L. CaRNOT, DlQllESNOY
(Impr. et copie, Arcli. de la Guerre, armie du Nord et de« Ardent es. — Impr. , Bibl. n:it., Lb"a897.)
"' \ la suite de cet arrêté se trouvaient imprimées les Peinet portée» contre le» détertcur». En voici le texte :
«Loi du a3 mai fjga.
wAbt. II. Tout militaire de quelque de qu'il soit, déserteur à l'ennemi, sera puni de mort.
itAut. III. Tout militaire de quelque grade i|u'il soit, déserteur n'allant pas à l'ennemi, sera puni de la peine des (ers : le soldat, pour dix ans, les soiis-olliiiers, pour quinze ans, et l'oHirier, pour vingt ans.
7 Loi du t3 décem'ire fjga.
" \m. II. Tout volontaire national qui
abandonnerait son poste, au mépris de l'invitation faite par la Convention nationale à tous les citoyens soldats de ne pas abandoinier leurs drapeaux , sera noté par la municipalité du lieu de son domicile, sur le tableau d'inscription civi(|ue, comme ayant refusé à la patrie le secours qu'elle lui demandait; en conséquence, l'administration de chaque bataillon de volontaires nationaux fera passer dans les miuiicipalités respectives les noms do tous ceux qui auront (|uilté le bataillon sans congé. tAri. IV. Les corps administratifs, odiciers nuniicipaut, gendarmes ot gardes nationaux, sont tenus d'arrêter et de faiie arrêter tout volontain' national iiui, en
CORRESPONDANCE GÉNÉRALE DE GARNOT. [9 avril 179.3.
DOUAI, 9 AVniL 17î)3. LETTRE D'UN AGENT SECHET
AU CONSEIL EXÉCUTIF PROVISOIIIE SUB LA SITUATION DU DÉPARTEMENT DU NORD.
Douai, mardi g avril, à lo heures du matin.
Ma lettre datée d'avant-hier (7 avril) ne vous arrivera peut-être pas avant celleci , car je crains de l'avoir mise hier un peu trop tard à la poste. Je vous en préviens ])our que vous n'en liriez aucune conséquence. Je pars dans le moment pour Valenciennes, où je resterai peu de temps. J'irai demain à Lille et après-demain je reviens ici. Je me suis arrangé de la sorte, car c'est à Douai, chef- lieu du département , où je dois recevoir les principaux éclaircissements. Je compte non seulement vous apporter de Douai une lettre très détaillée et très satisfaisante, mais encore (car il faut penser à l'avenir) établir une correspondance journalière entre ce département et vous'"'. J'en suis convenu déjà, non seulement avec le président Dupuich, homme d'un véritable mérite, mais aussi avec le secrétaire liagarde, qui est très actif, très intelligent, et qui s'est engagé à vous faire passer chaque jour un bulletin contenant l'extrait des délibérations du département et tous les faits essentiels à connaître dans les circonstances. Je crois qu'il ne serait pas mal que vous lui écrivissiez une petite lettre un peu aimable à ce sujet; il en serait flatté et sa correspondance en vaudrait mieux. Je le crois en étal de la bien faire; il est jeune, ardent, patriote, et de |)lus doué de cet esprit d'analyse dont vous faites (ant de cas. Plus je vois ce département, plus je le trouve excellent. Les administrateurs sont à leur besogne dix heures par jour et, loin de s'(n plaindre, ils ont tous une gaieté fort remarquable. Pas un d'outre eux n'a la moindre iii(|uiétuile; ils sont convaincus que dans l'état actuel il faudrait au moins trois mois et Go, 000 hommes pour prendre une de leurs pinces forti s, et dans ces trois mois il est clair qu'il leur viendrait de (|uoi se défendre bien davantage. En cas de siège, ils sont décidés à déporter dans l'intci-ienr les aiistocrates , les douteux, les femmes ])eurcuses, et de plus à brûler la cervelle à quiconque proposerait de se rendre. Tout en riant, ils ont pris là-dessus leur parti irrévocablement'''.
