paris, () BRDHAIRE AN II (3o OCTOBRE
Analyse. — Envoi d'une pièce adressée par les représentants Musset et Delacroix relativement à la demande qu'ils font de 8,000 vieux fusils 1^).
(Miiiule. Arch. nat., AF ii 'iio.)
CASSEL, J) BRUMAIRE AN II (3o OCTOBRE 179^). LE cénÉnKl l)-\V\\\?. AD COMITÉ DE SALUT PUBLIC
Au quai'lier général de Cassol, le SowUibro I7<j3. 9' de la République rr.in(;ai.'in une et Indivisible.
LE GÉxénAL DU DIVISION D'AVÀiyE
Avr ciTorExs ubmbhes composaut le comité de salvt public.
CitoyPlis,
En vertu des ordres du {fendrai en rlief Jourdan , jai conçu , conjointement avec le conseil de guerre assembla à Rergues, le dessein d'entrer dans la Relgique. Pour y réussir, j'ai divisa mon armée, composée au plus de 17,000 hommes, en deux parties : l'une ([ui devait attaquer Ypres, et l'autre sur Furnes, Nieuport cl Ostende, et tenir en échec le camp de Dixmude. Je vous dois un rapport exact et précis de mes opérations.
(" Le même jour, Bourholte écrivit au l'armée. (Arch. de la guerre, I. XIV, corgénéral Cordcllier pour lui roprorlicrd'avoir respondanre. )
nommé son fri''re adjudant ([Plierai cl d'avoir '*' La lettre des rcprc9enl.nnls Musset et refusé de prendre l'adjudant [jénéral quo Delacroix est datée de Versaiil. s, le 4 celui avait envoyé le chef de l'état-major de lobre 1798.
438 CORRESPONDANCE GÉNÉRALE DE CARNOT. [3ooct. i7()3.]
Pour parvenir jusque sous les murs d'Ypres , nous avons eu beaucoup d'obstacles à surmonter sur notre droite et notre {fauche. La colonne de gauche devait d'abord s'emparer de Poperinffhe et auti'es retranchements circonvoisins pour parvenir jusqu'au village de Vlanierlinghe , au bout duquel nous pouvions établir nos batteries pour attaquer la ville d'Ypres du côté de la chaussée de Popeiinghe à Ypres , ce qui n'a pas été l'ouvrage d'un jour, puisqu'il fallait débusquer l'ennemi qui était retranché en force, ce ([u'a fait avec le plus grand succès le citoyen commandant Moreau''', le 9 9 octobre; mais, sachant que l'ennemi était en force à Vlamertinghe , il vit qu'il était impossible de s'y attaquer avec la colonne de 3,000 hommes qu'il commandait, et, crainte d'exposer les troupes de la République , il attendait la jonction de la colonne de droite commandée par le général Bertin''', qui venait de s'emparer de Messines , pour attiiquer de deux côtés différents le village de Vlamertinghe. Mais cette jonction des deux colonnes n'était pas aisée à faire, puisque l'ennemi occupait les postes intermédiaires dont il fallait le débusquer. C'est le parti que prit le général Berlin, car, voyant qu'il était impossible d'attaquer Ypres sur la route de Diekebuseh à Ypres, vu que celte ville de ce côté est très bien défendue par des fossés remplis d'eau , m'ayant fait part de celte
C Jean-Victor-Marie Moreau, né à Morlaix (Finistère) le li février 1768, prévôt de l'École de droit de Rennes en 1788, lieutenant-colonel en premier du 1" bataillon des volontaires d'Iile-et-Viiaine le II septembre 1791, général de brigade provisoire à l'armée du Nord par arrêté des représentants Florent Guiot et Hentz le 3o frimaire an n (20 décembre 1793), confirmé le 1 1 pluviôse an u (3o janvier 1796), général de division le a5 germinal anii(i4 avril 1794), commandant en chef de l'armée du Nord le t3 ventôse an ni (3 mars 1796), de l'armée de Rhin et Moselle le 9/1 ventôse an iv (1 li mars 1 796 ), des armées de Rhin et Moselle et de Sand)reel-Meuse le i nivôse an v (a4 décembre 1796), réformé le a vendémiaire an vi ( a3 septembre 1797), générai en chef des armées d'Italie et de ISaples le 3 floréal anTH(2i avril 1799), de l'armée du Rhin le 17 messidor an vn (5 juillet 1799), des armées d'Helvétie et du Rhin le a frimaire an Tin (aâ novembre 1799), mis en nonactivité le 11" vendémiaire an x (a3 septembre 1801), arrêté à Paris le ili pluviôse an XII (i4 février i8o4), condamné à deux ans de prison le ai prairial an xii (lo juin i8o4), rayé du tableau général de l'armée le 17 messidor an xii (6 juillet
i8o4), réfugié aux États-Unis, à Morisville, dans le New-Jersey, quitte ce pays le ai juin 181 3 et débarque à Gothembourg (Suède) le a 6 juillet suivant, blessé à la l)ataille de Dresde le 37 août 181 3, mort à Lahn (Bohême) le a septembre i8i3.
