À EUGÈNE CRÉPET
[36, rue de Seine.]
31 octobre i8[59] C.
Mon cher Crépet,
J'irai à 4 heures 1/2 au plus tard chez M. Gide avec le Moreau et le Dupont prêts, sauf deux pages, depuis si longtemps.
Je vous ai fortement négligé parce que je viens de traverser une phase terrible.
Je ne quitterai pas Paris sans avoir remanié à nouveau toutes mes notices sur un manuscrit très propre et très net.
J'aurai ce mois-ci un peu de temps à moi. Puis-
je encore compter sur l'offre gracieuse que vous
m'avez faite relativement aux tragédies ou à une
tragédie, ce qui en même temps me permettrait
de vous rembourser ce que je suis honteux de
vous devoir depuis trois mois?
Tout à vous.
Ch. Baudelaire.
(') Le millésime du cachet postal est illisible, mais non douteux, puisque, dans la lettre suivante, celle-là très nettement datée, on va voir Baudelaire demander à sa mère de lui envoyer son exemplaire de Bertram, — précisément la tragédie de Maturin qu'il se proposait de traduire pour les Poètes anglais dont Eug. Crépet alors nourrissait le projet.