‹ Correspondance généraleChapitre 98 sur 122 · À EUGÈNE CRÉPET · texte numérisé non relu

À EUGÈNE CRÉPET

[Juillet 1859?]

[L. a. S., I p. in-S".]

Au sujet des sept notices biographiques promises. II y en a trois de faites, celles de Barbier, Th. Gautier et Petrus Borel^*); mais il en est mécontent.

(') Nous ne savons rien de ce Becker dont ces lignes nous donnent à penser qu'il avait dû faire quelque réclamation à M°" Aupick en se donnant pour un de ses anciens fournisseurs.

(2) Avoué à Paris. Voyez p. 146, note 2.

(') 1 827-1 891, essayiste et critique, a publié, outre un grand nombre d'articles, l'anthologie des Poètes français (4 vol. in-8° chez Gide et Hachette, 186 1-1863), Le Trésor epistolaire de la France (2 vol. in-12. Hachette, 1865) et Charles Baudelaire, Œuvres posthumes et Correspondances inédites (Quantin, in-8°, 1887). On a aussi de lui un roman posthume : Sabine (A. Bageî, Dusseldorf, 192 1), terminé par M. Georges Crépet.

(*) Les quatre autres, à l'origine, semblent avoir eu pour objet Marceline Desbordes-Valmore, Pierre Dupont, Gustave Le Vavasseur et Hégésippe Moreau. Cependant nous ne saurions l'affirmer, le classement de la correspondance de Baudelaire avec Eugène Crépet étant très diffîcuitueux du double fait qu'elle ne nous a été conservée qu'incomplètement, et que plusieurs billets ne portent pas de date.

[A Dieppe.

Poste restante.]

Jeudi 4, août 1859.

Mon cher Crépet, j'ai fini vos sept notices'^', toutes conçues dans le style et suivant la méthode demandés. Je m'étais, comme vous savez, promis de vous attendre; mais j'apprends que vous serez encore absent pendant une huitame de jours. Je vous demande donc la permission de m'adresser à M. Gide '2) pour lui en réclamer le prix. L'ensemble fait, aussi bien que j'ai pu compter, un peu plus d'une feuille. Soyez assez bon pour m'envoyer un mot qui me permette de me présenter chez lui. J'aurais attendu votre retour si je n'étais pas poursuivi pour une somme dont ce manuscrit représente la moitié. Il y a donc là pour moi un repos momentané. Je laisserai le manuscrit à M. Gide, et à votre retour, nous le reprendrons pour le lire ensemble. Nous avions, il est vrai, déjà causé de tout cela. Veuillez ne voir dans ma lettre qu'un signe de déférence pour vous. Que vous seriez aimable, si je recevais votre réponse après demain 6! — Chose possible.

Tout à vous.

Ch. Baudelaire.

Hôtel de Dieppe, rue d'Amsterdam.

('' Voir le billet précédent.

(^) L'éditeur des Poètes français.

[6 ou 7 août 1859 '•'.]

. . . Pendant que Je me félicitais de voir lentement progresser les quatre volumes que je veux vous livrer, j'apprends votre nouveau malheur (2) Quand, et commuent cela finira-t-il?

Tout à vous. Ecrivez-moi vite.

Querelle avec Michel Lévy, à propos d'Eureba, que je traduis en entier, et que je voulais vous donner '^^. Je vous supphe de faire du Gautier quelque chose de propre...

7 août 1859.

Je ne garderai l'épreuve qu'un jour. Les deux épigraphes ''^'

II s'agit, maintenant, de retrouver une lettre de

C' La date approximative est fournie par la réponse de Poulet-Malassis (publiée m E.-J. CrÉPET, p. 4.19) qui est du 8 août.

(^) Les quatre volumes : Fleurs du Mal (2° éd.), Opium et Haschisch (Paradis artificiels), Curiosités esthétiques, Opinions littéraires (L'Art romantique). — Le nouveau malheur : pour avoir publié une Histoire de Saint- Just par Ernest Hamel, où était intégralement reproduit le fameux discours sur la mort de Louis XVI, Poulet-Malassis s'était vu poursuivre à nouveau. Une transaction allait être obtenue toutefois : contre la mise au pilon du livre, les poursuites furent abandonnées.

'^^ Voir Eurêka, p. 220 et suivantes,

(*) Voir la note 1, page 302.

Victor Hugo, adressée pour moi aux bureaux de L'Artiste, et que ces voleurs-là n'ont pas envoyée à Honfleur'^l Votre lettre est aussi injuste que malhonnête. Je pense sans cesse à vous , et vos 3.000 fr. m'empêchent de dormir. Vos 400 fr. arriveront à temps. — Je vous écrirai plus longuement, quand j'aurai des certitudes certaines '-'.

