JE FERAI IMPLIQUERA QUE JE NE LUI PRENDRAI QUE
^o FR. PAR MOIS jusqu'à parfait remboursement. Décidément j'adopte ceci, c'est plus prudent, quoique primitivement j'eusse l'intention héroïque de ne rien prendre du tout.
Voici ce qui s'est passé entre M. Jaquotot et
DE CHARLES BAUDELAIRE. l45
moi (entre parenthèses je suis allé le remercier hier) : — - Combien, m'a-t-il dit, faut-il demander à votre mère? — ^.000 francs me suffiraient. — Et puis, dans ma terreur de ne pas réussir, je me suis fait plus modeste, pensant qu'après tout, je saurais bien avant mon départ trouver, par la Revue contemporaine ou autrement, les 600 fr. manquants. Mais je travaille lentement, mais je suis très agité, très impatient, et je me ravise décidément. En somme, avec trois mille francs, je puis faire beaucoup, je puis tout faire, mais à la condition de me surveiller moi-même, et de ne pas jeter 20 fr. par la fenêtre.
Qu'est-ce que va me coûter mon voyage?
Qu'est-ce que coûtent les affranchissements pour transport de ballots?
(L'argent de l'Opium et de la Revue contemporaine ne sera pas perdu ; il viendra en son temps. D'ailleurs, avant mon départ, à partir de demain matin, je consacrerai tous les jours mon temps jusqu'à 2 heures à avancer mes besognes, et je ferai mes courses et affaires de 2 heures à 5 heures.)
II est possible que je puisse te porter moimême le 3^ vol. de Poe.
Maintenant la question des créanciers.
Je ne veux pas que tu t'abandonnes à ces folles terreurs.
La situation actuelle, pressante, est liquidée par les 3.000 fr.
Quant aux vieux créanciers, c'est tout au plus si
un ou deux de ces vieux tigres se réveille une fois par
an, or tu supposes donc que je ne gagne jamais
d'argent. Je gagne quelquefois 2.000 fr. en un