‹ Correspondance générale, 1792-95. Publiée avec des notes historiques et biographiquesChapitre 167 sur 191 · CARRIER ET PINET, REPRÉSENTANTS DU PEUPLE PRÈS L'ARMEE DE L'OUEST · texte numérisé non relu

CARRIER ET PINET, REPRÉSENTANTS DU PEUPLE PRÈS L'ARMEE DE L'OUEST

Analyse. — Envoi d'un arrêté donnant aux citoyens Vauquelin '^' et

'■' Le 37 octobre, veille du jour où le Comité écrivait celte lettre au général D'Avaine, celui-ci avait été suspendu de 6es fonctions et mis en arrestation par l'arrêté suivant du représentant Duquesnoy, daté de Beaumont (Arch. de la guerre, reg. XI il», pièce n° yS) :

«Le représentant du peuple Duquesnoy, informé que le générai de division D'Avaine, au lieu de faire exécuter les ordres du général en chef dans l'exécution qui devait avoir lieu dans la Flandre maritime , y a mis, soit par mauvaise foi ou ineptie, des entraves très préjudiciables aux succès des armées de la République, arrête que le général D'Avaine est suspendu de ses fonctions, qu'il sera mis en état d'arrestation et conduit dans la ville d'Arras, que le général de division Souham prendra provisoirement le commandement des troupes depuis Dunkerque jusqu'à Douai.»

Duquesnoy transmit son arrêté au Comité le a8. (Arch. de la guerre, corr. gén., analyse. ) Jourdan s'était plaint de la con-

duite du général D'Avaine, qui entravait toutes ses opérations, et il avait écrit de Maubeuge, le 26 octobre, à celui-ci pour lui reprocher de ne pas avoir commandé en personne l'expédition sur Ypres. (Arch. de la guerre, reg. XI Us, pièce n° 63.). Le général Souham, à qui D'Avaine avait demandé des secours, attribuait aux lenteurs de son collègue i'insuccès de son expédition en Belgique (lettres des a3, a 4 et a 6 octobre à D'Avaine, et des aS, a 4 et a 8 octobre à Jourdan, Arch. de la guerre, reg. XV iis)et l'évacuation de Menin (ordre au général Macdonald du 37 octobre, Arch. de la guerre, id.) On pourra voir la défense du général D'Avaine dans sa lettre adressée au Comité le 3o octobre et publiée à la page 487.

>" Nicolas-Louis Vauquelin, né à Salnt- André-d'Hébertot (Calvados) le 16 mai 1768, chimiste, membre de la 1" classe de l'Institut le 18 décembre 1795, mort à Saint- André -d'Hébertot le i4 novembre

[a8 ocT. 1793.] CORRESPONDANCE MILITAIRE DU COMITÉ. 425

Jacotot "* une commission pour l'exploitation des salpêtres dans le département d'Indre-et-Loire ''^'. « Ce département est une riche mine de salpêtre, qu'il est important d'exploiter avec la plus grande vigueur. Préparons aux braves défenseurs de la République toute la poudre exterminatrice qui peut être nécessaire à leur valeur. Il faut, collègues, que vous brisiez tous les obstacles que la malveillance ou le modérantisme pourraient apporter aux travaux du salpêtre, que tout ce qui se trouve salpêtre passe par la chaudière, que toutes les administrations concourent à cette œuvre, que tout fléchisse devant le besoin le plus impérieux de la République. »

(Orig. sig. par Carnol et C.-A Prieur, Arcli. nat., AF 11371. — Publié par Aulard, VIII, 78.)

ÉTREUX, 7 BRUMAIRE AN II (sS OCTOBRE 1793). LE GENERAL BELAIR

AU COMITÉ DE SALUT PUBLIC

Analyse. — Envoi de la copie de sa lettre à Jourdan sur les avantages remportas par ses troupes ''' : frNos braves frères d'armes ont terni leurs triomphes par des pillages indignes de républicains. J'ai cependant toujours recommandé, soit à l'ordre, soit de vive voix, de respecter les propriétés, mais, quoi qu'on fasse, il est difficile d'arrêter ia fougue de braves patriotes qui se permettent d'autant plus

'" Joseph Jacolot, né à Dijon le h mars 1770, avocat et professeur, capitaine d'artillerie du bataillon de la Côte -d'Or en 1 79a , attache au bureau central des poudres et salpêtres en 1798, créateur de la méthode d'enseignement philosophique qui porte son nom , mort à Paris le 3o juillet 18&0.