quittuil sou bataillon, emporterait sa capote, sou fusil, sa giberne ou autre objet d'oquipemeiil; ils on useront do 1111*1110 à l'éffard de ceux (|ui eiiiporlpraient leur babil (ruiiirorine et qui ne pourraient pas justilier, par le bordereau de leur dik-oniple, qu'ils en oui payi; le prix. Il sera donné avis de la saisie des ell'ets au ministre de la (juorre qui donnera les ordres nécessaires pour les faire remeltie au bataillon ; et la remise eircctuée, le volontaire sera mis en liberté, la Convention nalioiiale dérojfcant à toute loi qui aurail, à raison dudit enlèvement, prononcé contre eux des peines plus sévères. 1
''' Cf. à ce sujet la lettre de Carnolet Duquesnoy à la Convention, p. 83.
'^' Le commissaire Carré écrivait de Douai, le 10 avril 1798, aux administrateurs du dé])arlemeiit du Pas-dc-Caliiis (Arcli. dép. du Pas-de-Calais, I,, rej;. de corr. du déparlement , pièce n° S8 1 a ) ; «Si les enueuiisap])rofliaieiit,je crois que l'on se défendrait liieii. ]>es liabitants de Douai ambitioinieront sans doute d'iuiiler la conduite courageuse des Lillois. Douai est dans le meilleur état de défense. Le citoyen Carnot me disnit bier au matin au déparlement que nous cliuns dans une des plus fortes places de la liépulilique.i
[9AVUIL1793.] MISSION DANS LES Dl'PARTEMENTS DU NORD. 89
Le (juaiiier jjt'iu'ral de noire nniK^ est h Rouchnin, entre Douai el Valcncieiinos. Datupierre y orjjanise l'arniee de son mieux ; j'espère qu'on dédnilivc la trahison de Duniouriez aura faij, du bien, car elle remonte toutes les âmes par l'indignation qu'elle a produite. On ne sait pas ici où est Duniouriez et on s'en soucie fort peu; tantôt on le dit à Rruxelles, tantôt à Mons, tantôt à Tournai. On ne croit pas (pi'il ait avec lui eu ce moment plus de Coo Français, qui peut-être encore rentreront successivement. On doule fort (ju'il soit em|)loy(î par le prince Cobourg, car d'une part sa pétulance pourrait fort bien ne pas convenir aux troupes allemandes, et de l'autre on doit avoir perdu toute confiance en lui depuis que l'armée française, qu'il avait promise sans doute tout entière au prince Cobourg;, se trouve réduite à si peu de chose de son côté. Le trésor et toute la grosse artillerie sont rentrés. Westermann a été mis ici en état d'arrestation, mais le département paraît convaincu qu'il a ('lé net dans toute celte alfaire. Ce qu'il y a de sûr, c'est qu'il a fait rentrer 3,000 hommes, qu'il aurait fort bien pu conduire à Dumouriez.
On avait dit au dé|)artemcnl avant-hier que pendant la nuit nos troupes devaient essayer de s'empai'er du camp de Maulde. On n'a reçu encore aucune conlirmalion à ce sujet. Ccfc posilion serait très importante. Daiiq)ierre a fait demander au prince de Cobourg s'il était vrai qu'il y eût une trêve convenue entre Duniouriez el lui et s'il se proposait de la lenii- avec l'armée française rentrée en France. Le prince de Cobourg n'a dit ni oui ni non sur l'existence de celle trêve, mais il a dit seulement que, s'il alta(juait farnK'e française, il en préviendrait le général vingUpiaIre heures d'avance. On pré>unie (pi'il y a actuellement dans le départenienl du Nord tout le long de la frontière 5o,ooo honuues; les ennemis ne doivent pas en avoir plus de Go, 000, et, ù en juger par les prisonniers que nous leur avons faits , leurs troupes sont dans un état misérable. On assure ici (pi'ou était obligé lie les enivrer poiu- les faire battre. Ou n'a aucune idée stu' la direction qu'elles vont prendre en ce moment. Si elles nous laissent quinze jours ou trois semaines paur nous organiser, tout ira à merveille. Ou n'a point d'incpiiélude sur les subsistances. I^s déparlenients adjacrnls fournissent très sudîsanunent lout ce qui est ni'cessaire.
