LE COMITÉ DE SALUT PUBLIC AU CÉNÉRAL MONTALEMBERT
Paris, 1(> 17 soplcniljre 1793, l'an 11 de la Republique française'''.
J.KS KKI'RKSESTAMS DV PEUPLE MEMBRES DV COMITÉ DE SALUT PUBLIC AU CITOYEN GÉnéniL MONTALEMBERT.
Le Comité, citoyen, voulant mettre à profit pour le salut de la République les inventions ([ui peuvent y concourir, vous invite à lui
f'' Ces pièces avaient été transmises au Comité, le 8 septembre, par le représentant Couturier.
('' Marc-René, marquis de Montalemberl, né à An(;()ulémc (Charente) ie 16 juillet 1714, cornette au réjjlment de (lontl-Cavalcrle le i"juin i']'A'A, capitaine le 2.5 mars 173/1, capitaine des {fardes du prince de (^ontl le s 8 février 17/1/1, rang de ineslre de camp de cavalerie le 8 octobre 174/1, chevalier de Saliit-Lonis le 1" février 1746, associé libre de l'Académie des sciences en 1747, lieutenant gé-
néral au gouvernement de Saintonge et Angoumois le no mars 17.53, brigadier de cavalerie le 1" mai 1768, maréchal de camp le 90 février 1761, retiré le 9 avril 1783, remis en activité pour continuer SOS travaux sur l'artillerie et les fortiticalions le 37 septembre 1798, général de division et autorisé à prendre sa retraite le •î3 février 1796,. admis au traitement de réforme le 19 octobre 1796, admis à jouir du traitement d'aclivilcle 3o octobre 1797, mort à Paris le 28 mars 1800.
i'' Le même jour, 17 septembre, Mon-
[i 7 SEPT. 1793.] CORRESPONDANCE MILITAIRE DU COMITÉ. 157
communiquer, s'il vous est possible , ie modèle en relief ou à son défaut le dessin côté de l'affût de canon que vous avez imaginé pour
1 usage
les vaisseaux
Les MEMBRgs DU Comité de salut public
CHARGÉS DK LA COURESPONDANCE.
(Miiiule aul. de Carnot Arcli. iiat. , AF ii 36, dosMer n" -igS.)
PARIS, 17 SEPTEMRRE 1793.
LE MIMSTRE DE LA (ilERRE BOUCHOTTE Al COMITÉ DE SALUT PUBLIC.
Paris, 17 srplemkre 1793, »' in la République française uiio el indivisible. lE m;v;stre de i.à «iebuk
MX nEI'llésE\TAyTS DV PEl'PLK MEMBRES DV COMITÉ DE SALUT l'VBLIC.
J'ai reçu, citoyens représenliiiiLs, votre lettre du i4, les deiLV lettres des 5 et 6 , (jui vous ont été adress»îes par le générai Luidi-enionl roncei-naiit les forces et la situalion de l'armée du Rhin. Je joins ici copie d'une lelli-e (|ue je viens d'écrire à ce général et qui servira de réponse aux assertions erronées de ces deux lettres sur la force effective'*'.
lalomlicrl <^^ail riivoyo au ininislre de la ({uerro un mémoire inliliilc : Mémoire »ur let moyen» du notirel étal iléfentif pour rendre toute» le» place» injinimeiit plu» forte», par le citoyen général Montalemhert . (Orij;. , Arcli. dr la (juorre, ri»rr. (jén.)
<" Carnot rédijjpa le l<>ndpinaiii 18 un arrête ordonnant au ministre de la marine de faire ronstruire sans délai un affût d'après les principes de Monlalendiert.
(Cf. Aulard, VI, Ô5«). H avait, dès 1787, exprimé son admiration pour le système de fortilication du (jénéral (rf. Mémoire» »ur Carnot, par son (ils, nouv. édil., i, i46), qu'il protégea pendant la Révolution. Au mois de novembre Monlali'ndtert fut arrêté et aussitôt Carnot lit prendre par le Comité de salut public, le t) frimaire an II (99 novembre 1793), la délibération suivante :
irLe Comité de salut public, instruit par le citoyen Monlalemliert , rliarjfé de faire ronstruire un affût de son invention
piuir la marine, (pi'il a été mis en étal d'arrestation sans pouvoir sortir de son cabinet, ni suivre le travail qui s'exécute dans la cour de sa maison , arrête que le citoyen Montalemhert a pro\ isoireuieut la faculté de se transporter sous la surveillance de ses (jardes dans sa cour ou dans les autres parties de sa niai.son.fl (Minute aut. sig. de Carnot, Arcli. iiat., AK 11 àia.)
Dans la séance du 97 septembre Tliuriot avait présenté à la Convention l'ouvra(;e de Monlalembert, intitulé : IJ'art déj'en»if tupérieur à l'art offeiuif, et Lakanal avait fait l'éloge du général, «notre meilleur officier du génie». [Moniteur, XVIU, 758.)
'" La lettre adres.sée, le 17 septembre, par le ministre de la guerre Boucliolte au gi'uéral Landremont exprime son élonneiiieiit de la désertion (pii s'est manifestée dans son armée. (Arcli. de la guerre, armée du Rhin.)
158 CORKESPONDANCE GÉNÉRALE DE CARNOT. [18 sept. 1793.]
J'avais donné des ordres, il y a ionglenips, ])our faii'e soi-tir des hôpitaux les faux malades.