Delacroix n'est pas à Paris. II m'avait donné rendez-vous pour un dimanche; je n'ai pas pu y aller, et il est reparti le lundi. Vous aurez votre

dessin, et un beau^^K

[Sans signature.]

Samedi 27 août 18^9.

Rien de neuf quant à Eurêka, Michel étant absent. Malgré ma préface, il y aura peut-être une préface de Babinet^^'. — Moreau, le marchand de tableaux, revient demain. Si on me laisse les Goya à 1.200, que dois-je répondre '^^? — Delacroix toujours absent '^l

Voici 2.^00 fr. pour parer de loin à tout événe-

^'^ Celle qui devait paraître en tête du Théophile Gautier.

(*) Quant au sort de son drame, sans doute.

W Voir la lettre au même, 25 septembre suivant, p. 339.

(*' Michel, c'est-à-dire Michel Lévy. — On sait que finalement Eurêka paraîtra sans autre préface que quelques pages tirées du trop fameux Memoir de Griswold.

'^' Les deux Goya que Baudelaire avait proposés à Nadar dans ses lettres des 14, et 16 mai, et ensuite, sans doute, à Poulet-Malassis.

(6) Voyez les numéros 44.5 , 448 et 44,9.

ment(^'. Je compte sur votre sagesse comme vous pouvez compter sur mon dévouement. — Je parferai le reste par Hostein et Calonne dans le courant de septembre. Je tâcherai de faire L500.

— iM. Carlos de Rode (Revue suisse) arrive au commencement du mois. Je lui prendrai tout de suite tout l'argent représenté par la partie faite d'Eureha, pour le porter à Pincebourde (2). Seulement le 4 est un dimanche, d'où il suit qu'il faut que j'aie ces 400 fr. le 3.

La traite payable chez ma mère est-elle de

430? En tout cas envoyez-lui la somme ju5fe pour qu'elle n'ait rien à ajouter pour moi. Et puis une lettre explicative'^'.

— Attendons, pour tirer le Gautier, la lettre égarée d'Hugo, et à son défaut, j'aurai l'effronterie de lui en demander une 2\ — Avez-vous lu sa protestation'^'?

Tout à vous. Q g

Nous ferons plus tard tous nos comptes, N'oubhez pas, en vous servant de ces papiers, de marquer les dates et de me les transmettre.

(1) On pense bien que lesdits 2.500 francs consistaient, non en espèces, mais en billets à escompter.

(2) Carlos Derode, directeur de la Revue internationale de Genève. — René Pincebourde, commis de Malassis.

(3) M""' Aupick, nous l'avons dit, avait mis comme condition absolue à leur reprise de vie commune, que son fils ne lui demanderait jamais d'argent. Le 5 septembre suivant contormément aux instructions de son ami, Poulet-Malassis lui adressait argent et lettre.

(*) Voir la note i, p. 347.

[i" OU 2 septembre 1859.]

M. de Rode'^' est arrivé! il me donnera dimanche (4) 400 fr. Je m'attendais à i.ooo, ou du moms à une quantité d'argent équivalente à la quantité de copie faite.

Je vais me conduire comme un cuistre, lui donner pour 400 fr, de matière et garder le reste jusqu'à ce qu'il me renvoie de l'argent. Je suis las d'être dupe. Croiriez-vous que je ne puis arracher, ni à l'imprimeur ni à Morel, le manuscrit ou l'épreuve des 30 dernières pages de mon Salon (vous voyez le danger) (2)

Pour en venir au fait, je m'attendais à beaucoup plus que 400. Votre billet peut donc être payé; mais je vous demande la permission d'en détourner 100; si vous ne le voulez pas, je porterai très docilement les 400 chez Pincebourde.

Le 15 , je vous donnerai des nouvelles d'Hostein. Pour vous et pour moi c'est beaucoup plus important que de Calonne '^l

(') Voir la note 2 , à la page précédente.

'-) La Revue française que dirigeait Jean Morel, venait de mourir faute de fonds, et Baudelaire pensait sans doute à ce moment-là que la publication en avait cessé avec le numéro du 10 juillet où avait paru l'avant-dernier chapitre de son Salon de i8^ç. D'où son angoisse : lui faudrait-il li^Ter à Poulet- Malassis un manuscrit mcomplet, ou recommencer la dernière partie de son travail? En réalité le numéro du 20 juillet contenant la fin de son Salon avait été imprimé, puis vendu en bloc à la librairie Aubry. Mais ceci, il ne devait l'apprendre que plus tard.