''' Nicolas Berlin, né à Ambrief (Aisne) le aG juillet 1703, cavalier dans Royal- (Hiampagne le 8 mars 1770, brigadier le 1" mars 177C, fourrier le 11 juin 1779, maréchal des logis le 6 septembre 1785, congédié le ai août 1790, maréchal des logis au 17' chasseurs à cheval le 1" mai 179a, sous-lieutenant le 10 octobre 179a, lieutenant le 4 janvier 1798, capitaine dans la légion Belgique le 13 mars 1798, chef d'escadron le 1" juillet 1798, commandant temporaire de la place de Saint- Omer le 8 août 1798, général de brigade provisoire le a octobre 1798, suspendu le a ventôse an 11 (ao février 1794), réintégré et confirmé dans son grade le 37 nivôse an III (16 janvier 1795), réformé le 38 ventôse an v (18 mars 1797), retraité le 1" prairial an ix (91 mai 1801), mort à la Ferté-Milon (Aisne) le 1" mai 1816. Le général Berlin avait été blessé d'un coup de feu au bras gauche devant Mantoue le 39 fructidor an iv (i5 septembre '796)-
[3o ocT. 1793.] CORRESPONDANCE MILITAIRE DU COMITÉ. 439
impossibilité, je lui donnai l'ordre de rejoindre sa colonne avec celle du citoyen Moreau. Pour faire cette jonction, il s'empara d'abord des postes de Wittecaste, oii l'ennemi dtait très bien retranché et qu'il n'abandonna fpi'après une grande perte de monde. De Wittecaste il fallait avancer sur Woormeseele et Saint-Eloy, deux postes très importants fortifiés par la nature et par l'art. Le courage de nos braves républicains ne s'abattit pas à la vue de tant de difficultés , et trois fois ils revinrent à la charge ; enfin ils demeiu-èrent maîtres de ces postes , qui coûtèrent beaucoup de monde à l'ennemi.
Le chemin de la victoire était tracé , et il fallait y marcher à grands pas en attaquant le moulin de Diekebusch , où l'ennemi s'était retranché avec quatre pièces de canon de i3 et deax de 7, deux obusiers et à peu près 1,200 hommes. Qu'avionsnous à opposer à toutes ces forces? Une colonne de i,832 hommes, composée de tous soldats fatigués et quatre pièces de h. Loin de s'intimider à la vue de tant de dangers, nos troupes attaquèrent avec la plus grande vigueur, mais elles furent obligées de battre en retraite sur Woormeseele , après avoir perdu une cinquantaine d'hommes et eu trois pièces de canon de démontées , ce qu'elles exécutèrent dans le meilleur ordre. Pendant celte action , une partie de cette colonne qui s'en était détachée pour battre l'ennemi par le flanc fut vivement saluée d'une forte décharge à mitraille qui la força à en venir à une action décisive. La fusillade fut très vive de part et d'autre , et l'ennemi fut forcé de replier jusque dans Vlamertinghe , où il s'était très bien retranché. Nous l'attaquâmes avec vigueur, et il fut obligé de nous céder ce poste après une vigoureuse rcsistaûce qui lui coûta cher, car il y perdit beaucoup de monde. Une heure après notre entrée dans ce village, la colonne du commandant Moreau fut se joindre à celle du générai Bertin , et là ils disposèrent leur plan d'attaque poui- attaquer Ypres , du côté de la chaussée de Poperinghe.
Arrivés à Vlamertinghe le 2 !t au soir, nous y plaçâmes nos postes prestjue sous le canon de la ville, et le lendemain nous nous emparâmes d'Elverdinghe et Brielen pour assurer notre flanc gauche, menacé par l'ennemi occupant le poste de Boesinghe. L'ennemi ne nous laissa pas en repos dans ces postes, car, le 9 5 au soir, il fit une sortie de la ville et nous attaqua tiès vigoureusement à Vlamertinghe; mais il fut repoussé avec vigueur et renti-a dans ses foyei's après avoir essuvé une perte considérable. Le lendemain il revint à la charge du côté de Brielen et nous y attaqua avec une force vraiment im[)osante , qui ne lui réussit pas plus que les autres jours. Toutes ces opérations terminées avec succès , nous attendions pour agir que la colonne de 2,000 hommes, envoyée par le général Souham et commandée par le citoyen Daendels''' sur la route de Menin à Ypres, commençât
<'' Hermann -Willem Oaeiidels, né à division le lo nivôse an ui (3o décembre
Valtem (Pays-Bas) le ai octobre 176a, 1796), non compris dans l'organisation du
avocat, major dans la brigade gueidroise a5 prairial an m (i."! juin 1795), démis-
en 1787, lieutenant-colonel de la légion sionnaire après la paix d'Amiens, lieutenant
franche étrangère le 1 a octobre 1793,20- général maréchal de Hollande en 1806,
néral de brigade provisoire le a frimaire gouverneurgénéraldel'ilede Java en 1807,