'" L'arrêté était du ai octobre 1798 et conférait à Vauquelin et à Jacotot le titre de «commissaires du Comité de salut public pour l'exploitation des salpêtres.» (Cf. Aulard, VII, 601.)

(" Le général Belair avait en effet écrit de Catillou-sur-Samhre, le 6 brumaire an II (37 octobre 1793), à Jourdan pour l'avertir que ses braves républicains avaient été faire une pointe jusqu'au delà du Ca-

tcau-Cambrésis. itLes habitants du Caieau ont tiré comme les Autrichiens sur les soldats de la République; il a fallu repousser la force par la force, de manière que quelques boulets ont porté sur le Gâteau. Les ennemis en ont été chassés, le feu y a été rais, et les Autrichiens, pour favoriser leur retraite, ainsi que la fuite de» infâmes qui ont tiré sur leurs concitoyens, ont commis ce nouveau crime. Je vous instruis à l'instant d'un événement qui présente l'idée d'un malheur, mais il tombe sur des cou|)ables. Ainsi il ne diminue pas la satisfaction que donne un notable avantage obtenu par la rare valeur des troupes de la République. . . » (Copie certifiée conforme par Belair, Arch. de la guerre, armée du Nord.)

426 CORRESPONDANCE GÉNÉRALE DE CARNOT. [28 oct. 1798.]

qu'ils regardent, et ce n'est pas sans fondement, le Cateau comme un foyer de contre-révolution et le refuge impur d'une horde de prêtres réfractaires. »

(Orig. aut. , Arch. delà guerre, armée du Nord. )

PARIS, 7 BRUMAIRE AN II (98 OCTOBRE lygS). LE MINISTRE DE LA GUERRE BOUCHOTTE À SAINT-JUST.

Sitôt votre lettre reçue, j'ai élé au Comité, qui en avait également une des vôtres; il a été résolu de vous envoyer promptement les douze bataillons demandés , et j'ai fait partir des courriers pour Besançon et l'armée de la Moselle, comme les points les plus rapprochés du Rhin. Des sabres , mousquetons , pistolets et selles seront versés dans ?es dépôts des troupes à cheval du Rhin et de la Moselle pour vous donner les moyens de ramasser les deux mille hommes de cavalerie que vous désirez. Les chevaux de Bourdon et Vesoul sont aussi à votre disposition ; envoyez l'ordre de les verser dans les dépôts du Rhin ou même dans les régiments, si cette mesure était encore plus expéditive. Gardez sur toutes choses les passages de Saverne et de Phalsbourg; vous savez que je vous en ai prévenu à votre départ, pour empêcher l'envahissement du département de la Meurthe et qu'on ne vienne prendre à revers les postes de la Moselle. Saverne recevra six bataillons de la Moselle; huit viendront du côté de Besançon. 11 me semble que cette nouvelle mesure peut retarder l'exécution de l'arrêté du Comité de salut pubHc pour effectuer un rassemblement à Bouquenom et Saarwerden. Le but ne peut changer : <;'est de délivrer Bitche , Landau et le Bas-Rhin. Il y a déjà six bataillons de la Moselle à Saverne; ainsi, avec les six que je viens de demander, cela remplira votre objet d'en avoir douze. Pichegru vous communiquera ma lettre. Les affaires vont assez bien dans le Nord , les Alpes , les Pyrénées. Il y a Toulon et la trouée des rebelles au delà de la Loire, mais l'on viendra à bout de tout.

(Arch. de ]a guerre, nrmce du Rhin , reg. 47, p. a5.)

PARIS, 7 BRUMAIRE AN II ( 2 8 OCTOBRE 1798). LE MINISTRE DE LA GUERRE BOUCHOTTE AU GÉNÉRAL PICHEGRU.

