I.IBERTK. KCW.ITK. IJNITÉ
IB GÉmÎHAL de DIVISIOy ÉLIE ÀV COUITÉ DE SALVT PUBLIC DE LA COyVEyTlO\ \AT10SALE.
Citoyens représentants ,
Je vous préviens que je viens de recevoij-, de la part du Conseil exécutif, une lettre d'avis de ma nomination au grade de général de division. liCs actions d'un
[il SKPT. 1793.] CORRESPONDANCE MILITAIRE DU COMITÉ. 133
républicain parlent pour lui. Je laisse aux miennes à prouver si je suis digne de la nouvelle marque de confiance dont on m'honore. Je sais quelles sont les obligations qu'elle m'impose; je sais à quoi m'engage le serment que mon cœur a prononcé de mourir pour la liberté de ma pairie. Le même bras qui a été assez heureux pour conlribnei' à renverser la Bastille pouira peut-élre aj)prendi'e aux satellites des despotes de quoi est ca|)able la valeur républicaine.
Si la calomnie cherchait à me noircir, souvenez-vous, citoyens représentants, qu'Elie a toujoui-s jirofessé les principes d'un vrai sans-culolle, que l'unité et l'indivisibilité de la République n'ont point de plus ardent défenseur et qu'il a appris le métier des armes dans l'honorable profession de soldat. Si je commets des fautes, souvenez-vous que la carrière que je parcours est diflîcile, que l'erreur est attachée à la faiblesse humaine, mais qu'un soldat français craint plus le soupçon même de la ti-abisoii que la mort.
Le général de division commandant à Uivet et arrondissement.
Eue").
P.-S. Je joins à ma lettre le rapport d'une exj)édilion que j'ai ordonnée le 8 de
ce mois
(Orig. , Arch. de la guerre, armée du Nord.)
('' JacoWob Eiie, né à Wissenibourg (Bas-Rhin) le a6 novembre i7'i6, fils d'un officier au ré(jimcul d'Alsace, cnnilé au régiment d'Aquitaine-InfanIcrit' le a déci'iiibre 1766, congédié le 9 décciidjre 177'!, enrôlé au régiment de la Reine le .") juillet 1781, sergent le 1" novendire suivant, porlc-drapnau le 1" aoi'il 1788, coopère à la prise de la Bastille le i?i juillet 1789, capitaine au 5' balaillon de la 5* division de la garde nationale parisienne soldée |p i" septembre 1789, capitaine au io3' d'infanterie le 15 août 1791. obtient la décoration militaire le 37 novembre suivant, lieutenant-colonel le 7 février 1793, général de brigade à l'armée di>s Ardennes le .30 juillet 1793, connnandant à (iivet el à Cliarlemont, général de division le 3 scpleml>rc 1793, passé à l'année de Sacnbriî-et-Meuse le a juillet 1794, non rompris dans l'organisation des états-majors arrêtée le i3 juin 1793, rappelé à l'activité le a8 février 179C, ronnuandanl
de Lyon le -jS mars suivant, employé à l'armée des Alpes le 19 août 1796, commandant la Afauriennc el la Tarentaise le •!-i octobre 1796, réformé le 18 mars 1797, retraité le 31 juin 1811, mort à Varennes-en-Argonne (Meuse) le 6 février i8a5. Le général Klie avait fait la campagne de (iorsc en 1 769 et avait assisté aux bombardements de Soussc et de Biserleen
'" Le représentant Massieu écrivit de Givet au Comité, le 11 septembre, pour lui annoncer la sortie laite par les citoyens el la garnison de celte ville, dans le but de favoriser l'entrée , dans la place , d'une rinquantaine de voitures de grains en gerbes et de fourrages, et l'iieureuse issue de celte opération. Il ajoutait : ttLc brave g(>néral de division, le vamqucur de la Bastille, Élie, qui commande en cette place, se propose de prouver aux satelliles des tyrans (pi'un sans-culotte général vaiil bien un général ri-devanl.»
13/1 CORRESPONDANCE GÉNÉRALE DE CARNOT. [i3 sept. tygS.]
PARIS, 19 SEPTEMBRE lytjS'''.
LE MINISTRE UK LA GUERRE BOUCUOTTE AU COMITÉ DE SALUT PUBLIC
Paris, la septembre 1793, i" de la République française.
IK atlMSTllB DE Là GUEKRE AUX REPRésBNTàNTS DV PEUPLE MEMBRES DV COMITÉ DE SALUT PUBLIC.
J'ai reçu , citoyens , avec votre lettre du 7 celle du citoyen Dubreuil relative à des demandes de secours en armes et canons jiour Saint-Quentin. Le commandant de la place lii-era parti de toutes nos ressourees. Déjà des dépôts ou détachements de cavalerie ont reçu ordre de couvrir cette trouée que le généi-al Belair'*' est chargé spécialement de défendi-e. Au reste, j'observe qu'il ne faudrait pas armer indifférenunent tous les bras de cette ville qui renferme des muscadins.
J. ROUCHOTTE.
( Orig. , Arch. do la juei re , armée du Nord ).
49. PARIS, l3 SEPTEMBRE l^gS'^l LE COMITÉ DE SALUT PUBLIC AU GÉNÉRAL EN CHEF HOUCHARD.
Paris, le i3 septembre 1798, l'an i de la République une et indivisible.
Citoyen général,
Nous avons reçu , avec la plus vive satisfaction , la nouvelle de vos brillants succès. Nous ne pouvons cependant nous empêcher de regretter infiniment que le grand projet qui avait été formé d'abord
C' Le 1 3 septembre , Camot est présent au Comilé(cf. Aiilard,Vl, /i43), et il écrit un arrêté mettant 90,000 livres à la disposition du Comité de siîrcté générale pour les indemnités à accorder aux commissaires des comités de surveillance des différentes villes.
(') Alexandre -Pierre Julienne, dit Belair, né à Paris le i5 octobre «747, fils d'un doreur, entré au service comme capitaine d'artillerie en second dans la légion de Maillcbois le a8 avril 1785, réformé le 8 mai 1786, adjudant général chef de brigade et directeur du camp de Paris le
39 aoiit 1799, général de brigade à l'armée du Nord le 4 août 1 798 et de division à l'armée du camp intermédiaire le 7 septembre suivant , général en chef le 6 novembre 1798, cesse ses fonctions le 17 nivôse an II (6 janvier 1794), remis en activité à l'armée d'Italie le a8 prairial an VI (17 juin 1798), réformé en i8o3, employé à Ostende le 18 août 1809, rél'ormi! le 95 décembre de la même année, mort à Villecresnes ( Seine - et - Oise ) le 35 mai 1819.
'^' Le 1 3 , Carnot est présent au Comité (cf. Aulard,VI,459).
[i3 SEPT. 1793.] CORRESPONDANCE MILITAIRE DU COMITÉ. 135
d'envelopper entièrement l'armée anfjiaise et l'écraser, en marchant directement sur Furnes, Ostende et Nieuport, n'ait pas eu lieu; quoi qu'il en soit, il faut profiter du moment d'enthousiasme et vous hâter de faire lever le siège du Quesnoy"*. Nous recevons les nouvelles les plus alarmantes de cette partie de la frontière; on nous assure que la garnison de Camhrai a été taillée en pièces'"-'. Nous nous flattons que ces hruits fâcheux sont dénués de fondement et que vous arriverez bientôt au secours. C'est à vous de voir quelle marche peut vous promettre le succès le plus complet et s'il convient mieux de marcher directement sur le Quesnoy que de l'enfermer en emportant ses magasins et enveloppant les villes de Valenciennes et de (Jondé. Le (Jomité s'en repose sur votre courage et vous invite aux mesures les plus vigoureuses. Tombez en masse sur vos ennemis, profitez de l'énergie française et do la juste confiance que vous avez inspirée aux troupes que vous commandez.
(Minutn aut de Cariiot, Arch. di" la (fiiorre, arm(5e dn Nord. — Ref». de porrespondanre de Carnot, Arcb. de la famille Caniot.)
