AU REPRÉSESTANT DU PEUPLE CARNOT ^^K
Ma position , citoyen représentant , est délicate ; je vais vous faire part de mes opérations , de ma situation et de celle de l'ennemi.
''' Jourdan s'adressait en cette circonstance à Carnot personnellement , au lieu d'écrire , comme d'ordinaire , au Comité de salut public.
Vous savez qu'après les affaires des 1 5 et 16 courant , vieiu style , l'ennemi s'est réuni en masse depuis Sassegnies jusqu'à Merbes-le-Château sur la rive gauche de la Sambre ; que nous manquions de munitions ''' et que les ennemis avaient fait des ouvrages immenses entre Maubeuge et Avesnes , qu'il était essentiel de détruire. J'ai donc demandé des munitions de toute part, qui nous sont arrivées peu à peu. J'ai fait des réquisitions pour la destruction des ouvrages et j'ai vu avec peine que les citoyens n'y ont pas porté toute l'ardeur qu'ils auraient dû. Enfin j'attendais le résultat de l'expédition de la Flandi-e maritime , qui aurait dû avoir lieu en même temps que la nôtre et qui a été singulièrement retardée par la lenteur qu'y a mis le général D'A vaine , et qui cependant devait opérer une diversion dans les troupes ennemies'*'. D'après toutes ces considérations , je ne pouvais pas agir dans le moment. Il a fallu être en mesure. Aussitôt que j'ai eu des munitions , j'ai donné des ordres à la division du général Duquesnoy et à celles des Ardennes de partir pour Beaumont. Cet ordre a été exécuté le ao. J'ai reçu le même jour une lettre du général D'A vaine , ([ui avait fait de beaux projets mais il m'annonçait n'avoir rien exécuté. Je lui témoignais mon mécontentement
W L'armée ne manquait pas seulement de munitions de guerre, mais aussi de bouche. L'adjudant (jénéral Rivaud ( futur général Rivaud de la Raffinière), chef d'élat-major de Jourdan , écrivait à celuici de Beaumont, le 3 o octobre 1798, que, malgré tous ses soins, il ne pouvait donner aux soldats qu'un jour de vivres au lieu de deux, ffje présume, dit-il, que le soldat va crier : ce ne sera pas sans raison, n (Orig. , Arch. de la guerre, armée du Nord.)
'') Le ag octobre 1798, le général Jourdan écrivait à ce sujet au représentant Isoré ( Arch. de la guerre , reg. de Jourdan , 1 a-4'i, p. 101) :
ffJ'ai enragé tout comme vous, citoyen représentant, de voir le général D'Avaine délibérer sur les ordres que je lui avais donnés et de voir ce général tranquillement à Cassel , tandis que ses camarades se battaient. Je ne le connais point, mais sa correspondance et sa conduite m'ont fait croire qu'il n'était point en état de conduire une opération aussi importante que celle dont il était chargé. J'ai , suivant mon usage, tout communiqué aux représentants du peuple, et le citoyen Duquesnoy a cru devoir le suspendre et nommer le général Souham pour prendre le commandement
des troupes qui sont placées depuis la mer jusqu'à Douai. J'ai écrit à ce dernier, afin qu'il mette le plus grand ensemble dans ces opérations. J'espère qu'il répondra entièrement à la confiance que nous avons en lui. Je n'ai point fait de grands progrès depuis la levée du siège de Maubeuge.
L'ennemi lient une position respectable; cependant je m'approche peu i peu et j'espère sous peu de jours être maître de Charleroi.
(tSalut, fraternité.
kJodboar.»
Le représentant Isoré prit, en conséquence, un arrêté contre le général D'Avaine, mais, le 9 brumaire an 11 (3o octobre 179'i), les généraux Berlin, Filon, Romanet, Gougelol, Vandamrae et Moreau, l'adjudant général Grysperre, les officiers du génie Ruel Bellile et Henry lîeaulieu, réunis au quartier général de Cassel , déclarèrent les inculpations d'Isoré absolument dénuées de fondement , ajoutant que le général D'Avaine ne pouvait mettre plus de promptitude et d'exactitude dans les opérations qui avaient été décidées en conseil de guerre à Bergues le i3 octobre. (Copie certifiée par le général D'Avaine, Arch. de la guerre, armée du Nord.)