Je vous préviens , général , que le Comité de salut public vient de me prescrire de feire passer douze bataillons de renfort à l'armée du Rhin; s'il est possible vous en aurez quatorze. J'envoie des ordres à Besançon pour faire partir huit bataillons pris dans la garnison , les départements du Doubs et de la Haute-Saône. Le général en chef de l'armée de la Moselle doit en envoyer six à renforcer le poste de Saverne; vous pouvez tirer des garnisons et cantonnements du Haut-

faSocT. 179.3.] CORRESPONDANCE MILITAIRE DU COMITÉ. 427

Rhin; je présume (jiie l'enneini ne peut pas être maître partout, que le passage du Rhin est toujours une chose difficile et qu'on connaît à l'avance , quand on est sur ses gai-des, et qu'en donnant de l'activitd à la partie secrète, vous serez toujours averti à temps de ce qui devra se passer. Des ordres sont donnés pour verser dans les dépôts de troupes à cheval , des sahres , pistolets , mousquetons et selles. Envoyez ordre à Vesoul de verser les chevaux en état dans les dépôts de l'armée du Rhin; vous avez un passage bien important à garder, celui de Saverne. Cette disposition semble retarder un peu l'exécution de la mesure prescrite par le Comité pour effectuer un rassemblement à Rouquenom , mais le but n'est pas changé ; il s'agit toujours de délivrer Bitche et Landau, et de faire évacuer le Bas-Rhin. Concertez-vous avec le citoyen Saint-Just , qui a de l'énergie , des expédients dans la t^te et les meilleures intentions. Les affaires vont bien jusqu'à présent au Nord, ainsi que dans plusieurs autres parties de la République. Si le Rhin est un peu souffrant , les patriotes assurent (pie nous aurons bientôt le dessus par la valeur de nos soldats et les services des bons représentants et généraux.

(Areh. de ia goerre, année du Rhin , reg. &7, p. al.)

SCHILTIGHEIM , 7 BRUMAIRE AN II (a8 OCTOBRE lygS). L'ADJCDANT GENERAL DEHONT AU COMITE DE SALUT PUBLIC.

Analyse. — Dans l'attaque de ia forêt qui se trouve en avant de Reichstett, les ennemis ont d'abord fait plier nos troupes , mais nous avons bientôt repris ce poste. L'avant-garde, placée au village de Wantzenau, a été surprise le a 6 octobre et s'est retirée précipitamment, abandonnant six pièces de canon. Le lendemain 97, il y a eu une forte canonnade proche le village d'Eckwersheira. ff II parait que nos ennemis , après avoir échoué dans leurs tentatives sur les gorges de Saverne , cherchent à se glisser entre le Rhin et notre droite , afin d'ôter à notre armée cet excellent point d'appui et de communiquer facilement par là avec un pont de bateaux qu'ils feraient indubitablement construire sur ce fleuve. »

(Orig., Areh. de la guerre, année da Rhin. )

PARIS, 7 BRUMAIRE AN II (38 OCTOBRE iyg3). lE MINISTRE DE LA GUERRE BOUCHOTTE AU GÉNÉRAL HOCHE.

AV GBNSRAL BOCBE.

J'ai reçu la lettre par laquelle vous m'annoncez que vous partez pour vous rendre au poste où la confiance du Comité de salut pubUc et du Conseil exécutif vous a appelé. Vous avez l'envie de bien faire. Vous ne pensez qu'à la chose pu-

428 CORRESPONDANCE GÉNÉRALE DE CARNOT. [98 ocr. 1793.]

bliqiie , sans considdrer votre personne ; avec ces sentiments vous ferez bien , car, après la maiveiiiance de diverses aristocraties, c'est i'ëgoïsme et l'intrigue qui nous font le plus de mal. Le Comité de salut public vient de me prescrire de faire passer des renforts à l'armée du Rhin. Les tentatives, que l'ennemi a faites sur les gorges de Saverne, annoncent que c'est de ce côté qu'il faut les diriger. Prenez les mesures nécessaires , après avoir conféré avec les représentants , pour envoyer six bataillons avec un général de brigade bon sans-culotte, à Saverne. Il est possible de tirer ce secours des garnisons comprises dans l'armée de la Moselle, ainsi que des bataillons de réquisition des départements des Vosges, de la Moselle, de la Meurthe et de la Meuse. Enfin vous choisirez les endroits où l'esprit est le meilleur, et où ils sont le mieux armés. Il convient d'envoyer à l'avance quelqu'un pour faire préparer l'étape et annoncer leur arrivée.