Carnot, Lesage, Duhem et Du(|uesuoy sont ici. Je vous fais mon compliment sur le comité d'exécution; le voilîi donc enfin décrété et sans doute aussi organisé au moment où je vous «'cris. Mille el mille bonjours, loul ù vous.
On m'assure ((ue la cotmuunicalion est 1res libre «le Douai h Valencienncs; je ne suis pas aussi sûr qu'elle le soit de Valencienncs à Lille, ce qui ne m'empêchera pourtant pas d'aller à Lille; mais dans ce cas je prendrai le plus long. (Orij;. , Aicli. iiat. , F" m 7.)
UOIAI, (J AVItlL 1 793.
CARIIK, COMMISSAIliK DU DKPAIITEMENT 1)11 PAS-I)K -CALAIS ,
ALX ADMIMSTRATEUnS DE CE DEI'AIITEME.N T.
Je vous disais ({ue je n'avais guère de nouvelles à vous annoncer. Je n'eu ai pas plus à |)r,'son(. On eu débile cependant une en ce moment qui ne paraît point
90 CORRESPONDANCE GÉNÉRALE DE CARNOT. [lo AVKii.iygS.]
o'tayée par la vi'aisemblaiice et qui, fût-elle vraie, ne serait point, dans le nioiiienl présent, autant avaiitajfeuse que des es[)rils peu clairvoyants pourraient rinia;pner, c'est que nou-i avons l'epoussé les ennemis lo lieues plus loin, lo lieues plus loin que qui? C'est ainsi que l'on s'exprime. Un honnne qui s'y connaît, je parle du citoyen Carnot, dit (ju'il ne croit guère h celte nouvelle, que cet avantage apparent n'eu serait pas un réel, puisque, pour avoir l'ail cela, il aurait fallu que notre arrni'e en donnant s'('|)arpillàl et (pi'il vauilrail mieux (]ue l'on altendit
jusqu'à ce ([ue notre armée fût reconqilétée et pour ainsi dire réinstalli'e
J'ai oublié de vous mander dans mou posl-scriptum que le déparlemeul du Nord fait un hullelin dont il vous sera envoyé un exemplaire à c]ia(jue ordinaire. Le ciloven (carnot me dit de vous mander qu'il serait hou (jue vous eu lissiez autant. Vous jugerez. , citoyens administrateurs, ce que vous devez faii-c.
(Arch. (Ipp. (lu Pas-de-Calais, L, rcg. Je correspondance du département, pièce n' 87Si(.)
DOUAI, 1 o AVRIL 1 ygS.
DKPAIIT DE CAHNOT ET DE DUQUKS.NOY POUR BOUCIIAI.V'.
[Carré, commissaire du déparlement du Pas-de-Calais à Douai, écrit de celte ville, le 10 avril lyg-î, la lettre suivante aux administrateurs dudil déparlemeul :]
Carré fait savoir aux administrateurs que Carnol l'a chargé de leur dire de faire réimprimer l'arrêté pris par lui et Duquesnoy, de le faiie tirer à un nombre d'exemplaires suffisant pour qu'on en puisse distribuer deux exemplaires aux différentes comnmues oii l'on pourra supposer (jue des corps armés puissent èlre envoyés, aux difl'érenls corps coustilués et à tous ceux auxquels ils jugeraient bon d'en envoyer. «Les citoyens Carnot el Du([uesnoy ont formé hier le projet de partir ce matin à 5 heiu'es pour aller à Bouchain , de là à Valenciennes. Ils reviendront à Douai demain ou après-demain el partiront peul-ètre dans deux joiu-s pour Lille. Je leur ai demandé s'ils croyaient que je dusse les suivre. Je leur ai dit que je vous avais écrit pour savoir vos intentions '''. Ils m'onl répondu que, comme ils ne resteraient qu'un jour ou deux, s'il y avait des nouvelles intiTessautes ils les feraient passer au déparlenicnt du Nord, oîi je les recueillerais, ou (jue je les apprendrais de leur bouche à leur retour. i
(Arch. dép. du Pas-de-Calais, L, rej. de corr. du département, n" 10189.)
