnçiennes cl me rejoindre. ''Le coiiimissairc do guenea,

ttVllLI.\NT.

Cf. aussi sur ce persoimagc une hrorhiiri'

3]^ CORIŒSPONDANCE GÉNÉRALE DE CARNOT. [•! kk i;.,.!]

3i mai dernier, à i lieure après-midi. Siii'-le-cliani|) j'ai pi-is les précaiilions nécessaires pour donner les besoins à rarmcc (jui allait marcher; j'ai l'ail Hier avec clic non seulement des subsistances en pain, viandes et fourrages, mais encore l'eau-de-vie et le vinaigre, ainsi (pie les (bvisions d'ambulance el caissons nécessaires pour subvenir au secours des braves ib'fcnseurs de la patrie. La même précaution fut prise h l'égard des troupes campées à Ghyveldc sous les ordres du {[e'néral Richardot, faisant partie de l'armée où je suis attaché. Pour cacliei- la marche aux ennemis de l'intérieur et les empêcher d'en informer ceux de l'extérieur, tout est parti à () heures du soir sur dilfércnts jioints et s'est rendu exactement sous les ordres de deux commissaires des guerres , cpii sont les citoyens Guiroux et Hébert, chacun attaché aux brigades de chaque général, surveillés par moi et en ma présence. Vos collègues les commissaires dans le département du Nord , à l'armée de Casscl , Garnot et Duqucsnoy, ont été témoins que l'armée n'a manqué de rien , qu'elle avait à sa suite , et toujours près d'elle , tout ce qu'il lui fallait pour sa marche. Le .3 1, à 8 heures du matin, l'année commandée par le général Stettenhofl'en , en présence des braves représentants du peuple, après inie canonnade et fusillade très vive , est entrée dans Furnes , que venaien t d'abandonner ces ennemis (pii ne résisteront jamais au courage des hommes libres. Et ces hommes sont invincibles lorsipiun républicain à leur tète leui- trace le chemin de la victoire. Le général leur dit : n-Grenadiers , soldats, mes camarades, vous êtes citoyens, vous êtes amis de la UépubUque, nous défendons notre patrie; il faut écraser les soldats des tyrans, et les tyrans eux-mêmes ; voilà un morceau qu'il faut emporter, me suivrcz-vous?') Tous lui répondirent luianimement : rOui, général. i Alors il se met à leur tête, descend dans un bateau cl leur dit : trEh bien! suivez-moi. i Sa troupe suit ses pas et entre dans Furnes à 8 heures , acconq)agné des représentants du peuple. Nos lâches ennemis chassés de la ville, le général range sur la place son armée en l>ataille, et nous nous rendkiies à la municipalité. Les représentants du peuple ont parlé aux magisti-ats avec toute l'énergie républicaine et ensuite ils sont partis avec l'armée qui marchait sur Nieuport, mais avant leur départ ils m'ont communiqué leurs intentions qui étaient :

1° De visiter les caisses de celte place;

9° Les magasins de fourrages, subsistances militaires, les hôpitaux et les fournitures de guerre, s'il y en avait;

3° En exécution de la loi de faire les réquisitions nécessaires pour ap|)rovisionner nos armées.

Telles étaient les intentions des représentants du peuple el du général Sletlenhollen, qui, me connaissant républicain et ami de la chose publicpie, ont laissé en mes mains l'exécution de la loi.

En vertu des pouvoirs qui nie sont conférés par la nation , j"ai fait les pcrcjui-

iinprlmoc do 8 |)a;;os inlilulce: tl^e lépu- siiiiplo comniissaii-c. (Aicli. nal., AF u 5G,

bliiain Pierre- Alexis Vailliiiil, commissaire- 187, 11° i()i). ) Vaillant raconte sa carrière

orilniinaleur de l'année ilu Nord près Cassol, dans ce mémoire, écrit en juillet 1798, cl

à la Convention nationale», et où il se déclare entre aulics iliosos qu'il a coopéré

plaint ([u'on le fasse rélrojjrader de ia place à la prise de la Basiille et aux journées

de commissaire - ordonnateur à celle de dos Ti cl G oclobre 1789 cl 10 aoùl 1793.

