‹ Correspondance générale, 1792-95. Publiée avec des notes historiques et biographiquesChapitre 103 sur 191 · LK COAIITÉ UE SURVEILLANCE DE LA VILLE AU COMITÉ DE SALUT PUBLIC · texte numérisé non relu

LK COAIITÉ UE SURVEILLANCE DE LA VILLE AU COMITÉ DE SALUT PUBLIC

Analyse. — et Le comité a appris avec douleur que le nommé Desaix de Veigoux, propriétaire dans une conuuune de ce district, lequel parait et a toujours paru très suspect aux patriotes du lieu de son domicile , a obtenu une telle confiance qu'il vient d'être promu au grade d'adjudant de l'armée du Rhin'"'. Le comité a pensé qu'il était de son devoir de vous instruire qu'il avait dix-sept parents émigrés , dont deux de ses frères , qu'il était très lié avec un sieur Beaufranchet d'Ayat'*', son cousin germain, qui vient d'être destitué du grade de chef de brigade et général de division dans la Vendée. Desaix n'a pas plus de dix mille livres de fortune et il est à craindre qu'ayant le plus grand intérêt à la contre-révolution il se laisse séduire par l'or de Pitt et de Gobourg. Citoyens , ces renseignements sont cer-tains et il a paru de la plus grande importance au comité de vous en donner connaissance. 1

(Copie, Arch. de ia guerre, corr. géuéraie.)

'" Desaix avait été nommé général de brigade provisoire par les représcntanls près l'armée du Rliin sur le oliamp de bataille te 30 août 1793. Il fui promu générai de division provisoire le ao octobre suivant. Bouchotle, sur la' dénonciation du conseil de surveillance de Riom, le suspendit le i3 novembre, mais Desaix n'en resta pas moins à son poste. Toutefois il ne fut con- ' firme dans son grade que le a septembre 1 794. (Cf. Jacques Charavay, Les généraux mortspnur la patrie, p. 8d.)

'-) Louis-Charles-Antoine de Beaufranchet d'Ayat, né à Ayat (Puy-de-Dôme) le 33 novembre 1767, page du roi en la pelite écurie du 21 juin 1771 au 1" juillet 177'', sous-lieutenant d'infanterie dans la légion de Soubise , réformé avec ce corps en août 1776, sous-lieutenant au régiment d'infanterie duVperrl le 9 mai 1777, capitaine à la suite du régiment de cavalerie de Berri le 1 3 juillet 1778, capitaine en second le 24 juillet J 782 , pourvu d'une compagnie le 1" juin 1788, membre du comité militaire établi au ministère de la guerre pour la rédaction des ordonnances

relatives à la formation des troupes à cheval le 3o septembre 1 790 , lieutenant-colonel du 1 4° régiment de cavalerie le aS juillet 1791 et du 2* régiment des carabiniers le 4 avril 1792, maréchal de ramp le 16 septembre 1793, envoyé de Tours en Vendée le 21 mars 1798, employé à l'armée des Côtes de ia Rochelle le i5 mai 1798, suspendu le 3o juillet 1793, autorisé à prendre sa retraite le 31 germinal an ni (10 avril 1796), pensionné le 11 germinal an i¥ (3 1 mars 1796), membre du directoire de l'hospice militaire de Mézières en 1800, députe du Puyde-Dôme au Corps législatif le 9 thermidor an XI (38 juillet i8o3), inspecteur général des haras en 1809, mort à Paris le 2 juillet 181a. Le général Beaufranchet d'Ayat était fils de Jacques Beaufranchet d'Aval et de sa femme, la demoiselle Mor- ])hy de Boisfailly, ancienne maîtresse de Louis XV. On a dit à tort qu'il était fils naturel de Louis XV. — Cf. Arch. adm. de la guerre, Welwert, Archivet hittoriqiiet, 0° du j" novembre 1890, et Chassin, Lo Vemlée patriote , 1, 35 et 36.

[gocT. 1793.] CORRESPONDANCE MILITAIRE DU COMITÉ. 271

80. HÉUNION-SUB-OISE ( GUISE ), 9 OCTOBRE 1798. CARNOT AU COMITE DE SALUT PUBLIC.

A néanion-sur-Oise, le 9 octobre 1793, l'ao 11 de la République une et indivisible.

LSS RKPHSSEUTàSTS DV peuple près L'ARMÉE DV fiOHD ÀU.I REPBÉSEUTAIITS DV PEUPLE COMPOSÀXI LE COMITE DE SÀLCT PUBLIC.

Nous sommes tellement pressés, citoyens collègues, par le besoin des choses les plus essentielles, que nous prenons le parti de vous envoyer un courrier extraordinaire pour vous les demander. Il nous faudrait au moins quinze mille baïonnettes; nous ne pourrons pas charger les ennemis à la française, si nous n'en avons point. Envoyeznous donc ce qui existe de disponible. Vous connaissez aussi notre pénurie de souliers; on a ramassé dans les environs tout ce qu'on a pu s'en procurer; mais les trois quarts des soldats sont encore pieds nus ; heureusement qu'il fait encore assez beau. Le besoin d'habits est un peu moins pressant; mais il y a (|uel(|ue chose de fâcheux à cet égard et qui indispose les vieux soldats, c'est que les bataillons de nouvelle levée sont supérieurement vêtus, tandis que ceux qui viennent de faire la guerre et qui vont encore marcher à l'ennemi sont tout délabrés. Cependant les premiers sont parfaitement inutiles, car ils n'ont pas même de bâtons à la main; ils sont d'ailleurs de la plus grande beauté, mais ils ne font que consommer des subsistances qu'on a bien de la peine à se procurer. Nous venons de faire la revue des camps avec le général; les soldats ont confiance en lui et ne demandent qu'à se battre. Nous espérons ne pas les faire languir; nous attendons le reste de la colonne. L'ennemi fait de grands mouvements; l'affaire sera chaude, mais nous vaincrons et la Patrie sera sauvée. Envoyezruous en toute diligence des souliers, des habits, et surtout des baïonnettes et des fusils, s'il est possible'".

'■' Au reçu de cette lettre le Comité de nisire de la guerre à s'y rendre, dès la

salut public manda aussitôt près de lui le lettre reçue, avec l'état de tout ce qui est

ministre de la guerre, ainsi (|ue nous l'ap- disponible en baïonnettes, en souliers, en

prend la minute suivante écrite par Barère liabits. Les soldats ont des besoins ex-

(Arcb. nat., AF 11 989): trémes et pressants, à ce que vient de nous

.Pari., I« .9 du moi. •" .le l'.n ■< .le la Ripu- écrire de nouveau Carnet le 9 d.» blique tnoftLue (10 octobre 1793). Cette minute prouve que la lettre de

«Le Comité de salut public invite le mi* Carnut parvint au Comité le 10 octobre.

272 CORRIÎSPONDANCE GÉNÉRALE DE CARNOT. [9 oct. 1798.]

Nous croyons devoir vous prévenir que noire collègue Belin'", absent de la Convention nationale depuis trois semaines, est ici, se disant y être autorisé par un passeport de l'ancien Comité de sûreté générale. Nous ne savons quel parti prendre à son égard'-'.

Nous vous envoyons copie de quelques arrêtés pris par nous*".

Le représentant du peuple près l'armée dy^Nord, Carnot.

(Orig. auL, Arcb. de la yuerre, armée du Nord.)

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