‹ Correspondance générale, 1792-95. Publiée avec des notes historiques et biographiquesChapitre 165 sur 191 · AU MINISTRE DE LA GUERRE BOUGHOTTE · texte numérisé non relu

AU MINISTRE DE LA GUERRE BOUGHOTTE

An quartier général de Maubeuge , le !i6 octobre I7()3, 2' de la République une et indivisible.

p. CF.UAEZ, YAmn BT BBRTON , AGEflTS DV C0.\SEIL EXÉCVTtF À L'ABUKE DD SOBD , AC CITOYEX BOVCIIOTTE, MISISTBB Di5 LA GEERRE.

La journée dhier a été totalement employée au changement du quartier général , (jui est venu s'établir ici. Reaucoup de militaires ne croyant pas ^L^ubeuge propre à cet établissement, en raison de la position de l'armée ennemie, nous ne prononcerons pas sur cette question; mais ce que nous pouvons dire, c'est qu'il nous semble qu'avant de faire venir le quartier général dans cette ville , on aurait dû veiller à ce que les approvisionnements de première nécessité y fussent apportés, tandis qu'au contraire toutes les denrées manquent absolument; il n'y a pas nnîme de fourrage au magasin et l'on est obligé, pour s'en procurer, d'aller à celui destiné à l'approvisionnement du parc et hors de la ville, et en ce moment il n'y en a pas une botte. Il parait (ju'on n'a pas encore perdu la vieille et ridicule habitude de toujours placer le ([uarlier général des armées dans los villes. Nous croyons (pie cet usage subsistera tant qu'il y aura dans les états-majors des muscadins qui ne conçoivent pas comment on peut exister dans un village. Ce n'est pas que nous fassions ce reproche au général en chef, qui est généralement désigné pour un bon républicain , mais il est entouré de tant de monde (ju'il s'en trouve dans ce nombre qui l'influencent et qui l'entraînent quelquefois dans des démarches ausquelles il n'eût pas même pensé, s'il n'eût suivi que son impulsion.

Nous savons que Jourdan est tellement entravé dans ses opérations que déjà il aurait donné sa démission, sans quelques patriotes qui l'en ont détourné; mais cela n'empêche pas que souvent il a beaucoup de chagrin de voir que des hommes couverts de l'inviolabilité nationale sont tout à l'armée, excepté ce qu'ils doivent être. Nous sommes cependant forcés de dire ([ue Jourdan a montré de la faiblesse envers les représentants, en souffrant que, lors de la bataille des 1 5 et 1 6 de ce

412 CORRESPONDANCE GÉNKIUr.R DE CARNOT. f 26 oct. 1798.]

mois, ils aient donné impnn(fmenl des ordros à des officiers généraux. Nous voyons, d'ailleurs, que Jourdan a jiorté la complaisance on la faiblesse jusqu'à foire un éloge pomj)eux du général Du(juesnoy, frère du représentant, et tpi'à peine a-t-il parlé des autres qui ne se sont pas moins bien montrés que lui. Pourquoi donc le 1 5 Jourdan ténmigna-l-il liaulement son étonnement de ce que la colonne de Duquesnoy ne donnail pas, lorscpie le centre et la gauche se battaient depuis deux heures''*. Nous l'avions bien prévu lorsque, dans une lettre précédente, nous vous disions que l'on ne manquerait pas de faire l'éloge du général Ducpiesnoy. Si Joui'dan eût eu plus de fermeté, il n'eût pas souffert que le représentant Duquesnoy logeât avec lui et ne le quillât pas. et que, de concert avec son collègue Carnol , ils eussent pour ainsi dire été les généraux de l'armée '" ; mais il a craint de déplaire à la représentation nationale; il a craint peut-être d'êlre dénoncé par le représentant, et c'est ainsi, comme nous vous l'avons déjà dit, que, par une condescendance qui a toujoui-s existé entre les généraux et les représentants , ils ont réciproquement fait l'éloge les uns des autres. Quoi cpi'il en soit, Jourdan est pur; au moins nous n'avons encore rien remarqué qui puisse nous faire croire le contraire , et nous espérons qu'enfin il saura déployer l'énergie d'un républicain qui, fier de la cause qu'il défend, ne doit pas souffrir que des hommes fassent ce qu'il doit faire, mais doit les rappeler ;i leiiis devoirs lorscpi'ils s'en écartent.