'■' Le 10 avril les adniiiiistraleurs ré- le centre de correspondance des comniis-
pondireut à Carré (ju'ils ne jugeaient pas sairos fut transporté à Lille ou ailleurs,
nécessaire (ju'il acooni]>a(;nàt le rcpréseu- (Arch. dép. du Pas-{Ie-Calais , L, rejj. de
tant Carnot dans ses courses, à moins i|ue corr. du département, 11° 10189.)
fioAvim. 1793.] MISSION DANS LES DÉPARTEMENTS DU NOUD. '.)1
BOLCIIAIN, 10 AVllIL i "/ [)''i ■ VISIfK l)K CAriNOT \li GKNKHAL UAMI'IEIllIE.
[Gain! ôrril aux adniiuislralours du l'as-dc-Calais la letU-e suivante : ]
Doiini, le n avril 1793, l'an 11 de la Ré|iiiblii|iie.
Citoyens adniiiiislraleiirs ,
J'ai reçu hier par le roui'rier (jiie je vous avais dép^îcht' votre lettre du 1 1 rouranl. Elle m'a étt'' reiiiiso au di'parlcinonl où (Hait le ciloyeii (larriol. di^jà de roloiir de Boucliain. 11 m'a dit qu'il avait trouvé le {jéiioral daus les meilleures dispositions, que le camp se formait, qu'il arrivait dos li-oupes de tous côtés. Le citoyen Carnot m'a paru content do ce (jue lui avait dit le j|én'ral Daiiipiorro. Quant à Coudé, le ci oven Carnot m'a dit que les onueniis avaient liioii l'ail une lenlalive sur cette place, mais qu'ils n'en faisaient pas le sit>{ye, comme on l«! disail. Et sur ce (pie j'insistais à lui denian<lcr s'il no savait rien, s'il n'avait rien appris dans son voyage ([ui pût intéresser d'une manière ou d'aulre le déparlement du Pasde-Cidais, il me répondit qu'il n'y avait pas de nouvelles pour le nioineut
(Arcli. dép. (lu l'as-do-Caliis, L, roj;. d(! corr. du d(!partciuciil, |)ièce 11° 88:iG.)
BODCIIAIN, 10 AMSII. ij^'il,K GK.NKllAL DAMPIEIIIIK À LA CONVENTION NATIONALE.
L'adjudant (ft'iKTal Tliiiriiijj; ''', (pie je n'ai vu que deux fois, a l'ait une (K'non-
C' Henri- Joseph Thiirinj;, né à Laiidrecies (Nord) le ng oclohn» 17('>5, entant de trou (lO au régiment d'Ep I in|;eii ( Suisse) , volonUiirt' danslenuMne r<''(piiii'iit le 99 ocfohrc I77(), serfjenl an n'jfinietil de Casiella (Suisse) le 'Ji mai 17H5, soiis-lieiitenantaiio'jjimenl R()yal-Iji(>j;ooisle 1" février 178S, volontaire cl ollirior de la (farde nationale de l)iiiiker(|iie le ("janvier 17()0, lieutenant d'une compagnie franche l'orince à Valenciennes le lin aoijl 1793, capitaine le 3 iioveiiihrc 1 799 , lieutenant-colonel du génie lieljje le 1" déceinlire 179S1, adjudant général chargé de la partie secrète des armées de la B(>l|;i(pie, le 9 février 179.'), adjudant géïK-ral chef d(! halaillon le j juillet 179.3, rhef d'élatni.ijor à l'armée du Nord en aoiit 1 79^i , commandant à Hani le 39 ventôse an 11 (19 mars 1796), adjudant g('néral rhel de hrigade le 95 prairial an Kl (\'i juin 1793), général de bri-
(fade le A thermidor an 111 ( 9 9 juillet 1 79.') ), commandant de la 9* division dg l'armée de l'intérieur à Chartres, destitué U 1 5 vendémiaire an ii({() ocl((hrc 179,'')), remis en activité le 9<i thermidor an vu (iS ao('il 'T'.l'j)' rélornié à ca((se de ses hlessures le 7 vendémiaire an ix (99 septcmhre 1800). — Le géïK'ral Thiiring a fait les campagnes de 1 799 , 1 79.') , 1 795 , I 799 et 1 800. Il a été blessé trois fois, le» 18 mars, t" et 19 septembre 179.3. Celte dernière blessure lui valut de ligiirer dans les Actiiim héniiiiueii de» Franaiin , lii'. Léonard Bourdon (cf. uu\ collection révolutionnaire). — Je poss<'.de une partie des papiers de ce (;('s néralelun liagmenl de inciiioin! justificatif de sa conduite. On y voit (pie Tlniring avait été le collègue des frères Carnot k la société populaire de Saint-Omer en 1791 et (pi'il conserva avec Lazare d'evcellenles relations.