LE COMITÉ DE SALUT PUBLIC AU MINISTRE DE L\ GUERRE BOUCHOTTE
Analyse. — Envoi d'un projet et d'un plan d'attaque de la place de Thionville, trouvés sur un Anglais à l'affaire de Linselles et Blaton, et transmis au Comité par les représentants près l'armée du Nord '^'.
(Minute, Arcb. nat.. AF II a3g.)
'" Le Quesnoy, investi par les Aiitrl- '■'' La leUre de» représentants Lovasiscur chiens le 19 août 1793, Iwinhardé le ot Bentahole est daliV de Lille, le aâ août 1 septembre, avait rapitulé le iode re 1793. Elle porte cette annotation automois i six heures et demie du soir et les (jraphe de Carnot : «• Accuser la réception.» ennemis en avaient pris possession le 1 3 , Le Comité répondit le 1 a septembre dans à gheures du malin. (Cf. Kourarl et Finot, ces tenues : itNous avons reçu les plans 11. l57>et A. Chunuel , Ilimdtrkoole , 9"]^.) d"alla(|ue di' Thionville que vous nous avez
<•' Le m .septembre. (Cf. la lettre des adressc's. Ainsi la bravoure des Français et
représentanLs Elie Lacoste et Peyssard, du votre surveillance feront échouer les vains
i3 septembre, p. Wio.) projets de nos ennemis.»
.) SEPT, t
PARIS, l3 SEPTEMBRE 1793.
LE MINISTRE DE LA GUERRE BOUOHOTTE AU COMITÉ DE SALUT PUBLIC
Analyse.— Le général en chef provisoire de i'armée de \a Moselle (Scliauenburg) déclare que la dénonciation faite contre le service des avanls-j)ostcs à lailile année est mensongère. L'avanl-garde bivouaque depuis plus d'un mois , et ce n'est qu'avec la plus grande activité qu'elle a pu maintenir intactes près de vingt lieues de frontièies. 11 ajoute qu'il y a bien dans le nombre des officiers quelques paresseux et insouciants , mais qu'il les punit avec feimeté et exige d'eux le maintien de l'ordre et du senice. irLe zèle et la quantité des bons nous sauve du mal que nous causent quelquefois la négligence et l'ignorance des mauvais, n
{ Orig. , Arcb. de la guerre , armée de la Moselle. )
CASSEL, l3 SEPTEMBRE 1793.
LF, fiÉNÉRAL JOURDAN AU MINISTRE DE LA GUERRE BOUCHOTTE.
Casse! , le i3 septembre 1798 , l'an i de la République une et indivisible.
;,B chÉRAL JOVRDAX AU MINISTRE DE LA ePK/l«K.
J'ai reçu , citoyen ministre , les lettres de service de général en chef de l'année des Ardennes que vous m'avez adj-essées et je tâcherai de répondre à la confiance du Conseil exécutif par mon zèle , mon courage et mon dévouement à la chose jiublique, et, quoique j'aie été blessé à Hondschoote , j'espère pouvoir partir dans trois ou quatre jours pour me rendre à ma nouvelle destination.
Conmie il est essentiel au bien de la République et à la gloire d'un général (pi'il soit entouré par des vrais républicains et des citoyens éclairés qui aient sa confiance, je vous ])rie de m'autoriser à mener avec moi pour mon adjudant général le citoyen Ernouf', adjudant général de la première division du Nord et
'" Jean-Augustin Ernouf, né à Alcuçon ( Orno) le ag août 175.S, lieutenant au 1" bataillon des volontaires de l'Orne le 9,4 septembre 1791, capitaine le aa mars 1799, aide de camp du général Bartlicl à l'armée du Nord le 5 mai 179^, adjudant général chef de bataillon le .3o juillet 179;!, puis chef de brigade, général de brigade provisoire et commandant du camp de Cassel par arrêté des représentants Duquesnoy et Hentz le 1 6 septembre 1793, confirmé le 90, chef d'élal-major
de l'armée du Nord le 3o septembre 1 798 , général de division le a 9 brumaire an 11 (la novembre 1793), suspendu en nivôse an II (décembre 1793), chef d'élal-major de l'armée de Sanibre-et-Meusc le 1 6 messidor an n (4 juillet 1794), directeur du dépôt de la guerre le 96 fructidor an 1 (19 septembre 1797), chef d'état-major de l'armée du Danube le 99 vendémiaire an vu (i3 octobre 179H), inspecteur général d'infanterie le 5 thermidor au ix (ili juillet 1801), capitaine général de la
[iSsBPT. 1793.J CORRESPONDANCE MILITAIRE DU COMITE. 137
qui est pinployé h Cassel. JVspèi-e que vous voudrez Lien ne pas me refuser celle grâce à laquelle je niels le plus grand prix*''.
JocaDAN.
(Orig. , Aicli. de la (fuerrp, ariiice du Nord).
Dl'NKEnQUK, l3 SEPTEMBRE 1793.
LES UEPRÉSENTAMS TBULLARU, BEBLIKR ET IlENTZ AU COMITE DE SAI.liT PUBLIC.
Dunkerque, i3 septembre, l'an II de la République une et indivisible.
TRVUARD, BERUER ET UEXTZ, REPRI1SE\TAXTS DV PEUPLE PRES L'ARMEE DO XORD , À LEURS COLLÈaV ES COMPOSAIT LE COMITÉ DE SÀLVT PUBLIC''*K
Nous vous invitons, citoyens nos collègues, de porter sérieuseinenl votre attention sur révdiieinent dont nous allons vous entretenir.
\ji lendemain de la déroute de l'ennemi nous allions dans le camp qu'il venait d'abandonner, nous occiq)ant du soin de faire transporter dans la ville les canons, les caissons, etc. , avec le citoyen Deschamps, envoyé comme commissaii'e du Comité de salut public'*', ainsi que le général I>andrin et ses aides de camp et l'escorte militaire, sans laquelle quelques généraux affectent de ne jamais sortir. Nous fûmes étonnés , au milieu du chemin, de voir une (l'oupe lunudtueusc venir il nous; c'était le général I>anitrin qui liiisjiit Irahier devant lui comme un criminel le citoyen Deschamps, qu'il avait fait désarmer et démonter, quoique ce dernier
Guadeloupe le 17 ventôse an xi (8 mars i8o3), membre de la Lésion d'honneur le 1.5 pluviôse an xii (.5 février i8o'i) et fJ^alKl^)lli(•ie^ le sa prairial (1 h juin 1 8'>,'i ) . rend la Guadeloupe auï Aii({laislc G lévrier 1810, dél)ar(|ue à Morlaix le :i 7 avril 181 1, mis en arrestation le 18 juillet suivant, relâché en juin 1 81 3 et exilé à cinquante lieues de Paris, n'-hnbilité le '1.5 juillet 181 4, chevalier de Saint-Louis le 90 août suivant . iiispecleur ([éiicral d'inlaiiterie le 3 janvier iHt."), deslilué par \a|)oléoii le aO avril 181 5, rétabli dans ses droits et SCS propriétés le 1" août 18 15, député de rOme le aa du même mois, baron et commandeur de Saint -Louis le .3 mai 1816, député de la Moselle le 4 octobre 1816, conimandanl de la 3' divion militaire (Metz) le 1 1 novembre 1816. retraité le !! 1 juillet 1818, mort i Paris le i a septembre 1837.
''' Au lias se trouve la réponse auto- (jraplie de Bouchotte : itLe Conseil a entendu avec satisfaction la bonne conduite que vous avez tenue dans les attaques multiplias qui ont eu lieu depuis le 5 du mois; il savait en vous nommant ((cnéral en chef de l'armée des Ardennes, qu'il avait fait un [bon] cboix. Soyez bientôt rétabli de votre blessure ; la chose publique ne peut qu'y gagner. Ernouf riîcevra une lettre de service pour l'armée des Ardennes. n
■'' l.'elte lettre toute militaire n'a été qu'analysée dans le recueU Aulard (VI, 465).
'' Cf. sur ces commissaires du Comité de salut public lu lettre du a3 août 1793, p. 35. — Descbainps était reparti pour l'armée du Nord le i a septembre en compagnie de Joseph Quincy. (Cf. Aulard, VI, 46o.)