an m (aa novembre 179Û), général de inscrit sur l'étal des généraux de division
440 CORRESPONDANCE GÉNÉRALE DE CARNOT. [3ooct. 1793.]
son attaque; mais quel fut notre étonnement lorsque nous reçûmes une lettre du citoyen Daendels, par laquelle il nous prévenait qu'il avait ordre du {général Souham de se replier sur Menin, et nous disant qu'ils étaient tous d'accord que le siège d'Ypres était une folie. Dans le même moment, le général Souham, faute d'avoir bien retranché ses postes , se trouva obligé d'évacuer Menin , ce qui nous força de battre en retraite sur Poperinghc. Nous finies sur cette ville une retraite glorieuse, où nous sommes très bien retranchés et où nous attendons l'ennemi de pied ferme. Ainsi vous voyez , citoyens , que , loin d'avoir mis de la lenteur dans mes opérations, mon armée n'a pas perdu un seul instant, puisque dès le premier instant qu'elle s'est mise en jnarche elle s'est battue continuellement, tous les jours et avec beaucoup d'opiniâtreté, pour s'emparer des postes de Poperinghe , Neuve-Église , Messines , Wiltecaste , Woormeseele , Saint-Éloy et Vlamertinghe. Mettez maintenant en parallèle la prétendue activité qu'a mise dans ses opérations le général Souham , et examinez quels obstacles il a éprouvés dans sa marche sur Menin. Il n'a eu aucun poste à emporter avant de se présenter devant cette ville.
Voilà ce qui regarde notre partie droite. Vous verrez les mêmes opérations sur notre partie gauche. Le 99, même jour du départ des deux colonnes de la partie droite, est partie d'Hondschoote une colonne commandée par le général Gougelot, pour se réunir avec les généraux Vandamme et Hoche qui comnjandaient les troupes du camp de Leffrynckhoucke , devant la ville de Furnes , qu'ils ont attaquée vigoureusement et qu'ils ont emportée de suite. De là ils se portèrent sur Nieuport , dont ils firent le blocus en règle. Le général Gougelot s'est porté avec sa colonne sur Peruysen et Chapelle-Sainte-Catherine et Schoorbakke , pour contenir le camp de Dixmude et garantir la colonne du général Vandamme ; mais l'échec qu'éprouva le général Souham le força d'abandonner le siège de cette ville , dont la conquête lui était assurée sans cette malheureuse circonstance , et de se replier sur Furnes pendant que le général Gougelot s'est porté à Schoorbakke et devant le camp de Dixnuide pom- empêcher les troupes de ce camp d'inquiéter sa droite.
Je conclus à ce que, loin d'avoir mis de la lenteur et de l'inactivité, j'ai mis toute la célérité qu'il était possible de mettre en pareille circonstance , ainsi que je le démontre par le détail ci-dessus. Et , quant au versement des troupes qu'on me demandait pour la division du général Souham , loin de lui en envoyer, j'avais tout lieu d'espérer que lui-même m'en ferait passer, d'après la demande que je lui en avais laite , la nécessité absolue d'en avoir, et d'après ce qui avait été convenu au conseil de guerre à Bergues et demandé par lui dans son opinion mentionnée sur le procès-verbal dudit conseil de guerre.
Je suis fi-aternellement
D'AvàisE.
(Orijf. , Arch. de la guerre, armée du Nord.)
français le 1 4 février 1 8 1 a , fait la cam- pour prendre possession des côtes d'Afrique pagne de Russie, démissionnaire en août restituées à la Hollande, mort sur la côte 181 4, envoyé par le roi des Pays-Bas de Guinée le 9 mai 1 8 1 8.
[3oocT. 179.3.] CORRESPONDANCE MILITAIRE DU COMITÉ. /i41
VILLE-AFFRANCHIE (lïOn), 9 BRUMAIRE AN II (3o OCTOBRE I793]. LE GÉNÉRAL EN CHEF DOURS '" AU COMITÉ DE SALUT PUBLIC.
