MÉMOIRE DU COMMANDANT DE L'ARTILLERIE BUONAPARTE
TRANSMIS AU COMITE DE SALDT PUBLIC
La seconde position est entre les Quatre-Moulins et les Sablettes , à deux cents toises pius près du camp anglais , sur un mamelon , un j)eu plus bas que la redoute anglaise ; l'on pourra y placer trois pièces de 1 6 qui nous restent.
Du moment que nous serons maîtres de l'EguiUette et du cap Cepet, nous y établirons des batteries qui obligeront l'ennemi à évacuer les deux rades, et nous dirigerons nos attaques sur la redoute et le front de Toulon le plus près de l'Arsenal , qui est en môme temps le plus faible.
Mais, pour cela, il faut un équipage de siège considérable; c'est l'artillerie qui prend les places, et l'infanterie ne fait qu'aider; et c'est avec une extrême douleur que je vois le peu de sollicitude que l'on met à cet article essentiel : les trois quarts des hommes ne s'occupent des choses nécessaires que lorsqu'ils en sentent le besoin; mais justement alors il n'est plus temps.
Il n'y a personne à la télé de l'arsenal de Marseille; il faut de grandes connaissances pour occuper cette place. Il est de fait, dans l'artillerie, que l'opération la plus difficile est la formation d'un équipage de siège.
La partie de lartillerie n'était point organisée quand je suis arrivé dans cette armée. Grâce aux arrêtiis (|ue vous avez pris dans plusieurs circonstances, elle commence à marcher. J'ai dû lutter contre l'ignorance et les basses passions qu'elle engendre. Vous devez achever de donner à l'artillerie, dans cette armée, cette considération et cotle indépendance que les lois militaires et l'usage de tous les lemps lui ont accordées, et sans lesquelles elle ne peut servir utilement.
La première mesure que je vous proposerai sera de faire venir à l'armée , pour commander l'artillerie, un général de l'artillerie qui puisse, même par son grade, contribuer à la consid(M-ation et en imposer à un tas d'ignorants de l'état-major, avec lesquels il faut toujours capituler et dogmatiser pour détruire leiu^ préjugés et mettre en exécution ce que la théorie , l'expérience ont démontré comme des axiomes à tout officier éclairé du corps'"'.
Le commandant de l'artillerie de l'armée du Midi,
BuONAPARTE.
(Copie, Arch. de la guerre, correspondance de Napoléon. — Piibl. dans la Cnrretpnmlanee Ur Napoléon /", t. I . p. i . )
'" Cette pièce parvint au Comité le salut public, auquel les représentants Gas-
9 brumaire (3o octobre). Je la reprofluis, parin et Saliceti avaient déjà, le a3 octobre,
parce qu'elle est le point de départ des re- transmis une lettre de cet oificier. (Cf. Au-
lations de Bonaparte avec le Comité de lard. Vil. ,596.)
[a.SocT. 1793.] CORRESPO.NDANCE MILITAIRE DU COMITÉ. 407
OLLIOULES, k BRHMAIRK AN II ( 2 5 OCTOBRE lyoS). LE GÉNÉRAL CABTKAUX AU COMITÉ DE SALUT PUBLIC.
Analyse. — Le général Garteaux demande une décision du Comité de salut public sur sa destination , vu qu'il a été obligé , par suite de l'absence du général Doppet, de rester à un poste où sa responsabilité n'est pas à couvert. Il adresse à ce sujet copie des lettres des représentants et du ministre de la guerre.
( Analyse, Arch. de la guerre, reg. D du Comité de salut public, p. 656.)
11.3. PARIS, 5 BRUMAIRE AN II (96 OCTOBRE lyoS)'". CAR.VOT AI CÉNÉRAL JOCRDAN.
J'aris, le 5 brumaire de l'an 11 de la République une et indivisible.
CAnXOT, REPnésEMÀl^T fil' PKIPLE , AD GBXBRAL KS CHEF DE l'ARMKE COMBINEE BV NOKD ET DES ARDEySES, JOVRDAlf.
