‹ Correspondance générale, 1792-95. Publiée avec des notes historiques et biographiquesChapitre 139 sur 191 · DEPUIS LE 29 SEPTEMBRE 1703 JUSQU'AU DÉBLOCUS DE LA VILLE · texte numérisé non relu

DEPUIS LE 29 SEPTEMBRE 1703 JUSQU'AU DÉBLOCUS DE LA VILLE

Ville et camp retranché de Manbenge.

RAPPORT DES EVENEMENTS ARRIVES DEPUIS LE 9 9 SEPTEMBRE L'AN II DE LA RÉPUBLIQUE UNE ET INDIVISIBLE.

Le 29 septembre, à la pointe du jour, l"ermemi a attaque les avant-postes des cantonnements dtablis le long de la Sambre; il a jeté plusieurs ponts à la liauteui" de Jeumont et Barbant. \ai force de son artillerie, celle de sa cavalerie, et surtout Tabandon que ])lusieurs bataillons ont fait des postes où ils avaient été placés, nous ont l'ait éprouver un repliement totul. L'aile gauche, commandée par le général de brigade Desjardin, s'est repliée sur le bois de Beaufort, où elle n'a ])u longt«nips résister. L'aile di-oite, conmiandée par le général de brigade Meyer, a été (le iiK^me obligi^e d'ojiérer sa retraite, malgré le renl'oi't (pie le général de brigade Colomb*'', connnandant le camp, a porté dans cette partie, après avoir fait

lion pendant que celle d'observation (<tait aux prises avec la n()tre; mais les sansculottes ont vu avec peine que le camp de Maubcuge n'ait pas fait une sortie lorsque les ennemis faisaient leur rclrailo. Il semble qu'en gardant bien la ville, l'on aurait pu les faire attaquer par dix à douze mille hommes, et iju'en suivant le moment où une partie de leurs forces avaient repassé la Sambre et uù l'autre (îtait encore de côte, l'on aurait pu leur causer un grand préjudice et s'(mipariT d'ime partie de leur artillerie.» (Cette réponse est au dos de la lettre du général Kcrrand.)

"i Joseph- Antoine (Colomb, né à Scyne (Basses-Alpes) le aG septembre 1735, fds d'un avocat au parlement du Dauphinc, volontaire au régiment de Piémont le 10 juin 1733, sous-lieutenant le i" septembre 1755, lieutenant le 16 mars 1757, capitaine le a a mai i7Ô(j, cassé le 9 7 janvier 1760 et rétabli le 33 août suivant, réformé le 7 avril 17G3, passé à l'aidemajorité du régiment des recrues de Lyon le 1" octobre 1768, reformé avec son régiment le 3i mai 1768, replacé capitaine commandant la compagnie du lieutenant-

colonel du régiment de Piémont le a 4 mars 17C9, capitaine titulaire le ig juin «771 et de grenadiers le i8 décembre 1776, capitaine commandant la compagnie colonelle le a8 août 1777, chevalier de Saint- Louis le aa janvier 1779, capitaine commandant des grenadiers le là juin 1783, lieulenant-colonel au 67° d'infanterie le 90 juillet 1791 , colonel le 16 mai 1799, général de brigade provisoire, par arrêté du général Dampierre, le 6 avril 1798, confirmé le i5 mai 1798, suspendu à Alaul«'Ugc le a octobre 1798, autorisé à prendre sa retraite le 17 pluviôse an 11 (.5 février 179'!), remis en activité le 39 frimaire an lï (90 décembre 1795), commandant les départements des Basses-Alpes et du Cantal, réformé le 1" prairial an ix (91 mai 1801 ), retiré à Itemollon( Hautes- Alpes). Le général Joseph Colomb avait fait les campagnes d'Allemagne de 1767 à 1769 et avait été blessé à la bataille de BiTgen le 18 avril 1759. 11 s'était distin- . gué à la prise du fort Villatte , en avant de IVainur, dans la nuit du 80 novembre 1799. (Cf. Éliomie Charayay, Le général Alexit Le Veneur, p. 17 et 65.)

35^ CORRESPONDANCE GÉNÉRALE DE GARNOT. [i<) ocr. 1793.]

bi'ûler une parlic de ses tentes et avoir abandonné ies équipages. Toutes les troupes sont entrées ie soir dans le camp, à la réserve de trois bataillons qui ont eu ordi-e de bivouaquer vis-à-vis le village de Ferrière-ia-Grande , et trois autres devant Rousies. Le 29 au soir, s'est tenu un conseil de guerre, composé des représentants du peu])le Drouet et Bar, les officiers généraux , les chefs de corps , les commissaires des gueri'es. 11 a été décidé que la ville serait mise sur-le-clianqi en état de siège , et par conséquent l'autorité civile et militaire dévolue au commandant militaire.

Le 3o, l'ennemi a cherché de nous faire retirer du village de Fei-rière-la- Grande, au-devant duquel nos troupes bivouaquaient. Trois bataillons ont eu ordi-e de s'y maintenir; ils ont été repoussés. L'ennemi a abandonné le village, après y avoir mis le feu ; la veille , il avait incendié celui de Cerfontaine.