Analyse. — s S'il était permis de songer à son repos, j'aurais refusé le grade auquel vous venez de m'diever, mais , totalement dévoué à la défense de la République , j'accepte le commandement en chef de l'armée des Alpes. F'ort de mon amour ardent de la liberté et de la confiance dont vous daignez m'honorer, je ne crains point l'énorme responsabilité dont je me charge. Dans aucune occasion je ne serai conduit par le désir de la domination et l'intérêt personnel , et je vous répéterai , citoyens , ce que j'ai écrit à la société populaire de mon canton : (f Si après avoir passé par les emplois de la République , on me trouve plus riche que je ne l'étais avant, je consens que ma tête tombe sur l'éehafaud. n H envoie l'état des munitions de guerre qu'il a fait passer au camp sous Toulon. rrLa brave garnison de Valenciennes , égarée par quelques instigateurs qui ne cessent d'infecter le territoire de la liberté , avait un moment manifesté le désir de tenir le serment qu'elle avait prêté aux tyrans du Nord de ne plus porter les armes contre eux; mais nous lui avons fait sentir que le premier de tous les serments était de défendre la liberté, qu'ainsi le contrat qui les engageait à épargner les tyrans était nul; qu'au surplus elle eût hâte de se décider, parce (jue la République avait plus de défenseurs qu'il ne lui en fallait et ([ue l'honneur lui serait peutêtre enlevé de marcher sur les rebelles. La garnison a obéi et part pour le camp du .Midi. 1 La ville commençant à manquer de subsistances, les représentants ont pris des mesures k cet effet. Il prie le Comité de se bâter de lui envoyer le décret pour l'encadrement des nouveaux bataillons dans les anciens. <rOn fusille ici chaque jour les principaux moteurs des troubles de Lyon et l'on fait justice des scélérats qui voulaient résister à la volonté nationale. Ainsi périront, j'espère, tous les ennemis de la liberté et de l'égalité. 71
(Orig. , Arch. de la guerre, armée du siège de I.yon.)
'" Joseph-Franrois Dours, né i'i Bollètie ( Vaucluse ) eu i^lig, gendarme de la garde du roi le 8 septembre 1773, réformé le 1" octobre 1787, chef de la garde nationale de Bollène après la réunion du Comtat Vcnaissin à la France, commissaire du département de la Drôme, aide de camp du général (Marteaux le C juillet 1793, chef de brigade le 3 septembre 1793, général de brigade provisoire par les représentants à l'armée devant Toulon, confirmé le 26 septembre 1793, employé à l'armée d'Italie, général de division le 1" octobre 1793, comman-
dant de; troupes employées à l'armée des Alpes et à Ville-Affranchie par arrêté du Comité de salut public le a 3 octobre 1793, retiré en ventôse an m (février 1793), assassiné à Bollène par des déserteurs le a3 décembre 1795. Le général Dours avait, déclare-t-il lui-même dans une lettre du ^5 nivôse an m (i5 janvier 1790), fait les campagnes de Mahon, de Hanovre et de Corse, et il avait été en Turquie comme adjoint du baron de Toit. .M. Paul de Faucher a fait une conférence sur ce général à l'Académie de Vaucluse et il doit publier prochainement sa correspondance.
/)42 CORRESPONDANCE GÉNÉRALE DE CARNOT. [3i oct. 1793.I
SCHILTIGHEIM, g BnUMAIHE AN 11 (3o OCTOBRE 1798). L'ADJUDANT GENERAL DEMONT AU COMITE DE SALUT PUBLIC.
Analyse. — L'ennemi est dans un état de tranquiilitd absolue, au moins apparent, fr L't^nergie , suite de la discipline que les citoyens représentants près cette armée et le général en chef s'occupent de donner à l'armée, nous garantira de toute espèce de surprise , qui est en partie cause de tous nos désastres, -n
(Orip. , Arch. de la guerre, armée du Rhin.)
PARIS, 9 BRUMAIRE AN II (3o OCTOBRE 1793). LE GÉNÉRAL LA ROQUE AU COMITE DE SALUT PUBLIC.
Analyse. — Il envoie un mémoire justificatif et proteste de son innocence.
(Analyse, Arch. de la grieiTe, corr. gén. )
123. PARIS, 10 BRUMAIRE AN n(3l OCTOBRE I793). CARNOT AU GÉNÉRAL JOURDAN.
Paris, to hrumaim, q' année rJ'puljlicainc.
CAKSOT, REPnésKSTAST DV PBVPLE ,
ÀV gkhéral bu chef de l'arméb do kord, jourdah.
Le Comité de saiut public, citoyen général, a vu avec satisfaction les mesures de sagesse que vous avez prises pour ne pas compromettre le salut de l'armée qui est à vos ordres, et pour conserver vos communications. Le passage de la Sambre peut être, en effet, difficile, si l'ennemi emploie de grandes forces à le garder; mais, comme le cours de cette rivière est fort étendu, il se trouvera obligé de disséminer ses moyens , et vous en pourrez profiter pour tomber en masse sur quelques-uns de ses postes, le forcer à se replier et vous ouvrir soit la route de Mons, soit celle de Bruxelles. De plus, pendant que vous tiendrez l'ennemi en échec, le général Souham pourra faire une trouée de son côté, et il est bien difficile que l'ennemi puisse parer à cette combinaison d'attaques.