[■mis 179.3.] MISSION" DANS LES DÉPARTEMENTS DU NORD. 31:5

sitions (les différentes caisses, en commençant par celle de la ville et cliâtellenie de Fumes, où, malgré les soins qu'on s'était donnés pour la cacher, j'ai trouvé la sounne de ao,ç).33'* G sols G deniers, tant en or qu'en arjjent, dont la majeure partie est en écus de notre patrie. Ensuite, accompagné du citoyen Guiroux, connnissaire des guerres, j'ai été chez les receveure des douanes et domaines du tyran d'Autriche; je les ai chacun interpellé de me l'aire la représentation de leur caisse. Ils me répondirent qu'ils n'avaient plus rien, que tout avait été pillé, même les fonds qui leur appartenaient, et leurs meubles et etTets. Nous avons dans chacune des maisons fait les perquisitions les plus exactes du haut en bas, même dans les jardins; nous avons reconnu avec peine qu'ils avaient avancé la vi'rité. De suite nous nous sommes transportés chez le receveur del'Echipied, où nous avons trouvé son épouse seule, à (pii nous avons fait savoir le sujet de noire li'ansport; et après l'avoir interpellée, au nom de la Républi(jue française, de nous faire la représentation de la caisse appartenant au tyran l'Empereur, après lui avoir ordonné de ce faire au nom de la loi, elle s'est enfin décidée.

Elle nous conduisit dans sa cave, au fond de laquelle, dans un caveau à gauche, nous avons trouvé sous des bouteilles de vin un petit carré en forme de caveau, (|ui était fermé par deux grandes briques sur lacpielle était de la tei-re arrangée de manière ii ne rien laisser apercevoir; c'est là qu'était la caisse dudit receveur, ([ue nous avons comptée en présence des magistrats et qui s'est trouvée contenir la sonunede 7,(197 livres i4 s. Revenus à la ville, nous avons fait aux magisirals une ré<pu'sition de fournir pour les armées de la Républicpic, et ce avant 8 heures du soir pour tout délai , en déclarant qu'il serait payé par la Hépubliipic française :

1" ()oo ImiîuI's gras, y coiiqiris les 3oo demandés par ma réqiùsition faite lors de mon arrivée.

9° 600 moutons de première qualité du pays.

3° i5o chevaux de trait.

4" 1 4,000 boisseaux d'avoine, mesure de Paris.

5° Et enfin 1 ri, 000 rations de foin à ao" cha(|ue, non conqiris les foins (jui étaient dans leurs magasins. ,

Et leur avons dt'claré (|uo, faute de remplir cette réquisition, il sei'ait par nous pris des otages, ainsi (pie vous le verrez par la copie jointe de cette récpiisition.

Nous nous sommes ensuite trans|iorti's dans le magasin aux fomragt^s, où étant, et après avoir pris connaissance, nous avons sur-le-champ fait une ré(juisition aux magistrats do mettre à notre (iis|iosition les bateaux nécessaires |)our charger le foin (pie nous y avons trouve-. Ils nous en ont fourni trois (pie nous avons fait cliargorsur-le-cbainp et jiartir à 9 heures et demie du soir pour liergues, où ils sont heureusement arrivés, ainsi (pic fou vient de m'en faire part.

