BORDEAUX, 2 1 OCTOBRE I79O
LE GJÉNÉRAL BRUNE AU COMITE DE SALUT PUBLIC
Analyse. — Bordeaux est régénéré; le gouvernement y est provisoiremenl militaire; on en tirera bientôt des hommes et des chevaux.
(Arch. do la guerre, analyse, corr. géii.)
1770, lieutenant en a* le 1 1 juin 1776 et en 1" le 8 avril 1779, capitaine le 1" mai 1788, chevalier de Saint-Louis le la décembre 1790, aide de camp du général Valence le 10 mars 1792 , chef d'escadron au 1" carabiniers le ù avril 1799, chef de brigade le 3o septembre 1799, général de brigade? le 3o juin 1798, réformé le 2 5 pluviôse an ï (i3 février 1797), inspecteur général des remonte» des 1 5' et 1 7" divi-
sions militaires en vendémiaire au vi (octobre 1797)1 commandant de la Légion d'honneur le i5 juin iSol, retraité le 28 mars 1807, mort à Lavit is 17 février 1 8a t . Le général Bagel avait fait les campagnes d'Allemagne de 1759 à 176a.
11 avait été blessé de deux coups de sabre à la bataille d'Arlon le 9 juin 1798.
'■1 Cf. A.Cbuquct, Witsembourg,p. atii et suiv.
[33 ocT. 1793.] CORRESPONDANCE MILITAIRE DU COMITE. 373
IJiSTBUCTIOfiS DU COMITE DE SALIT PUBLIC AU GENERAL JOURDAÎi.
Les représentants du peuple composant le Comité de salut public, considérant combien il est essentiel de profiter de la victoire qui vient d'être remportée par l'armée du Nord et de l'abattement qu'elle a dû jeter parmi les despotes coalisés;
Considérant que renvoyer à la campagne prochaine leur expulsion , c'est terminer celle-ci d'une manière désavantageuse, leur laisser les moyens de commencer la suivante et prolonger les malheurs de la guerre ;
Que le seul moyen d'imprimer une énergie nouvelle à l'esprit public , comme de jeter le découragement chez les ennemis et de leur ôter tout espoir de succès pour la suite, est de les ramener au même point où ils étaient en commençant;
Considérant qu'il est impossible à un peuple libre de consentir à aucune trêve ou à prendre aucun repos tant que son ennemi occupe une portion quelconque de son territoire, que des raisons d'économie et de politique exigent que nous vivions à ses dépens, et qu'enfin la saison est trop avancée pour qu'une défaite même, en supposant qu'elle eût lieu, pût compromettre le salut de la frontière;
Arrêtent ce qui suit :
1" Le général en chef de l'armée combinée du Nord et des Ardennes réunira toutes les forces (pu sont à sa disposition pour frapper un coup décisif et chasser entièrement dans cette campagne l'ennemi du territoire de la République.
9° A cet effet il passera la Sambre, soit au-dessus, soit au-dessous de Maubeuge, soit à Maubeuge même; il cernera l'ennemi, il l'enveloppera, il l'enfermera dans la portion du territoire qu'il a envahie, lui coupera les communications avec son propre pays et le séparera de ses magasins, qu'il brûlera, s'il ne peut s'en emparer.
3° Néanmoins, l'armée française ne s'engagera qu'avec prudence en terre étrangère; elle côtoyera les frontières le plus près que faire se pourra et maintiendra toujours ses communications assurées Jivec
'"' Camot psl pr&ptil au Comilé. Il ri'difje l'airiMc ronfianl à Hoclic le commandement de l'année de la Moselle. (Cf. Aulard, VII, 50^.)
374 CORRESPONDANCE GÉNÉRALE DE CARNOT. [aaocx. 1798.]
les places; elle fera, autant que possible, une guerre de postes; elle engagera une affaire générale aussitôt que l'occasion s'offrira de combattre avec avantage et de mettre l'armée ennemie en déroute complète.
k" Le général fera son possible pour tromper l'ennemi sur ses projets; il lui persuadera qu'il a des forces immenses; il pourra tenter un coup de main sur Namur , et , s'il ne peut prendre cette forteresse , il tâchera du moins d'isoler le château en coupant le pont qui communique en pays ennemi; il tâchera également d'enlever le Quesnoy, soit par surprise , soit en le faisant sommer, s'il est instruit que la garnison est faible.
5° Le général tiendra ses forces en masse et donnera à l'ennemi de la jalousie sur plusieurs points pour l'engager à diviser les siennes; il tirera des garnisons tout ce qui n'est pas absolument nécessaire à leur sûreté, en remplaçant les vieilles troupes par celles de la réquisition.
6° En même temps qu'une division agira ainsi du côté de Mons, l'autre pressera l'ennemi du côté de Cysoing, Maulde et Tournai, et tâchera d'opérer sa jonction avec la première, soit en enveloppant Mons et Tournai , soit en passant entre ces villes et la frontière.
(Minute aut. deCarnot, Arch. iiat., AF ii •ihh. — Expédition signée par Biliaud-Varenne , Carnot, Hérault, C.-A. Prieur, Robespierre, Barère et Collot-d'Herbois, Arch. de la guerre, armée du Nord. )