Notre armée doit, après-demain, se porter sur Thuin et de là à Binche, s'il est possible de percer jusque-là. Aussitôt que nous aurons (juelque chose de nouveau, nous aurons le soin de vous en instruire.

Les agents du Conseil exécutif à Vannée du Nord, P. Cei.i.ifz, m. t. Iîf.htox.

(Oi'ig. , Arch. de la guerre, arm(5e du Nord.)

SCHILTIGHEHI, 5 BRUMAIRE AN II ( 2 6 OCTOBRE 1793). L'ADJUDANT GENERAL DEMONT AU COMITE DE SALUT PUBLIC.

Analyse. — L'avant-garde de l'armée s'est battue aujourd'hui du matin jusqu'au soir. crLes ennemis nous ont enlevé le village de Wanlzenau. Ils s'étaient rendus maîtres , le matin , du bois (pii se trouve en avant de Reichslett , mais ce bois leur

(" Jourdan raconte lui-même cet épisode '*' Cette appréciation du rôle de Jourdan

(tans la lettre du 3 3 octobre, publiée à la à Wattifjnies est piquante, et elle complète

pa(;e 3o8, note a. Le (;('néral Duquesnoy la série des documents relatifs à cette vie

déclara qu'il avait donné ordre au général loire. Les insinuations dos commissaires du

Gratien de se porter en avant, mais que Conseil esécutitsur le général Duquesnoy

celui-ci ne lui avait pas obéi. furent d'ailleurs réfutées.

a élé repris dans le courant de la journée. Les soldais de la Re'publique ont trop (le confiance en leur courage, car les ennemis se sont trouvés au milieu du village de Wantzenau que notre cavalerie avait à peine monté à cheval. i

(Orig. , Arch. de la (fueiro, année ilii Rliiii.)

PARIS, 5 BRUMAIRE AN II (96 OCTOBRE 1^()3). LK GÉNKRAL GUILLALMK \U COMITE DE SALIT PUBLIC.

• AnalijHc. — Il écrit de la prison d(? la Force pour deriiander qu'on décide de son sort, alin qu'il puisse servir de nouveau la République.

(Analvsp. AiT.Ii. de la jriipri'e, rorr. fjéii. )

I 15. PARIS, () BRUMAIRE AN II [^"j OCTOBRE iy()3)"'. LE COMITÉ DE SALUT PUBLIC À SAINT-JUST.

G' Hii 9' mois 1' année.

LK COUné es SàUST PVBLIG i SilXT-JVST, À STBASBODRG.

Nous vovoiis, cher collègue, avec une. vive satisfaction les mesures de sagesse et de vigueur (|uc vous prenez pour mettre l'armée du Rhin en état de repousser les ennemis. Il paraît (jiie ce cpi'il y a de plus urgent est de renouveler les états-majors. Carlenc nous a paru très mauvais; il est destitué. Frappez avec votre énergie ordinaire les arislocratcs. L'arrêté ([ue vous avez pris, pour l'incorporation des hommes de ré(|uisition dans les vieux corps, nous paraît très important, et nous désirons qu'il soit exécuté sans délai. Le ministre de la guerre est chargé de vous envoyer un renfort de douze bataillons tirés des di'^partements du Douhs, des Vosges, de la Meuse et du Bas-Rliin. Il vous fera passer aussi tout ce rpiil pourra ramasser de cavalerie. Nous avons arrêté cpi'il serait formé un corps de troupes de 3o à 4o,ooo hommes, près de Saarwerdcn et Bouquenom, pour marcher par Bitche et de là sur Landau, ce qui déhvrerait cette ville et bloquerait l'ennemi (pii

"1 (ianiul est présent au Comité. (Cf. Aulartl, VIII, 50.).

iU CORRESPONDANCE GENERALE DE CARNOT. [270CT. i7<j3.]

vous presse vers Strasbourg. Nous comptons, chers collègues, sur votre énergie, et nous vous seconderons de toutes nos forces '•'.