'■*' Baudelaire espérait pouvoir emprunter une somme ronde sur son scénario du Marquis du i" Houzards si Hostein l'acceptait.

— Moreau veut 1,200 (billet) et il demande 3 jours pour réfléchir *^l — Voulez-vous rompre l'affaire? Je puis dire pour prétexte que vous préférez attendre et payer comptant.

Réponse tout de suite.

Tout à vous. C. B.

19 septembre 1859.

. . . Pas encore de conclusion de la part d'Hostein^2) Cela va venir. Je suis sûr également que la lettre d'Hugo va arriver'^).

Quant à Eugène Delacroix, je l'ai vu hier et avant-hier. Il ne me donnera pas de dessin. Il veut vous donner une peinture, et, cette peinture, il la fera exprès pour vous. II m'a dit : «Puisque vous voulez être agréable à un de vos amis, à votre éditeur, je dois faire pour le mieux. Je n'ai, dans mon atelier, que des choses qui me servent de notes pour des travaux en train. Je n'oublierai pas cela, et je vous le livrerai le plus tôt possible, quand l'inspiration me viendra». Je vous avouerai que j'étais presque honteux; cependant, très discrètement, je tâcherai de le lui prendre avant mon départ de Paris (10 Octobre) f^'.

Tout à vous. Q g

t'' \^ir la note 5, page 332.

'-' Pour Le Marquis du i" Houzards.

<'' Pour le Théophile Gautier.

W Voir in E.-J. CrÉPET, p. 350, un billet en date du 13 décembre 1859, où Delacroix, alléguant l'abondance de ses travaux, s'excuse auprès de Baudelaire de ne point encore prévoir quand il pourra s'occuper de l'esquisse ou du croquis qu'il a promis.

Dimanche 25 septembre 1839.

Vous VOUS êtes beaucoup trop pressé de m'expédier un paquet de sottises ^^'.

D'abord, je ne vous ai rien volé! Faut-il que je vous croie absolument fou? a Avez-vous touché cet argent ? Si vous l'avez fait , je ne dirai rien, quoiqu'aux termes de nos conventions verbales et écrites, il fût à moi; mais j'écrirai à M. de Calonne, etc. » Quand vous viendrez à Paris, de Calonne sera sans doute revenu de Venise (vous avez oublié ce détail apparemment) et vous pourrez, en demandant mon compte, vérifier que je n'ai pas détourné un sou. D'ailleurs il n'y aurait pas consenti.

II était convenu entre lui et moi qu'il viendrait à votre aide ce mois-ci. — Manuscrit déposé,

'') II faut dire à l'excuse de Poulet-Malassis que les retards apportés par Baudelaire dans ses remboursements, le mettaient en une cruelle situation, et dont il avait d'autant plus lieu de s'irriter que son seul tort avait été de faire confiance à son ami. Quelques lettres que nous avons publiées au Bulletin du Bibliophile (Série de guerre, n°' 5-10) et qui constituent partiellement pour cette période la contre-partie de celles de Baudelaire, le montrent en proie à des tourments émouvants. Déjà il se sent au bord du gouffre où il tombera bientôt ; il doit envisager, pour faire face aux prochaines échéances, de vendre ses livres qui lui sont si chers ; il est plein de remords vis-à-vis de son beau-frère et associé dont il compromet les intérêts ; il se croit devenu pour tous les siens un objet de suspicion et d'inquiétude. Nous n'avons pas celle de ses lettres qui contenait le «paquet de sottises», mais, à la lumière de la réponse de Baudelaire, il est aisé de remédier à cette lacune : il avait cru, sur quelque indice, que son ami avait touché de Calonne le prix de l'Opium qui lui devait revenir en vertu de la délégation dont il a été question plus haut, et l'avait menacé de mettre opposition sur ses droits d'auteur chez Michel Lévy.

manuscrit payé. — Un soir il est parti brusquement pour Venise. Je sais qu'il a parlé de mon affaire à Hervé '^l Mais en l'absence de de Calonne , rien ne se fait jamais, malgré toutes les recommandations, et c'est moi, moi seul qui ai dédaigné d'aller faire connaissance avec un M. Bichet, administrateur, pour lui parler de nos affaires secrètes. Je n'ai rien livré. — II j a un manuscrit à Honfleur, il y en a un sur ma table et un 3" commencé. — Quand vous serez à Paris, je livrerai le plus possible à la fois, je conviendrai de ce que je pourrai livrer dans le mois, et nous ferons faire mon compte.

