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l46 CORRESPONDANCE GENERALE

tour de main, pour ainsi dire, et puis il se fait une lacune, une interruption d'argent. Toute la question est donc de se bien gouverner, ce que je n'ai jamais pu faire ou su faire.

Tu supposes donc aussi que je vais dire aux gens : Poursuivez-moi vigoureusement chez ma mère, Je cache mon départ à tout le monde, excepté à la Revue des Deux Mondes, au Moniteur, à la Revue contemporaine, à un directeur de théâtre, et à Michel Lévy, c'est-à-dire aux gens dont j'ai besoin et qui m'expédieront de l'argent ^^l

Quand j'aurai de l'argent à envoyer à Paris, c'est M. Marin, avoué ^-^, que je chargerai de mes affaires. J'ai eu beaucoup à me louer de lui dans ces derniers temps. Ancelle est à la fois trop indolent et trop occupé.

Chère maman , voici l'heure de la poste.

J'allais oublier la question du logement. Vraiment, chère mère, tu es beaucoup trop aimable de tant t'inquiéter de savoir si je serai content. Un trou 1 un trou ! pourvu qu'il soit propre !

Comment as-tu pu t'imaginer que l'idée me viendrait de m'emparer du logement d'un défunt ^^'7 Tu crois donc que je suis incapable

(i) ^n.» Aupick que M. Emon, exécuteur testamentaire du général et son voisin à Honfleur, ne cessait de mettre en garde contre les dangers qu'elle courrait à recevoir son fils à demeure, tremblait alors à l'idée de sa maison envahie par des créanciers et du scandale qui en résulterait.

'^) Avoué à Paris, rue de Richelieu. C'était une vieille connaissance : au conseil de famille de 1844,, Marin, alors principal clerc d'avoué, avait représenté M"" Aupick.

(') Il y aurait été certainement mal venu : la tradition veut que M°" Aupick, jusqu'à son dernier jour, ait fait mettre le couvert de son feu mari en face du sien.

d'avoir une idée délicate. — Je serais bien ingrat, si je n'étais pas absolument satisfait de n'importe quoi.

Cependant, pour dire la vérité, j'ai depuis près de deux mois, une question au bout de la plume, que je n'ai pas encore osé formuler : Verrai-je la mer de ma chambre? Si cela n'est pas possible, je me résicrnerai fort sacrement.

Dois-je acheter une ou deux étagères pour les livres?

Chère mère bien-aimée, tu t'attendais sans doute à des explosions de joie bien autrement grandes. Mais je te témoignerai ma reconnaissance de vive voix, ce qui vaut bien mieux, et encore la meilleure manière de la témoigner sera l'accomplissement de mes plans.

Encore un mot qui a son importance. J'insiste vivement sur la nécessité qu'il j a pour moi à tout prendre d'un coup, pour éviter toute perte de temps, pour que je puisse agir vivement, et moimême.

Je ne veux pas rendre de comptes à Ancelle. Quant à toi, c'est autre chose; je t'en rendrai, si tu le désires. C'est justice.

Je t'embrasse de tout mon cœur, à bientôt^*'.

Charles.

(1) Sur l'autographe, de la main de la destinataire : Répondue le 28.

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Paris, 26 février 1858.

[L. a. s., 2 p. 1/2, in-S", relative à ses embarras d'argent. II annonce son prochain départ.]

Mon absence a pour but de me procurer des ressources plus grosses que celles dont je dispose ici, tourmenté et agité comme je le suis.

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