138 CORRESPONDANCE GÉNÉRALE DE CARNOT. [i3 sept. 1798.]
lui eût dit qu'il était un envoyé du Comité de salut public et que sa mission avait pour objet des renseignements à donner sur les armées. Vous verrez , par la pétition que nous a adressée le citoyen Deschamps''', les détails de la querelle. Mais, quoi qu'en soit le principe, en supposant même que ce jeune homme ait l'empli sa mission avec morgue ou inconsidérément, ce qui est possible, nous ne pensons pas moins qu'il est dangereux de laisser une division entre les mains de Landrin.
Nous voyons dans sa conduite et dans celle de ses aides de camp une inquiétude, une aversion bien manifeste à l'occasion de la surveillance de leurs actions. L'homme qui fait bien aime à avoir des témoins , l'intrigant se soustrait aux regards. Nous y voyons un despotisme bien caracléi'isé , car, au lieu de se plaindre à nous, puisque nous étions à une centaine de pas, il a commencé par se faire justice en iaisant arrêter lui-même l'honmie dont il se prétendait insulté, l'homme revêtu d'un caractère qui ne le mettait pas dans sa dépendance.
Nous avons reconnu dans son langage l'animosité, la passion; il nous a dit que si nous ne punissions pas le jeune homme, qu'il voulait faii-e ti'aîner en prison, il donnerait sa démission. Nous n'avons pas cru devoir statuer, au milieu du chemin, pour ne pas retarder l'opération plus importante qui nous occupait; nous avons fait rendi-e les armes et le cheval au jeune honmie, qui est retourné à la ville, et voici notre détermination.
Nous n'hésiterions pas d'ôter le C07nmandement de la division à ce général , mais nous ne savons qu'en faire , et puis nous ne connaissons jias assez les généraux de cette armée poui- être sûrs du choix d'un successeur; enfin les nominations provisoires des représentants du peu])le font un ti-ès mauvais effet , quand elles ne sont pas confirmées; nous aimons mieux que vous fassiez nommer par le ministre. Dans des temps ordinaires nous ne verrions pas de jnotifs suffisants pour la destitution de ce général , mais on nous a dit que cet honmie était une âme damnée de Moretonel de Reurnonville; l'un de nous l'a vu dans l'état-raajor de Custine dans l'armée du Rhin; il s'est conduit avec beaucoup de morgue; tout cela doit nous faire craindre de rencontrer encoi'e un de ces hommes audacieux qui ont tant abusé de l'autorité. Il vaut mieux sacrifier un homme à des soupçons, que d'exposer la chose publique'"'. C'est à vous à faire vérifier la conduite politique de cet homme jusqu'à présent'^*.
'" Le 10 septembre Deschanips avait écrit de Dunkcrque aux représentants Truiiard, Beriier pt Hpniz, pour leur exposer les détails de sa querelle avec le général Landrin. (Orig. , Arrh. nat. , AV 11 a38.)
'^' Le même jour, en efTcl , les rcpréseiitaiils deslitcièrent le général Landrin et enjoignirent à celui-ci de renicllre le coiniiiaiidement do sa division au général Carrioii. (Arch. nal., AF ii a.SS.) Ils on avcitirenl aussitôt le Comité de salut pulilic. »Dcs inquiétudes que l'on a données au-
jourd'hui sur l'élal du camp commandé par ce général nous ont porté à le suspendre.^ (Orig., Arch. nal.. AF ii a38.) Us prévinrent également leurs collègues au quartier général de l'armée du Nord et leur exprimèrent leurs soupçons sur le civisme de l'adjudant général Gay de Vernon. ((;i'. Foucarl et Finot, n, 197.)
'■''' Le général Landrin écrivit , le 1 3 septendiro, au (Comité de salut public (orig., Arrli. nat., AF 11 !i38) :
(tJe viens de recevoir à l'instant votre lettre qui m'annonce ma suspension provi-
[i3 SEPT- 1793.] CORRESPONDANCE MILITAIRE DU COMITE. 139
Nous vous indiquons les généraux de celle armée qui nous paraissent dislingués. Le générai Gamon, coniniandanl à Bei-gues, est un généi'al vraiment sansculotte; il a su|)érieui-ement monté l'esprit public dans la garnison de cette ville, qui s'est signalée dans l'attaque d'Hondsclioole et devant les murs de la place; il est général de brigade. Le citoyen Lemaire''', commandant d'un bataillon de volontaires qui est à Bergues, s'est montré dans les attaques avec une bravoure et un sang-froid que tout le monde admire et qui n'a pas peu contribué à nos succès. Le général Soubam, qui est ici, ne mérite que des éloges poui- son civisme et sa bravoure : (piand voire pi-emière lettre l'avait destitué de ses fondions de commandant à Dunkerque''', il ne s'est ])as moins dévoué à la défense de la place en sous-ordre et a bien laissé voir qu'il n'avait devant les yeux que la chose publique.
Sîdut et fraternité, Tblllard, T. Berlier, Hbntz.
(Orig., Arcb. nat., AF u i38.)
soire. Coinine les motifs m'en sont inconnus, je ne crois pouvoir mieux faire ([ue de m'adresser à vous pour les roimailre. Élevé au grade de gênerai, j'ai fait mon possit)l(> pour en remplir les fondions et pour donner des preuves de mon allaciiement aux inlcH^ts de la Itépahlique. Aujourd'hui je me vois force de m'en séparer, en attendant que l'on me rende justice. Allant en ce moment pn>ndre tna route sur Douai pour m'y fixer, je vous demande de pouvoir seulement aller vingt-quatre heures à Paris.
<rl)unkerque, ce i.l septembre, a' de la Répiiliilqiie une et indivisible.
«Salut et fraternité,
irLc républicain,
<rLlNDIII!C.»
En If te de cette lettre , Camol a écrit ces mots : fiA placer, ji
'■" Hippolyte I^maire, ne à Joinvillc (Haute-Manie) le i3 août 176.3, fils d'un tanneur, soldat au régiment de Normandie le 3 janvier 17H3, retiré en 1790, chef du 1" bataillon des volontaires de la Haute-Marne le 17 septendire 1791, destitué par Duquesnoy le i" rnictidor au M (18 août 179'!) pour avoir frapp/' un volontaire pendant le sii^ge du Quesnoy, ac-
quitté à Lille par le conseil de guerre le 3 ventôse an ni (ai février 179.")), réintégré le 18 thermidor an iv (5 août
'" En effet, Souliam, que Bourhotte soupçonnait de mollesse (cf. lettre à Houchard, du 3 septembre 1793, Arch. de la guerre, armée du Nord), avait été remplacé dans le connuandenient de Dunkerque par le général Ferrand. Houchard exprima ses regrets au ministre par une lettre du ."> septendire el constata avec mélancolie la situation délicate faite aux généraux. fJe voudrais, citoyen ministre, vous voir ici pour que vous puissiez vousmême juger nos généraux cl vous convaincre de l'espèce d'inanition dans laquelle • ils se trouvent par la crainte de leur responsabilité. Alors vous sentiriez véritablement notre misère et notre embarras sur ce point. BareinenI il se donne un ordre cju'il ne soit suivi de refus d'accepter un coiiimandemcnt trop étendu ou d'observations minutieuses sur les détails des opérations. 1 (Orig., Arcb. de la guerre, armée du Nord.) — Le 6 septembre le (Comité de sfilut public, sur les explications fournies par Duquesnoy, arrêta (pie Soubam H'pn'iidrait provisoirement le commandement de Dunker<|ue. (Cf. Aulard, VI, ^9.1 et ^90.)
CORRESPONDANCE CÉNÉRALE DE CARNOT. [i3 sept. 1798.]
ARnAS, iSsEPTEMUnE 1793.
LKS REPRÉSENTANTS ÉLIE LACOSTE*" ET PEYSSARd'^' AU COMITÉ DE SALUT PURLIC.
Arra8, le i3 septembre 1793, 9* delà République.