(Minute aut. de Cai'uot, Arcli. de la jjueri'c, armée du Rhin. — Reç. de la famille Carriot. )

l'ARIS, 6 BRUMAIRE AN II ('J^ OCTOBRE 17<j3). LE MINISTRE DE LA GUERRE BOUCHOTTE AU GENERAL PICHEGRU.

Voici quelques observations que Ion a faites sur la composition des villes frontières du département du Rhin; vous examinerez, d'après la situation des esprits, jusqu'à quel point elles doivent influer sur l'emplacement des troupes.

Ou pense que les troupes, soit de ligne, soit de réquisition, qui doivent composer et composeront les garnisons de Strasbourg , ne doivent êlre j)rises et choisies que dans les troupes de volontaires nés ou levés dans d'autres départements que ceux du Haut et Ras-Rhin ; (jue cet avis doit être appliqué aux villes frontières de tous les départements ; enfin {ju'il faut faire en sorte que ces garnisons se trouvent toujours, autant que possible, en nombre excédant celui des citoyens résidant dans cette ville frontière.

J'avais écrit plusiem-s fois à vos prédécesseurs à ce sofet, j'avais aussi i-ecomniandé la plus grande surveillance aux avant-postes. La suqtrise de la grande déroule ne peut être attribuée qu'à la négligence. L'on m'assure (pie (piehpi'un a passé et repassé aux avant-postes sans avoir été reconnu. Vous jugez quelle facilité [donne] une semblable négligence de la part des gardes et surtout de ceux ([ui les commandent; (pie tout le monde soit arrêté, que tout officier qui ne s'instruira pas soit regardé comme non républicain. J'espère de \otre côté que vous communiquerez aux troupes l'ardeur républicaine qui vous anime et que vous ne larderez pas à repousser les ennemis de la frontière.

(Arch. de la (,'ueiTe, armée du Rliiii, re(;. '17, p. ih.)

'■' Cf. la réponse de Saiiit-Just et Le Bas, datée du 3o octobre 1798, dans Aulard, VIII, iSa. Ils déclarent que l'armée du Rhin est très faible et qu'il faut douze bataillons pour renforcer les (gorges. tHàtezvous, ajoulent-iis, de renforcer celte armée et persuadez-vous qu'il faut être à Landau dans quinze jours.?) — Le 97 octobre, les autorités constituées du département du

Haut-Rhin écrivirent de Strasbourg au Coniilé de salut public pour l'avertir que les ennemis occupent les hauteurs de Saveme, sont campés près de Strasbourg et cernent I.andau et le Fort \ auban , et qu'il est absolument nécessaire de leur opposer un général entreprenant et des forces considérables. (Analyse, Arch. de la guerre, correspondance générale.)

[•J7 ocT. 1793.] CORRESPONDANCE MILITAIRE DU COMITÉ. 415

MALBEUGE, 6 BRUMAIRE AN II (36 OCTOBRE lygS). LE REPRÉSENTANT BAR Al COMITÉ DE SALIT PUBLIC.

Maubeuiye, 6' jour de ia 1" décade du a* mois de l'au 11 de la République une et indivisible.

LE RUPRÉSBNTAXT DO PHVPLB EUVOYÉ PRÈs L'ÀRMSE DU NORD À sas COLLÈGUES DO C0)IITÉ DE SALVT PUBLIC DE LA COXfËMIOX \AT10!tALE.