Le Comiti! d»; saiut public, citoyen gën<5ral, vient de recevoir votre réponse sur le plan de campagne qu'il vous a proposé, et il voit avec plaisir les dispositions que vous faites pour sa prompte exécution. Vos succès dans la Flandre maritime seconderont puissamment vos projets. J'ai vu avec satisfaction, dans l'ouvrage du fameux général Lloyd'-*, (|u"il semble avoir prévu la position où vous êtes, que le plan de campagne (|u'il propose est absolument conforme à celui qui a été arrêté par le Comité de salut public, et qu'il le regarde comme infaillible. 11 est à désirer que vous puissiez enlever le château de Namur, parce ([lie cela nous assurerait la possession du pays d'entre Sambre et Meuse, mais il ne faut pas que cette ville vous arrête un moment; si elb' fait résistance, il faut se contenter de la masquer comme le propose Lloyd, et passer à Charle-sur-Sarabre (Cliarleroi). Lloyd veut
"* Carnol est présent à la séance du '729, mort en 178.3, a laissé des ou-
Comité. (Cf. Aulard,VIII, 18.) Il écrit nn ïra|;es de tactique qui faisaient autorité
arrêté portant qu'Hérault-Séclidlesse ren- à la lin du iviii' siècle. Ses écrits, traduits
(Ira sans délai dans le déparlement du en français, et notamment ses Mémoire»
Haut-Rhin pour y prendre tiiules les me- piililiquet et tiiilitniie» , servaient de manuel
sures de sûreté (jénérale qui luiparaitraienl aux hommes de guerre, et en 1790 on en
nécessaires. avait extrait un opuscule intitulé : De ta
''' Henry Lloyd , jjénéral anglais , né en phihtnphie de la guerre.
qu'on marche directement sur Bruxelles, en contenant l'ennemi sur votre gauche, par un corps de troupes qui prendrait des positions avantageuses. L'expédition doit être rapide. Il faut prendre avec vous tout ce qui est disponible dans l'armée des Ardennes. La saison est trop avancée pour craindre les trouées. Entrez en pays ennemi; que la terreur vous précède; n'épargnez cpie les chaumières; n'oubliez pas de faire détruire les moulins et de prendre des otages en grand nombre. Il faut cependant mettre de la différence entre les pays qui ont montré quelque affection pour nous, de ceux qui sont nos ennemis mortels. Bruxelles, par exemple, ne mérite aucun ménagement; Liège, au contraire, est un peuple républicain: Mons est moins mauvais que Tournai; Namur ne nous hait point, non plus que Charle-sur-Sambre, Gand et quelques autres villes de la Flandre maritime. Il faut que la vengeance tombe spécialement sur les pays dont nous avons éprouvé la perfidie. Le reste doit être seulement mis hors d'état de nous nuire, par mesure de sûreté "'. Quand vous serez près de frapper les grands coups, instruisez-m'en, car je désire être témoin de vos triomplies et partager le plaisir de battre les despotes <^'. C'est bien fait de contenir l'ennemi dans la forêt de Mormal. Je voudrais qu'on pût l'attirer encore plus loin de son quartier général, afin que vous puissiez le gagner de vitesse, lorsque vous passerez la Sambre. Croyez qu'il n'ira pas s'engouffrer derrière Cambrai et Landrecies. L'attaque du bois du Tilleul par Ferrand me paraît une sottise, par laquelle il a cru réparer une sottise plus grande, celle de n'être pas sorti de Maubeuge quand vous attaquiez l'ennemi de front et ([u'il pouvait le mettre entre deux feux'^'. Nous ne savons pas quel a été le résultat du jugement de la commission militaire contre Gratien et le commandant du vingt-cinquième régiment de cavalerie.
Salut et fraternité.
MRXOT.
(Orig. , Arcli. do ia guerre, armée dii Nord.
'■' Celle lettre est un véritable oxjiosô W Les évônenienls postérieurs ne l'oljli-
<|ps principes du Comité de salut publie à j'èrent pas à retourner à l'armée du Nord,
l'égard de ia conduite à tenir envers les ") Cf. à ce sujet , à la page ."iS/i, le rap-
pays envahis. port du fjénéral Ferrand.
[afiocT. 179.3.] CORRESPONDANCE MILITAIRE DU COMITÉ.
11/|. PARIS, 5 BRCMAIRE AN II ( 9 6 OCTOBRE lygS). I,E COMITÉ DE SALUT PIBLIC AU .MINISTRE DE I.A GUERRE BOICIIOTTE.
Aiwlysp. — Deux ieltres : i° Envoi d'une lettre écrite de Metz, le 9. octobre 1793, par le général Kricg, qui a été remplacé par le général Bessières '" dans son commandement '-. (Orig. signé par Carnot et Billaud-Varenne, Arcli. adm. de la guerre, dossier Krieg.) — 9° Envoi de réclamations adressées par la Société des Jacobins de Paris sur la subsistance des troupes campées près de Réunion-sur- Oise '^'. (Orig. signé par Carnot et Billaud-Varenne, Arcli. de la guerre, corr. gén.)
115. PARIS, 5 BRUMAIRE AN H (96 OCTOBRE 179.'^). LE COMITÉ DE SALUT PUBLIC AU CONSEIL GÉNÉRAL DU PAS-DE-CALAIS.
Paris, le 5' jour du a* mois de l'an 11 de la République française.
LES «BPBESBATi.Vr.S DU PKVPI.E UEMBÊtES DU COMITE DE SALVT PUBLIC Àl'l MEMBRES COHPOSAyr LE CO^SEIL DU DhPAHTEMEyT DV PÀS-DE-GAHIS , À ABBAS.