LES RBPRÉSEUTAyTS DV PEVPLE PRES L'ÀRMÊe DV NORD AV COMITÉ DE SALVT PUBLIC^^K
Nous ne venions que d'arriver du camp de (!avi-elle lorsque des df^pntés du conseil de l'administration du district de Cambrai vinrent nous annoncei' hier au soir la nouvelle que la garnison de cette ville , sorlie presqu'en entier- pour aller se réunir avec une partie de celle de Maubeuge, et (juelques dëtachements de la garnison de Douai avaient été presque taillés en pièces entre Haspres et Avesnesle-Sec. Cependant les mêmes députés nous disaient qu'un instant avant leur départ de Cambrai un caporal du /»' bataillon des fédérés, qui airivait couvert de blessures, avait assui'é que nos troupes, qui avaient été dans le plus grand désordre, s'étaient enfin ralliées sous le canon de la place de Bouchain'*'.
W Elle Lacoste, né à Monlignac (Dordogne) le 18 septembre 1745, médecin, député de la Dordognc à l'Assemblée législative et à la (Convention, membre du comité de sùrelé générale, mort à Montignac le aG novembre i8o(! (renseignemenls dûs à M. A. Kuscinski). 11 avait été envoyé on mission à l'ariDée du Nord le af) juillet 171)8. ((X Aulard, V, S-^li.)
(" Jean-Pascal Cliarles de Peyssard (Charles est le nom patronymique), né à Peyssard ( Dordogne) le 9 septembre 1755, garde du corps, maire de l'érigueux en 1790, député de la Dordogne à la Convention, mort à Peyssard le a 5 octobre 1808 (renseignements fournis par M. A.
Kuscinski). Il avait été envoyé à l'année du Nord le 37 jullet 1798, en remplacement de Roux-Kazillac. (Cf. Aulard, V,
''' Celte letlre n'a élé qu'analysée dans le recueil Aulard, VI, 463.
'*' Voici le récit de cette malbeureuse sortie du la septembre 1793, fait par le général Dcclaye lui-même (orig. , Arch. de la guerre, armée du Nord) :
r Rapport de l'ajfnire du 1 a commandée par le /général Uerlati^-, d'après let ordre» du i;énéral en chef llouchnrd et du ifénéral de diiision Ctidiii,
(T D'après les ordres du général, je suis sorti de Cambrai le la à minuit pour pouvoir attaquer à la pointe du jour, conformément aux ordres du général (iudin.
J'avais avec moi environ deux mille cinq cents hommes d'infanterie et environ deux cent cinquante hommes de cavalerie; mes pièces de position consistaient en six jùèccs de 4 longues et deux obusiei-s de 8 pouces; mon infanterie était divisée en deux brigades, commandées : la première, parle chef de brigade Bocquel , du 83', et la seconde, par le chef do brigade Dusaussay, connnandant le bataillon de l'Aube. Comme aucun de mes bataillons n'avait de pièces de bataille, j'avais donné à chaque brigade une pièce de 4 longue et une de 4 de bataille, et comme jo n'avais qu'un détachemont de cavalerie et (pie je devais agir dons un pays très découvert , j'avais donné deux pièces de 4 au citoyen Raindre , capi-
[t3 SEPT. 1793.] CORRESPONDANCE MILITAIRE DU COMITÉ. l'A
Nous «joutions ilaulanl plus de loi à cptie seconde nouvelle, que nous ne pouvions pas nous imaginer que la maladresse et Tignorance eussent fait sortir en entier une garnison composée de h ou 5,ooo hommes et qu'on l'eût faite marcher sans la faire prjScéder de quelcjues détachements pour éclairer les mouvements de l'ennemi et la faire re])lier devant des forces supérieures. Cependant il nous restait quelque -sou|)çon que le général Declaye, commandant la jdace de Candmii, ne fût coupable de j)erliflieou d'une ignorance véi-itablement criminelle. Son projet avait d'autant plus de publicité qu'une ordonnance qu'il nous avait envoyée avant-hier au soir annonçait celle sortie pour la luiit, et que l'ennemi, ([ui ne manque ])as d'espions, pouvait être facilement instruit de la marche de nos troupes. Ces sorties combinées des dilTérentcs garnisons avaient pour but de faire
laine d'arlillorie Ipijoro, |)otir les faire servir en artillerie lc(;èrc; j'avais iiionlé ses raiioniiiers cl (oui disposé pour col o(Tel. J'ai rencontré l'ennoini entre Rieux et Avesiies-lc-Sec ; il ne nie montrait que de la cavalerie.
(tJc l'ai ranonnc vivement cl l'ai forcé de quitter la position dont je me suis emparé de suite. Je l'ai rliassc de poste en poste jusfpi'à Villers-en-( «lucliies , 011 il était plus nomlireux, et sur la liautour duquel il a fait son rassemlilement. La canonnade les a forcés sur plusieurs points. Toujours mon [M-tit corps de troupes marrliail très en ordre et chassait l'ennemi avec licauroup de vigueur. J'ai fait attaquer Villersen-Cauchies; l'ennemi s'y défendait. Je me suis déleruiiné à l'enlever de vive force et je l'ai fait prendre la liajonnnetle au bout du fusil et à la fhar(;e. L'ennemi a été forcé et a fui de loule part et je me suis trouve à la vue de leur camp; et, si j'eusse eu de la cavalerie nécessaire pour soutenir mon infanterie en plaine, j'étais sûr de les forcer dans leur camp; mais je n'avais en cavalerie que ce qu'il me fallait pour me faire éclainT et llaiiquer, et d'ailleurs, d'apn-s le (jénéral , les ordres étaient de me borner à de fausses alta<|ues vers le camp de Solesmes; et comme j'étais (irévenu qu'il marrliail à moi en force, surtout en cavalerie , et que ma position |m)uvait être tournée et ma retraite coupée, je me suis dctenniiié, d'apn'-s l'avis de plusieurs oUlcii-rs supérieurs, à prendre la position d'Avesnes-le-Sec. Ma retraite
n'était que de deux cents toises : je l'ai ordonnée. Mes ordres étaient très précis de la fain- très eu ordre et d'une manière militaire. J'ai dotuié ordre aux pièces de position de mettre en batterie sur les points de ladite position; el, pour proléger mon infanterie qui devait pas,ser dans un basfond, j'ai fait porter mon peu de cavalerie en avant avec les deux pièces d'artillerie légère. L'eimcmi nous tournait par la droite el par la gauche; j'ai été atla(|ué par la cavalerie de toute part. L'infanterie s'est bien conduite, la cavalerie s'est de même bien conqiortée ainsi que l'ariilleric, sauf quelques oITiciers et des canonniers de ce corps ijui doivent essuyer de grands reproches, mais la plupart des charretiers sont des lâches; ils ont coupé les traits des chevaux, se rarhaient sous les pièces en ne s'occujiant ([ue de leur fuite pi'rsonnelle , et ont, par celle conduite liiche cl criminelle , abandonné le peu de lH>uches à feu à l'ennemi , ce qui a jeté le désordre dans l'armée , qui n'a cessé de se montrer le mieux qu'il lui a été possihle; mais, s'élanl trouvée beaucoup inférieure eu nombre, elle a été obligée de se retirer. irLe conseil de guerre s'occupera de ceux qui, dans cette occasion, n'ont pas montré tout le courage et le lèle des républicains, [)our les livrer siir-le-chanq» au glaive de la loi.
-/>« jjénêrnl île brigade
rommandaiit en rhef
Cambrai et arrondiiieinenl.
(rDECI.AlE.ll
142 CORRESPONDANCE G1':NERALE DE CARNOT. [i 3 sept. 1798.]
faire une diversion du côté de Lille. Son ulilité paraissait ëvidente , mais la perfidie a loiu-né à notre j)erte les niouvcnienls qui devaient avoir le plus grand succès.
Vous trouverez ci-incluses les lettres que nous avons écrites au conseil général du district de Gainbi'ai et au général d'Avaine , et la réponse que cet officier vient de nous faire sur le rapport de Ransonnet, l'un des chefs de brigade de la division de Gavi'elle. L'on ne ])eut |)lus douter que la journée d'hier n'ait été très malheureuse. Vous verrez, dans la lettre de ce dernier officier, que le général Declaye est rentré à Cambi'ai et qu'une ordonnance a ajouté qu'on tenait un conseil de guerre à son égard'''.
