‹ Correspondance généraleChapitre 82 sur 122 · IL · texte numérisé non relu

IL

Chronique locale. — J'ai appris par des ouvriers, qui travaillaient au jardin, qu'on avait surpris, il J a déjà longtemps, la femme du maire,

se faisant f dans un confessionnal. Cela m'a

été révélé parce que je demandais pourquoi l'église Sainte-Catherine était fermée aux heures où il n'y a pas d'offices. Il paraît que le curé a pris depuis lors ses précautions contre le sacrilège. C'est une femme insupportable, qui me disait dernièrement qu'elle avait connu le peintre qui a peint le fronton du Panthéon, mais qui doit avoir un cul superbe (elle). Cette histoire de fouterie provinciale, dans un lieu sacré, n'a-t-elle pas tout le sel classique des vieilles saletés françaises ? Gardez-vous bien de raconter cette histoire à des gens qui pourraient dire à Honfleur que vous la tenez de moi, alors il me faudrait fuir mon lieu de repos.

C'est depuis ce temps que le maire est obligé d'effacer des cornes que l'on dessine sur sa porte.

Pour le curé, que tout le monde appelle ici un brave homme, c'est presque un homme remarquable et même érudit'^'.

J'ai fait un long poëme dédié à Maxime du Camp, qui est à faire frémir la nature, et surtout les amateurs du progrès '^l

Serrez la main à Banville, et dites-lui que je suis heureux de son petit bonheur '^l

^'^ Dans la suite , Baudelaire le goûtera moins , voir les lettres à sa mère en avril et en mai 1861.

^^1 Le Voyage, dont il sera bientôt plus amplement question.

'') Asselineau et ses amis venaient d'obtenir pour Banville, alors très malade à Nice où le soignait Marie Daubrun, une pension de 1.200 francs.

Ah ! mon Dieu ! et l'arbre de Veuillot! Malassis n'en revient pas '^'.

Veuillez présenter mes respects à votre famille, et écrivez-moi '^l

Votre bien dévoué,

Ch. Baudelaire.

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