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et lui ordonnais d'agir, lorsque je me suis aperçu que l'ennemi faisait filer des troupes du c6té de Lille. J'ai fait passer à Beaumont la division du général Balland; j'ai fait renforcer la division des Ardennes de six bataillons et d'un régiment de dragons de la division de Maubeuge. J'ai aussi fait renforcer de i,ooo bommes le camp de Jenmont, occupé par la division de Maubeuge, et j'ai fait porter à celui de Bacbant par la division du général Cordellier. Je me suis rendu pour lors à Beaumont dans l'intention d'attaquer Thuin, mais les chemins, qui ne sont que des voies à l'usage des campagnards , ayant été abîmés par les pluies continuelles, et m'étant assuré par une reconnaissance qu'il serait trop dangereux d'attaquer l'ennemi de front, tant à cause des retrancbements et batteries qu'à cause des plaines immenses à traverser, j'ai été convaincu qu'il fallait abandonner ce projet. Je me suis donc décidé à dégarnir la Sambre , du côté de Landrecies , de trois bataillons. J'ai cbargé le général qui commande à Avesnes de garder avec ces trois bataillons et des détacbements des garnisons d'Avesnes et de Landrecies, les postes de Maroilles, de Noyeiles et Tiiisnières, et j'ai donné ordre à la division du général Fromentin de venir à Beaumont, de manière que mon projet est de laisser la division du général Cordellier à Bâchant, ce qui remplacera les six bataillons que j'ai pris pour renforcer la division des Ardennes et le camp de Jeumont, qui formera une division de l'armée active. J'y trouverai le double avantage de renforcer l'armée et de changer un peu la garnison de Maubeuge , qui en avait grand besoin.
Nos avant-postes sont déjà à Ham-sur-Heure et, aussitôt que la division du général Fromentin sera rendue ici, je dirigerai une colonne sur Cbarleroi, afin de tâcher de s'en emparer. Ce jioste est essentiel; nous ne pouvons rien faire sans l'occuper. L'ennemi est bien retranché de l'autre côté de la Sambre, depuis Merbes-le-Cliàteau jusqu'à Tbuin. Il y a toujours son camp de Bettignies et un camp à Berlaimont. Il y a un autre camp à Saint-Gérard, entre Sambre et Meuse, qui nous gène beaucoup, parce que ces troupes peuvent nous prendre en flanc. J'ai donné cependant des ordres au général Élie pour qu'il inquiète ce camp. J'ai pai-eillement à craindre, en passant la Sambre, que l'ennemi ne s'empare de Beaumont et ne coupe ma communication avec Maubeuge. Cependant il faut agir et j'agirai, mais avec précaution, car je perdrais avec bien du regret les ■ avantages que j'ai remportés sur l'ennemi.
Je vous avoue avec franchise que ma position est délicate. Je peux dire hardiment que j'ai beaucoup de bonne volonté et de courage , mais j'aurais besoin de conseil dans une opération. Je pense que personne ne peut m'en donner de meilleurs que vous. Venez donc à l'armée ; vous y serez plus utile à la République que partout ailleurs. Je vous attends avec impatience et vous rendrez un grand service à la République et à moi. J'ai prié le ministère de la guerre de communiquer au Comité de salut public la lettre que je lui ai écrite ce matin ; vous y verrez que le représentant du peuple Duquesnoy a suspendu le général D'Avaine , et que le général Souhani est ciiargé du conmiandenient de toutes les troupes, depuis la mer jusqu'à Douai. J'espère que le général Souham mettra plus d'ensemble dans ses opérations que D'Avaine, et que l'activité du premier réparera le tort que les
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lenteurs du second nous ont fait '''. La partie secrète est infiniment mai montée et je ne vois pas de moyens de l'améliorer; cependant vous savez combien il serait nécessaire. Plusieurs déserteurs m'ont dit que Goboiirg avait donné l'ordre , d'après la mort d'Antoinette, de ne point faire de prisonniers. Je lui ai écrit aujoui'dluii pour m'assurer de ses intentions et j'attends sa réponse pour fixer ma conduite.