Nous ferons tond)er le voile qui couvre cette perfidie, car on ne peut pas se i-efuscr de croire (pie la trahison n'ait occasionné ce désastre. C'est dans un l'avin que nos troupes ont été presque toutes taillées en ])ièces, sans jiouvoir se défendi'e. Il était facile de se replier sur la gauche et de faire une jonction avec les détachements de Maubeuge et de Douai.
Nous avons fait partir tlans la nuit un courrier extraordinaire pour le général Houchard, qui est instruit des événements et <{ui ne manquera pas sans doute d'envoyer du renfort au restant de cette garnison, qui n'est que de trois à quatre cents hommes.
Nous avions demandé au général d'Avaine quinze cents hommes, dont la réunion avec le 7' bataillon de l'Yonne, la garde nationale et le reste de la garnison, pourrait défendi-e la place jusqu'à l'arrivée des nouvelles troupes que le général Houchard ne manquera pas d'envoyer. Le général d'Avaine nous observe avec
'"' Le général Dcclayo était, en elTct, rentre ie i a sepicmbro au soir à Cambrai. Le lendemain il dut venir rendre romplo de sa conduite devant le romitn oanibrésien de salut public. Accusé d'impéritic i)ar ses soldais échappés au massacre, par Cornu, commandant Icmporaire de Bouchain, par Marceaux, administrateur du district, qui l'avait accompagné , il essaya en vain de se disculper et de rejeter sur l'indiscipline des canonniers et la l.-iclieté des cliarreliers la resjmnsabilité du désastre. H n'en fut pas moins traduit devant un conseil de guerre, qui le fit arrêter et envoyer à Arras devant les commissaires de la Convention. Pendant ce temps, le minislr(i Boucliotte écrivit au général Declaye, te 16 septembre 1793, la lettre suivante (minute autographe, Arrh. de la guerre, armée du Nord) :
«La défaite de la garnison de Cambrai, citoyen, a donné des inquiétudes aux patriotes, que vous devez désirer de voir dis-
siper. Du moins j'en juge ainsi, puisqu'on vous a représenté jusqu'à présent comme nu citoyen attaclié à la liberté. La (jonvcnlion nationale envoie le citoyen Laurent, représentant du peuple, prendre connaissance des faits. Il convient que vous restiez on arrestation et que vous n'exerciez aucune fonction jusqu'à ce que les faits soient éclaircis. (Je sont les intentions du .Conseil, auxquelles vous devez vous conformer. Le citoyen (Jliapuy, général de brigade , se rend à Candjrai pour prendre le commandement de la place. Vous voudrez bien lui remettre les papiers et renseignements qui en dépendent.))
Declaye fut conduit à Paris, mais, au lieu de le traduire devant le Tribunal révolutionnaire, le gouvernement lui confia, le g brumaire an n (3n octobre 1798), le commandement de la ville de Lyon. (Cf.
H. Wallon , Le général Declaye, commandant ta place à Cambrai et à Lyon en 1 ygS , et A. Chuquet, Hondichoole, chap. xi.)
[i3sBPT. 1793.] COKRIiSl'OlNDANCE MILITAIRE DU COMITE. 1^3
raison qu'il a des postes Ir^s iin|)ortanls à garder et qu'il ne |)eiil |)as délacher de ses forces, el nous allons on demander de la garnison de Donai, qui ]>oui'ra fournir quelques détaclienients.
Au milieu des peines que nous causent ces malheureux événements, la nouvelle'({ne vient de nous donner le colonel Antoine en adoucit un peu l'amerlume. Cet officier nous rapporte qu'il y a eu une attaque d'observation du côté de Pont-à-Marc([. Le canq) de Menin a été altaqué et forcé par les troupes du canq) de la Madeleine. L'ennemi a battu en retraite'''. Le y' régiment de nos hussards a chargé les hussards noirs hollandais, dont un de nos braves soldais a enlevé l'étendard, qu'il a porté dans Lille'*'. L'ennemi est en déroule sur Pont-h-Marcq , Menin et Courtrai, et il a perdu beaucoup. Ces nouvelles nous sont données comme certaines par le colonel Antoine, qui est arrivé de l'affaire qui a eu lieu de ce côté.
Nous aurions désiré , citoyens nos collègues , élre dans le cas de ne vous transmellre que l'histoire de nos triomphes ; mais vous savez que la victoire ne se fixe pas toujours au gré des amis ardents de la liberté. Les dispositions des habitants de ces dé])artemenls nous assurent pourtant (pie ces Irionqihes de l'ennemi ne seront pas de longue durée et que nous l'écraserons bientôt sous la masse de nos défenseurs'''.
Elie Lacoste , Peyssard.
(Orig. , Arcb. de la ipicrrc , armée da Nord. )
<•' Le i3 soplcmbrc 1798, les gcnéraui d'Hédouvillo ol Dumesiiy s'claienl emparés do VVervicq , el , sulidemcnl iiislallés dans ce |)oslc , avaient repoussé toutes les attaques des Impériaux, conduits par le prince Frédéric d'Oraii(je , qui était lonibé grièvemcnl blessé. En même temps, le général Béni avait enlevé Halluln, el, culbutant tout sur son passage, il était entré dans Menin, chassant devant lui les Hollandais ('-pouvantes |)ar la furie française. Malheureusement nos troupes souillèrent leur victoire par le pillage el renouvelèrent les déplorables excès que nous avons déjà enregistrés lors de l'expédition de Fumes (cf.
I. II, p. ti97 à 'J9(j), et contre lesquels protestaient vainement les généraux et les représentants du peuple. (Cf. A. Chuqucl, Hondichoote , aG4 et suiv.)
'*' Ce drapeau fut pris par un chasseur du 6', Léon Brunel , de Troyes.
"' On lit en tête : trRcfu le 19 sep-
tembre.» — Le Comité de salut pulilic répondit aux représentants en ces termes (minute, Arcli. nal. , AF n 938) : wLe vrai patriote, citoyens collègues, ne se laisse jamais abaltrc et les revers, loin de le décourager, ne feront (ju 'enflammer de plus en plus son courage et l'élever au-dessus des obstacles, surtout (juand il saura que l'on purge nos armées des traîtres qui les infeslaieni et qu'on les })unil. Vous pouvez aisément juger de la désagréable sensation qu'a éprouvée le Comité à la lecture de votre lettre du 1 3 septemlire el des pièces que vous y avei jointes. Il ne négligera aucune des mesures de sûreté qu'exigeront les circonstances; il compte sur voire constante application à pourvoir à tous les besoins de la République , suivant l'étendue des pouvoirs qui vous sont délégués, n — On trouvera dans Aulard, VI, 463, une autre rédaction de cette réponse du Comité aux représentants Elie Lacoste el Peyssard.
1/iA
CORRESPONDANCE GÉNÉRALE DE CARNOT. [.3 sept. 1798.]
SARREBRUGK, l3 SEPTEMBRE 1793.
LE GÉNÉRAI, RALTlIAZiR SCIIAUENBURG AU COMITE DE SAI.UT PUBLIC.
Analyse. — Il a visité tous les posles de Sarrebruck à Sarrelibre, el il a fail sorlir (le celle dernière |)lace pour camper sur un i-aiijj en arrière de Reiing le a* bataillon du i o3' régiiiienl el mis la garde citoyenne en réquisition. Li nouvelle levée du district de Sarrelibre esl bonne; celle du district de Boulay est liés faible. 11 peut rendre un compte des plus satisl'aisinls des districts de Sarreguemines et de Moiliange, qu'il a organisés le lo el qui sont nombreux, nerveux, bien disposés el presque un tiers armé de fusils. 11 s'est rendu près des généraux du coi-])s des Vosges el a fait avec eux les dis|)osilions pour attaquer Kellerich, le la, à quatre lieures du malin. 11 vient de recevoir un cotirrier du général Moreaux ''' annonçanlqiie, le i-2 , il a rencontré l'ennemi à la jonction des routes de l'irinasens à Deux-Ponis, par Fening el Kellerich, qu'il l'a repoussé et a ensuite battu en reti-aile, sans être inquiété ''>. Un de ses éniissaii-es lui a dit avoir vu à Kaiserslaulern un camp de 12,000 Prussiens el Autrichiens. «Cet espion m'a encore dit qu'il venait d'être défendu aux paysans de laisser boire leurs bestiaux aux puits établis dans les campagnes, allendu qu'on allait les empoisonner pour l'arrivée des Français.» Le général Villionne C' a attaqué l'ennemi h (juatre heures du malin el l'a débusqué de tous ses postes. ( Orig. , Arch. de la guerre , année de la M oselle.)
