III
IMPtUtmiK KATIO^lir.
370 CORRESPONDANCE GÉNÉRALE DE CARNOT. [qi oct. 1798.]
proposer an citoyen Drouet , représentant du peuple , le projet de sortir de Maubeuge; que le citoyen Drouet s'était déterminé à l'effectuer d'après les facilités que le citoyen Deverchin avait présentées, mais que le jour de l'exécution il avait mené le citoyen Drouet jusqu'au cain|) ennemi , l'avait ensuite abandonné et était rentré dans Maubeuffe; que le citoyen Deverchin était on outre accusé d'une correspondance secrète avec le maire de Coulsore, homme très suspect. D'après ces rapports j'ai cru prudent de faire mettre le citoyen Deverchin en état d'arrestation jusipi'à ce qu'il en ait été autrement ordonné par les représentants du peuple lors de leiu' retour'''. Quant au colonel Pinleville, je ne le connais pas du tout «.
Je vous envoie ci-joint copie de la lettre du général Élie, dont j'ai fort à me plaindre. Ce général s'est fait battre et a abandonné toute son artillerie, quoicjue je lui eusse donné l'ordre le plus positif de ne rien entreprendre, d'inquiéter seulement l'ennemi et de se tenir sur la défensive , ce qui lui était d'autant plus facile d'exécution que le pays est couvert de bois dont il pouvait couvrir son opération (').
néral de brigade le a5 septembre 1798, suspendu par arrêté du représentant Perrln et arrêté à Avesnes le ai octobre 1793, détenu à Arras le ig friniairo an n (9 décembre 179.3), mis en liberté le 10 fructidor an H (37 août i79i), replacé adjudant général à l'armée de Sambre-et-Meuse le la tbermidor an ni (.3o juillet 179»), commandant la place de Bruxelles le 9 frimaire an ïu (ag novembre 1798), suspendu par le général Carteaux le a 1 messidor an vui (10 juillet 1800), admis au traitement de réforme le 1 7 fructidor suivant (4 septembre 1800).
''' Les soupçons de Jourdan sur le général Deverchin ne semblent pas avoir été confirmés. En effetvle 97 fructidor an ni (i3 septembre lygS), le représentant du Bois du Bais recommandait Deverchin dans les termes suivants (Orig. , Arch. adm. de la guerre, dossier Doverrliin) :ffJe lui dois la justice de vous dire que je le regarde comme un des plus braves hommes de la Bépublique et aussi actif qu'intelligent. Pendant une mission à Maubeuge on lui avait confié la garde d'un de nos plus importants avant-postes. Nous étions faibles en troupes, mais son courage et sa vigilance sujipléaient à tout, car non seulement il garda bien son poste, en veillant, lui, jour et nuit, pour n'être pas surpris, mais
il surprit plusieurs fois des postes ennemis qu'il défit , en nous amenant des prisonniers et leurs chevaux. En un mot il harcelait continuellement l'ennemi qui le redoutait. Jourdan ep faisait beaucoup de cas ... »
Jourdan , qui avait fait arrêter le général et dont du Bois du Bais invoque le témoignage, écrivit, le 16 frimaire an iv (7 décembre 1796), au ministre de la guerre:
K L'adj udant général Deverchin est un brave militaire qui me paraît attaché au gouvernement républicain, mais je ne lui crois pas les connaissances nécessaires à la -place qu'il occupe, n Enfin les représentants Drouet , qu'on l'accusait d'avoir abandonné , et Gossuin firent, dans une lettre adressée au ministre de la guerre le 18 pluviôse an IV (7 février 1796), le plus grand éloge de Deverchin : «Il n'a jamais, disaient-ils, craint de voir l'ennemi en face et de se mesurer avec lui.n (Orig., Arch. adm. de la guerre , dossier Deverchin. )
*^' Le 1 a brumaire an n ( 3 novembre 1798) le Comité de salut public ordonna ([u'un administrateur de pofice irait mettre en arrestation à Chàlons le citoyen Pinleville et le ferait conduire à la Conciergerie de Paris. (Cf Aulard, VIII, 176.)
'^' Cf les letln^s écrites par le général Elie au Comité et à Boucbolte le 19 octobre
Je vous ai mandé dans ma dcruière rimpossibilité où j'étais de rien entreprendre faute de munitions. L'ennemi conserve toujours sa position; il y a réuni toutes ses forces et l'on ne peut l'attaquer sans s'exposer à être complètement battu. U faut donc tâcher de le contraindre] à se dégarnir. Le projet de passer la Sambre à sa gauche offre une facilité , mais après ce passage il faudrait avancer dans le pays; et comment le faire devant des forces aussi considérables sans s'engager à se faire couper sur les derrières , ce qui arriverait infailliblement?
