‹ Correspondance générale de Carnot (volume 2)Chapitre 123 sur 147 · PARIS, 5 BBUMAIRE AN II (s6 OGTOBBE l'J · texte numérisé non relu

PARIS, 5 BBUMAIRE AN II (s6 OGTOBBE l'J

GARirOT AU ciff^RAL J0URDAI9.

Paris, le 5 brumaire de l'an ii de la Républlqae une et indivisible.

CiAi^ror, RKPRBSBNTÀNT DU PEUPLE, ÀO GininAl en chef de t/AEUàE COMBINés DU NORD ET DBS ÀRDENNBS, JOURDÀ».

Le Comité de salut public , citoyen général , vient de recevoir votre réponse sur le plan de campagne qu'il vous a proposé, et il voit avec plaisir les dispositions que vous faites pour sa prompte exécution. Vos succès dans la Flandre maritime seconderont puissanmient vos projets. J'ai vu avec satisfaction , dans l'ouvrage du fameux général Lloyd ^^\ qu'il semble avoir prévu la position où vous êtes , que le plan de campagne qu'il propose est absolument conforme à celui qui a été arrêté par le Comité de salut public, et qu'il le regarde comme infaillible. Il est à désirer que vous puissiez enlever le château de Namur, parce que cela nous assurerait la possession du pays d'entre Sambre et Meuse, mais il ne faut pas que cette ville vous arrête un moment; si elle fait résistance, il faut se contenter de la masquer comme le propose Lloyd, et passer à Charle-sur-Sambre (Charleroi). Lloyd veut

^') Garnot est présent k la séance du Comité. (Cf. Aulard, VIIl, i8.) Il écrit un arrêté portant qu^Hérault-Sëchelles se rendra sans délai dans le département du Haut-Rhin pour y prendre toutes les mesures de sûreté générale qui lui paraîtraient nécessaires.

^^ Henry Lloyd , général anglais , né en

1799, mort en 1783, a laissé des ouvrages de tactique qui faisaient autorité à la fin du xfiii* siècle. Ses écrits, traduits en français, et notamment ses Mémoir$ê politiquêt €t militair€ê, servaient de manuel aux hommes de guerre, et en 1790 on en avait extrait un opuscule intitulé : De la philosophie de la guerre.

i03 CORRESPONDANCE GÉNÉRALE DE CARNOT. [96 oct. 1793.]

qu'on marche directement sur Bruxelles, en contenant l'ennemi sur votre gauche, par un corps de troupes qui prendrait des positions avantageuses. L'expédition doit être rapide. Il faut prendre avec vous tout ce qui est disponible dans l'armée des Ardennes. La saison est trop avancée pour craindre les trouées. Entrez en pays ennemi; que ia terreur vous précède; n'épargnez que les chaumières; n'oubliez pas de faire détruire les moulins et de prendre des otages en grand nombre. Il faut cependant mettre de la différence entre les pays qui ont montré quelque affection pour nous, de ceux qui sont nos ennemis mortels. Bruxelles, par exemple, ne mérite aucun ménagement; Liège, au contraire, est un peuple républicain; Mons est moins mauvais que Tournai; Namur ne nous hait point, non plus que Gharle-sur-Sambre, Gand et quelques autres villes de la Flandre maritime. Il' faut que la vengeance tombe spécialement sur les pays dont nous avons éprouvé ia perGdie. Le reste doit être seulement mis hors d'état de nous nuire, par mesure de sûreté ^^\ Quand vous serez près de frapper les grands coups, instruisez-m'en, car je désire être témoin de vos triomphes et partager le plaisir de battre les despotes ^^^ C'est bien fait de contenir l'ennemi dans la forêt de Mormal. Je voudrais qu'on pût l'attirer encore plus loin de son quartier général, aGn que vous puissiez le gagner de vitesse , lorsque vous passerez la Sambre. Croyez qu'il n'ira pas s'engouffrer derrière Cambrai et Landrecies. L'attaque du bois du Tilleul par Ferrand me paratt une sottise, par laquelle il a cru réparer une sottise plus grande , celle de n'être pas sorti de Maubeuge quand vous attaquiez l'ennemi de front et qu'il pouvait le mettre entre deux feux^^^ Nous ne savons pas quel a été le résultat du jugement de la commission militaire contre Gratien et le commandant du vingt-cinquième régiment de cavalerie.

Salut et fraternité.

(]arnot.

(Orig., Ireb. de la gaerre, armée da Nord.)

(*) Cette lettre est un véritable exposé (') Les événements postérieurs ne l^obli-

des principes du Comité de salut public à gèrent pas k retourner i Tarmée du Nord,

regard de ia conduite à tenir envers les ^^) Cf. è ce sujet, i la page 35â, le rap-

pays envahis. port du général Ferrand.

[q6oct. 1793.] CORRESPONDANCE MILITAIRE DU COMITÉ.

IIÂ. PARIS, 5 BRDMAIRB AN II (â 6 OCTOBRE 1793). LE COMITE DE SALUT PUBLIC AU MINISTRE DE LA GUERRE BOLCHOTTE.

Analyse. — Deux lettres : i*" Envoi d'une lettre écrite de Metz, le 9 octobre 1798, par le général Krieg, qui a été remplacé par le général Bessières ^^^ dans son commandement^^-. (Orig. signé par Garnot et Billaud-Varenne, Arch. adm. de la guerre, dossier Krieg.) — â"* Envoi de réclamations adressées par la Société des Jacobins de Paris sur la subsistance des troupes campées près de Réunion-sur- Oise ^^\ (Orig. signé par Garnot et Billaud-Varenne, Arch, de la guerre, corr. gén.)