Attendu (|u'il était 9 heures et demie sonnées, ([uc le magistral n'avait point satisfait à mes iwpu'sitions et (pic nous étions forcés de partir sur-le-chaui|), la g('nérale étant battue, je leur ai déclaré, au nom de la Loi et de la Républi([uc française, que je prenais pour otage le bourgmestre et le landhoudor, deux (lesdils magistrats, lesquels seraient amenés sur les terres de la K('|)ubli(pic jus- (pi'ii ce (pi'ils aient fourni le contenu en ma ivquisition, et ai chargé pour faire exécuter mes ordres le citoyen Guiroux, commissaire des guerres, (pii l'a notifiée,

314 CORRESPONDANCE GÉNÉRALE DE CARNOT. [a jiiis 179.3.]

cl sur-le-champ s'est eni])aré desdils deux otajfcs cl les a conduils eu cette ville de Cassel, où je leur ai fait donner un officier de garde pour les surveiller, afin de leur procurer l'aisance de vaquer et se promener dans la ville, jusqu'à ce que le magistrat de Furnes ait satisfait à ma réquisition.

Je viens de remettre, citoyens représentants,, les sommes que j'ai touchées pour la République , au trésorier de noire armée pour en compter à ia trésorerie nationale ; je vous joins ici copie de mes reconnaissances.

Je dois vous dire que l'armée où je suis ne manque pas de fourrages, que dans tous les jioinls principaux j'y ai établi des magasins (jui tous les jours renferment des apj)rovisionnements suffisants pour quinze jours; et j'ose me flatter (ju'elle ne maiu[uera de rien. L'homme qui a fait vivre l'armée dans des pays arides, comme la Campine, ne manquera jamais de moyens.

Le pain est aussi assuré que la viande; ainsi ils n'ont plus rien à désirer, ces répubficains avides de voir leurs défenseurs toujoiu's sulfisamment pourvus.

Je désirerais bien, citoyens représentants, savoir si vous avez connaissance de la conduite que j'ai tenue dans la Belgique et dans la Gueldre prussienne, ainsi (pie de la belle retraite que j'ai faite, n'ayant rien perdu, ayant au contraire sauvé pour i,5oo,ooo livres d'effets, comme souliers, bas, guêtres et chemises, les foins et avoines qui étaient dans les magasins dont la police m'était confiée , ainsi que je puis vous le faire attester; et il est connu par toute farmée entière ([ue, dans celte malheureuse retraite j'ai fait seul, et je puis le prouver, le service de sept divisions, juscpi'au camp de Bruille, d'où je suis parti, j)arce que le scélérat de Dumoui'iez devait m'arrèter pour avoir servi fidèlement la République et mis tout en usage pour détruire sa scélératesse , en parlant à nos braves défenseurs, en leur faisant reconnaître que ce monstre trahissait notre mère patrie. C'est de là que je me suis rendu à Valencienncs près des représentants du peuple, d'où j'ai écrit à tous ces braves militaires (pii étaient à iJruiUe et au camp de Maidde et au parc d'artillerie, avec les j)roclamalions des représentants du peujdc les invitations dont copies sont ci-jointes.

Lorsque l'armée fut de retour à Valencienncs, les représentants vos collègues, n'ayant ni commissaire des guerres, ni ordonnateur de l'armée à leur poste, ont bien voulu me nommer commissaire-ordonnateur de l'armée du Nord , et ensuite ceux qui leur ont succédé m'ont nommé commissaire-ordonnateur en chef de ladite armée , ainsi que vous le verrez par la copie de mes brevets ci-joints.

Je vous prie, citoyens représentants, attendu que je n'ai pu jusqu'à présent avoir mon brevet du Conseil exécutif, de vouloir bien ordonner au ministre de me le faire expédier, si toutefois vous croyez que je le mérite; je dois l'attendre (le votre zèle, et vous prie de me le faire expédier au jdus lût, altondu qu'il peut arriver que, ne l'ayant j)as, je sois arrêté dans mes opérations et cjuc j'y éprouve des entraves.

La République ou la mort.

Vailla.nt.

{Ori(;., Aich. de la guerre, armée du Nord et des Ardcnnes.)

f-2jiijf 1793.J MISSION DANS LES DÉPARTEMENTS DU NORD. :i\:>

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