Le 1 " et ie 2 octobre , on a enlevé les grains et fourrages qui se trouvaient à Rousies; l'ennemi a mis le feu à quelques maisons du village. Le soir, un trompette autrichien a été envoyé pour me recommander deiLX officiers autrichiens faits jirisonniers à l'affaire du 99.

Le 2 , la taxation des denrées a été arrêtée dans un comité formé du représentant du peuple Bar, les généraux Ferrand et Chancel , les chefs des différentes armes et le conmiissaire ordonnateur des guerres. Cette taxation fut soumise à la discussion de la municipalité et à celle de la société populaire de Maubeuge.

Dans la nuit du 2 au 3, le réprésentant Drouet, escorté par cent honnnes de cavalerie ou dragons, chercha à forcer les avant -postes ennemis; douze à treize honnnes sont revenus de cette entreprise, qui m'avait été communiquée par le représentant du peuple Drouet , et que je n'avais pas approuvée , vu l'importance de son caractère , que je regardais comme compromis par cette démarche.

Le 4 , un trompette a été envoyé au général autrichien La Tour, pour lui faire passer les lettres de deux officiers faits prisonniers le 99, et s'informer en même temps du nombre et du nom des prisonniers faits depuis le blocus. Le vrai motif de l'envoi du trompette était de s'informer, d'une manière indirecte , du sort du représentant du peuple.

Le 5, une partie du camp de Bettignies s'est placée près de la Glisuelle; les travaux de l'ennemi, pour se retrancher, se sont effectués de toute part, mais hors de la portée du canon.

Le 6, s'est faite une sortie pour protéger les travailleurs, afin de déblayer et battre ies haies et bois de la maison d'Yves. La terreur s'étant emparée des ou- 'vriers, on a été contraint de se retirer, après avoir perdu quelques honunes et plusiem-s blessés.

Le 7, la même op'ération a été recommencée avec aussi peu de succès; six ba-

[i.,ocT. 171(3.] CORRESPONDANCE MILITAIRE DU COMITÉ. 353

laillons et quatre bataillons d'inCauterie légère ont été coinmande's pour cette expédition; l'ardeur des troupes poui- poursuivre l'eunemi leiu- a fait (piitterles ])osles (jui leui' avaient été désignés. Nos tirailleurs ayant été repoussés, ils n'ont pas trouvé le soutien qu'ils attendaient des bataillons disposés eux-mêmes en tii'ailleui-s. Les tirailleurs, ne se sentant pas eux-mêmes soutenus, se sont retirés avec précij)itation , et la retraite s'est faite en désordre.

Le 8 , l'ennemi a rapproché ses ouvrages du cAté du bois de Beaufort.

Le 9 et le lo, leura travaiLX ont paru dans la plus grande activité; ils ont construit plusieurs redoutes , une établie à la <lroite du bois de Beaufort , sur le -côté gauche de la redoute d'Avesnes , une au centre dudit bois , et une autre à son exli'éniité, du côté de Ferrièrc-la-Graude.

Le camp de l'ennemi entre Assevent et Solesmes est aussi apjiuyé par deux i-edoutes; celui de la Glisuclle n'est pas retranché, ainsi que celui situé entre Feignies et Douzies. U parait que le point de retraite de ces deux camps sont les redoutes pratiquées sur la lisière du bois de Lanière , et celle construite sur la redoute de Mons.

Les deiLx rives de la Sanibre au point d'FIauliiiont sont llanquées par deux retranchements; les approches du canip d'HautnionI sont défendues par des é])auiements et plusieurs redoutes qui s'étendent jusqu'à la ferme dite de Forest. La plupart sont hors de la portée du canon du canq) retranché.

Le 11, réquisition a été faite à la municipalité pour sommer les habitants du faubourg de Mons et Binche, de se retirer avec leurs effets, bestiaux et subsistances dans la ville de iMaui)euge, déclarant émigrés tous ceux qui persisteraient u rester dans leurs habitations.

Le 1-1 au matin, le chef de bataillon du Hainaut, Deve'*', s'est transporté avec son bataillon, quatre compa(;Tiies de grenadiers et un détachement de cavalerie, au bois du Tilleul pour le reconnaître. Le résultat de la reconnaissance a été que les ennemis ont construit un grand épaulement vis-à-vis la redoute de Sambre, haut de six à huit pieds, un second moins considérable garni d'une haie. Il ne pai'ait point que, dans l'un et dans l'autre de ces retranchements, on ait fait des dispositions pour y placer de l'artillerie.

Le 1 ij au soir, |)our protéger la rentrée des fourrages et grains qui étaient au

■'' Ji'aii-(ilau(lc Dt!>i', ir' à Hioz ( Haulp- fraiRlic à rannw du Mord le i.'iaoùl i/i):!, Saône) en 1766, soldat au régiment d'ar- rhef de balaiilori des ciiasseurs du Hainaul lilierie de Metz le .'1 avril 1 78/1 , ranonnier le 6 mai 1 793 , incorporé dans la 3a' demidans la (jarde nationale parisienne soldée liriijade d'infanterie légère le a 1 frimaire le 1" septembre 17B9, adjudant-major au an in (i i décembre 1794), tué par les ré- 1" l>ataillon de la Charente le 1" janvier voilés à Clvita-Veccliia le l'i pluviôse an vri I79L>, capitaine dans la 9' compagnie (-j février 1799).

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