Il me semble aussi que vous pourriez faire marcher par Givet une
[3i ocT. 1793.J CORRESPONDAINCE MILITAIRE DU COMITÉ. tiU:\
colonne de i'armëe des Ardennes, par le pays de Liège, laquelle s'emparerait des magasins de l'ennemi sur la Meuse. Les Lit^geois, qui paraissent toujours disposés à se déclarer en notre faveur, pourraient alors se joindre à cette colonne pour marcher sur Bruxelles et, si elle avait du succès, vous pourriez la renforcer pour rendre ses succès décisifs. C'est à vous, citoyen général, à peser les mesures qui vous sont proposées; la confiance du Comité vous donne une grande latitude; la seule base qu'il ait prescrite d'une manière absolue, c'est de tout tenter pour expulser complètement les ennemis du territoire de la Républitjue, sans faire de sièges, soit en l'enveloppant, soit par une puissante diversion.
H paraît que vous n'avez pas été secondé par la division de la Flandre maritime. Pour vouloir trop entreprendre à la fois, le général D'A vaine a morcelé ses forces et n'a rien fait du tout. Nous regardons l'expédition d'Ostende comme absolument manquée, et nous eussions désiré que cette division promît un peu moins et fît un peu davantage!".
Salut et fraternité.
Carnot.
Quoique la faute du général Cordellier ait paru fort grave au Comité, il a pensé qu'on pouvait, à cause de son patriotisme bien prononcé, ne pas donner suite à son affaire.
(Ori(f. anl., Aitli. de la (juerrc , armée du Nord.)
12/|. PARIS, 10 BRUMAinR AN U (3t OCTOBRE l^gS). LK COMITÉ DE SALLT PUBLIC AU MINISTRE DE LA GUERRE BOUCIIOTTE.
Analyse. — Envoi d'une lettre de la société républicaine diï Metz, qui se plaint de ce que les chefs civils et militaires de cette ville ne
*'* Leroprésenlant Duquesiioy rcriainail remplaçant :« Noire collègue Carnot m'avait
avec instance la présence de Carnot à Par- promis de me faire adjoindre un collègue
mée du Nord. fSi notre collègue Carnot, travailleur. S'il ne m'en arrive pas un,
écrivait-il au Comité de salut public le je vous préviens que je ne puis rester ici
3o octobre, peut s'absenlcr quelques jours |ilus longletnps, ce fardeau étant au-dessus
du Comité, qu'il vienne de suite.» Le de mes forces.» (Orig., Arcli. nal., AF 11
3i octobre, il sollicite un adjoint ou un 336.)
hhU CORRESPONDANCE GÉNÉRALE DE CARNOT. [3i oct. 1793.]
sont pas prévenus de l'arrivée des troupes qui y entrent journellement.
(Oiig. sig. par Carnot cl rilUiud-Vareiine, coll. de M. Etienne Charaïay. )
BEAUMONT, 10 BRUMAIRE AN 11 (3l OCTOBRE lygS). LE GÉNÉRAL JOURDAN AU MINISTRE DE LA GUERRE BOUCHOTTE.
Au quai'lier général à Beauuiont en Belgique , le 10' jour du 3* mois de l'an il de la République une et indivisible.
LE aéxKRAL BU CHEF AV lUlNISTRE DE LA CVERIIE.
Ma lettre du 8 du courant vous aura appris , citoyen ministre , les raisons qui m'ont empêché d'attaquer aussi promptement que je le désirais. La division du général Fromentin campera demain à Florennes, à la droite de celle des Ardennes, commandée par le général Doshureaux, qui est campée à Bossus. Ces deux divisions, qui seront commandées par le général Desbureaux, marcheront sur Charle-sur-Sambre. La division du général Duquesnoy et celle du général Balland, que je commanderai, marcheront sur Thuin. Sept mille hommes de la division de Maubeuge, campés à Jenmont, contiendront le camp ennemi qui est au-dessus de Merbes-le-Chûteau , et un corps de la garnison de Givet contiendra le camp ennemi placé à Saint-Gérard.
Voilà, citoyen ministre, les dispositions de l'attaque générale qui aura lieu le 1-2 ou le 1 3 pour le plus tard. J'espère que le génie de la liberté et le courage des troupes, à qui je vais communiquer les brillants avantages remportés en Piémont, vaincront les difficultés qui s'opposent au passage de la Sambre. Il nous arrive beaucoup de déserteurs. Tous les rapports m'annoncent que l'ennemi a encore des intelligences dans notre armée et «ju'il est bien prévenu de tous nos mouvements. Je n'ai pas, à beaucoup près, le même avantage; car il ne m'a pas été possible de trouver des gens assez intelligents pour servir la République, dans la partie secrète. Je surveille avec soin ce qui m'entoure et, si je parviens à découvrir les traîtres, je saurai venger la République'''.