Les intéressés, propriétaires des maisons démolies autour de Sti'ashourg , en exécution de la loi du 1 o juillet , ne devraient pas trouver un écho dans le général de l'ai-mée pooi- faire parvenii- des mumiui-es qui ne partent pas de bons citoyens.
Ce général vous prie de faire rectifier une erreiu* dans le bulletin du 3o août; je pense que vous trouverez sa demande juste.
Quant à sa proposition de lâter le roi de Prusse pour le délacher de la ligue et lui li\ire reconnaître la Réjjubiique, j'y vois une jiolilique peu éclairée et peu nerveuse. Les despotes ne trailei-onl jamais avec nous (pie dans l'espoir de nous tromper.
J. RoiCHOTTE. (Orij;. , Arcli. de la (.'UiM'rc, ariiiéi' dn Kliiii.)
l'AIIIS, l'y SKl'TKMBHK 1793.
LE MINISTIIE DE LA GtERnE BOUCHOTTE AU COMITÉ 1)E SALUT PUBLIC.
AmUyse. — Envoi de la copie d'une lettre du commissaire des guerres Piel-Chanibelle, datée de Luçon, le 6 septembre, et de la ré|)onse faite par plusieurs commandants de corps à une lettre de Tuncq. ffVous vei'rez par la j)i-eniière le détail de la défaite de cette division et par la seconde les reproches que l'on fait à ce général de son absence de l'armée à l'époque où elle a été attaquée. »
(Ori|;. , Arcli. de la |;ucrrc, armée di'S Côtes de ia Rocliollc. )
WISSEMBOURG, l8 SEPTEMBRE lyCjS'".
LE fiÉ.MÎBAL LAISDREMONT AU MINISTRE DE l,A CUERRE BOUCHOTTE.
Wissenibourg , le 18 septembre 1793, l'an i de la République française une et indivisible.
I.ASDKKUOfiT, (ihliBAI. EN CHEF DE L'JIDIÉE DU IIIIIX , AU MINISTnE DS LA GVgRnE.
Voici à peu j)rès ce qui s'est passé à l'armée du Rhin le 1 1 , le 1 9 , le i3 et le 1 4 du présent mois. Mes occupations ne m'ont pas permis de vous eu faire plus tôt le rapport détaillé.
'" Carnot est présent à la séance du au ministre do la marine (d'Albarade) de
Comité. (Cf. Aulard, VI, 55 1.) Ce jour faire construire un affût de canon pour les
même il écrit de sa main deux arrêtes : vaisseaux d'après les principes du générai
1° arrestation de Houget de Lisle; a" ordre Monlalcinbort.
I i8 SEPT. 1793.] CORRESPONDANCE MILITAIRE DU COMITÉ. 159
Depuis le peu de temps que je commande [)rovisoirement en chef, je n'avais pu encore visiter tous les points que nous sommes obligés de couvrir et de défendre. Les gorges m'avaient inquiété par la disparition du général de brigade, nonuné d'Arlandes'"', qui avait coinniandé pendant près de six mois les Iroujies de la République dans cette partie'''. J'avais pris, conjointement avec les représenlauLs du peuple, des mesures qui devaient nie rassiu-er en confiant la défense de ce poste important, (ju'oocupe l'aile gauche entière de l'ai-mée, au général Ferey'^', très ancien militaire, bon républicain, brave soldat, et à l'adjudant général Miribel.
J'ai tenu, le 8, un conseil de guerre, oh ont assisté les six représentants du [teuple, MiUiaud, Ruanq>s, Rorie. Mallarmé. Lacoste et Michaud. Il a été décidé dans ce conseil que l'armée ferait une attaque générale dans le haut, moyen et bas Rhin à joui- fLxe. En conséquence, le 1 9 , j'ai ordonné le |)assage du Rhin et l'attaque sur tous les |)oints à la même heure, quatre heures du matin. Le 1 1, qui était la veille de notre attai[iie projetée, j'a|)prends qu'à une. heure du matin noti-e canij) reti"anché de Nothweiler a été attaqué, surpris, que nos troupes ont été forcées, que cinq de nos canons ont été jiris et que l'ennemi est déjà au Dahnbruck, près de l^embach. J'envoie des forces et je donne ordre d'attaquer, de reprendre le canqi retranché, à quelque prix que ce soit. J'avertis le général Schaueuburg, qui connnande l'année de la Moselle, de se tenir sur ses gardes et prêt à défendre le jiassage des gorges où l'enneini avait |)énetré. Je me rends le soir à Lembach, j'ai une conférence avec l'adjudant général Miribel et avec le général Fercy. J'étais alors pleinement assuré pai' différents rapports d'émissaires, de déserteuj-s ennemis et de nos soldats eux-mêmes, que le scélérat d'Arlandes,
'■' Louis-François-Pierre d'Arlandes, né i5 janvier 1744 el de grenadiers le ao dé- » Toumon (Ardèche) le 10 mars 1752, cemhre suivant, lieutenant en premier le volontaire au régiment de Bourbonnais- n janvier 1748, réformé avec le régi- Infanterie le 1" mai i 769, wus-lieutenant ment en 1749, capitaine au balailluii de le 16 avril 1771, lieutenant le i3 janvier Dole le ab janvier 1750, capitaine de gre- 1777, lieutenant en premier le 3 juin 1779, nadiers le 1" janvier 1761, chevalier de capitaine en s<;cond le 8 octobre 1781, Saint-Louis le 19 juillet t 768, retraité le capitaine commandant le 3 juillet 1787, a3 octobre 1788, capitaine, puis comrfaevalier de .Sainl-Louis le 5 mai 1791, mandant de la garde nationale de Gray en lieutenant-colonel le 17 juin 1793 . général '789 et 1790, élu adjudant -major du de brigade le ao mai «793, cimlirmé le 10' bataillon de la Haute-Saône le 7 août 3o juillet suivant. '79'' général de brigade provisoire le
'•) D'Arlandes commandait le camp de •>() août 1798, commandant de la place
.Nothweiler; il avait abandonne ses troupes «Je Bitche par arrêté de Le Bas et Saint-
Ic si août 1793 et était passé dans le camp Jusl le .5 frimaire an u (aS novembre
prussien. (Cf. .\. Cliuquet, Wistembourg, 1793), cesse ces fonctions le 1 5 thermidor
t45.) an III (n août 1795), retraité le 1 1 prai-
''' Claude-François Kerey, né à (iray rial an iv (3o mai 1796), retiré à Gray,
(Haute-Saône) le aa décembre 1793, lils où II vivait encore en 1800. Le général
d'un marchand de IxEufs, lieutenant d'un Ferey avait fait les campagnes de Flandre
régiment de Mareil le la avril 1743, lieu- de 1744 à 1748, d'Allemagne en 1761 et
tenant de Royal -Lorraine -Infanterie le de Genève en 1783.