(') Jcan-Rpiié Moroaux, né à Rocroi (Ardcnnes) ie i4 mars 1768, pnj;aj;é au réijinienl d'Auxcrrois-Infanlprie le T'inars 1776, grcnadipp le i" janvier 1777. lilessé d'un coup de feu à ia jaiid)e droile à l'affaire de Sainle-Lurie le iSdéceinhre 177H, oon(;édié le 16 novembre 1779, entrepreneur de bâtiments el de travaux du (;cnie militaire à Rorroi , commandant de ia {jarde nationale de celte ville le 31 septembre 1789 el en second du 1" bataillon des volontaires des Ardennes le ao septembre 1791 , général de brigade le i5 mai 1793 cl de division le 3o juillet suivant, commandant du corps des Vosges le 6 septembre 179S, général en chef provisoire de l'armée de la Moselle le 'iS juin 179'', mort à Thiouville ie 93 pluviôse an m (10 février 179.'>). — • Cf Léon Moreaux, Le général limé Moreaux et l'année de In iWo«c/fe,- Paris, i886,iu-i8.
W Cf. sur cette all'airedu 13 septondire 1793, Léon Moreaux, p. 44, et A. Chuquet, Wisspiiiboiirg , p. iCo.
(1) Pierre-Justin Marchand de Villionne, né à Fonlaineldeau le 3o mai 1760, tils d'un entrepreneur des ponts et rliaussées, deuxième lieuleuant des grenadiers postiches dans le régiment de Brularl le 36 janvier 1739, lieutenant au régimcnl des recrues de Sens le 1" octobre 1768, capitaine le 3o octobre 17C9, chargé, le 9 novembre 1769, d'une mission secrète pour l'de Bourbon, part le 98 décembre suivant et rentre à Brest le )3 mai 1778, attaché aux troupes légères le 38 juillet 1773 et au i" régiment de chasseurs le \l> avril 1779, major du 4* chasseurs le 9 I août 1 784 et du 9* chasseurs le 1" mai 1788, colonel du 55' d'infanterie le 5 février 1799, général de brigade le 8 mars 1793, suspendu de ses lonrtions le 4 octobre 1793 ])ar les représentants à l'année de la Moselle, autorisé à ]>rendre sa retraite le 9 frimaire an ui (99 novembre 179'!), reiraitéie ao pluviôse an m (8 février 1795), mort à la Chapelle (.Seine-et- Marne) le 99 juin i8i3.
[i3 sEi-T. 1793.] CORRESPONDANCE MILITAIRE DU COMITÉ. I'i5
SIGKAN, l3 SEPTKMBRE 1793. LK GENERAI. PUGET-BAHBAfiTANE,
COMMANDAM DE L'ABMÉE DES PYRENEES ORIENTALES *'*, AU COMITÉ l)K SALUT PUBLIC.
Analyse. — Il mande quepiiisé de f'atiguo, il a donné s;i démission el va se rendre auprès dn Comité '*'. Queiqnes habitants de Perpig-nan lui l'ont le reproche
'" Le 11 sopicmbro i79'5, Ip ([encrai l'uffet-Barbanlano avait fait la |)rodainalioii suivante à ses soldats (copie, Arcli. de la guerre, armée des Pyrénées orientales):
(tAu iiuartier géoérat de Sigean ,
le 1 1 septembrr 1 798 ,
l*an 11 (lp la République franraise.
v Le général en chef de l'armée dei Pyrénéei orientale» à ici frèret d'amie» compotanl ladite armée.
(T Soldats,
rrDes prisonniers espagnols onl été maltraités; quelques-uns même sont tombés au milieu de vous, victimes de la fureur du premier mouvement. Combattre des ennemis, les exterminer, n'en pas laisser un del)out sur le champ de bataille, est Tarlion d'un brave ri'pubiicain; mais (|uiconque massacre un prisoiuiier attente à l'iuimanité, qui ordonne de ne voir qu'un homme dans un ennemi désarmé. Réprimez donc désormais de pareils excès et dénoncez-les à la sévérité militaire.
ffll est parmi vous, soldats français, un autn' genre d'ennemis, qui doivent vous être encore plu» en horreur; ce sont ceux qui, par de faux rapports et plus encore par leurs actions, cherchent à imprimer la frayeur dans l'esprit du soldat et répandre de tous ciMés le désordre, par l'exemple de la plus honteu»<> lâcheté. Si le succès des armes de la République, votre salut, relui de ce que vous avez de plus cher vous lient à c<pur, restez fermes à voire poste le jour du combat; entendez avec mépris et immobilité les crLs tumultiiaires des fuyards; c'est le courage tranquille, le bon ordre <|ui (ixe la victoire, et d'ordinaire la licloire est peu sanglante; au coutniirc la mort marche avec la déroute; tout déni.
vient des obstacles à des vaincus, el la peur, celle faibles.sc trompeuse, conduit au mal qu'elle semblait l'aire éviter. Vous vous convaincrez aisément de celte grande vérité en jetant un coup d'oeil sur nos revers el principalement sur la journée du 8, dont le malheureux succès est dû à quelques lâches qui, loin de fondre sur l'ennemi , ne se servirent de leurs chevaux que pour accélérer leur fuite. Je puis vous donner la satisfaction d'apprendre qu'une pareille conduite ne restera pas désormais Impunie. Un tribunal militaire est organisé par les soins des représentants du peuple. Arrêtés, conduits à Narbonnc avec humiliation, plusieurs d'i'ulre eux vont bientôt subir les peines qu'ils ont méritées. ffQue vous êtes dill'érents de ceux-là, braves républicains, à qui la pri\alion ne cortte rien pour la liberté! Peut-on voir sans émotion le calme, la gaieté même avec laquelle vous supportez les rigueurs d'un liivouar prolongé? Votre dévouement sera connu de toute la République el ajoutera à la jouissance (|ue vous en res,senlez déjà. Pour nmi, votre chef par la loi, votre camarade, votre fr«'re d'armes par mes opinions et mes sentiments, je ne cesse de m'occuper avec le» représentants du peuple de l'intérêt général de l'armée; je n'ai (|u'un regret , c'est (jue l'obligation de m'y li>rer entièrement m'empêche d'être nuit et jour à roté de vous. tIom|)tez sur mon aciivitc à mériter aussi bien de la patrie que vous le faites par votre zèle infatigable à la servir.
<rPlOET-BAR».l.XTASE.n
'-' Le la scplembre, Pugel-Barbaulnne avait écrit aux représentants du peuple près l'armée des Pyrénées orientales, pour
IWI'KIIII.BIb SAIIOVAI.L.
146 GORHESPOiSDANCE GÉNÉHALE DE GARNOT. [i3 sept. lyyS.J
(l'avoir li-ansféré de celle ville le quartier général. Il aurait ciii Iraliii- la République s'il n'avail pris ce jiarli.
(Ori(;. , Arcli. de la |;ueiTe, (innée des Pyrénées orientales.)
l3 SEPTEMBRE 1793.
LES GÉMîRAUV BEBU, FAVABT ET GILOT AU (;0MITÉ DE SALUT PUBLIC.