Salut et fraternité.
JoURDAN.
(Orig., Arch.de la guerre, armée du Nord.
''' On lit en \è\e de celte noie aulo- muniqué sa lettre au Comité de salut pugraphe de Boucliolle : nhcrire au {jénéral ]>lic, qui attend avec impatience des nou- Jourdan. Envoyer un courrier. .J'ai rom- velles du passage de la Sambre. r>
[3i ocT. 1793.] CORRESPONDANCE MILITAIRE DU COMITÉ. 445
10 DnUMAIRE AN H (3l OCTOBltK 17f)'5j. LES GÉNÉRAUX BAKSONKET ET CICAPUY AU COMITE DE SALUT PUBLIC.
Aimlysc. — 1° Le général Ransonnet écrit d'Arleux pour rejeter sur le colonel Fonteniile''' et sur le 7 1 " régiment la responsabilité de la prise de Marcliiennes et l'échec de nos troupes'*'. (Analyse, Arcli. de la guerre, rorr. géii.) — 9' Le général Cliapuy écrit de Cambrai que, sur l'instante demande du général Ransonnet, il vient de faire partir pour le camp d'Arleux 600 hommes de sa garnison <''. (Orig. , Arch. de la guerre, armée du Nord.)
PARIS, 10 BRUUAIRK AN II (3 l OCTOURE fj^'i). LE MINISTRE DE LA GUERRE BOUCIIOTTE À SAINT-JUST.
J"ai appris avec plaisir, par votre lettre du 5 , l'arrivée de Pichegru et je ne suis pas étonné que vous en soyez content. Je vous envoie copie de ma lettre au général sur le désir qu'a le Comité de voir mettre son arrêté sur un rassemblement de troupes à faire à Rouquenom , à exécution. Le Comité considère principalement la délivrance de I>andau et de Bitche. Pichegru conférera avec vous sur cet important objet et i\ enverra à Hoche le résultat de ce qu'il sera convenu, en supposant qu'il ne soit pas venu se concerter avec Pichegru. Portez surtout attention sur les personnes: évincez tout ce qui est mauvais, mettez provisoirement en place de bons sans-culottes. Votre bon travail ne sera pas contredit ici; il ne tiendra pas à moi que les secours que vous m'avez demandé ne vous arrivent bientôt.
(.Arcb. de la guerre, arin<>e du Itbiii, r.-g. \-j, |> ><<. )
PARIS, 10 UKUMAIRE AN II (3 1 OCTOBRE f^^'S). LE MINISTRE DE LA UUERRE BOUCIIOTTE AU GÉNÉRAL PICHEGRU.
Vous avez vu, général, que le Comité de salut public s'était empressé de prendre une détermination sur la demande de secours que le citoyen Saint-Just
"' Cf. 1. 1, p. Sog armée du Nord.) Il envoya aussi un rap- '" Le m^me jour, Ransonnet écrivit à port sur cette alTaire au représentant du Jourdan pour lui annoncer que Mar- peuple Laurent, à Arras. (yj.) rliicnnes était tombé au pouvoir de l'en- '^' La prise de Marcliiennes par l'ennemi. Le 71' ro(jimeul, dit-il, est respou- nemi faisait, au dire du (jcnéral Itausonnet saille de cette perte, car c'est par la porte et de ses officiers, du camp d'Arleux la d'Orrhics, qu'il jrardait, irque ces cauni- clef du département du Pas-de-Calais, baies sont entrés.» (Arch. de la (juerre, (Arch. de la (juerre, armée du Nord.)
lx!i& CORRESPONDANCE GENERALE DE CARNOT. [3i oct. 179.S.]
lui avait fait pour l'armée du Rhin. Ce secours ne peut qu'aider à la réalisation du premier arrête du Goinitë de salut public sur un rassemblement à faire à Ronquenom. Le citoyen Garnol , membre du Comité, a écrit dans ce sens à Saint- Just; il pense que l'objet essentiel, qu'il ne faut pas perdre un instant de vue, est la délivrance de Landau et Bitche , sur laquelle il n'y a pas de temps à perdre. Je pense que l'ennemi nous amuse et nous masque avec son armée devant Strasbourg, et que pendant ce temps il s'occupe essentiellement de conquérir les deux places et de nous faire prendre le change sur ses intentions. Il s'ensuit de ces calculs que le Comité tient toujours à son arrêté , qui prescrit de rassembler des forces à Bouquenom , comme un moyen de dégager les deux places et de détourner l'ennemi.