JoURDAN.
(Arcb. Je la (;uLrre, reg. de Jourdiiu, i a-44, p. loa.)
BEAUMONT, 8 BRUMAIRE AN II [•?.() OCTOBRE 17y3). LE GÉnÉRAL JOURDAN AU HIMSTRE DE U GlERRE BOUCIIOTTE.
Au quartier général à Bcauniont en Belgique, te 8' jour du 3' mois de l'an 11 de la République une et indivisible.
LIS CITOrgy JOVRDAN , GÉmÉnAL EN CHEF DE L'ARMEE DU NORD, àV MIXISTKE DE LA hÉl'VBLlQVE.
Le général Relair et le citoyen Ollivier, (jui commande son avant-garde, m'ont prévenu qu'il s'est engagé une affaire entre les troupes de la Répub!i(pie <jui sont
''' Le ('éiK'ral Souliam refusa le commandement qui lui était donné et il écrivit à ce snjel , le g brumaire an it (3o octuhre 1 793 ) , la let Ire suivante au général Jourdan (copie, Arrli. de la giieiTe, année du Nord):
nMimi , le 9 brumaire an 11.
"Le ijénéi-al Souham , commandant la t" dititinn de l'année du Sord, au géné'al en clwj Jourdan.
«Je nens de recevoir à l'instant votre ordre et celui des représentants du peuple. Vous Me» trop mon ami et vous connais.sez troj) bien mes moyens pour persister à vouloir me confier un commandement aussi important. Envoyez-moi tous les ordres que vous croirez nécessaires; ma bonne volonté, mon zèle et mon palrioiLsme ne resteront point en arrière, mais je ferais bien peu de cas des inlércis de la République, si je me cbnr(;eais d'une responsaiiililc aussi pesante. Je vous assure
que s'il n'y eût pas ou de commandant en chef pour diriger notre dernière expédition nos affaires eussent marché d'un pas bien plus rapide. Donnez promptement un commandant de votre main à Casscl; il correspondrait avec Dunkcrque cl avec moi, et les opérations se feraient de concert. En attendant, je vais faire mettre à exécution les ordres relatifs à D'Avainc. Je laisse ici, pour commander en mon absence, le général Macdonald; il sera secondé par l'adjudant général Duvcrgcr; et moi je pars, accompagné de l'adjudant général lieynier, pour (Jassel, auquel je domierai le général Vandannno pour commandant provisoire, en allendant celui que vous aurez désigné dans votre sagesse.
(tJe persiste, mon cher général, dans mon refus et je dois, par cette conduite, acquérir dans votre esprit un nouveau degré d'eslime.
tfSoLllASI.n
IMfaiMEftlt iriTIOMALK,
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sous leurs ordres et celles de nos ennemis; que ces derniers ont été vivement repoussés jusqu'au delà du Câteau. Ces troupes occupent dans le moment présent Ponimereuil, Ors, Catillon; nos troupes se sont retranchées dans ces postes. La forêt de Nouvion, qu'on a eu soin de faire retrancher, leur servira de retraite en cas qu'ils fiissent attaqués par des forces supérieures. Le général Belair fait les plus grands éloges des soldats et officiers , et notamment du citoyen Ollivier qui commande son avant-garde.
Le citoyen Ollivier a fait arrêter un officier du -20' régiment de dragons, à qui il avait donné ordre de fouiller le Câteau , et qui , loin d'exécuter cet ordre , est revenu une heure après en criant : «Sauvons-nous, voilà l'ennemi! 71
J'ai reçu des nouvelles du général D'Avaine et du général Souham ; le premier m'écrit de Cassel où il a resté , dit-il , pour diriger sa correspondance ; il me prévient que le général Vandamme travaille à hrûler Nieuport; il se plaint de ce que le général Souham ne lui a envoyé que a, 000 hommes au lieu de 4, 000 qu'il lui avait demandes pour l'expédition d'Ypres; le second se plaint des lenteurs du général D'Avaine et trouve extraordinaire qu'il reste à Cassel au lieu de diriger ses opérations en personne; il se plaint pareillement de ce qu'il lui a retiré 2,000 hommes, ce qui l'a mis dans l'impossibilité de s'emparer de Courtrai.