Analyse. — i° Le général Béru ''' annonce la prise de Meiiin et de Wervicq ])arnos Iroupes, et insiste snv la fermeté qu'il a fallu déployer pour empêcher le pillage de Menin '''. (Analyse, Arcli. de la guerre, reg. du Gomité de salut public, G, p. 509). — 2° Le général Favart envoie de Lille un mémoire contenant trois disj)osilifs faits pour les cas d'incendie ou alarmes simples et de bond)ardement'^'. (Orig. , Ai'ch. de la guerre, armée du Nord). — 3° Le général Gilol '*> écrit de Strasbourg qu'après avoir été suspendu de ses fonctions ''' il esl venu dans celle ville, d'où d gagnera Lunéviiie, dès qu'il sera rétabli. (Analyse, Arch. de la gueiTC, reg. du Gomité de salut public, C, p. 5 08).
donner sa démission et recommander le général Dagobert pour son successeur. ( Copie certiliée par lui, Arch. de la guerre, armée des Pyrénées orientales.) Le i3, il annonça à Boucholtc son dépari pour Paris. Le i4, le Comité de salul public arrêta que le ministre de la guerre destituerait sur-le-cliamp le général Barbanlane. (Cf. Aulard, VI, 479.) On le remplaça parle général Turreau.
t" Cf. I. II,p. io5.
'-' Cf. Foucart et Finol, II, 187, et A. Chuquet, Hondêchoote, 367. On trouve dans ce dernier volume le récit du pillage de la ville de Meniii par les Français.
'•'• Le mémoire du général Favart est joint à la lettre.
'" Joseph Gilot, né à Ghalcnay (Isère) le 16 avril 173/i, engagé au régiment d'artillerie de Bourgfelden le u 3 janvier 1750, congédié par grâce le 19 septembre 1701, soldat au régiment Royal-Infanterie le 11 novembre 1761, grenadier le 6 mai 1753, sergent le 5 septembre 1769, fourrier le 1" septemJ)re 176/1, porte-drapeau le i4 avril 1767, sous-lieutenant le 7 juin
1776, lieutenant en second le sa mai 1780 et en premier le J 6 juin 1781, chevalier de Saint-Louis le 12 août 1787, capitaine le 1" juin 1789, capitaine en deuxième le 3 mai 1790 et en pied le i"janvier 1791, capitaine de grenadiers le i5 septembre 1791, lieutenant-colonel du 3a''d'inrautorie le 5 février 1793 , commandant temporaire de Landau le i" juin 1793, maréchal de camp le 6 décembre 1792, général de division le 37 mai 1798, suspendu de ses fonctions le 1 1 septembre 1793, réintégré le 9 pluviôse an ni (aB janvier 1795), commandant la A° division militaire (Nancy) en l'an v, membre de la Légion d'honneur le 19 frimaire an vu (11 décembre i8o3) et commandant le 25 prairial (lû juin i8o4), mort à Nancy le 37 mars 1811. Le général Gilot avait fait les campagnes de 1706 à 1762 et avait été blessé en 1706, au siège de Mahon, d'un éclat de bombe à la jambe gauche.
''' Le général Gilot avait en effet été suspendu, le 1 1 septembre, par un arrêté des représentants Mallarmé, Ruamps, Borie et Niou.
[li SEPT. 179.1.] CORRESPONDANCE MILITAIRE DU COMITÉ.
làl
PARIS, l II SKI'TKMBRE I^qS'".
LE MIMSTRE DE U GliEBRE BOUCHOTTE Ail COMITÉ DE SALUT PUBLIC.
Paris, i4 septembre I7<)3, l'an i" de la République française une et indivisible.
LK mXISTHli DE LA GVEHnS AV.V liEPRIiSE!>TitlTS DV PEVPLK MEMBRES BV COMITE DE SALIT l'L'BLW DE LA COSVEXTWS HATIOAALB.
Citoyens représenl.ints,
J'ai reçu avec voire lettre du 9 de ce mois le plan de campagne propose par le citoyen Malasscz, capitaine au 94* régiment et aide de camp du général Ihler. J"ai examiné ce plan que je vous envoie ci-joint et qui n'est autre chose qu'une vaste campagne d'hiver. Les difficultés que nous avons éprouvées l'année dernière pour les aj)provisionnenienls indiquent ce qui arriverait, si l'on voulait suivre la même marche.
L'essentiel est de repousser l'ennemi du territoire, de faire de simples entreprises pour détruire les magasins , car c'est par la Caim qu'il faut le tuer et non jKis en commençant une opération dont j)ersonne ne pourrait prévoir l'issue.
Un des grands moyens de prendre l'ennemi par derrière et qui est trop négligé, c'est de faire naître des insurrections.
L'armée française n'a pani pei-dre de son audace que parce que les généraux s'appliquaient à la comprimer et à lui donner sans cesse des inquiétudes sur ses moyens et sur ses positions, et vous voyez, citoyens, que les généraux sansculottes savent retrouver l'audace française dans le cœur des soldats républicains •''.
( Orig. , Arch. de la |,nierre , année dn Nord.)
'' Carnol pst présent à la séance du Coinilé. (Cf. Aulard, VT, 677.) Il écrit mi arrêté iixant le prix maiimumde 1,000 livres pour chaque cheval de charroi. Il rédige au.ssi le même jour \k décret de la (ionvontion dispensant les olficiers des troupes à rhcval. ipii se li'ïi'iit on vertu de la loi du aS août, d'acheter des chevaux et de former des équipages de jjuerrc.
(Orig. aut., Arch. nat., C aCg.)
W Les mesures de prudence édictées dans cette lettre par Bouchot te montrent qu'il ne s'agissait plus,rommi' l'année pr<'.cédcnlc, d'ime guerre de conquêtes, mais
J. BonCHOTTE.
d'une guerre de défense nationale. Il fallait sauver les villes menacées par l'ennemi et reprendre celles qui étaient tomt)ées en .son pouvoir. Le décret du a 3 août avait sonné le clairon d'alarme et appelé sous les drapeaux la nation tout entière. Camot, déployant une |)atriotique activité, dressait des plans de campagne, stimulait les généraux, organisait à Paris et dans les départements la faljricalion des armes avec son compatriote Prieur, et déjà la victoire de Hondschootc et la délivrance de Dunkerque avaient été la récompense de ses efforts.
GOURKSPOINDANCE GÉNÉRALE DE CARNOT. [ik sept. 1798.]
SAUMUR, l4 SEPTEMBRE lygS.
LE GÉNÉRAL EN CHEF ROSSIGNOL AU COMITÉ DE SALUT PUBLIC
Au quartier général de Saumur, le i4 septembre 1798, l'an II (le la République française une et indivisible.
nOSSIGXOL, GKMlItAL EN CHEF DES ARMEES DES COTES DE LA ROCHELLE , AVX REPRÉSSSTAXTS DU PEUPLE COMPOSANT LE COMITÉ DB SALUT PUBLIC.
Vous apprendrez, avec la même satisfaclion que nous, que l'échec éprouvé le 5 |)ar l'armée slalionnée à Ghantonnay n'est pas , à beaucoup près, aussi considérahle qu'on l'avail cru d'abord. Il paraît tju'il n'aura d'auti-e suite que d'inspirer aux troupes qui composent celte division le désir d'une prom|)le et terrible vengeance. Le général Ghalbos ''' écrit qu'elle est plus que jamais en état d'agir et que les opérations qui ont élé concertées ne seront pas un moment ralenties'''.
Les rebelles, j)ressés dans tous les sens et partout repoussés, commencent à sentir enfin tout l'embarras de leur position. On nous assiu-e que la terreui- .se répand parmi eux. On ne leur donnera ])oint un moment de relâche; toutes les divisions de l'armée sont en mouvement , et nous allons bientôt leur porter les
(') Alexis Chalbos, né à Cubièrcs (Lozère) le 6 mars 1786, enrôlé volontaire ati réjjimcnt de Norniandio-Infanterie le 1" avril 17.51 , congédié par grâre In G juillet 1755, volontaire au régiment du Roi-Cavalerie le a a septembre 1756, fourrier en 1762, maréchal des logis le iSniars 17G3, porte-étendard le 3i juillet 1767, rang de lieulenant le 17 juin 1770, lieutenant d'une compagnie le aS août 1773, lieutenant en second à la formation du 16 juin 1776, premier lieutenant le 9 septembre 1778, passé au 9° régiment de chevaulégers le ag mai 1779, chevalier de Saint- Louis le 1 3 janvier 1788, passé au régiment de chasseurs de (Juycnne le ) 5 mai 1788, capitaine le 7 juin 1789, adjudant général chef di' bataillon à l'armée de l'intérieur le 9 septeud)re 179a et chef de brigade à l'armée de la Vendée le 8 mars 1793, emjiloyé à l'armée des Côtes delà Hochelle le 3o avril 1798, général de brigade le 0 mai 1798 el de division le aa
du même mois, employé à l'armée de l'Ouest le 6 octobre 1793, commandant provisoire de celte armée le 38 du même mois, prend un congé le \/i novembre 1793, employé à l'armée du Rhin le 5 avril I79'4, non compris dans l'organisation du 1 3 juin 1795, employé à l'armée des Côtes de Brest le 39 juillet 1795, admis à la retraite le 1" janvier 1796, remis en activité le 10 avril 1796, commandant temporaire de la place de Metz le i5 décembre 1799, commandant la a5' division militaire le 1" juillet 1800, admis à la retraite le 8 février 1801, commandant d'armes à Maycnce le 6 juin 1801 , mort à Mayence le 17 mars t8o3. Le général Chalbos avait fait les campagnes d'Allemagne de 1767 à 176a.
