‹ Correspondance générale, 1792-95. Publiée avec des notes historiques et biographiquesChapitre 166 sur 191 · III. i-j · texte numérisé non relu

III. i-j

lUrftllIEtlK lATIOSALE.

418 CORRESPONDANCE GÉNÉRALE DE CARNOT. [27 oct. 1798.]

verbal de tous mes enlèvements, quand ils seront finis. Je suis tellement surchargé d'ouvrage que je n'ai pas un seul moment à moi.

Je ne dois pas oublier de vous dire que les cpiatre bataillons de l'armée révolutionnaire , que j'ai avec moi et que j'emploie aux travaux des tranchées , travaillent avec le plus grand zèle et sans faire attention aux bombes qui pleuvent sur eux. Je ne puis vous nommer personne; tous les républicains de mon armée ont le même courage et tous se distinguent dans les fonctions qui leur sont attribuées.

Depuis deux mois le citoyen Seron''', capitaine au bataillon des chasseurs du Mont-de-Cassel , fait auprès de moi les fonctions d'adjudant général, chef de mon état-major. Je n'ai qu'à me louer de son zèle et de ses talents. Le général en chef me promet toujours de lui obtenir sou brevet, mais il n'arrive pas. Veuillez bien , citoyens représentants , le lui faire obtenir et me l'adresser. Il est nécessaire qu'il l'ait promptement.

Le général de brigade Hoche , employé dans l'armée que je commande , est parti le h , pour commander dans l'armée de la Moselle , en qualité de général de division '''. Le général RouUand ''' est arrivé ce matin pour le remplacer'*'.

('' Gabriel -Antoine -Ovide Seron, né à Nogent- l'Artaud (Aisne) ie 8 octobre 1771, fils d'un géomètre-arpenteur, garde national en 1789, sergent-major au i"bataillon de l'Aisne le 26 août 1791, sousiieutenant dans la compagnie franche de Vandamme le 1" octobre 1792, lieutenant le 1" mars 1798, capitaine au bataillon des chasseurs du Monl-Cassel en septembre 1793, adjudant générai chef de bataillon provisoire le ai pluviôse an 11 (19 févTÎer 1794), non compris dans l'organisation du 23 prairial an ni (i3 juin 1795), retiré à Nogent-l'Arlaud.

''' Hoche quitta en effet l'armée du Nord ie a5 octobre 1798. (Cf. p. 388.)

(') Henri- Victor Roulland, né à Saint- Quentin - d'Elle (Manche) le 11 octobre 1751, soldat au régiment de Normandie le 22 septembre 1770, congédié le 2g août 1775, chef du 2' bataillon de l'Orne le 20 septembre 1791, chef de brigade par arrêté des représentants Trullard et Berlier le 37 septembre 1798, puis général de brigade et commandant de la place de Bergues le a8, commandant de Laiidrecies le 26 janvier 179^, confirmé dans son grade le 12 avril 179^, prisonnier de guerre par la capitulation de Landrecies le 3o avril 179/1, rentré en France par échange le 37 novembre 1795, employé à l'armée

des Côtes de Brest et commandant la subdivision d'Ille-et-Vilaine le 16 décembre 1795, commandant la subdivision de la Manche le 12 octobre 1797, celle du Morbihan le i" janvier 1799, et celle des Côtes-du-Nord le 26 mars 1800, réformé le 31 mai 1801, commandant de Belie- Isle-en-Mer le 8 juin 1801, chevalier de la Légion d'honneur le 1 1 décembre 1 8o3 et officier le i4 juin i8o4, retraité le 1" septembre 1816, chevalier de Saint- Louis le 20 août i8a3, mort à Rennes (Ille-et-Vdaine) le 6 février 1827. Le général Roulland avait fait les campagnes de l'Ile-de-France de 1771 à 1774.

<'' Le général Roulland adressa, le 13 brumaire an n (9 novembre 1798), aux représentants Trullard et Berlier, à Boulogne-sur-Mer, un rapport détaillé su les événements arrivés sous Nieuport depuis le 6 brumaire (27 octobre 1 798 ). H y raconte que, dès son arrivée, il a communiqué au générai Vandamme l'ordre qu'il avait reçu du général D'Avaine de venir remplacer le général Hoche; qu'ensuite il a parcouru tous les postes et trouvé partout le soldat dans les meilleures dispositions, malgré des fatigues excessives, résultant des mauvais temps, et le manque de pain qui s'est fait souvent sentir. (Copie, Arch. adm. de la guerre , dossier Roulland. )

[ayocT. 1793.] CORRESPONDANCE MILITAIRE DU COMITÉ. 419

Dans ce moment, Nieuport est en feu; je verrais presque assez clair pour écrire sur les dunes '"'.