COIiRESPONDANCE GÉM^RALE DE CAliNOÏ.
Vf^
cialion conlre moi. H me sera Ijicn aisi' de lu^itondrc aux faits allégués par Tadju- (lanl [[('niTal TJnirinjr'".
Lo a avril, à 3 heures après-midi, le eoinmaiidaui de la place du Qiiesiioy. nommé Bérenger '*', vint me trouver et me montra l'ordre et la proclaiiialion de Dumoiu'iez. Je lui pris la main en lui disaut : ir C'est une horreur; au reste mon parli est pris, ja mourrai ii mon poste vertueux et iilirc. ' Je fus content des senli-
''' Loi avril 179.3, Thùriiii; s'était présenté vers 7 heures du soir au Comité de défense {[énérale, accoiiipaf;né du procureur de la oonunuue de I^auchocies , et il avait aimonoé qu'il avait quitté l'armée après la trahisou de Dumouriez et qu'il venait à Paris dans des dispositions propres à opérer le salut pulilic. De plus il éleva des doutes sur le général Dampicrre. Après délibération le Comité arrêta de renvoyer Thiïrlng au Comité de sûreté ;;(!uérale, afin do le taire mettre en arrestation. (Cf. Aulard, 111, 57 et 58.) Le lendemain on lit lecture à la Convention de la lettre suivante de Thiiring :
ïLe républicain Thiiring (le Mo.iicur imprime jTitn'rt), adjudant général de l'armée du Nord, à la Convention.
Paris, le 5 avril [t^gS.]
ff J'arrivai hier pour dénoncer les généraux conspirateurs. Dans la crainte d'effrayer le peuple, je deuiandai la parole au Comité de salut public. Quaud j'en vins à Dampierre, je lus hué, connue si j'avais touché à l'oint du Seigneur, et envoyé au Comité de sûreté générale, qui, après un interrogatoire de douze heiues, me fit conduire à l'Abbaye pour ])rix de mon zèle. Je prie la Con\ention de me permettre de paraître à sa barre, n
Le représentant Pénièies déclara que cet individu était un émissaire de Dumouriez, venu pour calomnier Dampierre, et demanda qu'il fût traduit au tribunal révolutionnaire. La Source ])roposa de lo juger conmie complice de Dumouriez, et la Convention adopta cette motion. (Cf.
Moiilew, XVI, ()8.) Tluuing fut, en ell'et , traduit au tribunal révolutionnaire, mais il fut acquitté le ai mai l'/if-i- (Cf. Arch. nal., \V 271, 3.").) En sortant
de prison, il réclama au ministre de la guerre une somme de 1,939 livres qu'il avait avancée ]>our le service des armées pendant sa mission secrète, ainsi qu'une gratitication de 1,800 IImos qui lui avait été promise! par les généraux pour un voyage fait en Hollande (cf sur ce voynge de Hollande la correspondance de Dumouriez et de MirandadansRojas, Miranda, 1889, p. 36, 'i5, 48; Dumouriez rcconnnil que les rajjports de co biiscon lui ont été très utiles). Le Conseil exécutif provisoire examiiui cette réclauuilion dans sa séance du 97 juin 1793 et, considéiant les services de Thûring et sa mauvaise situation de fortune, il autorisa le ministre de la guerre à payer lesdites sommes. (Cf. Aulard, V, 100.)