Donnez aussi des ordres aux dépôts de troupes à cheval de l'armée de la Moselle d'envoyer le plus qu'ils pourront d'hommes à cheval grossir les corps de l'armée du Rhin, qui a grand besoin de cavalerie. Les dépôts vont recevoir des sabres et des pistolets incessamment. Voilà les mesures les plus instantes dans le moment. Elles ne contrarient pas les premières arrêtées par le Comité de salut public, pour un rassemblement à Bouquenom et Saarwerden, qui peut-être sera long; au contraire, elles assurent l'opération en maintenant la communication entre les départements du Rhin et ceux de la Meurthe et de la Moselle , et empêchent l'ennemi de s'en emparer et d'aller prendre à revers les postes de la Moselle. Si vous aviez besoin de quelques bataillons des Ardennes en remplacement , écrivez-en au représentant Hentz , qui fera certainement de son mieux pour nous seconder. Si vous pouviez envoyer l'un des régiments de carabiniers à l'armée du Rhin , ce serait une mesure bien utile.

(Arch. de ia guerre, armée du Rhin, reg. It-j, p. i4 \°.)

119. PARIS, 8 BRUMAIRE AN II ( 9 y OCTOBRE lygS)'''. LE COMITÉ DE SALUT PUBLIC AU MINISTRE DES AFFAIRES ETRANGERES DEFORGUES.

Paris, 8 a° mois, a' année de la République.

lE COMITÉ DE SA LUT PUBLIC AU MllVlSTBE DES AFFAIRES ÈTRAXGÈRES.

Le Comit(5, citoyen ministre, a reçu vos observations sur le navire hambourgeois la Christine, retenu à Dunkerque par ordre d'un repr(5-

'') Carnot assiste à la séance du Comité des Côtes de Cherbourg d'envoyer le plus

(cf. Aulard, VIII, 90). 11 écrit quatre ar- de troupes possible au général Rossignol.

rétés : ) ° Pouvoir exclusif confié à un des — 3° Ordre de mise en liberté du général

deux comités de surveillance qui existaient à Declayc. — U° Destitution de De Launay,

Pont-à-Mousson et se faisaient concurrence. général en chef provisoire de l'armée de la

— a° Ordre au général en chef de l'armée Moselle.

[agocT. 1793.] CORRESPONDANCE MILITAIRE DU COMITÉ. 429

sentant du peupie'". Ce représentant se fût rendu blâmable si, con-

i'I Michel-Alexis La Flotte, accrédité en France comme résident par les villes hanséatiques de Liibcct , Brème et Hambourg , depuis février 1786, démissionnaire depuis le 6 mars 1798, avait écrit au ministre des affaires étrangères, le 4 octobre 1 798 , pour lui exposer les faits suivants remontant au mois de juillet précédent :

l.e navire liambourgeois la Christine, capitaine Tude-Lolling, naviguant sous pavillon et lettres de mer de la ville de Hambourg, arriva à Dunkerque le t3 juillet. Après une vente publique de son chargement et après avoir acheté des denrées, il allait repartir le 3o juillet, quand le citoyen Camot s'y opposa, en se fondant sur le décret du a 8 juillet dernier, qui comprenait les sucres dans les objets de première nécessite, ir Or le capitaine hambourgeois n'a pu croire que la Convention ait entendu donner à son décret un effet rétroactif; il prouvera que ses achats ont été faits et même embarqués avant l'époque du décret prohibitif, qui d'ailleurs n'était point encore connu à Dunkerque et ne pouvait avoir force de loi qu'après sa proumlgation.B La Flotte demandait donc, en terminant, au nom du droit des gens, la levée de l'embargo. (Copie certifiée par le ministre Dcforgues, Arch. des affaires étrangères, Hambourg, t. 108, p. i5o.)