Quant à Michel Lévy, les anciennes choses se réimpriment si rarement que je ne m'en aperçois plus. Votre signification aura pour résultat de me priver du prix d'Eureba que je destine à apaiser les embarras que cet idiot de Morel me laisse sur les bras (2)^ — ou peut-être à quelque chose de plus urgent encore.

Maintenant, voici la substance de la lettre que je voulais vous écrire avant-hier :

1° Quand je vous verrai, je vous ferai une lettre qui vous autorisera à demander (en une fois ou en deux) à M. Carlos de Rode les 600 (peut-être plus) qui me restent à toucher sur Eureba. — 600.

2° Tout ce que je livrerai à M. de Calonne dans les trois dernières semaines d'octobre vous sera naturellement payé (billet ou argent). Je lui dois 300 fr. — II a probablement 200 fr. de vers à payer. Ainsi, 300 fr. L'Opium en fait 600. Les

(') Voir page 209, note i.

<^' Le directeur de la Revue française qui venait de cesser de paraître.

deux morceaux dont je parlais tout à l'heure en feront 800. Je peux donc supposer que la Revue vous fournira i.ooo.

3° Enfin, je vous ai parlé souvent d'une forte somme que je toucherai par Hostein'^^; je vous en donnerai moi-même la moitié.

Et tout cela le mois prochain , avant le 30.

II est vrai que tout cela ne fait pas 3.300 fr. - — Mais pour le moment mes espérances ne vont pas plus loin.

II est indispensable que nous voyions Calonne. Ses affaires vont bien, je vous ferai faire mon compte, et vous regretterez cette grosse bêtise que vous m'avez écrite.

La Revue française est vendue. Je ne sais pas à qui. Je sais que le Ministère en avait envie pour transporter sa petite valeur à l'Européenne. Je crois que Morel a fait quelque nouvelle sottise. II n'a jamais voulu aller voir les gens du Ministère auprès de qui je me suis employé pour lui, jusqu'à me compromettre ^^l

— II me faut (tout de suite) 2 billets de 410 chacun. Croyez-vous donc que je vais aller avec ce paquet de 820 chez votre Monselet qui n'a jamais fait l'escompte, et qui dit-on, est en faillite '^^^7 Je veux donner l'un de ces billets à Tenréet l'autre à Gélis. Ils devineront peut-être qu'il nous manque 400 fr. Qu'importe?

('' Pour Le Marquis du i" Homards.

(2) Probablement Pelletier et A. du Mesnil. On se rappelle que le ministère avait fondé la Rame européenne pour faire pièce à Calonne.

W Le père de Charles Monselet auquel Malassis avait conseillé à Baudelaire de s'adresser, joignant à sa lettre un billet de 820 francs.

— Je suis obligé de vous dire encore un mot de Delacroix. J'ai fait pour vous ce que je n'ai pas osé faire pour moi. II est, il me paraît du moins indispensable que vous alliez lui faire une visite. (Les dimanches, à 2 heures.) D'abord, rappelezvous ses paroles : a Puisque vous voulez que je fasse plaisir à un de vos amis, je dois lui faire le plus de plaisir possible. Donc je ferai une peinture pour lui. » Ensuite votre visite aura cette utilité de lui faire deviner votre impatience. Vous comprenez bien qu'il ne me doit rien et que je ne puis pas le tourmenter maintenant pour qu'il se dépêche comme vous me tourmenteriez pour des épreuves. — Enfin, je trouve ce moyen excellent pour vous mettre en rapport avec lui; rappelez-vous qu'il travaille depuis de longues années à un dictionnaire de l'art, et que j'ai vu une partie du manuscrit (i^.

Vous retrouverez chez moi votre billet, ou bien , je vous le renverrai '-'. Quand vous viendrez ici, je vous relirai quelques lignes de votre lettre, après vous avoir serré la main toutefois, car je ne prends pas au sérieux vos menaces de brouille f^).

(') Voir la lettre précédente. — Poulet-Malassfs , on l'a vu, aurait voulu éditer les essais critiques de Delacroix.

'^> Celui qui est mentionné plus haut et dont il sera encore question dans la lettre 469.

