LK GÉNE'HAL KRNOCF AU GÉNÉRAL DUQUESNOY
Avesnos, lo 19 octobre 1793, à une ligure après minuil.
AV CEXERAL DLQVESHOY.
Le général en chef me charge de vous écrire (|ue, d'après une conférence qu'il a eue avec le représentant Carnnt et le clief de bi'igadc de génie son frère, son intention sérail d'enlever à l'ennemi la petite ville de Beauniont, (fui ne peut tenir contre un coup de main vigoureux. En conséquence, vous ferez votre possible pour avoir promptement des renseignements sur la foire de l'ennemi de ce côté-là et de l'artillerie qu'il a à son service. Vous me l'endrez com|)te, le plus tôt possible, de vos découvertes pour lesquelles il ne faut l'ien épargner-. J'attends demain , sur le milieu du jour, de vos nouvelles , parce qu'il faut que l'opéralion se fasse aprèsdemain '■'.
(Arcb. de la guerre, reg. de Jourdan, p. 67.)
retournera à l'armée. Il doit toujours entretenir les soldats dans un vif désir de poursui\Te ces satellites des tyrans. Re- (raite hrillante de la garnison de Rocroi. Si votre droite et votre jjauclie, de Dunlierquo à Carignan , eussent opéré siniutlanément , ainsi que la garnison de Maubeuge, nul doute que l'affaire n'eût été décisive , mais le vrai succès, la grande affaire est de les chasser entièrement du territoire, parce qu'alors les places qu ils nous ont prises tomberont forcément. Je n'ai encore rien appris des mouvements du général D'Avaine. Le premier succès que nos troupes ont obtenu sous votre conduite vous est un sûr garant de ceux qu'elles obtiendront encore. Que les liens de la confiance et de la fraternité vous unissent tous, et tout ira bien! J'ai reçu une lettre du général Ferrand, qui prétend qu'il y aurait eu de la témérité à attaquer l'armée de circonvallation pendant que celle d'observation était aux prises avec la nôtre; mais, lorsque les ennemis faisaient leur retraite, lorsqu'ils repassaient la Sambre au-dessus et au-dessous de la place, pourquoi le camp n'a-l-il pas fait
une sortie? En gardant liien la ville l'on aurait pu les faire attaquer par dix ou douze mille hommes et, en saisissant le moment où une partie de leurs forces avait repassé la Sambre et où l'autre était de ce côté , l'on aurait pu leur causer un grand préjudice et s'emparer d'une partie de leur artillerie. En tout [cas], il me paraît que l'esprit de la garnison de Maubeuge aurait besoin d'être renouvelé et qu'il conviendrait d'en retirer les bataillons les moins républicains pour y en substituer de plus prononcés. Vous me marquerez les arrangements que vous aurez faits d'après cette observation. n — Une note nous apprend que celle réponse de Roucholtc fut expédiée à Jourdan le 91 octobre.
'') Le môme jour, Jourdan écrit au représentant Perrin pour le prier de s'informer de la position et des forces de l'ennemi à Beauniont. tr Votre amour pour la patrie et la haiiic que vous portez aux tyrans vous suggéreront des moyens infaillibles pour réussir' dans cette découverte. r> (Arcb. de la guerre, reg. de Jourdan.
AVESNES, IC) OCTOBRE l^gS.»
CELLIEZ, VARIN ET BERTON , AGE^TS DU COMSEII, EXÉCITIF À L'ARMÉE DU NORD, AU MINISTRE DE LA GUERRE BOUCHOTTE.
Analyse. — La nouvelle de la di^serliou du général Ikauregard qu'ils avaient annoncée au ministre , sur l'afErmalion de plusieurs offic-iers de l'élat-major, est fausse. 'Gomme nous connaissons beaucoup les principes de Beauregard , nous n'avons pas été fort surpris d'apprendre qu'U ait passé à l'ennemi et' nous avons cru l'armée française débarrassée de cet homme, non seulement inutile, mais encore dangereux. Puisque Beauregard n'est pas émigré, nous insistons de nouveau sur la nécessité de le destituer. Nous vous en avons dit les motifs dans une lettre précédente. — I^e général Chance! a été arrêté et conduit hier devant la commission établie à Arras. H est accusé de s'être opposé à ce que la garnison do Maubeuge fit une sortie pendant le temps que nous attaquions l'eiuiemi. — Vous avez sans doute appris que Merenveiic s'est coupé le cou dans les j)risons d' Arras, où il était détenu'''. — Le général Gratien est aussi arrêté pour avoir fait battre sa trouj)e en. retraite, lorsqu'on lui avait commandé de charger l'ennemi. C'était au moment et pour seconder une autre colonne entrant dans im village et en chassant l'ennemi à l'arme blanche. — L'état-niîijor de l'armée a uoiiunc une conunission militaiie pour juger deux Français accusés d'avoir porté les anues contre leur pati'ie et jiris les armes à la main lors de la dernière affaire-, ils viennent d'être dcîclarés dans le cas prévu par la loi sur les émigrés, et ils seront fusillés demain. L'étal-niajor a nonuné deux de nous (Celliez et Varin)de cette commission niilitairc. — Le ronunandant de celle place est aussi en état d'arrestation. Parmi les griefs qu'on lui reproche, il s'est rendu coupable d'avoij- fait mettre dans une maison particulière et avec une garde un adjudant général de Cobourg, blessé et fait prisonnici' dans la dernière affaire, tandis (|ue nos braves frères d'armes, qui ont été blessés en combattant pour la liberté, sont dans les hôpitaux et couchés sur la paille '''.n
(Orig., Arcli. dp lu guerre, armée du .Noiil.)