160 GOURESI'OINDANCE GKNKRALE DE CARNOT. [18 sept. lytjS.]
non disparu, mais bien émigré dans les jours de combat du 33 au 38 août, avait conduit les ennemis sur le camp retrnncbé de Nothweiler et qu'a|)rès leui' infâme vicloii'e, due à la lâcheté et à la trahison , ils avaient crié : Vive d'Arlandesl Je ne suis pas peu surpris que d'entendre Mii-ibel |)renclro en iTuiin la justification de ce traître et soutenir encore qu'il n'était pas émigi-é, s'efforcer de me persuader que tel chemin était coupé, comme il devait l'élre, |)onr empêcher l'ennemi d'y passer, tandis que je savais des habitants qu'il ne l'était pas'''. Ces discours et autres me rendirent Miribel plus que susj)ect, et je revins très promptemeut à Wissembourg au])rès des représentants, à qui je fis part de mes soupçons et de mes vives alarmes; ils n'ont pas balancé et ont ar-r^té ([ue Miribel était suspendu et serait mis sur-le-champ en état d'ai-i'estation. J'ai l'ait exécuter diligenunent cet arrêté et j'ai envoyé dans les gorges les deux adjudants généraux , Sainl-Cyr'*' et Malet''', qui , avec le général Ferey et Trentiuian '*', commandant du 7' bataillon d'infanterie légère, se sont conduits en vrais républicains et avec toute la bravoure, l'intelligence et le concert que je pouvais attendre d'eux.
J'attaque le 1 9 , à quatre heures du matin , connue il avait été décidé dans le conseil de guerre. L'aile gauche , aux ordres du général Ferey, repousse les enne-
'" Cf. A. (;iiuqiipl , WiiMinbouri; , p. 1 47 et suiv.
(*) Laurent (jlouvion Saint -('yr, né à Tiiul (Meurllio) le i3 avril 17O4, l'ils d'un laïuieur, volontaire au 1" halaillon des cliasseurs de Paris le 1" septembre 1793, capitaine lo 1" novembre 179a, adjudant (;cnéral cbef de bataillon à l'armée du Rhin le Ji septembre 1798, adjudant ([éiiéral cbef de brigade le 9 1 nivôse an n (10 janvier 179^), général de brigade provisoire jiar arrêté du représentant llentz le 17 prairial an n (5 juin 179^), ronlirmé le aa (10 juin), général de division le 16 fructidor an n (a septembre 1794), marécbal de l'Empire le 37 août 1812, ministre de la guerre du 9 juillet au a8 seplend)re 1810, ministre de la marine le n^ juin 1817, ministre de la guerre du la septembre 1817 au 19 octobre 1819, mort à Hyères (Var) le 17 mars i83o.
''' Claude -François de Malet, né à Dole (Jura) le 28 juin 175a, mousquetaire à la 1" compagnie le 37 décembre 1771, réformé le i5 déreud)re 1775, capitaine lo 1" juin 1791, aide de camp du général (Charles de Hi'ssc le 1" août 1791, capitaine au So' d'inlanterie le 25 mars 179!, adjoint aux adjudants généraux
le 1" mai 1793, adjudant général chef de bataillon le 3o mai 1798 et chef de brigade le a'i germinal an iv (i3 avril 1796), général de brigade ])rovisoire le 36 tbcrmidor an vn (i3 août 1799), confirmé le 37 vendémiaire an vni (19 octobre 1799), suspendu le 18 mai 1807, admis à la retraite le 3i mai 1808, fusille à Paris le 39 octobre i8j3.