Ce qui a été fait jusqu'à ])résent n'est pas contraire à l'arrêté. Les forces placées h Saverne ont maintenu un passage important, non seulement au département de la Meurthe et à l'armée de la Moselle, qui aurait pu être inquiétée sur le derrière, mais aussi à la réalisation du projet, en ce qu'il laisse la liberté d'envoyer à Bouquenom tout ce qui sera disponible à l'armée du Rhin. La position des gorges de Saverne est telle qu'on doit la défendre avec peu de monde , et les troupes qui fileront de ce côté feront toujours croire à l'ennemi qu'il y en a bien davantage.
L'armée de la Moselle doit aussi réunir au même Bouquenom tout ce qu'elle aura de disponible. Les places décernées uns fois empêchent l'ennemi d'hiverner sur notre territoire. C'est ce qu'il ne faut pas perdre de vue. Vous aurez des ordres à donner au commissaire ordonnateur des guerres pour les ohjets qui le concernent. Conférez là-dessus avec le citoyen Saint-Just et faites savoir à Hoche , à la Moselle , ce que vous aurez arrêté. La grande affaire , c'est la delivTance de Bitche et de Landau.
(Arch. de la guerre, armée du Rhin, reg. 47, p. 37.)
PARIS, 10 BRUMAIRE AN H (3l OCTOliRE 1793). LE MINISTRE DE LA GUERRE BOUCHOTTE AU GENERAL HOCHE.
Je vous envoie , général , copie de mes lettres au général Pichegru sur les circonstances des armées du Rhin et de la Moselle. Vous y verrez que le Comité de salut public a les yeux tournés sur la délivrance de Landau et de Bitche. Vous voudrez bien vous entendre avec le général Pichegru et les représentants sur l'exécution de l'arrêté du Comité de salut public. Le plus que vous pourrez envoyer de troupes disponibles à Bouquenom et mieux l'opération sera assurée.
Salut et fraternité.
(Arch. de la guerre, armée du Rhin, reg. hs, fol. a4 v°.)
[3i ocT. .793.] CORRESPONDANCE MILITAIRE DU COMITÉ. tihl
SABREBItCcK, 10 BRUMAIRE AN II (3t OCTOBRE 17f)3). LE GÉNÉRAL HOCHE AU MINISTRE DE LA GUERRE BOUCHOTTE.
Au quartier général de Sarrcbriick, le lo* jour du a* mois de l'an 11 de la République française une et indivisible.
LK GÉséRÂL DE DIVISION GOMHASDÀXT L'ÀRIIÉE DE LA MOSELLE AD CrrOÏEN BOUCHOTTE , MIXISTHB DE LA GVEURK.
Citoyen ministre,
Quoique j'aie fait la plus grande diligence , je n'ai pu arriver qu'hier soir à Sarrebriirk , où j'ai trouve votre lettre et les arrêtés du Conseil exécutif et du Comité de salut public. Croyez que je m'empresserai toujours d'exécuter les ordres que vous me ferez passer, et, à cet efifet, je vais faire les dispositions nécessaires. La copie de la Ipltre adressée à mon prédécesseur par le général de l'armée du Rhin, vous fera connaître que l'exécution de l'arrêté du Conseil exécutif est assez diflicile '''. Pour mon particulier, voici les mesures que je vais prendre.
1° J'ai devant moi un corps de Prussiens, de Saxons et autres bandes semblaljles, de vingt-huit à trente mille hommes, (|ui ne me permet guère île faire de mouvements , si je ne suis secondé par l'armée du Rhin. Placé dans une position assez singulière, cependant si, comme on me l'assure, l'entre Sarre-et-Moselle devient impraticable , je puis faire fder des troupes de la gauche vers la droite , diminuer, en fortifiant Sarrebriick , le nombre de troupes qui l'occupent et , en me (aisant joindre pr les six bataillons de l'armée de la Moselle qui ont été envoyés à Saverne, rassembler à la belle position de Sarre-Albe, à une lieue de Bouquenom, un corps de dix mille hommes, qui pourra se porter de là où on jugera à propos '''.
a* J'estime qu'il est de la plus grande importance de repousser les ennemis dans le plus court délai possible, mais il faut([ue l'armée du Rhin agisse et qu'on n'attende pas que les chemins soient devenus inq)raticables ; il faut, dis-je, que cette armée se mette en mouvement et frappe tout entière. Je l'aiderai par ma droite de tout mon pouvoir, mais, si elle reste derrière Strasbourg, seul, que puis-je entreprendre?