''' Ce (jciiéral fui romplarc- dans lo coin- regard est destitué. Tout le monde est
iiiandcnicnt de i'arlilipric de l'armée du étonné de la conduite de Gratien, qui
Mord par Elilé , promu (jénéral de division était avanlageuscment connu dans ce pays-
el remplacé lui-même par Boliemonl. (Cf. ci. Tâchez de savoir avec précision le
lettre de Bnurliolleà Eblé, datée du «Soc- nombre d'hommes et l'espèce de troupes
lohre 1793, Arcli. de la guerre, armée du qu'il peut y avoir de Maul)eugc à Dun- '
Nord.) Icerque el renq)lacomcnt qu'elles occupenl.
''' On lit en liln de celle lettre la noie Même recherche pour la partie d'entre
aulographe suivante de Boucholte : »Bcau- Samhre et Meuse.?)
350 GORRESPOIVDANGE GÉNÉRALE DE CARNOT. [ig oct. 1798.]
MAUBEUGE, ig OCTOBRE lygS.
LE GÉNÉRAL FEBRAND AU COMITÉ DE SALUT PUBLIC
Au quartier générai de Maubeuge , le 8 de la 3' décade du premier mois, l'an ii de la République une et indivisible.
LE GÉSBBAL DM DIVISION FERMND AV COMITÉ DE SALVT PVBLtC DE LA CONVENTION NATIONALE.
L'incertitude de ma re'sistance à Maubeuge ne m'a pas permis de vous y annoncer dans le temps mon arrivée, vu les différentes dispositions que ie générai en chef, commandant l'armée du Nord et des Ardennes , avait faites à mon égard. Contraint à garder le lit les premiers jours de mon arrivée dans cette place, il m'a été impossible de me livrer à l'activité qui m'a toujours animé. Des forces majeures ont opéré l'investissement autour de cette place. L'étendue des rives de la Sambre ne pouvait jamais faire espérer de les garder, dès que l'ennemi réunirait ses forces poiu- chercher à la passer. Je joins ici le rapport des différents événements qui ont eu lieu pendant le blocus. Vous y verrez s'il n'était pas de la dernière des témérités de chercher à attaquer l'ennemi, lorsque, pendant que son arnu'e d'observation était aux prises avec l'armée de Jourdan , celle qui nous cernait offrait une force de près de quarante raille hommes , soutenue par des retranchements et une artillerie formidable. Des rapports des déserteurs et autres particuliers nous ont alTu-mé que c'était là leur espoir, comptant par un succès certain et complet pénétrer dans nos lignes et rench-e par ce moyen les efforts de nos frères d'armes nuls. Je laisse aux militah'es expérimentés à juger d'une position aussi critique que celle où je me suis trouvé. Gardien de la clef la plus importante de la République , une seule démarche hasardée pouvait compromettre essentiellement le poste qui m'a été confié.
J'ai cru devoir référer aux conseils dont je me suis environné . en déployant uqs forces sui' toutes nos lignes; nos troupes en sont sorties dès que j'ai été assuré des mouvements de retraite de l'ennemi. Tous nos postes ont été repris et nous lui avons fait une centaine de prisonniers.
Plus habitué à manier l'épée que la plume , rappelez-vous , citoyens représentants, que c'est un sans-culotte qui vous écrit, et qui avait juré et fait jurer à ses frères d'armes que le camp retranché de Maubeuge serait ou leur tombeau ou le théâtre de la gloire'"'.
(Orig., Arch. nat. , DXL116.)
Le général de division, Feerand.
'■' Le même jour, le ig octobre, le gé- «J'ai reçu, générai, votre lettre du 8
néral Ferrand adressa la même lettre au de ia 3' décade du 1" mois, par laquelle
ministre de la guerre, qui lui répondit le vous prétendez qu'il y aurait eu de ia té-
3 3 octobre, dans ies termes suivants : mérité à attaquer i'armée de circonvalia-
[igocT. 1793.] CORRESPONDANCE MILITAIRE DU COMITE.
MALBEUGE, 19 OCTOBRE 1793.