<') Jean-Jacques Trentignan, dit Trenlinian, né à Montpellier le t8 juin 1789, fils d'un maître tailleur d'babits, volontaire au régiment de dragons de Jarnac en 17(53, réformé le 1" août 1764, soldat dans la légion royale le 91 avril 1767, rang de sous-lieutenant le iG octobre 1768, rang de capitaine le i4 janvier 1779, réformé avec le corps le i5 juillet 1770, attaché, coninie capitaine, au 13' chasseurs à cheval le 8 avril 1779. chevalier de Saint-Louis le 28 décembre
1783, capitaine commandant au bataillon de chasseurs des Alpes le «3 septembre
1784, lieutenant-colonel du 7' bataillon d'infanterie légt'ire le 5 février 179a, retraité le 8 juillet 1794, mort en septendire 1817. Cet officier avait fait sous l'ancien régime les campagnes de Corse en 1768 et d'Amérique de 1781 à 1788.
Il signait Trentignan et Trenlinian.
mis du Dahnbruck jusque sur le camp retranché de Nothweilar; mais là elle essuie la ])lus vigoureuse résistance et , malgré les efforts de courage que la difficulté des hauteui"s presque inaccessibles n'a pu rebuter, les braves soldats qui les avaient gravies ont été Ibi'cés d'en redescendre en se couchant sur le dos, au milieu du feu le plus vif de l'ennemi placé devant eux.
]je 1" bataillon du Itè' régiment, commandé par le citoyen Siscé''', a soutenu avec une constance que rien n'a |)u ébranler, depuis le matin jusqu'au soir, le feu le plus continuel de six bataillons ennemis et de leur artillerie ; il n'a eu que six hommes de pns ou tués et dix-sept blessés. Le 1" bataillon de Lot-et-Garonne, commandé par le citoyen Campagnol'*', a chargé l'ennemi, l'a enfoncé et mis en déroute. 11 n'a eu que deux hommes tués, seize braves soldats et un capitaine blessés. Le 5' bataillon de Rhône-et-Loire, commandé par le citoyen Desgiange'*', a soutenu pendant cinq heures un feu continuel , dont il a eu huit hommes tués
'" Jcan-Baptislc de Bressolles de Siscé , né à Auvillar ( Tarn-cl-Garonne ) le a.3 décembre 1753, fils d'un ancien brigadier des gardes du Roi, sous-lieutcnanl au régiment de Bretagne le 11 janvier 1771, sous-lieutenant de grenadiers le 4 juillet 1777, lieutenant en second le a 8 avril 1778 cl en premier le 8 août 1780, capitaine en second le 95 mai 1788. clief de bataillon le 91 août 179a, chef de brigade provisoire par les représentants près l'amice du Rhin le 7 septembre 179-'', général de brigade |>rovisoire le a 6 prairial an n (i4 juin 179'!), confirmé et em- ■Jjioyc à l'armée de la Moselle le 3 5 prairial an III (i3 juin 1795), employé h l'armée d'Angleterre le iti août 1799, réformé le 30 février 1801, compris dans l'organisation du 39 mars 1801, en nonactivité le 93 sepleinhrc 1801, commandant de la Légion d'Iionneur le 1 A juin i8o'i, retraité le 9 3 octobre 1811, mort à Auvillar le 3o novembre t838. Le général de Siscé avait pris part en 1781 au siège de Malion, et en 1788 à celui de (îikrallar, où il avait reçu plusieurs contusion» sur les fameuses batteries doltanles. Il fut bless*' deux fois pi-ndanl les giuTres de la Révolution . d'un coup de feu à Iti jaml)e droite à l'alfairi' du Scbanzel, le i3 juillet 1796, et iiu bras gaiiclie à kehl le 10 janvier 1797. Il signait avant 1789 Itreêsolle» de Sitcé, et ensuite Sitcé, ou Urettollet Siêcé, ou Sùci lireaoUa.
") David-Pierre de Larl, chevalier di' (Campagnol, né au château de la Cosie, paroisse de Sainl-Léger (Lot-et-Garonne), le 4 septembre 1784, engagé dans Royal- Artillerie le 4 septembre 1747, cadet le 10 décembre suivant, sous-lieutenant le i4 avril 1748, capitaine le 13 novembre 1763, chevalier de Saint-Louis en 1772.
major le 5 avril 1780, lieutenant-colonel en premier du i" bataillon de Lot-et-Garonne le 18 juin 1799.
''1 Antoine Grange, dit Desgrange, né à Lyon le 4 janvier 1757, engagé au régiment de Lesciire-Dragons le 9 mars 1776, brigadier, congédié à Niort le 3 mars 1 783 , marchand dc> vin , fusilier, puis sergenl-major de la milice bourgeoise de Lyon du 90 mars 1788 à 1790, élu capitaine des grenadiers au 9' bataillon de Rhône-et-Loire le i3 octobre 1791 et commandant le i" juillet 1798, général de brigade provisoire par arrêté du représentant Hentz à l'année du Rhin le 93 prairial an 11 (n juin 1794), non compris dans l'organisation du i5 messidor an Ml (3 juillet 1795), admis à jouir du traitement de chef de brigade réformé le 97 vendémiaire an vu (t8 octobre 1797). retraité c<mune ndjudanlcummandant le 6 juin i8ii. Le général Desgiauge était juge de paix du canton de Sainte -(;olond)e- lès -Vienne depuis 1808, et il ilemeurait à Loin- (Hhôiie) en i8i5.