115. PARIS, 5 BRUMAIRE AN II (sG OCTOBRE 1793). LE COMITE DE SALUT PUBLIC AU CONSEIL Gl^N^AL OU PAS-DE-CALAIS.

Paris, le 5* jour du a* mois de Tan ii dé la République françAiV.

LBS RBPnésENTÀNTS DU PEUPLE MEMBRES DV COMITÉ DE SàLVT POBLÎC

ÀVI MEMBRES COMPOSANT LE CONSEIL DO DBPARTEMBNT DV PAS-DE-CALAIS ^ X ARRAS.

Le Gomité a reçu, citoyens, votre lettre du 18 septembre. Il a

(') François Besinères, né à Montauban (Tarn-et-Garonne) le sa avril 1765, garde national en juillet 1789, capitaine et chef de bataillon, cbef du 1*' bataillon du Lot le 1" juillet 1799, général de brigade le 3o août 1793 et de division à Tarmée de la Moselle le 19 septembre suivant, commandant k Metz en Tan m , non compris dans forganisation du a 5 prairial an m ( i3 juin 1795), remis en actirité à Tarmée de Rbin et Mosdle le 7 brumaire an i? (99 octobre 1796), commandant la place de Lyon le 96 pluvidse an vu ( la février 1799), commandant la 9* division de Tarmée d*Angleterre à Saint-Omer en Tan tu, réformé le lâ nivôse an viii {fi janvier 1800), retraité le & septembre i8i5, retiré à Montauban.

^*^ Le a octobre 1798, fé citoyen Ur- (ebu avait informé le Gomité de salut puUic que le général Bessières, vrai sansculotte, venait de remplacer le général Krieg (ortographié Crik) dans le commandement des 3* et A* divisions de Tannée de la Moselle. Il ajoutait qu'on réclamerait sans doute la réintégration de Krieg et exprimait Tespoir que le Gomité ne raccorderait pas. (Orig., Arch. adm. de la guerre, dossier Krieg.)

(') On lit en tête cette annotation autographe de Bouchotte : «La valeur de cette pétition a été jugée. Le général Beaurgard , en faveur de qui elle paraissait faile, a été suspendu. n — En effet, le général Beaurgard avait été suspendu de ses fonctions le 9 octobre 1793.

410 CORRESPONDANCE GÉNÉRALE DE CARNOT. [96 oct. 1793.]

appris avec satisfaction que les jeunes gens de votre département, animés de Tamour de la République, volent avec joie à sa défense.

Les memlfreM du Comité de salut pukUe chargée de la corre^ndance,

CaBNOT, BlLLAUD-ViaBHIlK.

{ Orig. , Arcb. du Pat-d*-C«laif , téri» L ii , Amt. )

PARIS, 5 BBUMAIRI AH II (96 OCTOBRE 1793). LR MINISTRE DR LA GUERRE BOOCHOTTB AU COMITE DE SALUT PUBLIC.

Anaitfie, — Le représentant du peuple Laplanche aecose d'incivisme la l^on batave et le 99* régim&ïL Bouchotte demande à être autorisé à licencier ces deux corps.

(Areh. d« la gnenv, nf. L, fol. 79.)

MAUBEUGE, 5 BRUMAIRE AN II (s6 OCTOBRE iyQS). LE G^N^RAL JOURDAN AU MINISTRE DE LA GUERRE BOUCHOTTE.

Au qoartiflr général k Manbauge, le S* joar du 1* moia de fan 11 de la République une et indintible.

LB CnOTEN JOVBDÀN, BévitUt BN CBBF DE VAhuiB D€ NOnD , AU CnOTBB BOaCBCTTB, MIBlSTnB DB LA GVBBBB.

Citoyen ministre.

Le Comité de salut public m'avait envoyé, il y a quelques jours, Tarrété dont vous m'avez £Eut passer copie dans votre dernière. Je Tai médité et me suis pénétré des intentions qu'il contient. Elles cadrent parfidtement avec les miennes. Je sais qu'il est essentid de profiter de la victoire que je viens de remporter sur l'ennemi; il ne l'est pas moins de l'expulser du territoire de la République. D s'agit donc de trouver les moyens de réussir; c'est à quoi je pense continuellement Cette besogne a bien des difficultés. Je compte sur le courage de nos troupes pour les vaincre. J'espère que leur énergie Atera les moyens aux esclaves et aux tyrans de recommencer une autre campagne, ou au moins de la rendre très laborieuse. D ne tiendra pas à moi que le crédit de la nation française ne soit dans la plus grande splendeur.

L96ocr. 1793.] CORRESPONDANCE MIUTAIRE DU COMITÉ. AH

Je fiiis mes dispositions pour attaquer après-demain. Si la fortune me seconde, cette action terminera la campagne. Nos braves républicains témoignent le plus grand désir de fiire sentir aux ennemis, avec plénitude, la pesanteur de leurs armes.

JoUKDAIf.

(Orig., Arch. de la guerre « armée du Nord.)

MAUBEDGE, 5 BRUMAIRE AN II (â6 OCTOBRE 1793). GELLIEZ, TARIN ET BBRTON, AGENTS DU CONSEIL EXlfcUTlF PRÈS LURM^E DU NORD,

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