Enfin, citoyen ministre, je vois avec douleur qu'il n'y a pas d'intelligence entre les généraux. Comme j'ai l'usage de tout communiquer aux représentants du peuple , le citoyen Duquesnoy a cru devoir suspendre le général D'Avaine et donner le commandement de toutes les troupes, depuis la mer jusqu'à Douai, au général Souham. Je lui écris de mettre le plus grand ensemble dans ses opérations.
Je vous avais écrit de Maubeuge que je me rendrais à Beaumont pour attaquer l'ennemi; les pluies qui ont beaucoup gâté les chemins et la position de l'ennemi ne me l'ont pas encore permis. J'ai fait hier une découverte. J'ai vu que l'ennemi occupe la rive gauche de la Sambre depuis Merbes-le-Chàteau jusqu'à Thuin, qu'il y a des plaines immenses à traverser pour aller l'attaquer. 11 garde les plaines par des corps de troupe extrêmement forts, surtout en cavalerie. Nous avons cependant poussé nos avant-postes jusqu'à Ham-sur-Heure. .Ma position est aussi délicate qu'embarrassante, car, si j'attaque de front, je cours grand risque d'échouer; si au contraire je me prolonge sur la droite, je cours risque de voir l'ennemi s'emparer de Beaumont et me couper la communication avec Maubeuge. J'ai été forcé de laisser la division du général Fromentin du côté de Landrecies pour s'opposer à l'ennemi; cependant, comme il doit être maintenant affaibli dans cette partie , je vais faire marcher cette division du côté de Charleroi , afin de tâcher de m'empai-er de ce poste , et pour lors je pourrai passer la Sambre en laissant un corps d'observation pour assurer ma communication avec Philippeville et Givet. Si je ne fais pas des progrès plus rapides , soyez sûr, citoyen ministre, qu'il n'y a pas de mauvaise volonté de ma part; personne plus que moi ne désire de combattre, mais je désire le faire avec avantage. 11 m'en coûterait beaucoup de perdre par imprudence les avantages que nous avons remportés sur nos ennemis.
D nous vient continuellement des déserteurs de la légion de Carneville; ce
[3o OCT. 1793.
sont tous Français qu'on force à s'engager à force de coups de bâton. Je les fais passer sur les derrières jusqu'à ce que la Convention ait statud sur leur sort. Je vous prie de communifjuer ma lettre au Comité de salut public.
Salut et fraternité.
JoiIRDAN.
(Orijj., Krch. de la guerre, armée du Nord.)
SCHILTIGHEI.M, 8 BRUMAIRE AN II ( 'J 9 OCTOBRE lygS). LE GÉNÉRAL PICHEGRU AU COMITÉ DE SALUT PUBLIC.
Analijse. — Il mande que, d'après les ordres réitérés du ministre, il a accepté le commandement de l'armée du Rbin '''. II proteste de son dévouement à la liberté.
( Aiialys**, Arcli. de la (guerre, rop* du Comité de salul ])iiblic , DC . p. (i.')6. )
120. PARIS, y BRUMAIRE AN II (^3o OCTOBRE X-j^'i^'^K LE COMITÉ DE SALUT PUBLIC À SAINT-JUST ET LE BAS.
Pari» , nonidi 1 " décade brumaire s* année de la République une et indivisible.
AS COMITE DE SiLVT PUBLIC A SAINT-JVST KT LK BAS, PRES L'AHMEE DU flH/JV ^'
Vos dépèches, chers collègues, nous font espérer de grands succès à l'armée du Rhin. Nous sommes persuadés qu'ils seront dAs principalement à votre vigilance. On travaille à vous procurer les secours (|ue vous sollicitez.