'-' Marie -Charles -François Bércnger, né à Douai le 1" octobre 175^1, aspirant au corps royal de l'artillerie le 97 janvier 1 7G8 , sous-lieutenant au régiment de Provence le iC juin 1776, lieutenant en second le 4 septembre 1780, et en premier le 30 mai 1783, capitaine le 96 février 1788, commandant temporaire de la place du Quesnoy le 98 août 1799, fait prisonnier le i5 septembre 1798, rentré en France le 0 sei)teinbre 1796, attaché à la suite de l'élat-major de la place de Strasijourg lo /i avril 179'i, puis à l'étatuiajor de celle de Douai le iG juillet suivant, adjudant su]>érieur de la garde du Directoire le a décembre 1796, chef de brigade le a novendire 179H, adjudantcommandant, chef d'administration de la garde des consuls le 93 septembre 1800, sous-inspecteur aux rpvues le 99 décembre 1 80 1 , chevalier de la Légion d'honneur le 17 janvier i8o3, exerçait ses fonctions à Strasbourg, lors du blocus de celle ville (0 jan\ii'r aiL i3 avril i8i'i).
[lo.vviui. i79-îl MISSION DANS LES DÉPARTEMENTS DU NORD. 93
int'iits (lu cnmniandant dr la placo. jo lui dis : -rMùrissons notre plan (ranquillenient, sauvons cette ville ainsi que sa brave jjarnison. i
Un adjoint à l'i'tat-major vint nie di:e qu'un adjudant {fi'néral de l'rtat-niajor de Danioiiriez cherchait à nie jiîirler; je leur demandai s'ils le connaissaient; ils nie dirent (|ue c'i'lait un niailre liarmes du ()uesnoy que le {fenéral venait de faire adjudant jji'nrral lient' nant-colonel. Je dis: ffLaissez-le l'aire, je lui parlerai de manière à cacher mes desseins, ii EU'eclivenienl je répondis très froidement à toutes ses demi-conlldences, qui me paraissaient autant de |)iè{jes. Je l'invitai a soiqier alin de l'empêcher d'inirijjuer et de corrompre la ,<i;arnison; il ne vint pas et. selon toutes les prohaliiiiti's, il alla insiruirc Dumouriez de ce dont il ('tait persuadé, que j'étais lidèle h mes serments. Je crus d'autant plus la vérité de ce voyafje nocturne que les chevaux et l'Iioinire étaient épuis('8 de fatijfuc. Jo fus encore plus laconiijne que la vrille; mais, comme la contrainte est un fardeau et (|uo la |)résence d'un homme (|ue je croyais envoyé pour soulever la garnison m'était à charge, je lui dis d'une manié :c assez bi-usque : (rPartez-vous bientôt?-! 11 nie répartit : tTout h l'heure. i — fEh bien,lui-dis-je, vous pouvez dire ù Dumouriez que tout est calme dans ce pays. •? Je n'attendais (pie son départ [lour manifester mes sentiments aux corps administratifs et à mes bravos frères d'ai-mes. Le citoyen Gol)ert''', chef de mon étal-majoretexcellentpatriole, me conseillait de faire arr(îler cet émissaire, mais mon respect pour les droits de l'homme m'enqxVlia de le faire mettre f n l'tal d'arrestation. D'ailleurs il n'avait aucunécrit qui constatât sa mission'''.