Le Comité a reçu, citoyens, votre lettre du 18 septembre. Il a
'1 Franoois Bessières, né » Vlonlauhan (Tarn-cl-fjaronne) le as avril 1755, fjarde national en juillet 178g, rapilnine el chef de bataillon, chef du 1" bataillon du Lot le 1" juillet 179a. général de brigade le 3o août 1793 et de division à l'année de la Moselle le 1 9 septembre suivant , commandant à Metz en l'an m, non compris dans l'organisation du a5 prairial au m (i3 juin 1795), remis en activité à l'armée de Rbin et Moselle le 7 brumaire an iv (ag octobre 1795), commandant la place de Lyon le a'i pluviôse an vu ( la lévrier 1799), commandant la 9" division de l'armée d' .Angleterre à Saint-Omer en l'an m, réformé le 1 4 nivôse an viii ( 'i janvier 1800), retraité le fi septembre 181'), retiré à ^fontanban.
'*' Le a octobre 1798, le citoyen llrtebu avait informé le Comité de salut public que le général Bessières, vrai sansculotte, venait de remplacer le général Krieg (ortograpbié Crik) dans le conunandcment des 3' et 4' divisions de l'armée de la Moselle. Il ajoutait qu'on réclamerait sans doute la réintégration de Krieg et exprimait l'espoir que le Comité ne l'accorderait pas. (Orig., Arcb. adm. de la guerre, dossier Krieg.)
''' On lit en léte cette annotation autographe de Boucholte : trLa valeur de celte pétition a été; jugée. Le général Beaiirgard, eu faveur de qui elle paraiss;iit l'aile. a été suspendu.» — En effet, le général Beaurgard avait été suspendu de ses fonctions le 9 octobre 1793.
410 CORRESPONDANCE GÉNÉRALE DE CARNOT. [96 oct. 1798.]
appris avec satisfaction que les jeunes gens de votre département, animés de i'amour de la République, volent avec joie à sa défense.
Les membres du Comité de salut public chargés de la correspondance,
Carnot, Billaud-Varenne.
(Orig. , Arch. du Pas-de-Calais, série L ii, Arras.)
PARIS, 5 BRUMAIRE AN II ( 9 6 OCTOBRE 1793). LE MINISTRE DE LA GUERRE BOCCHOTTE AC COMITÉ DE SALUT PUBLIC.
Analyse. — Le représentant du peuple Laplanche accuse d'incivisme la légion batave et le 99" régiment. Rouchotte demande à être autorisé à licencier ces deux corps.
(Arcli. de la{[ueiTe, reg. L, fol. 79.)
MAUBECGE, 5 BBUMAIRE AN II (uG OCTOBRE 17 9 3). LE CÉNÉRAL JOCRDAN AU MINISTRE DE LA GUERRE BOUCHOTTE.
Au quartier général à Maubeupe, le .5' jour du a* mois de l'an 11 de la République une et indivisible.
LK CITOYEN JOURDAN , gÉnÉrAL EU CHEF DE L'AltyfF.E DU VORB , AV CITOYEN BOUCHOTTE, MIMSTRE DE I.A GUERRE.
Citoyen ministre ,
Le Comité de salut public m'avait envoyé , il y a quelques jours , l'arrêté dont vous m'avez fait passer copie dans votre dernière. Je l'ai médité et me suis pénétré lies intentions qu'il contient. Elles cadrent parfaitement avec les miennes. Je sais (|u'il est essentiel de profiter de la victoire que je viens de remporter sur l'ennemi; il ne l'est pas moins de l'expulser du territoire de la République. 11 s'agit donc de trouver les moyens de réussir; c'est à quoi je pense continuellement. Cette besogne a bien des difficultés. Je compte sur le courage de nos troupes pour les vaincre. J'espère que leur énergie ôtera les inoyens aux esclaves et aux tyrans de recommencer une autre campagne, ou au moins de la rendre très laborieuse. Il ne tiendra pas à moi que le crédit de la nation française ne soit dans la plus grande splendeur.
[aôocT. 1793.] CORRESPONDANCE MILITAIRE DU COMITÉ. 411
Je fais mes dispositions pour attaquer après-demain. Si la fortune me seconde , celte action terminera la campagne. Nos braves re'publicains tt^moignent le plus grand désir de faire sentir aux ennemis, avec plénitude, la pesanteur de leurs armes.
Salut et fraternité.
JODBDAN.
(Orig. , Arch. de la jfuerre, armée du Nord.)
MADBEDGE, 5 BRUMAIRE AN II (qG OCTOBRE l^gS).
CELLIEZ, VARIN ET BERTON , AGENTS DC CONSEIL EXÉCUTIF PRÈS L'ARMEE DU MORD,