Le ai octobre 1798, le ministre des affaires étrangères Deforgues transmit la lettre de La Flotte au Comité et l'accompagna des observations suivantes ( Orig. , Arcb. des affaire» étrangères, Hambourg, t. 108, p. i48):

«Pari», le 3o* jour du i" mois de l'an u de la Itëpublique uuc et indivisible.

Le miniilre de» affaires étrangère» aux représentant» du peuple membre» du Comité

<rLe citoyen La Flotte, ci-devant résident des villes hanséatiques , m'a remis, citoyens représentants, une réclamation en faveur du navire hambourgcois Itt Christine, qui a apporté à Dunkerque et vendu dans

ce port un chargement de savon et de charbon. Je joins ici une copie de sa lettre. Vous y verrez que ce navire , ayant chargé en retour du rhum, thé, sucre, café, tabac fabriqué, côtes de tabac, etc., fut retenu à Dunkerque par l'ordre du citoyen Carnot, représentant du peuple, envoyé au département du Nord. Comme l'embargo a été ordonné par un représentant du peuple, je ne puis que m'en rapporter à ce que vous déciderez à ce sujet.

«Le décret du 16 août dernier déclare vaisseaux ennemis tous ceux qui appartiennent aux puissances allemandes qui ont voix délibérative à la diète de Ralisbonne. Hambourg a, comme ville impériale, voix et séance sur le banc du Rhin. Ainsi, d'après la rigueur des principes , cette ville se trouve dans le cas de ce décret. Cependant je dois observer que tel est le vice de la Constitution germanique que le collège des Villes impériales à la diète n'est point admis à la conférence des collèges électoral et des princes et, quel que puisse être son avis sur une proposition mise en délibération, il n'est compté pour rien et l'affaire passe en résultat de l'Empire conformément à l'avis des deux collèges supérieurs. Ainsi dans le principe la ville de Hambourg et les aulres villes libres et impériales n'ont rien coniribué à la déclaration de guerre de l'Empire, et on ne peut les regarder que comme des êtres absolument passifs.

irj'ai cru devoir, citoyens représentants, vous faire part de cette observation alin que, dans l'examen de la réclamation que je soumets à votre décision, vous puissiez y avoir l'égard que vous jugerez convenable à l'intérêt de la République.

(t Le ministre des affaire» étrangère» , «Defobgues.»

Comme il s'agissait d'un acte accompli par Carnot pendant sa mission dans le déirarteinont du .Nord, ses collègues le chargèrent de rédiger la réponse.

naissant la loi sur les accaparements , il eût souffert qu'elle fût éludée sous prétexte qu'elle n'était pas encore officiellement connue dans le lieu où il était, pouvant lui-même la promulguer. Les arrêtés des représentants du peuple ont force de loi provisoire, à plus forte raison peuvent-ils faire exécuter ses décrets dès l'instant qu'ils en connaissent la teneur. Personne n'ignore que l'avidité et l'impatriotisme avaient porté beaucoup de négociants des ports à saisir l'intervalle entre la connaissance qu'ils ont eue de la loi sur les accaparements par les journaux et sa publication pour en violer les dispositions salutaires, et l'on ne peut qu'applaudir au zèle des représentants du peuple qui ont prévenu par leur fermeté cet effet de la malveillance. Des subterfuges diplomatiques ne peuvent vous autoriser à hésiter sur l'exécution pleine et entière de la loi qui défend l'exportation des denrées de première nécessité.

A expédier : Carnot.

(Minute autographe de Carnot, Arch. des affaires étrangères, Hamlwurg, t. CVill, p. i6a.)

PARIS, 8 BRUMAIRE AN II (99 OCTOBRE 1793). LE MINISTRE DE LA GUERRE BOUCHOTTE AU COMITE DE SALUT PUBLIC.

Analyse. — Envoi de la copie de la lettre du gênerai Souham, du 4 brumaire (a5 octobre), annonçant que le camp de Gysoing est levé, que l'ennemi s'est replié sur Tournai et que le général Macdonald a forcé Wevelghem.

(Orig. , Arch. de la guerre, armée du Nord.)

BEACMONT, 8 BRUMAIRE AN II (sg OCTOBRE 1793). LE GÉNÉRAL JOURDAN À CARNOT.

Beaumont, le ag octobre 1793, l'an 11 de ia République.

Page 1