^" Le i4 septembre, le généra! Alexis Chalbos partit pour la Châtaigneraie. (Cf. ^Mémoires inédits de Mercier du Rocher, cités par Ch.-L. Chassiu, dans Im Vemiée patriote, III, 58.)
fi5 SEPT. 1793.J CORRESPONDANCE MILITAIRE DU COMITE. l/i9
derniers coups. Nous aurons sans doute demain encore de nouveaux événements; tout nous fait espérer qu'ils seront heureux pour la Répul)lique '''.
Le général en chef, Rossignol.
(Orig., Arch. de la guerre, armée des Cistes de la Rociielle.)
DL.MiEBQUE, 1 5 SEPTEMBRE l'J^'i^'^K
LES REPRÉSENTANTS TRULURl), BERLIER, HENTZ ET DUQUESNOY
AU COMITÉ DE SALUT PUBLIC
LES REfRésEUTÀNTS DO PEUPLE EMVOÏKS PnÈS L'ÀRMKB DU KORD À DONKEKQVB ÀV COMITÉ DE SALVT PUBLIC.
Nous avons nommé provisoirement le citoyen Carrion commandant de l'armée ([ui est (levant Dunkerque. Le citoyen Duquesnoy vient de nous donner sur cet lioiiune des renseig-nements qui nous font Lien changer d'opinion sur son compte '''.
1° Nous apprenons que c'est un ci-devant noble'*'.
a° C'est un intrigant; des intrigants l'environnent. Il a vexé un patriote de
''' Le même jour, le représentant Richard écriiit de .Saumur à la (^invonlion dans des termes analogues (cf. Aulard, VI, 484), et Rossignol écrivit au président de la Convention (orifj. , Arch. nal., C 370) et fit un rapport à Bouchotle sur les affaires du 11 et du 13. (Cf. Chassin, Im Vendée patriote, III, 44.)
'*' (^arnol es( présent à la séance du Comité. (Cf. Aulard, VI, 487.)
"' Le même jour, Berlier et Trullard avaient crril au Comité que l'ordre était rt'labli depuis que le général Carrion commandait le camp entre Fumes et Dunkerque. ((;f. Aulard, VI, 49a.)
"' Le a8 septembre 1798 le général (^rrion écrivil à ce sujet du camp de Rosendael au ministre de la guerre (orig. aut. , Arcli. adm. do la guerre, dossier Carrion): ff L'on m'assure qu'un décret expulse les ex-nobles <les armées de la Ré[)nblique. J'ai la n'piilalion de l'être, quoique mes parents n'aient jamais joui des prérogatives autrefois attachées à la noblesse. M v a
près de trois cents ans qu'ils exercent l'honorable métier de cultivateur et ils ont formé depuis ce temps des alliances avec cette classe (|ue l'on traitait jadis si insolemment de roturière. Cependant l'opinion publique doit être respectée; on veut que je sois noble : eh Lien je vous prie d'accepter tna démission. C'est un sacritice bien grand pour moi d'être obligé de me refuser à servir la République que j'aime tant. La volonté du peuple est prononcée, je vais y obéir, espérant que quelque jour, fort de mes vertus, je rentrerai dans celle grande et courageuse société, triomphante d'un vain préjugé qui n'existerait plus sans la sccléralessf; de la grande majorité des ex-nobles, qui ne sont restés dans les armées de la République que pour mieux la trahir.»! — On lit en tête de ce curieux document ces mois, de la main du ministre de la guerre Boucbotte : » Si la lettre de destitution n'est pas partie, il suffira de lui écrire que le Conseil accepte sa démission.!)
150 CORRESPONDANCE GÉNÉRALE DE CARNOT. [i5 sept. 179.3.]
Bergues; il l'avait fait emprisonner et il ne lui a donné sa liberté que sur des ordres exprès des citoyens Hentz et Duquesnoy, l'un de nous. 11 a gardé à côté de lui, contre les ordres précis de nos mêmes collègues, un nommé Foucault, intrigant , vagabond , officier de ligne , qui n'était pas à son corps et qui se disait envoyé pour une mission secrète de Houchard , qu'il ne remplissait pas '"'.
3" En dénonçant Landrin , il s'est mis en quelque façon en avant pour avoii- sa place ; il rejetait loin les autres officiers qu'on pi-oposait '*'.
ti° Après avoir eu une pai-ole aussi vague de nous , il a prôné qu'il était choisi général , et puis il est venu nous faire dire et nous dire à nous-mêmes que tout Ikrgues et Dunkerque étaient pleins de sa nomination , tandis qu'il savait qu'elle n'était que vaguement en projet , de sorte qu'il nous a en quelque façon forcés de le nommer. Il y a plus : sur les observations et les répugnances que l'un de nous a monti-ées de le nommer en la place de l'homme qu'il dénonçait, il a insisté en mendiant en quelque façon sa nomination.
5° n est résulté d'une dénonciation , qui nous est pai-venue aujoui-d'hui conti-e lui, qu'il a dit que les gendarmes nationaux, qui se sont si bien montrés, sont des motionueurs et qu'il serait fâché d'en avoir dans son ai'mée.
Finalement le citoyen Duquesnoy, au bon sens et aux connaissances de qui nous ajoutons foi , nous assure que c'est un homme qui n'est avancé que par intrigue.
Ces considérations nous déterminent à vous presser de ne pas confirmer notre nomination provisoire , et même à la changer, si vous le jugez convenable d'après les indications que nous vous adi-essons'^'.
Tbdllard , T. Reblier , Doquesnov, Hentz.
P. -S. Le citoyen Duquesnoy, qui connaît ici le local et les hommes, pense que , si vous aviez besoin de nommer des généraux divisionnaires en celte armée , vous pouri'iez jeter les yeux sm- le général de brigade Souham et siu- le citoyen Lépiuay, capitaine du 3" régiment de chasseurs <*'.
T. Berlier.
Le i5 septembre, l'an n de la République une et indivisible.
(Orig. , Arcli. adm. de la guerre, dossier Carrion. — Analyse, Arch. nat. , AF ii a38.)
''' Cf. sur l'adjudant général Foucault lo Rénumé e.rpo»itif de h conduite révolutionnaire de Mar lin-Jean-François Carrion, ex -général de brigade, p. la.
'*' Les rcpréspntanls Trullard, Berlier et Hentz avaient suspendu le général Landrin de ses fonctions le 1 3 septembre cl lui avaient enjoint de remettre le commandement au général Carrion (cf. Rétumé expotilif, p. 3 a).
'•" Celte lettre n'est pas mentiennée dans le recueil de M. Aulard. — Voir à la date du 3o septembre la lettre du Comité de salut public renvoyant ladite lettre au ministre de la guerre.
'*' Ce post-scriplum est de la main de Berlier. — La recommandalioii des représentants était superflue pour Souliani , qui avait été promu divisionnaire le 1 3 septembre.
[i6 SEPT. 1793.] CORRESPONDANCE MILITAIRE DU COMITÉ. loi
AMIENS, 1 5 SEPTEMBRE lygS.