'"' En regard de ce passage on lit cette 5o,ooo hommes disponibles dans les places
noie autographe de Bouchotte : irLe Co- cl sur la frontière. Là-dessus il ne serait
mité pense toujours qu'une diicrsion fe- pas impossible de porter à 1 5,ooo ceux que
rail un t>on effet. tj vous enverrez du côté de Bouquenom el,
'" En regard de ce passage, le ministre pour peu que le Rhin en voulût fournir
Bouchotte a écrit celte réponse, où il insiste autant , vous auriez une force suffisante pour
sur le rassemblement de troupes à Bou- faire la diversion à laquelle le Comité de
quenom : itVous devez avoir au moins salul public lient toujours.»
4/(8 CORRESPONDANCE GÉNÉRALE DE CARNOT. [3i oct. 1793.]
Je pars ce soir pour visiter Sarrelibre et toute ma gauche. Je me porterai demain à ma droite et aurai après-demain une conférence à Phalsbourg avec ie général de l'armée du Rhin. Je vous en ferai connaître ie résultat et vous prie de me faire passer vos ordres'"'.
Je désirerais faire de Sarrebriick , au moyen de quelques ouvrages , une place ([ui puisse tenir et arrêter l'ennemi cpielque temps, sans le secours d'un corps de troupes considérable. Faites-moi passer voire autorisation '^'.
Il serait bien à désirer que l'on pût em])ioyer aux travaux de lu Réj)ubli(jue les bataillons de première levée qui ne sont point armés. On économiserait des frais immenses. Il ne s'agit que d'un arrêté du Comité de salut public ou du Conseil exécutif'.
L'habillement n'est point ici en fort bon état et on m'accuse cinq cents paires de souliers en magasin. Je vous prie de m'en faire passer, ainsi que des culottes, guêtres, etc.
Les munitions de guerre et de bouche ne peuvent nous inquiéter encore. J'ai donné l'ordre que l'on complète Sarrelibre. Ce n'est que par des précautions qu'on attend avec sécurité les événements.
J'ai un seul ingénieur dans l'armée et , d'après ce que m'ont dit les représentants du peuple, je dois m'attendre à être peu secondé. J'ai le plus grand besoin d'ingénieurs. Veuillez me faire passer les citoyens Lauwereyns , ingénieur h Dunkerque, Diotte, adjoint au génie , et Ménageur, capitaine d'artillerie au 1" bataillon de la Marne , aussi à l'année de Dunkerque.
Je vous demande le grade d'adjudant général chef de ])rigade pour le citoyen Simon'*', chef du 4" bataillon des volontaires nationaux.
'" En regard de ce passage Boucliollea écrit ces mots : rr Je pense que ie citoyen Carnot, membre du Comilé de salut public , va se rendre , de ia part du Comilé , sur la frontière. li vous expliquera les vues du Comilé. n
'*' En regard de ce passage on lit celle réponse de Boucholte : rr L'adjoint de la y division donnera les ordres pour les forlificalions que vous trouverez à propos de faire à Sarrebrûck.)i
''' En regard de ce passage Boucholte a écrit ces mots : «Vous pouvez requérir des travailleurs parmi ceux de la nouvelle levée cl les reprcsenlanis peuvent vous aider en ccla.ji
'" Henri Simon, né à Melun (Seine-et- Marne) le 7 avril 176'!, soldai au régiment de la Martinique de 1785 à 1789, capitaine au II' bataillon des volontaires de Seine-et-Marne, lieutenant-colonel en 2° du 4° bataillon des volontaires nationaux
(futur 60' d'infanterie) le 6 septembre 1793, commandant de ce bataillon le 6 mars 1798, commandant de Dunkerque le i4 septembre 1798, adjudant général chef de brigade le 10 brumaire an n (5 novembre 1798), général de brigade le 8 frimaire an n (98 novembre 1798), réformé le a 5 pluviôse an v (i3 février 1797), maintenu à son poste le aS brumaire an VI (i5 novembre 1797), blessé en détendant le Mans contre les Chouans dans la nuit du 39 au a 8 vendémiaire an Tui (i4 au i5 octobre 1799) et amputé du bras droit, commandant des Invalides à Versailles le 9 i thermidor an vni (9 août 1800) et en second des Invalides à Paris le 5 brumaire an xi (27 octobre 1802), membre de la Légion d'honneur le 19 frimaire an xn (11 décembre i8o3) et commandant le 9 5 prairial an xii(i 4 juin i8o4), remis en activité ie 10 octobre 1819, commandant de 9' classe à Rome
[3i ocT. 1793.] CORRESPOMDANCE MILITAIRE DU COMITE. ^^9
Pour l'honneur des armes de la République et ses intérêts , je vous invite à faire surveiller Vandamme , qui parle lieaucoup plus qu'il n'agit.
Comptez sur moi , citoyen ministre. Je ne pense pas que les ennemis aillent celte semaine ni l'autre à Nancy, ainsi qu'on s'est plu à le répandre. Vous m'avez confié les intérêts de la patrie , je les défendrai au péril de ma vie.