CORRESPONDANCE GÉNÉRALE DE CARNOT. [18 sept. 1798.]
t!t trente blessés, parmi lesquels un capitaine, un lieutenant et un sous-lieutenant, qui a été |)ercé (le sept coups de baïonnette. Ce capitaine et ce sous-lieutenant étant assaillis par six ennemis, furent secourus et délivrés par un seul volontaire, le brave Jubert, natif de Montbrison. Un auti-e capitaine du même bataillon , envelop|)é |)ar dix satellites autrichiens , a été secouru par un gi'enadier et quatre volonlaii'es qui lui ont l'ail jom'. Voici les noms de ces trois volontaires : Gherrier, caporal , natif fie Meximieux ; Épinard et Léonard , fusiliers , tous deux natifs de Lyon. Le grenadier a trouvé une mort glorieuse un peu après cet acte de bravoure; il se nommait Gauthier.
Les trois commandants de ces excellents bataillons ont montré dans cette journée qu'ils étaient dignes de commander de tels soldats , comme ceux-ci ont prouvé qu'ils étaient dignes d'avoir de tels chefs. Si leurs efforts n'ont pas été couronnés du succès, qui devait être la reprise du camp retranché de Nothweiler, c'est que les ennemis y étaient en forces trop supérieures. C'eût été déjà beaucoup de les avoir seulement arrêtés; ils ont fait plus, en les repoussant et en les poui-suivant avec impétuosité. Je n'ai pu savoir la peiie de l'ennemi, parce que nos troupes étant obligées de se retirer dans leurs positions de Robenthal , Climbach et Lembach , l'ennemi a dans la nuit relevé tous ses morts et blessés ; mais j'ai été bien informé que ce transport s'est fait par 898 charettes ou chariots, qui ont été fournis par les habitants.
Pendant que l'aile gauche de l'armée défendait si vigoureusement le passage des gorges, i'aile droite, commandée par les généraux Dubois*'', Desaix'*' et Michaud''', attaquait les Autrichiens et les émigrés sur trois colonnes dans la
"' Paul-Alexis Dubois, né à Guise (Aisne) le 37 janvier 1754, soldat au régiment de Lyonnais le 16 août 1770, brigadier le 5 avril 1 780 , maréchal des logis le 1 0 septembre 1784, adjudant le ag décembre 1786, sous-lieutenanl le 1" mars 1791, lieutenant le 17 juin 179a, lieutenant-colonel au 17' dragons le a 6 janvier 1793, général de brigade provisoire le 96 août 1798, général de division pro- ^visoirc le io mars 1794, confirmé le 3o du même mois, tué à la bataille de Roveredo le 4 septembre 1796. (Cf. L. Hennet, Le général Alexis Dubois, et Jacques Cliaravay, Les géné-aux morts pour la patrie, p. 36.)
''' Louis-Charles-Anloine Dosaix, chevalier de Veygoux, né au château d'Ayat (Puy-de-Dôme) le 17 août 1760, admis à l'école militaire d'Effiat le i8 octobre 1776, sous-lieulcnant le 8 juillet 1784. lieutenant le a4 novembre 1791, capitaine le a3 mai 179a, adjudant génénil
chef de bataillon le ao mai 1798, général de brigade provisoire le 20 août 1798, général de division provisoire le a o octobre 1798, confirmé le a septembre 1794, tué à la bataille de Marengo le 1 4 juin 1 800. (Cf. Jacques Charavay, Les généraux morts pour la patrie, p. 79.)
'■'> Glaude-Ignace-François Michaud , né à la Chaux-Neuve (Doubs) le aS octobre 1751, fils du greffier de cette ville, volontaire au 5' chasseurs h cheval le 10 septembre 1780, congédié le fi novembre 1783, capitaine au a' bataillon des volontaires du Doubs le 9 octobre 1791. lieutenant-colonel le 39 décembre 1791.
commandant temporaire à Délemonl le 10 octobre 179a, puis à Porrentruy, général de brigade à l'armée du Rhin le 19 mai 1798, général de division le 30 septembre 1 798 , commandant en chef de l'armée du Rhin le 19 nivôse an u (8 janvier 1794), de l'armée d'Angleterre par intérim le 16 messidor an vu (4 juillet 1799)
[iSsEPT. i7()3.] CORRESPONDANCE MILITAIRE DU COMITÉ. 163
forêt du BienwaiH , du côté de Laulerboiu-g. Lii mitraille . les l)aHes et les baïonnettes républicaines ont purgé cette forêt du souffle impur de deux mille de ces esclaves, qui ont luordu la ])oussière. Le reste de la borde a été mis en fuite. Plus de cent de leurs chevaux ont été tués; un boulet de huit leur a démonté une pièce de 95; un obus leur a fait saut«r un caisson; deux, batteries ont été empoi-tées par les soldats cpii combattent pour la liberté. Un obusier et trois canons ont été encloués; une compagnie d'artilleurs a été prise tout entière avec son commandant. Le général Dubois ne s'est vu dans le ras de se retirer dans ses retranchements de jjauterboui'g que pai'ce que ses nuinitious étaient épuisées par l'opiniâtreté d'un combat de douze heures, dans lequel on a distingué, j)aniii tous les bataillons tpii ont signalé leur intrépidité, le a' bataillon du 75* régiment, qui n'a pas perdu une .seule occasion de faii-e des preuves de valeur.