Salut et fraternité.

Le général commandant devant Nieuport, D. Vandahhe.

P.S. Je vous envoie plusieurs lettres qui m'arrivent à l'instant d'Ostende. J'en ai donné copie au général D'Avaine , commandant en chef la frontière , depuis Lille jusqu'à la mer'''.

( Orig. , Arch. de la guerre, armée du Nord. )

MADBEUGE, 6 BRDMAIRE AN H ( a 7 OCTOBRE lygS). LE GE'nÉRAL FERRAND AU MINISTRE DE LA GUERRE BOUCHOTTE.

« 6 brumaire an n.

LS 6BNERAL FBRRAND AV CITOTEN BOVCBOTTB , MINISTRE DE LA GUERRE.

Ce n'est point un général , c'est un vrai sans-culotte , un enfant de giberne qui vous écrit, et qui ne s'aperçoit pas d'aujourd'hui combien il est facile de porter de loin une opinion sur des faits, qu'on jugerait avec plus d'impartialité, si on avait été dans le cas d'y participer. Je le répète , c'est aux militaires expérimentés que j'en appelle de ma conduite devant le blocus de Maubeuge. Une autre autorité , non moins respectable , est celle du représentant du peuple Bar. Si je cher

C Le 8 brumaire (ag octobre) le générai Vandamme écrivit au général D'Avaine qu'il se voyait avec peine force d'abandonner le siège de Nieuport par suite des dispositions que ledit général avait fait prendre à son armée, s Je crains d'avance, général , disait-il , de faire battre en retraite une armée telle que je commande, composée de si braves républicains, mais puisqu'il le faut je m'y décide. Vous pouvez compter que ma retraite se fera dans le plus grand ordre et qu'il ne se commettra aucun désordre; mes troupes se contiendront dans leur retraite comme à la charge, à l'exception qu'elles n'iront pas d'un même cœur.» (Arch. de la guerre, armée du Nord, reg. du général D'Avaine, pièce n" 79-)

''' Le 47 octobre 1798 le représentau Isoré écrivit au général D'Avaine ( copie cer tifiée par D'Avaine, arch. de la guerre, armée du Nord) : itJe regarde Menin, comme l'a bien écrit le général Jourdan, un point bien important, et â tel prix que ce soit il faut le garder. L'ennemi est disposé a faire son possible pour nous forcer à évacuer Menin pour conserver Courtrai. Il parait que Courtrai est le repaire des ressources de l'ennemi . . . Vandamme va bien ; les autres iront bien sur la gauche. Arrangezvous pour Ypres. Si l'ennemi est inquiété sur Courtrai, vous en profiterez. Il y a un bataillon de vieille troupe à Saint-Venant. Demandez-le, si vous le jugez à propos, n — Isoré suspendit de ses fonctions le général D'Avaine le 29 octobre.

420 CORRESPONDANCE GÉNÉRALE DE CARNOT. [27 oct. 1798.]

chais à appeler un instant Jes reg'ards sur moi , je dirais qu'aucune occasion ne s'est montrée où je n'aie prêché d'exemple , dans les circonstances les plus périlleuses. Quant à la partie de votre lettre, qui paraît me dicter la conduite que j'aurais eue à tenir pour profiter de la retraite de l'ennemi , tout me porte à croire qu'on vous a induit en erreur sur la manière dont cette retraite devait militairement s'opérer. L'ennemi n'a j)as manqué de faire filer ses équipages et son artillerie de position en tête de ses colonnes ; il a , avec raison , profité de la nuit et du brouillard pour passer la Sambre. Cette marche s'est effectuée à deux lieues au-dessus et au-dessous de Maubeuge , ayant toujours laissé ses avant-postes pour masquer sa retraite. Je n'ai pu être instruit qu'à six heures et demie du matin par des déserteurs qui m'ont donné les premiers renseignements. Je me suis empressé d'envoyer de fortes découvertes et faire sortir de fortes colonnes pour profiter des avantages que l'ennemi eût pu m'offrir. Voici ma conduite. Je provoque ma censure de tous les hommes qui sont à portée de la juger.