Citoyens collègues,

Je vous ai déjà rendu compte avec quelle imprévoyance les différents administrateurs, chargés de pourvoir aux besoins de l'armée de la République, attendaient toujours le moment du besoin pour y satisfaire. La partie sur la(|uolle les plaintes doivent plus spécialement porter dans ce moment sont les effets d'habillement et les couvertures. La saison commence à devenir rigoureuse, les défenseurs de la patrie sont tous campés ou au bivouac ; déjà les maladies et surtout la dysenterie commencent leur ravage; le froid en est une des principales causes. Dès notre arrivée près la division de Maubauge, mes collègues et moi nous souuiics occupés de ces différents objets. Nous avions autorisé le citoyen Rouyer, inspecteur de l'habillement , à se rendre dans les différents lieux où il existe des nuigasins et même près du ministre de la guerre, pour presser l'envoi des parties d'habillement extrêmement nécessaires à la division; on nous annonça, quelques jours avant le blocus, l'arrivée de a,,5oo habits complets. Cependant cette partie m(*nie n'est point encore entièrement arrivée. La Convention nationale a décrété la fabrication de .3oo,ooo capotes, dont 80,000 pour l'aniiée du Nord, et aucunes ne sont encore disponibles pour cette armée. Le conunissaire ordonnateur en chef Pinthon, à qui j'ai demandé l'état de ce qui pouvait être à sa disposition en cette partie de l'habillement, de même que pour les couvertures, m'a répondu (jue rien encore ne lui avait été envoyé. Ce qui est encore plus indispensable, c'est la chaussure; l'armée, toujours en mouvement, consomme beaucoup en ce genre; un soldat use au moins une paire de souliers par mois : il en est arrivé ici une certaine quantité, mais pas encoi'c suffisante |)our les besoins. Une chose arrête, à cet égard et pour les autres |)arties de l'habillemenl , la |)romplitude du service : ce sont les bureaux de visite et expertise établis dans les villes de l'intérieur. Il .semble qu'il serait plus convenable de faire arriver ces effets directement au lieu de leur destination. On pourrait y faire les mêmes établissements pour les vérifications et empêcher la fraude. On parerait même par là à un moyen de dilapidation; les effets, pour être visités dans l'intérieur, doivent être déballés; faute d'ouvriers, on est quelquefois obligé de les faire parvenir après la visite sans être remballés. Cette mesure donne lieu à des soustractions. Je vous engage très instamment, mes collègues, à faire porter votre sollicitude sur cette partie des besoins de l'armée; nos frères qui la composent méritent d'autant mieux les plus grands soins à cet égard qu'ils se dévouent tout entiers et avec le plus grand zèle à la défense de

i16 CORRESPONDANCE GÉNÉRALE DE GARNOT. [97 oci. 1793.]

la République. 11 serait ddsorinais bnpossible de leur faire adopter d'autre senliinent que celui de la liberté, de l'égalité, de l'unité et de l'indivisibilité de la Réj)ublif[ue; ils abhorrent les tyrans et la tyrannie et sont à la rigueur de vrais répidjlicains.

Je dois aussi fixer votre attention sur les approvisionnements de guerre de la place et du camp de Maubeuge. Vous jugerez, par les états que je me suis fait délivrer et que je vous transmets , quelles sont les personnes et quels sont les besoins à cet égard. J'ai pris, seul ou avec mes collègues, quelques arrêtés sévères contre des officiers dénoncés ou comme incapables ou comme suspects; ils sont joints à cette lettre, et la plupart des pièces et dénonciations y sont également attachées. Je joins aussi les pièces concernant le générai Gudin et les autres arrêtés que le désir d'assurer le service m'a fait prendre.

Nous avons pris , de concert avec jnon collègue Hentz , des mesures relatives à la propagation de l'esprit public, et nous nous proposons encore d'en prendre d'ultérieures dont nous vous rendrons compte incessamment'*'.

Salut et fraternité.

Bar.

(Orig. , Arcb. de ia guerre, armée du Nord.)

OOST-DCNKERKE, 6 BRUMAIRE AN II (27 OCTOBRE lyQB). I.E GÉNÉRAL VANMMME AU COMITÉ DE SALUT PUBLIC.

Au (|uai(ier général à OoslDuiikerke , le 6" jour de la 1" décade du a' mois de l'an 11 de la République française une et indivisible.

LE tiàsÉRÀL VÀ^DAMME AVX nlTOYEfiS REPnÉSESTAXTS DV PEVPLB COMPOSANT LE COMITE DE SALUT PVBLIC.

Citoyens représentants.

Je vous ai rendu compte, par ma dernière, que l'inondation m'avait obligé de me retirer de la route de Furnes à Nieuport , et de porter une attaque du côté de Oost-Dunkerke , seul point qui ne pouvait être inondé (en laissant seulement au pont rompu sur cette roule une demi-brigade). Je m'y suis établi le à ; j'ai fait aussitôt ouvrir la tranchée, sous le feu le plus violent des remparts de l'ennemi. La ti-ancbée est à présent finie et les bondjes, obus et boulets rouges pleuvent sur la ville; elle ne doit pas tenir longtemps, ou sous peu elle sera entièrement brûlée.