Le centre de l'armée n'est pas resté dans l'inaction , quoique les batteries foi'midables des ennemis, et notamment les pièces de a5 et de «jy, fussent les armes que ces lArhes délenseurs du des|)otisme et de la tyrannie op|)osent dans cette partie à toutes les attaques des braves soutiens de la liberli-. f^es émigrés, qui étaient campés entre Barbeli-oth et Bleisweiler, ont ))ris la fuite à la première apparition des sans-culottes de la gauche du centre , qui , au premier coup de canon . leur ont fait sauter un caisson, dont l'explosion leur a fait |)erdre la tète; ils ont été poui-suivis jusqu'à Niedei-sleinbach. I^es hussiu-ds de la liberté sont venus fondre sui- deux redoutes, les ont emportées le sabre à la main et ont chargé une cavalerie trois fois aussi nombreuse qu'eux, qui n'a pas osé les attendre. Un de ces hussards, assailli par dix hussards auti'ichiens , ne s'est pas effrayé de leui' noml)re : il s'est bien défendu, a donné et reçu jibisieurs couj)s de .sabre, et ses camarades ont eu le tem])s de venir le secourir en donnant la chasse aux hussards ennemis. Ce régiment de nouvelle création est un des meilleurs (pie nous ayons : il ne se passe aucune affaire où il ne signale .sa valeur. Josejdi VVestermaîi ''', qui le commande, est un officier distingué par sou zèle, sa bravoure et ses connaissances militaires. On ne put lui refuser une part de l'honnem- que ce régiment acquiert tous les jours.
Le 8' de chasseui-s à cheval a perdu un officier, nommé Thiéry, et plusieurs chevaux, qui ont été tués par les boulets de aS et 37. Dans un moment où ils se sont un |)eu trop abandonnés à leur ai'deui'. ([uehpies chasseurs ont été blessés.
cl de l'armée do Hollande le -i-j friirlider an xiu (i4 seplenilire i8o5), (jouvcrncur (;cncral des villes lian.-iéaliquex en novembre 1806 et de .Ma(;debour(î le ao février 1808, inspecteur (jénéral d'infaiilerie le i4 avril i8i3, relrailc le ai déremhre i8i4, mort à Luzancy (Seine-et-Marne) le 19 8eptend)re i835.
W François -Joseph Weslemian, ne à Fenestran(je (Moselle) le i6 décembre 1743, entré au régiment de dragons de Scbonbcrg le 98 mai 1761, brigadier-
fourrier en 176'!, piirle-guidon le 1 a juillet 1770. lieulenaiil en second le 17 novembre 1784, lieutenant en premier le 10 juillet 1787, dérorc de l'ordre du Mérite militaire le 16 octobre 1791, capitaine le a5 janvier I7()a, lieutenant-colonel du 7' dragons le a6 janvier 1798, clierde brigade au 7' hussard le 1 5 juin 1 79.'! , uiis en arrestation le 18 brumaire an n (8 novembre 1798), retraité le 1 1 novembre 1 790 , mort le 28 juillet 1819. Joseph VVesterman avait été blesse le aO octobre 1796.
164 CORRESPONDANCE GENERALE DE CARNOT. [18 sept. 179.3. ]
A la droite du centre de l'ai-rnée , le feu de la mousqueterie républicaine a commencé à ti'ois heures et demie du matin, dans la partie de la Ibi-êt du Bienwaltl qui louche le village de Schaidt, et n'a cessé qu'à sept heures du soir. Le 2' bataillon d'Eure-et-Loir s'est ré])andu en tirailleui's dans cette forél , n'a cessé de tirer sur les ennemis depuis la pointe du jour jusqu'.h la nuit. On peut dire de ce bataillon que son honheui' a égalé sa constance et son courage, car il n'a éprouvé aucune perle.
Le .3' du Bas-Rhin n'a |)as été moins intrépide , mais il a eu trois hommes tués et quatre blessés ])rès de Herg/abern , derrière la seconde l'edoute des ennemis. Deux officiers aussi ont été blessés; j'ignore leurs noms. Un boulet est venu mourir sur le genou d'un officier des chasseurs du Rhin, d'une valeur distinguée, sans lui faire la moindre contusion. Cet officier se nomme Desprès. Un citoyen , directeur de la verrerie de Saint-Quirin, venu avec les braves Vosgiens, a été blessé d'un éclat d'obus à la jand>e. Ce citoyen se nonmie Schamo.
La perte de l'ennemi n'a pu être évaluée , mais elle est considérable. Il y a eu gi'and nombi'e d'émigrés , tués et blessés dans la forêt de Bienwald , et parmi eux beaucoup de porle-ci'oix de Saint-Louis. M. le comte de Mauny, du nombre des porle-croix, a été fait prisonnier. Il a fait part des es|)érances des émigrés, qu'il a lui-même regardées comme non douteuses. Selon M. le comte , nous ne devions pas garder les lignes encore trois jours et avoir un roi avant quatre mois. Il a parié de Custine comme d'un lâche, qui était mort en capucin; il a promis qu'il saurait mourir mieux que lui jiour son roi et il a tenu parole. Pour mettre à même les émigrés de ne pas ignorer son sort , il a été ordonné que M. le comle serait fusillé. à l'avanl-garde, le i3 à six heures du soii\ Sa dernière parole (ju'i! a souvent répétée fut Vivent le Roi et la Maison de Bourbon^''] L'avant-garde a réj)ondH Vive la République! et a réj)été longtemps après lui le cri si clier à l'ai'niée du Rhin. Cet émigré a parlé aussi du scélérat d'Arlandes et a dit qu'il était mé- |)risé comme un traiti-e, qui avait épousé la bonne cattse trop tard; il a témoigné qu'il estimait un palriole ferme dans son opinion. Il était, avant son émigration, capitaine au 1 3' régiment d'infanteiie , ci-<levant Bourbonnais ; depuis il était parvenu au grade d'appointé parmi les chevaliers de la CoiU'onne et se voyait à la veille d'y être cajjoral. Il a déclaré que, s'il n'avait |)as cru défendre la bonne cause, il n'aurait pas, lui et ses confrères, enduré la faim et la misère qu'ils ont supportées, ne vivant que de pommes de terre et couchant dans la boue.