Nommé au généralat, que je n'ai jamais brigué, ce ne peut être que la confiance nationale qui m'y a appelé. Si la nation m'en croit encore digne, ce sera toujours avec regret que j'apprendrai l'opinion désavantageuse de mes frères les porte-gibernes et celle de leur organe sur mes dispositions militaires '').

Le général de division, Ferrand.

Quant aux dix ou douze mille hommes que vous mettez si gracieusement à ma disposition , vous n'avez pas sans doute consulté les états de situation que je vous ai fait passer. Vous y auriez vu que je n'ai jamais eu plus de treize à quatorze mille hommes en activité de service et portant les armes , tant dans la ville que dans le camp retranché, et que, d'après cela, il devenait impossible d'exécuter des projets qui sont si faciles à combiner de loin.

(Orig. , Arch. de ia guerre, armée du Nord.)

('' Le représentant Henlz écrivit de .Maubeuge, le 39 octobre, au Comité : » Gardez-vous bien de suspendre Ferrand : c'est un excellent divisionnaire et un patriote infaillible. Deux fois pendant le blocus il a tenté des sorties. Elles ont mal réussi, parce que les autres généraux, qui avaient vendu la ville , rendaient la bravoure nulle. Ferrand n'est pas fait pour diriger ni un plan de campagne, ni une bataille, mais il dirigera une division et il ne mourra qu'à la tète d'une division. Jourdan en est content, et on lui ôterait un moyen en

l'olant, car il y a disette de généraux. 1 (Cf. Aulard, VIII, loa.) — Jacques Ferrand, porte - drapeau au commencement de la Révolution, après vingt-quatre ans de services, avait eu dès lors un avancement très rapide. Élevé du grade de chef de bataillon à celui de général de brigade par les représentants le 6 août 1793, investi, le 2 3 septembre, du commandement en chef de l'armée des .\rdenncs, il semble qu'il ait justifié le jugement qu'en porte Hentï, car il ne fut mis à la retraite qu'en 1796.

fm

VILLE-AFFRANCHIE (lYOn), 6 BRUMAIIIE AN II (27 OCTOBRE 1793). LE GÉNÉRAL EN CHEF DOPPET '" AU COMITE DE SALUT PUBLIC.

Quartier général de Ville-Affranchie, le 6 du a' mois de l'an 11 de la République.

AMSDBE DOPPBT, GBKEKAL EN CHEF DE L'ARMEE DES ALPES iO COUné DE SALVT PVBLIC DE LA COUrBNTlOll KATIOSALB.

Citoyens représentants ,

J'ai reçu ce malin l'ordre de me porter contre les tyrans et les esclaves de Toulon '■'K Je ne négligerai rien pour me rendre digne de la confiance de la République. Je sais où est mon poste d'après vos ordres. Les murs de la cité des plus insolemment rebelles tomberont sous les bras républicains. Je vous préviens cependant qu'ayant donné les ordres les plus précis pour y porter des forces,

'') Amédée Doppet, né à Lémens (Savoie) le 18 mars 1753, et non à Chaml)éry, comme il le dit par erreur dans ses Mémoire!, fils d'un fabricant cirier, enrôlé au régiment du commissaire général de la cavalerie en 1770, fusilier au régiment des gardes françaises le 10 mai 1771 , congédié le là avril 1778, docteur en médecine de l'Université de Turin, sous-oflicier dans la garde nationale de Grenoble le 1" avril 1 790 et membre de la Société des Amis de la Constitution de celte ville, secrétaire d'AuLert Dubayet à Paris en septembre J791 , membre de la Société des Amis de la Constitution en octobre 1791 et de celle des Cordelicrs, grenadier dans le l>ataillon de Saint-Roch de la garde nationale soldée le ag mars 1 79a , congédié le 7 juin suivant, réclame, le 3i juillet 179a, la création de la légion des Allobroges, dont il est nommé lieulenant-coloncl le i3 août suivant, député de Chambéry pour opérer la réunion de la Savoie à la France le lit octobre 179a, chef de brigade le 9 août 1793 et général de brigade à l'armée des Alpes le 1 9 du même mois , général de division et commandant en chef l'armée des Alpes le II septembre 1793, général en chef de l'armée des Pyrénées orientales le i3 brumaire an 11 (3 novembre 1793), employé à cette armée comme divisionnaire