Le seul moyen est de faire une puissante diveision. J'avais donné des ordres positifs au général D'Avaine; s'il les eût exécutés, je n'aurais sûrement pas toutes les forces de l'ennemi de ce côté. Je lui ai envoyé hier un courrier pour les lui réitérer. Je vous assm-e que si je n'avais pas craint qu'on eût mal interprété mes intentions , je me serais transporté de ma personne pour commander celte expédition , dont le succès est certain.
Je vous préviens que le citoyen Perrin, représentant du peuple près l'armée des Ardeunes, mécontent de la conduite du généi'al Beam'egard, commandant une division de cette armée, lui a conseillé de donner sa démission, ce (pi'il a fait. Je l'ai acceptée; j'ai fait remplacer ce général par le citoyen Desbureaux'''.
Je vous rends compte que le général Baget '"' est rendu à son poste depuis (juelques jours.
Je vous prie de me dii-e si je puis compter sur l'aiTivéc des carabiniers.
JoUHDAN.
(Orig. , Arch. de la ([uerre, aimHe du Noi-d. )
" Charles- François Ueshureaux, né à Reims (Marne) le i3 orlolm' 1705, soldat au régiiiiciil de la Reine le ao déccmhrc 1773, caporal le a5 mare «774, sergent le aO s<;plembre 1780, fourrier écrivain le i3 avril 1781, congédié le ai avril 1784, chef de division de la garde nationale de Reims, adjudant générai rlief de halailhm le 1" octobre 1793, géni'Tal de lirigade le 16 août 1793 et de divLsion le .jo seplemlire suivant, non compris dans l'orf^nisiition du a.5 prairial an ni (i3 juin 1795), réformé le afi germinal an » (i3 avril 1797), remis en activité le 5 thermidor an m (a3 juillet 1799), passé à l'armée d<; l'Ouest le 3o nivôse anvui (aojanvienSoo), nUormé le i"veulose an u(2o février 1801), mis à la disposilion du ministre de la marine le 3o brumaire an X (ai novembre 1801), envoyé à Brest pour prendre le commandement de
la deuxième expédition de Saint-Domingue le i8nlv6se an x(8 janvier 180a), rentré en France le ao germinal an ïi (10 avril i8o3), membre de la Légion d'honneur le 4 germinal an xii (aS mars i8o4) commandant la 7* divbion militaire le 3o fructidor an xni (17 septembre i8o5), et la 5* le 10 novembre 1806, officier de la Lt'gion d'honneur le a7 juillet i8jo, baron de l'Kmpire le 16 décembre 1810, chevaher de Saint-Louis le 1" novembre i8i4 , conunandeur de la Légion d'honneur le a 7 décembre 181 4, admis à la retraite le 4 septembre 181 5, mort à Paris le 3.5 février i835.
i^' Jean Baget, né à Lavil (Tarn-et-Garonne) le 18 octobre 1743, cavalier au régiment de Vogué le a t mai 1 769 , maréchal des logis le 1" avril 17C3, souslieutenant au régiment Royal-Cavalerie le 1 1 août 1768, sous-aide-niajor ie i" juillet
CORRESPONDANCE GÉNÉRALE DE CARNOT. [21 oct. 1798.]
SCIIILTIGHEIM, 2 1 OCTOBRE 1793.
L'ADJUDANT GÉNÉRAL DEMONT AU COMITÉ DE SALUT PUBLIC
Analyse. — L'armée française n'a pas fait de mouvement. L'armée autrichienne occupe les hautem-s de Weyersheiiu , Bielienheim , Gendertheim et Brumath ; elle a devant clic la rivière Zorn , sur laquelle elle doit avoir établi ses avant-postes. «On doit môme y construire des i-edoutes et des retranchements; les ponls qui sont suicette rivière, môme ceux de pierre, doivent être reconstruits de manière à pouvoir être détruits sur-le-champ, en cas que l'ennemi soit obligé de se replier. n Un corps d'armée , composé d'émigrés et de Prussiens , doit être posté de manière à avoir sa gauche à Mommonheim et sa droite à PfatTenhoflen. irLes Prussiens font des mouvements vers leur droite pour inquiéter Phalsbourg, Sarrebourg et même Saverne par les gorges. Les Autrichiens en font vers leur gauche pour lâcher de surprendre et forcer notre avant-garde et notre droite. Ces mouvements combinés de la part de nos ennemis , fondés sur les principes de la guerre , s'exécutent sans doute pour nous engager à quelque fausse démarche dont ils puissent profiter. En les observant scrupuleusement et en devinant leurs mouvements on parviendra à déjouer les projets des ennemis implacables de la République '''.i
(Orig., Aich. de la guerre, armée du Rhin.)