'" Jacques-Nicolas Gol)crl , né à la (JuadcloiijH? |p i"juin 1 "jCyn , envoyé on France pour l'aire ses éludes, entre à l'école du {[■•nie le i" janvier 1780, lieiilenanl en s<<rond le 1" lévrier 1789, capitaine le 1" avril 1791, adjoint aux adjudants jjénéraiu on 1799, adjudcmt (jénéral chef de baLiillon le 8 mars I7()3, chef de l'étatnifijor de l'arniéc du Nord le i o avril 1 79-3 (cl. Iai (Iffi'me nationale dam le A«r</, I, A 17), (ji'uéral de hrijjade provisoire le 7 mai 1 793 , conlirnié dans ce jjrade le 1 5, (loslilné le 3o juillet 1 798 , envoyé comme clipfde liataillon et sous-directenr dos l'orlificalions à Port-Louis le i3 nivôse an ni ( j janvier 1795), rlief d'étal -major de llocl)(> à l'anni-e devant Quihoron, destitué lo 1 ■") fructidor an ni (1" sepleinhro I7i.j5), r 'lal.li dans son (;rade de chef de halaiilon le 8 ventôse an iv («7 lévrier 1791)), deslilni- i\o nouveau le 9 brumaire an vi (3c) octobre 1 797 ), ré^intéjjré dans le (jrade do jj<-néral de bri;;ado le li' jour coniplénientairo an vu (90 septembre 17991, l'onimandant de l,i (juadeioupo on 1809, (jénéral de division le 97 ao("it 1 8o3 , blossi-
à la bataille de Bayleu le i() jiullet 1808, niorl à (inaranian dans la unit du ili au 17. ((^f. l-'usie» lie In Ui;iiii d'hinneai; III, 9'i3.) — Son fds, le ci'-lèbre |>lnlanthroplio, fondateur dos prix qui portent son nom, lui a fait élever dans le rimelière du Père- Lacbaisc un monuinenl sculpté par David d'Angers.
"' Tbiiriui;, dans son interro(jaloire du 5 avril t 793 devant le (Comité de sûreté ([énérale, après avoir raconté (|ue l)un)0Uricz lui lit jiart de son projet de faire arrêter les roinniissaires de la (louvoution, donna le récit de son eiilrovuc avec Danipierre. Il est intéressant d'avoir le témoi- (jnajje des deux parties intéressées :
«Je formai aussitôt le projet de me rendre à Paris et je partis avec le citoyen Dietionbaclier (l'crit par erreur Tissembadier). dit Mayenco. Col liomuic me dit. rlieuiin laisiuil : s Mais serait-il possible (pie tous les jjénér.uix Inssenl dedans?" — "Oui, tousu, lui répondis-j«. Il inédit (|ii'il croyait qu'on pouvait rouiplor sur le ([énéral Dainpierro. Je me détorniinai alors à passer au (Jiiesiioy pour lu'assurer [lar
COHHESl'ONnANCI': GÉNKRAEJÎ DK CARNOT.
10 AVRll. 1
Je vous le (Icmanilc, répnlilicains. si un émissaire «le Ct^sar eul été Irouver lîrulus la veille du jour où coiui-ci purgea la terre d'un despote, si cet homme, couvert des grâces de César, eût dit à Brulus : ff César demain veut se Caire roi'', crovez-vous (jue HruUis eut l'épondu : rtje l'en empêcherai bien. i Je ne le |)ense ])as.
Citoyens, la délation de Thiiring ne peut pas m'alleindre; je vous prie de le faire relâcher, que ce soit là la récompense d'avoir contribué îi rallier l'armée de la liépubliijue avec vos braves ronnnissaires Hellegarde, Cochon rt Lequinio. Aussitôt (jue l'armée connut les ordres de vos commissaires et Ihomnie rpie vous aviez uonnné pour chef, elle marcha sur Valenciennes par un mouvement unanime. Le grand et le petit jiarc marchaient les premiers ; plus de i oo pièces . dont •70 de siège ou de jtosilion , sont rendues à la RépidJiipie. Puissè-je soutenir ce moment de boidieur! Puissent mes tidents r('|)ondi'e à mou amour pour la liberté! J'ai devant moi un des plus grands généraux de l'Europe et qui prendra des renseignements d'un homme malheureusement aussi instruit (pie perfide; mais j'ai pensé que dans un moment où la pairie était dans le jdus grand danger, je ne devais ])oinl calculer mon intérêt personnel, mais me dévouer entièrement pour elle'''.
Le général en chef de l'armée du Nord, Dami'iebre.
Au quartier général de Bouchain, le 10
(Ori|;. , Ai'cli. dn la (fiuTiT , iirmée du Nord ot
moi-môme des sentiments de ce général.