le 3o frimaire an 11 (ao décembre 1793), destitué le 16 pluviôse an m (4 février 1795), réintégré le a frimaire an iv(3 3 novembre 1793), agent du gouvernement dans les départements de la Moselle, de la Meurthe et des Vosges, du i" frimaire au 1" floréal an iv (a a novembre 1796 au ao ami 1 796) admis au traitement de réforme le 1 7 brumaire an vi ( 7 novembre 1797), député du Mont-Blanc au Conseil des Cinq-Cents le a /i germinal an vi ( 1 3 avril 1798), sorti du Conseil par suite de l'annulation de son élection le a a floréal an vi ( 1 1 mai 1798), retiré aux environs de Grenoble, mort à Aix-les-Bains (Savoie) en 1800. Le général Doppet a laisse plusieurs ouvrages , parmi lesquels des Mémoire» politique» et militairet, publiés de son vivant à Carouge en 1 797 et réimprimés dans la collection Baudouin.

<*) Doppet était arrivé devant Lyon le a6 septembre 1798, et il était entré dans cette ville le 9 octobre. (Cf. Mémoires folitiquei et militairet du général Doppet , p. 183 et 195.)

'') Par arrêté du Comité de salut public, en date du a3 octobre 1793 (cf. Aulard, Vil, 584), qui était parvenu le 97 à Doppet par un courrier extraordinaire et accompagné d'une lettre de Boucholte. (Cf.

Mémoiret, p. aoa.)

CORRESPONDANCE GÉNÉRALE DE CARNOT. [38 oct. 1798.]

qu'y en ayant déjà porte, j'en attendrai la réunion. J'aime à frapper, lorsque je suis sûr de ne pas compromettre la patrie. Je suis bien maitre de ma vie , mais je dois compte de son sang au peuple souverain.

Dès que je reçus hier votre dépêche au sujet du triomphe des armées de la République dans la Vendée , je la fis aussitôt porter à l'imprimeur. Il importe , comme vous l'avez senti , d'instruire du sort qui partout attend les rebelles , car les aristocrates ont toujours soin de prêcher l'existence d'une Vendée , avant qu'elle existe réellement. C'est par des contes gigantesques qu'ils entraînent les faibles dans leur parti. Ainsi, en publiant l'extinction de la Vendée, on étouflFera tous ceux qui auraient dessein de bâtir des nids de contre-révolutionnaires.

J'ai aussi fait imprimer pour l'armée des calendriers répubUcains. J'ai cru devoir dans une instruction prouver à mes frères d'armes que ce changement était des plus nécessaires.

Je vous adresse enfin un exemplaire de tout ce que j'ai cru propre à éclairer l'armée.

Le citoyen Albitte ''' est ici. Nous avons travaillé et nous travaillons jusqu'à l'heure de mon départ à Élire partir les moyens qui doivent nous faire terminer avec Toulon.

Vive la République , une , indivisible et démocratique ! ( Orig. aut. , Arch. de la gaerre , armée du siège de Lyon. )

DoP

117. PARIS, '7 BRUMAIRE AN II ( 9 8 OCTOBRE l^gS)''^'. LE COMITÉ DE SALtT PUBLIC AU GÉNÉRAL D'AVAINE.

Paris, le 7 du 2° mois de l'an 11 de la République une et indivisible.

IBS REPRESENTANTS DD PEUPLE , COMPOSANT LE COMITE DE SALUT PUBLIC, AV GÉNÉRAL DE DIVISION D'AVAINE, AV QUARTIER GÉNÉRAL DE CASSEL.

Le Comité jde salut public , citoyen général , applaudit aux avantages que votre division a remportés sur les ennemis ''' : il accepte avec em-

'■' Antoine-Louis Albitte, né à Dieppe le 3o décembre 1761 , homme de loi, député de la Seine-Inférieure à l'Assemblée législative et à la Convention , mort à Rossiéné (Pologne) le a 5 décembre 181a. Il avait été envoyé à Lyon le 18 octobre 1798. (Cf. Aulard, VII, û8o.)

'*' Carnot est présent à la séance du Comité. (Cf. Aulard, Vlll, 74.)