J'avais lieu, citoyen minisire, d'être fort content de la journée du la, à laquelle il ne man(piait, pour la couronner, que d'avoir repi-is le camp de Nothweiler, et j'attendais, pour suivre mes projets, que le passage du Rhin à Huningiie, Strasboui-g et fort Vauban, eût o])éré la diversion que je devais en attendre; mais j'ai a|)pris, le i3, que les bateliers de Strasbourg avaient en partie refusé d'obéir aux oi'di'es du général Sparre''' et (pie les autres avaient eu l'air
''> Cf. A.Cliuquct,H''t»»e»niourg',p. 1.17. 11 juiilcl 17/18, capitaine le 9 4 mars 1745,
'*' Aicxandrc-Scrapliin-Joscpli, comte de colonel et propriétaire diidil régiment le
Sparre, né à Lille le 6 septembre 1786, 33 avril 1756, brigadier le 35 novembre
enseigne au régiment Royal-Suédois le 1766, maréchal de camp le 3 janvier
[iSsEPT. 1793.] CORRESPONDANCE MILITAIRE DU COMITÉ. 165
de vouloir les exécuter, sans rien effectuer, et que , remplissant mai ce qui leur était prescrit, ils avaient dirigé les troupes, qui devaient les aider et les soutenir, de manière qu'elles ont essuyé le feu des batteries ennemies et que plusieurs soldats ont été tués et blessés. J'ai recommandé la punition du conducteur de ces bateliei-s.
Le général Spari-e n'en a pas moins chauffé le fort de Kehl en y envoyant des obus et des bombes , dont une a mis le feu au magasin à poudi'e , qui a fait explosion. I>e feu des bâtiments allumé par nos batteries lui a paru se connnuniquer à la petite partie du pont attenant à leur terrain; il n'en a pas tenu com|)te, parce qu'elle est séparée du l'este du pont et qu'il y a interruption de conununication, mais, s'étant aperçu que le pont était goudromié et que le feu y faisait des progrès , il le fit couper à deux tiers de notre bord , sous la protection de notre canon , et fit retirer les bois de notre côté. Ayant été instruit par le ronmiandant du fort Vauban, Chambarlbiac '"', qu'il avait vu partir, dans l'après-midi du la, de l'infanterie, de l'artillerie et de la cavalerie ennemie qui remont<iit du cAté de Kebl , il s'est décidé à brûler entièrement le fort et le village dans la journée du i3. Tout a été détruit.
Trois mille citoyens de la garde nationale de Strasbourg étaient l'éunis à nos troupes. I^s uns et les autres ont montré le plus grand zèle et la plus grande aj-deur. Les canonniers ont donné des preuves du courage le plus soutenu ; ils n'ont |>as quitté leui-s batteries jiendant trois jours et ont refusé d'être relevés; ils ont prouvé aussi qu'ils entendaient leur métier.
H est bien (latteur pour moi, citoyen ministre, de pouvoir vous rendre un compte avantageux de la jirescjue totalité! de l'armée que je commande , et je regrette beaucoup de n'avoir rien à vous dire des troupes du fort Vaid>an. Les pontonniei-s ont absolument refusé leur service, ils ont fui et rien n'a été tenté. Si les bateliei's de Strasboui'g et les pontonniers du fort Vauban eussent été des républicains , ce jour était celui de la délaite de nos ennemis et d'un trionq)he complet pour la République.
A Huningne, il n'y avait ni bateaux, ni attirails de pont, le tout ayant été ti-ansporté à Golmar par ordie de Heaubarnais pour être réparé. En conséquence il était im|>ossibIe de rien faire et il a bien fallu remettre la partie à un autre moment.
Il y avait déjà trois joui-s que le camp retranché de Nothweiier était au pouvoir des ennemis , qui comptaient bien tenir les gorges et espéraient tous succès des intelligences que le traître d'Arlandes s'était ménagées en émigrant; mais j'y avais aloi-s Saint-Cyr et Malet, adju<lants généraux, Trentinian, chef du 7' bataillon d'infanterie légère, et le général de brigade Ferey. Le t4, à la pointe du jour, le 1" bataillon de la Haute-Saône, le 10' des Vosges et le 7* d'infanterie
1770, inspecteur des troupes eu Alsace le 1793, aiilorisé à prendre sa retraite le
•là juillet 1778, lieutenant fjéuéral je i.3 frimaire an m (a décembre 179/1)61
1" janvier 178'!, commandant en chef de retraité le 16 germinal (5 avril 1795). Il
l'armée du Centre en septembre 179s, avait fait les campagnes de 17/16 à 17/18
ronmiandant le moyen Rbin à Strasbourg le el de 1707 à 1763.
a/i mars 179.3, suspendu le 19 septembre ''' Cf. t. I, p. 69.