Je le vis ce même jour sur les 7 heures du soir. Il me dernaiula s'il y avait des nouvelles. — « \e savez-vous pas , lui dis-je , l'arrestation des commissaires ?i) — «J'en ai entendu parler, mais je ne la sais pas elVioiellement.» — ■ J'avais prévenu le général Dampierre (pie je venais de la part de Duniouriez lui annonrer l'arreslalion des commissaires. Dampierre me demanda si je lui apportais (pieKpie ordre par écrit de Duiriouriez. Je lui rt'pondis (pie je n'en avais aucun. 11 ajouta que Duniouriez était un homme bien audacieux, qu'il n'y avait que lui (|ui pût entreprendre une chose pareille, l^e général m'invita à souper, en me disant que nous parlerions plus amplement de tout cela et (|ue je [ne] lisse semblant de rien. J'acceptai l'invilation du général , mais je soupal chez M'"" de Guay. Je couchai au Quesnoy chez M. llaisne, négociant. Mes chevaux couchèrent à Orsinval, à une demi-liouc de là. Le lendemain 3 , je me rendis chez le général sur les 8 heures. Il me dit que ne lui ayant
avril l'an i" de la République française.
des Ardennes. )
point apporté de lettre du gi'iiéral Duniouriez relativement à ce que je lui avais appris la veille, il ne pouvait pas répondre par écrit , mais (pie je jiouvais dire de sa part à Duniouriez que ([uelipie ordre (|u'il lui donnerait il rexécuterail. Ce (jue venait (le dire le géiii'ral me fit croire ipi'il était dans le tripot de Duniouriez. Je nie rendis aussitôt .i Laudreries dans le dessein d'y laisser mes chevaux et de prendre la posie pour Paris aliii d'ap|>rendre à la Conveiitioii tout ce que j'avais découvert. Je demandai à un ollicier municipal de Landrecies de rendre compte à la municipalité du Quesnoy de ce qui se passait relativement à l'armée et je le requis, au nom du salut public, de permettre qu'un ollicier municipal m'accompagnât à Paris pour rendre compte de ce que je venais de déclarer et je les engageai à ne communiquer mes renseignements qu'aux autorités constitués. 1 (Cf. Arch. nat., \V 971, 35.)
'■' On lit en tête de cette lettre de la main de Guyton-Morveau ; «Remis le 1 1 avril par le citoyen Courtois, notre collègue. -7
[»-j uHii. lycjli.J .MISSION l)A>S IJ-S UKP.UiïKMtvNTS Dlj NOUl). 9.)
l.KS ADJIIMSTRATEURS DU DKPARTEMIC.NT DU PAS-DE-CALAIS
AU GKNKIIAI, DAMPIERRE ET À rAn>OT ET LESAf.E-SENAULT.
Analyse. — Kiivoi do (L'iionriations conlic In Irjjion du Nord, (pii a (|uillt' Arras le f) avr'ii jioiir so roiidre a Valciiciciiiios cl dont le drpôt reste ici. tII se peut (|u'il se li-ouve dans celle iéjrinii de vrais républicains. Nous ne pouvons en in<ii(pier le nond>re, mais nous avons h certitude qu'il y existe aussi de nouveaux sujets qui ont des principes royalisles. »
(Arcli. (lé|). (lu l'as-dp-Ciilais, T,, rej^. «Icsli'llips écrilos par le département, pièce ii° iSujo.)
LES ADMIMSTRATEUliS ni; DEPARTEMENT nU PAS-DE-CALAIS
À (ail>()T ET À i.ESA(;i:-SE.NALLT. •
Anali/sp. — Knvoi d'un arrtHé (|u"ils ont pris pour empr^ciier la (lésorjfanisaliou (i)lale des aulorili's oonsliluées.
( Arcli. dcp. (lu l'a»(le-Ciil,ils, I,, ri'(;. Um lettres (écrites par le Comit('!, pièce n° iSilii.)
I [.e i-}. avril 1793 la (lonvenlion noninia poiu' commissaires à l'ariuf'e du Nord les roprf'-spnUnts (las|>arin, Duliem, Duquesnoy, Carnot, Brie/, et du Bois du Bnis.l
CASSEL, 1 •? AVRIL i'/<)-i- LE GENERAL O'MORAN ALX COMMISSAIRES.
AUX nénrh coihmissaire-! de la (:o\i'b\ti<i\ y.iTiniiAi.K À ui.i.e.