''' Cette lettre répond à une lettre du général D'A vaine au général Jourdan , transmise par ce dernier au Comité de salut public le 4 brumaire an 11 (a5 octobre 1798), et dont voici le principal passage :

tt Je m'empresse , général , de vous rendre compte de nos opérations. La ligne des troupes que je commande depuis Arieux jusqu'à la mer avance sur un front également

[aSocT. 1793.] CORRESPONDANCE MILITAIRE DU COMITÉ. 423

pressement l'augure des nouveaux succès que vous lui faites espérer. Néanmoins il croit devoir vous faire observer que vos forces lui paraissent beaucoup trop morcelées. Il est temps de songer à frapper des coups décisifs, et pour cela il faut agir en masse; il faut d'abord disperser l'armée ennemie, la mettre en déroute, la désorganiser, et ensuite toutes ses places, tous ses postes tomberont et se replieront d'eux-mêmes. Ce n'est pas que le Comité désire que vous cherchiez à livrer bataille sans nécessité, mais il voudrait que vous prissiez des positions qui le forçassent à évacuer le territoire de la République. Si, au lieu de disséminer les forces , par exemple on les réunissait pour enlever Tournai ou le camp de Maulde, si on se plaçait de manière à intercepter les subsistances qu'il est obligé de tirer de son pays , si l'on brûlait ses grands magasins, il faudrait bien qu'il évacuât les places qu'il occupe. Une seule victoire de ce genre supplée et entraîne toutes les autres; elle fait plus que toutes les actions de détail. II ne faut point se piquer de battre les ennemis dans ses différents postes, à forces égales ou inférieures. C'est un honneur chevaleresque qui ne convient point à notre système , et avec le faux honneur on perpétue la guerre à l'infini. Il faut, au contraire, chercher l'art d'attaquer toujours l'ennemi où il est faible, et avec une supériorité de forces telle que la victoire ne puisse jamais être douteuse. C'est ainsi que vous le forcerez successivement sur tous les points et que vous lui ôterez l'envie de reparaître. Le général Jourdan veut cerner l'ennemi, l'envelopper.

vainqueur partout depuis Marchieiines juisqu'à Furnes. Hier au matin , Wervicq a été forcé après quelque résistance. Les mêmes troupes ont fait l'attaque de Menin sur les derrières, tandis qu'une autre colonne faisait l'attaque de Thuin. Ce poste a été force après une résistance opiniâtre. Mais que ne peuvent pas des soldats républicains? Nous y avons pris sept pièces de canon , fait 5oo prisonniers. Nous nous sommes également rendus maîtres du village de Vlamertinghe entre Ypres et Poperinghc.

Nous leur avons tué, à Poperinghe, ime quarantaine d'hommes, entre autres un oflicier supérieur de la cavalerie liessobe, un autre bless<5 et fait prisonnier avec sept ou huit autres blessés. Nous n'avons eu dans cette affaire aucun mort et seulement cinq

ou six de blessés légèrement. On a pris hier à midi la ville de Furnes, qui était gardée, ainsi que ses ouvrages externes, par trois mille hommes. L'attaque a commencé à cinq heures du matin. Il ne nous a pas été possible de nous saisir de quelques-unes de leurs pièces ; ils les ont fait évacuer avant de (piitter la place. Nous leur avons fait une soixantaine de prisonniers. Une partie de nos troupes les ont poursuivis, la baïonnette aux reins. Je ne puis pas encore vous dire combien ils nous en auront tué ou fait prisonniers. Ce matin, nous devons attaquer la ville de Nieuport et après cette conquête nous porter sur Ostende ...» (Copie certifiée par le général Jourdan, Arch. de la guerre, armée du Nord. )

424 CORRESPONDANCE GÉNÉRALE DE CARNOT. [98 oct. 179.3.]

l'enfermer dans les lieux qu'il a envahis. Secondez -le, en tâchant d'opérer avec lui une jonction qui sépare l'ennemi de ses magasins; en un mot, tirez des garnisons tout ce qui est disponible, serrez-vous et agissez en masse, en réduisant néanmoins, autant que vous le pourrez, la guerre à des affaires de poste. Le Comité a cru devoir vous faire connaître directement ses intentions à ce sujet, persuadé du z(Me qui vous anime et de vos talents militaires '•'.

A expédier : Carnot.

(Minute aut. , Arch. de la guerre, armée du Nord, la famille Carnot.)

Reg. de correspondance , archives de

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