D'après le rapport du ministre de la guerre, la force effective de
"' En effet, Pioliejjru avjit qulué b division du Haut-Rliin et en avait laissé le ronimandemeiit provisoire au général Srlierer. Son acreptatlon fui bien accueillie. Rivalz écrivit de Bàlc, le 10 brumaire (3l octobre 1793), au ministre des affaires étrangères Di'forfjues: sLc|;éiiéral Piclicgru m'a marqué qu'il avait accepté le commandement de l'armée du Rhin. J'en ai été bien aise, parce qu'il annonce du zèle et de la
rapacité.» (Cf. J. Kaulek, l'ripiers de Barlhplfmy,in, i85.)
'' (iarnot assiste à la séance du Comité (cf. Aulard, VIIl, n6). Il écrit un arrêté ordonnant au ministre de la guerre de faire passer sans délai à Ville-Affrancbie un détachement de l'armée révolutionnaire.
'■" Réponse à une lettre de Saint-Just et Le Bas, datée de Strasbourg, a 6 octobre 1793. (Cf. Aulard, VIII, 3i.)
436 CORRESPONDANCE GENERALE DE CAUNOT. [3o oct. 1798.]
l'armée du Rhin est au moins de 100,000 hommes. Il est inconcevahle qu'avec cette force prodigieuse, dans un pays que l'art et la nature se sont réunis pour rendre inexpugnahle, on ait à craindre de succomber sous les coups de l'ennemi. Si les soldats sont bons, comme nous avons lieu de le croire d'après ce que vous nous en dites, il faut qu'il' y ait peu de capacité dans les chefs. La vraie manière de se défaire des ennemis n'est pas de les attaquer de front, mais sur les flancs et sur les derrières. Landau est bloqué : c'est là qu'il faut porter les secours, parce que, si vous vous rendez maître de cette partie de l'extrême frontière, l'ennemi ne pourrait rester auprès de Strasbourg sans se trouver bloqué lui-même et sans communication avec son propre pays. C'est ce qui nous a fait penser qu'il serait à propos de rassembler 3o à /io,ooo hommes dans les environs de Boucpienom et Saarwcrden, lesquels se porteraient d'abord rapidement surBitche, dont ils feraient lever le blocus, puis sur Landau qu'ils dégageraient de même. Alors on verrait probablement l'ennemi qui est devant Strasbourg se hâter de battre en retraite; mais, s'il était poursuivi avec vigueur, cette retraite deviendrait pour lui très difficile. Ces 3o à Ao,ooo hommes seraient tirés principalement de l'armée de la Moselle, qui doit, comme vous l'observez, agir de concert avec celle du Rhin. En attendant, contenez l'ennemi, gardez les gorges de Saverne et tâchez de tromper l'ennemi sur vos projets. Nous vous envoyons copie d'un mémoire dont la lecture pourra vous être utile; nous vous conseillons le plus grand secret et la plus grande rapidité.
Salut et fraternité.
(Minute aul. de Caniol, Arcli, de la guerre, armée' du Uliiri. — Re^f. do la famille Caniot.)
1"21. l'AlUS, l) BRUMAIRE AN II (3o OCTOBRE 1793). LE COMITÉ DE SALCT PDBMC AU GENERAL ERNOCF.
Paris , ie g' linimaire an a' de la République une et indivisible.
LES nEPRÉSEKTAXTS COMPOSiXT LE COUITÉ DE SALIT PUBLIC AC gÈXKKAL ERXOVF, CUEF de L'ÉTAT-MAJOn DE L'ARMEE DU KOBD.
Citoyen, le Comité de salut public a pris en considération ce que vous lui mandez relativement au général Cordeliier. Comme il est très
[3o ocT. 1793.] CORRESPONDANGK MILITAIRE DU COMITÉ. /i37
éloigné de vouloir décourager ou punir les généraux républicains, nous verrons avec plaisir que nos collègues lèvent la destitution et l'arrestation qu'ils ont eux-mêmes prononcées contre lui'''.
Les membres du Comité de salut public, Billaud-Varenne, Carnot, C.-A. Prieur, Robespierre,
(Oi'ij;. , Ai'fli. de la guerre, armée du Nord.)