DEHGUEs. 3 juix lygS
CAItNOT ET DUQUESNOY AU COMITÉ DE SALIT PUBLIC.
Bergues, le 3 juin 1798, l'an 11 de la République.
LES nEPRÉSENTANTS DU PEUPLE E^VOYÉS PRES L'ARMEE DU KORD AUX REPRÉSE^■TA^TS DU PEUPLE COUPOSAXT LE COMITE DE SALUT PUBLIC.
Citoyens nos collègues.
Nous voyons avec plaisir que nos troupes commencent à être hon-
''' En tôle on Ht : ttR. (leç(i) le 5 juin. Hog. ri" 802.1
tcuses des désordres auxquels elles se sont livrées à Furnes; nous vous envoyons quelques pièces, qui prouvent que la moralité trouve accès chez elles : on pourrait même citer plusieurs traits fort beaux de leur part. Nous sommes obligés de vous dire toute la vérité; la vérité est que c'est la gendarmerie qui donne partout l'exemple du pillage et de l'indiscipline'".
Nous croyons devoir vous consulter sur un point capital. Nous pouvons plus que probablement emporter Ostende de vive force. Le feronsnous, oui ou non? Avec des troupes sages, il n'y aurait point à hésiter; mais voici ce que nous avons à craindre des nôtres; c'est qu'elles vont, aussitôt que l'assaut sera donné, se répandre dans les maisons, piller et s'enivrer au point que deux heures après on les égorgera comme des veaux à tous les coins de rue.
Un fait certain c'est que nos soldats ont juré de se venger des Belges, et notamment des Ostendois. qu'ils prétendent les avoir fusillés, lors de l'évacuation de la Belgique. Ils disent tout haut qu'aucun pouvoir ne pourra les arrêter et qu'ils mettront la ville à feu et à sang. Devonsnous, après cela, entreprendre l'expédition? C'est sur quoi nous vous demandons votre avis, et nous vous prions de nous le donner le plus promptement possible.
Il faut aussi nous dire ce que nous devons faire de l'immense quantité de receleurs et voleurs qui ont été mis en état d'arrestation : il
"' La (jendarmerie était en effet un élément de désordre. Pierre Gadolle, dans une lettre corite de Dunkerque le 97 avril 1793 au ministre des affaires étrangères Le Brun, fait de re corps le tableau suivant :
irCc forjH avec une solde trop considérable boit, désobéit, scandalise et excite ici la jalousie de certains corps, là la pitié de (|ucl<|ues autres. Il faudrait que la Convention, par un considérant quelconque, remit ce corps à la solde ordinaire et réservât à cbaquc individu son surplus pour lui être remis à la fin de la guerre. Le soldat en garnison se comporte en raison inverse du but de la récompense; il lui faut la vie assurée, le corps bien couvert, des lois fermes cl une justice stricte. Mais,
dira-t-on en parlant des gendannes, ce corps se fi\cbera, la plupart quitteront. Il n'y aurait, ma foi, pas grand douunage. Je vis hier un sergent sortir d'un trou ou buvette et làcber le plu» vigoureux soulllct possible à son capitaine. Le même vébicide spiritueux qui a fait faire cette sottise au subalterne a servi à les raccommoder. C'est enfin le corps le plus dissolu qui existe en Europe. 11 trouve fort à déclianter à Dunkerque, où les motions inconséquentes ne prennent pas et où la loi seule parle. Croirait-on qu'avec des moyens triples ou quadruples des autres corps il est le plus sale et le moins soigneux de l'armée. Je parie qu'à l'instant d'une bataille la moitié dort ou se cache mort-ivre.» (Arch. des affaires étrangères, France, ."ia/i, fol. iSa.)
320 CORRESPONDANCE GÉNÉRALE DE CARNOT. [3 jun 179.!.]
serait sans doute très à propos de faire des exemples; mais il y a tant de coupables (pi'on est très embarrassé'".