‹ Correspondance générale, 1792-95. Publiée avec des notes historiques et biographiques (volume 2)Chapitre 3 sur 388 · ASSISTENT À U.\E SEANCE DE LA MUNICIPALITE DE CETTE VILLE · texte numérisé non relu

ASSISTENT À U.\E SEANCE DE LA MUNICIPALITE DE CETTE VILLE

[Celte sëance est rarontée dans la lettre suivante adressée parles administrateurs (lu (listrifit de Rapautne à ceux du dc^partement du Pas-de-Calais:]

Bapaume, ie lô mars 179S, l'an 11 de la Répiiblirfup. Citoyens administrateurs .

Nous vous informons avec regret que nos commissaires essuyent dans les différentes communes de l'arrondissement de ce district les plus gi-andes difficultés pour la levée du dixième des citoyens eu état de porter les armes '"'. Quelques-uns ont fourni ce dixième par la voie du scrutin, mais la plupart des communes s'opiniâtrent h n'adopter aucun mode; les mauvais citoyens, qui jusqu'à ce jour ne fréipienlaient point les assemlilées, s'y portent actueiienienl en foide pour travailler les esprits en tout sens et les enq)éclier d'adopter im mode quelconque. Nour avons aussi la douleur de vous apprendre que les maires et officiers municipaux , loin de requérir l'exécution des lois , entravent eux-mêmes les opérations de nos connnissaires en critiquant ouvertement les dispositions desdites lois. La plupart des communes, qui ont besoin d'un prétexte pour pallier leur refus, allèguent que , s'il n'était question (jue de fournir le contingent dans la répartition des 3oo,ooo liommes dont la Convention nationale a fait un appel à la République, on les verrait sur-le-cham]) s'exécuter, en faisant toutefois la déduction de l'excédent de volontaires qu'elles auraient di>jà fourni comjiaralivement aux autres communes; elles poussent même l'inconséquence jusquau point d'articuler qu'on ne doit avoir aucun égard h la réquisition des commissaires de la Convention nationale près de l'armée de Belgique et qu'on no doit reconnaître (pie le décret du

l'I f>p 2 4 féM'ier 1798 fa Convention organisa par une foi les années tic la Répuliliquo. Cette loi prescrivait raiiialgame, si souvent réclamé par les généraux , c'està-dire fa formation de demi -brigades composées d'un bataillon de ligne et de deux bataillons de volontaires, réglait le mode d'avancement, ordonnait nne levée de 3oo,ooo liommes et fixait le contingeni à fournir par cliaque département, f^e Onseil exécutif provisoire fut cbargé d'envoyer le décret aux administialeurs de département par des courriers extraordinaires. (Cf. Moniteur, XV, 546-55a.) Le 5 mars suivant les commissaires de fa Convention en J{efgique, Danton, Delacroix, Gossuin et Merlin de Douai, alarmés des premiers échecs de nos troupes, prirent un arrèli'

jirescrivant aux départements du Nord d'envoyer des citoyens armés au secours dela Befgique. itVous jugerez aisément, écrivaient-ifs à la Convention, par fa teneur de notre arrêté qu'if ne doit nuffement préjudicier à fa nouvelle levée de ^00,000 hommes que vous avez décrétée, n (Cf Aulard, ff, 9 65.) Les départements du Nord se préoccupèrent aussitôt de faire exécuter la foi du s 4 février et t'arrête du .") mars, et des commissaires furent envoyés à cet effet dans tous tes districts. Mais des conflits s'éfevèrent bientôt. Fallait-il se conformer à la loi du a 4 février ou à f'arrêlé des commissaires? Teffe est fa discussion à laquelle, dès le début de leur mission, CarnnI el l.esage-Senanlt assistèrent à Bapaume.

[i5 MARS 1793.] MISSION DAÎSS LES DÉPARTEMENTS DU NORD. 5

a 4 février. Votre arrêté du 8 de ce mois, rendu en conséquence de la réquisition desdils roniniissaires, a même été criti((ué hier par l'adminislralion municipale de Bapaume, en présence des citoyens Carnot et Lesage, commissaires de la Convention près les départements du Pas-de-Calais et du Nord. Nous avons [le regret] de voir une autorité constituée, dans l'unique intention de flatter le peuple, mettre la réquisition des commissaires de la (jonveiition près tie l'armée de la Belgitiue infiniment au-dessous du décret du ai février. Les citoyens Lesage et Carnot ont jiartagé nos sentiments; leurs sages instructions ont en quelque sorte été obligées de fléchir devant les raisonnements captieux et iUusoires d'une autorité (pii, pour capter la bienveillance des habitants de la commune, semblait applaudir à la résistance (ju'ils opposaient à la levée du dixième. L'administration du district, (|ui présidait cette séance orageuse, n'a pu se faire entendre. On n'était disposé à n'écouter ([ue ceux qui raisonnaient dans un sens contraire à la levée du dixième. Si les municipalités ne nous secondent pas , notre zèle va devenir infructueux. C'est h vous, citoyens administrateurs, h aviser dans votre pi'udence aux moyens de remédier à des abus aussi révoltants. Nous vous tlemandons tous les jours une règle de conduite; veuillez donc nous la tracer'''.

Les administratetirs du district de Bapaume,

ThÉRV, DeLALEI'X, LaBOL'RK, I)ePRK7, , LoMBBET. (Arcfa. dcp. du l'as-de-Calais. L, rcg. de corr. du dépai'temi>nt, pièce ii° 83'i5.)

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