L'ennemi est assez en force dans la ville ; il y a vingt bouches à feu ; le feu des batteries est fort vif. Le li , mes braves soldats se sont emparés du petit fort de Viervoutre; je voulais y établir des batteries et, comme je les faisais commencer,

<■' Celte lettre n'a été qu'analysée dans le recueil Aulard.

[270CT. i703.] CORRESPONDANCE MILITAIRE DU COMITÉ. 417

une escadre anglaise , composée de trente vaisseaux , prit mon armée en flanc et lanra des bordées terribles. La garnison fit en même temps une sortie , mais elle fut obligée de rentrer dans son repaire et fut poursuivie jusque sous les remparts. Plus de cent esclaves ont mordu la poussière. Je ne saurais assez vous louer le courage de tous les braves soldats de l'armée que je commande et l'adresse de mes braves canonniers. Ils supportent le mauvais temps et les bivouacs avec un courage qui n'appartient qu'à des hommes qui se battent pour leur liberté. Le cidevant a 9' régiment et le 4' bataillon de Seine-et-Oise , et le bataillon des chasseurs du Mont-<le-GasseI ont, dans cette sortie, combattu en héros; ils ont soutenu pendant deux heures le feu des remparts, de la mousqueterie et de l'escadre. Cette escadre nous envoyait des bordées de quarante pièces à la fois, de 37, 36, 4o et 49; mais les boulets passaient trente pieds sur nos têtes, suivant leur louable habitude; les dunes en sont remplies.

J'ai été obligé d'évacuer le petit fort de Viervoutre. Je n'ai perdu que douze hommes. Ma position actuelle est très belle; l'ennemi ne nous tue pereonne et nous lui envoyons de la marchandise qui lui écrase et brûle toutes ses maisons. Ça ira; il évacuera la ville d'ici à demain ou je la fais prendre d'assaut; je puis le faire avec les vaillants républicains que je commande.

L'escadre a cessé son feu hier soir; elle l'a recommencé ce matin, mais dans la journée elle a fini, et la majeure partie a pris voile pour l'Angleterre. H est resté seulement six bâtiments, qui sont en observation. J'étais inquiet hier, parce que j'ignorais ses desseins. Je suis à présent tranquille; elle ne peut pas laire une descente de canons entre Nieuport et Dunkorque, parce que les dunes sont impraticables et que le citoyen Castagnier est d'ailleurs avec plusieurs bâtiments en observation le long des dunes.

J'ai envoyé, le 4 , sp[)t bataillons à Schoorbakke, commandés par le générai Gougelot. Ils se sont emparés de Dixmude et restent de ce côté en observation [)our soutenir ma droite en arrière et empêcher que l'ennemi vienne m'attaquer de ce côté. L'ennemi s'est retiré au nombre de 3, 000 hommes à Tbourout; il s'y fait aussi un rassemblement de paysans; mais vingt-cincj républicains en ont fait fuir deux mille.

Les enlèvements que je fais faire sont considérables; chevaux, bœufs, vaches, fourrages, grains, chariots, bois, fer, cloches, plomb, cuivre, draps, toiles, argenterie des églises, je fais tout refluer sur Dunkerque; je les adresse à la municipalité.

Les coquins de prêtres avaient fait cacher dans les églises presque tous les efiiets des villages, parce qu'on leur avait dit que les Français n'y entraient plus; mais comme ils se sont tronq)és! J'ai fait fouiller toutes les églises, et dans toutes j'y ai trouvé de beaux effets. Les vases ci-devant sacrés étaient aussi cachés dans les clochers, mais je les ai trouvés. ,\ Dunkerque de suite! Mes prises se montent bien à présent h six millions. Je ne compte pas celui que la ville de Fumes doit me donner en numéraire. Ah! cpiand j'entrerai dans Nieuport, (juel coup, que d'enlèvements. Les mâtins sont foutus; je ne veux laisser aux habitants que les yeux pour pleurer.

Je vous enverrai , citoyens représentants , et nu ministre de la guerre le procès-

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