166 CORRESPONDANCE GÉNÉRALE DE CARNOT. [18 sept. 1798.]
légère sont sortis de Bobenthal et ont paru devant l'ennemi , qu'ils ont attaqué par la gauche dans le camj) retranché. L'ennemi aussitôt y a porté des forces. En même temps , six autres bataillons l'ont attaqué par sa droite ; l'une et l'autre aile a lait une vigoureuse résisUince et le sort du cond)at él<dt indécis, lorsque le 2' l)ataillon du Rhône-et-Loirc et le 1" de Lot-et-Garonne ont gi-avi les hauteui's, pour attaquer le centre. Au même moment l'action est devenue des plus chaudes ; l'enneuii, également pressé de toutes parts, s'est ébranlé. Le citoyen Bureau, lieutenant du 7' bataillon d'infanterie légère , a sauté le premier dans les retranchements; il a été bientôt suivi de ce brave bataillon et de tous les autres, qui ont fait un feu républicain et chargé ensuite l'ennemi à coup de baïonnettes et même de crosse de fusils. La fléi'oute des esclaves a été comjdélée par la mitraille de nos pièces, portées à bras sur les hauteurs. Ils ont fui, en abandonnant leurs armes et tout ce qui existait dans le camp. Les soldats de la patrie les ont poursuivis jusqu'au delà de Bundenthal, oîi ils ont pris quinze cents fusils, deux pièces de canon , des sacs d'avoine et de sel , des gargousses pour j)ièces de i , des marmites , des bidons, des sacs à peau, que nous avons reconnus poui- être à nous, etc. Le camp retranché, le vallon qui est au bas, la route et le village de Bundenthal étaient jonchés de leurs morts. Le 1 5 on en a trouvé encore plusieui's dans les bois qui s'y étaient l'éfugiés et qui étaient morts de leurs blessures.
Le 1" bataillon du district de Mouzon-Meuse''*, département des Vosges, ayant pour commandant le citoyen Raoul '*', s'est trouvé à cette attaque et a eu pari à la victoii-e^''. Tout les chefs de bataillon, qui ont combattu à celte action, méritent les plus grands éloges , paiiiculièrement Trentinian , Campagnol , Siscé et Des-
(') Nom révolutionnaire de Neufchàtpau. (Cf. A. Bouvier, Les Voiget pendant la Révolution, p. a 90.)
■^' Charles-François Raoul , né à Llssoile-Grand (Vosges) le 5 avril 1759, enrôlé au régiment de Bassigny - Infanterie le 1" novembre 1776, caporal de chasseurs le 9 avril 1780, sergent de fusiliers le 90 décembre 178a, congédié le 9 novembre 1784, capitaine de grenadiers au 1" bataillon des Vosges le 3o août 1791, chef de ce bataillon le t septembre 1 798 , généra! de brigade à l'armée des Ardennes le a avril 1794, suspendu par les représentants le 3 juin suivant, réintégré dans ses fonctions et employé à l'armée des Pyrénées-Occidentales le 17 août 179^, employé à l'armée de l'Ouest le 10 août 1795 et à celle de Rhin -et -Moselle le 3 décembre 1796, réformé le i4 avril 1796, rappelé à l'activité et employé à l'armée des Alpes le 1 1 juillet 1799, employé à l'armée de Batavie le 1 8 décembre
1 800 , admis au traitement de réforme le ai mai 1801, rappelé à l'activité à l'armée du Nord le 1 5 août j 809 , admis à la retraite le 1 1> mars 1810, commandant le département des Vosges le i5 avril i8i.t, employé à Metz le i3 juin i8j5, remis dans la position de retraite le ao août i8i5, mort à Neufchâteau (Vosges)' en
'■^> Le 1 " bataillon des volontaires nationaux des Vosges fut formé le 98 août 1 791. Il comprenait le contingent des districts de Neufchâteau et de Lamarche.
(Cf. A. Bouvier, Lea Vosge» pendant la Révolution, p. 467.) — Le 2 5 septembre 1793, le général Ferey certifia que les deux bataillons d'agricoles de Mouzon- Meuse , comuiandés par le citoyen Raoul , s'étaient bien comportés tout le temps qu'ils avaient été attachés à sa brigade et avaient agi en bons patriotes et en vrais républicains. (Cf Arch. adm. de la guerre, dossier Raoul.)
|i8 SEPT. 1793.] GORRESPONDANGE MILITAIRE DU COMITÉ. 167
grange. Ce dernier a été frappé au front d'une balle amortie, qui ne lui a rausë qu'un ëtourdissement dont il s'est remis aussitôt et qui ne l'a ])as emjtêché de suivre son affaire.
Je dois aussi louer le général de brigade Ferey, qui s'est ])oi'lé au milieu du feu et a montré autant d'activité que de zèle et de courage, malgré toute son ancienneté. Les adjudants généraux Saint-Gyr et Malet se sont aussi montrés capables et dignes de commander des soldats républicains. Le citoyen Malet , quoique souffrant des dents , ayant même un accès de fièvre , est resté à la tête des bataillons qui ont attaqué la gaucbe de l'ennemi, jusqu'après la victoire assurée, l^e citoyen Saint-Gyr n'a pas peu contribué aux succès de l'attaque et à la reprise du camp retranché de Nothvveilei'.
Le général en cliefde l'armée du Rhin, LA^Dl^Eino^T.
(Orig., Arch. de la guerre, armée du Rhin.)