(3) Baudelaire avait raison : dès le lendemain Poulet-Malassis regrettait ses violences : « 11 ne faut pas voir ces lettres dans tel ou tel mot échappé... mais dans la signification de leur ensemble qui est celle-ci : nous sommes dans une situation très ennuyeuse, sortons-en... Vous savez bien que mon amitié pour vous m'y fera mettre [à l'amortissement de votre dette] tout le temps qu'il faudra pour cjue votre vie n'en soit j)as gênée. .. 11 me suffit que vous me manifestiez que la signification vous serait désagréable chez Lévy pour que je ne la fasse pas.»

De plus il envoyait à Baudelaire les deux billets de 410 francs demandés.

34o CORRESPONDANCE GENERALE

La lettre d'Hugo viendra sans doute mardi ou mercredi, et magnifique, je le crois *^^.

Avez -vous reçu les billets Christophe et Bojer(2)?

Et les miens (2.500)'^', qu'en avez-vous fait?

Si vous en avez usé, il faut que j'aie les dates.

C'est très important.

Tout à vous. ^ r»

Ch. daudelaire.

Pensez à Henri Blaze'^'.

— On me demande toujours des Fleurs du Mal.

On m'en a demandé chez Lévy.

— - Montégut donne des signes déplorables de

manie

Mardi 27 septembre 1859.

J'ai 400 fr. donnés par la maison Didot et GéHs. QuantàTenré, il m'a dit : Laissez-moi ce billet de 400 fr. , et le billet de 1.500 fr. ne sera pas présenté rue des Beaux-Arts (il paraît qu'il peut le rattraper). Seulement, apportez-moi i.ioofr. avant l'échéance.

(1) \^ir page 343.

(2) Ernest Christophe, le statuaire. — Philoxène Boyer, le poëte. II s'agissait bien entendu de billets de complaisance.

(3) Voyez la lettre 446.

(*' Henri Blaze de Bury était le beau-frère de Buloz. D'oij peut-être cette recommandation : on sait qu'une des ambitions les plus constantes de Baudelaire fut de collaborer régulièrement à la Revue des Deux-Mondes. ,

(^) Le bruit courait alors qu'Emile Montégut était devenu fou. Voyez page 354, note i.

Cela veut dire en bon français qu'il y a plus de prudence rue LafFitte que rue du Cherche-Midi ^^l

Dans tout cela rien de désagréable pour vous, j'ai pris toute responsabihté d'inexactitude (relativement aux 400 fr.) sur mon dos.

Envoyez- moi votre argent hôtel de Dieppe (affranchissez l'envoi pour que jV n'entame rien. Je tiendrai note de cela). Cet argent me sera évidemment remis à moi-même, et j'aurai soin d'être chez moi jeudi à l'heure où les employés du chemin de fer font leurs distributions. Par Assehneau, qui a la fatalité du ventre , il arrive toujours quelque malheur'-'. Ainsi la dernière fois, ce n'est qu'à 9 heures du matin que Pincebourde, revenant de la campagne, a pu avoir fargent (loo) qui manquait. Jugez de mon mquiétude. Quant à moi, j'avais eu beau tourmenter Assehneau par lettre, je n'avais pu rien obtenir.

Donc, je porterai tout de suite :

i.ioo chez Tenré et i.^oo chez Pincebourde plus 200 d'avance pour le 5.

Tout à vous.

J'ai hâte de vous voir. q g

Je crois, moi, que c'est pour le 30. Je vous

, (') Poulet -Malassis et de Broise, «Imprimeurs -Libraires - Editeurs», étaient établis alors 9, rue des Beaux-Arts. — Didot et Gélis, II, rue du Cherche-Midi. — Tenré fils et C'% rue Laffitte, 13.

'-' Baudelaire repousse ici la proposition de Poulet-Malassis qui lui avait écrit :

«Ne craignez-vous pas de recevoir à votre hôtel cette grosse somme [2.^00 fr.] et ne vaudrait-il pas mieux les adresser à Assehneau ? »

écris dans un café ! Je ne peux donc pas vous renvoyer le papier de 800 fr. ^^\

Vous est-il arrivé un accident avec Morel^'-'?

II m'a encore écrit des farces. Deux ou trois personnes s'ofFrant pour le tirer d'affaire, et je sais (par l'imprimeur) qu'il n'a pas vendu la revue, malgré ce qu'il m'a écrit. Pour comble d'ennui, voyant que la Revue ne paraissait plus, je lui ai redemandé par une vingtaine de lettres une épreuve de la fin de mon Salon (enfin Simon- Raçon a consenti à me la faire) et un manuscrit qu'il a à moi^^'. Vous savez si je suis intéressé à avoir du manuscrit. — Impossible d'arracher une réponse.

Nous réglerons ensemble la manière de vous assurer les dernières centaines de francs sur M. de Rode.

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