‹ Correspondance générale de Carnot (volume 2)Chapitre 124 sur 147 · AU MINISTRE DE LA GUERRE BOUGEOTTE · texte numérisé non relu

AU MINISTRE DE LA GUERRE BOUGEOTTE

Aa quartier général de Maubeage , le 96 octobre 1798, a* de la Répubiiqae nne et indiviaible.

P. CBLUEZ, YÀRW ET BBBTON , ÀOBIfTS DV CONSBIl BldcUTIF i UAtOâiB DU NOBD ,

AV CITOYEN BOVCHOTTB, MIÎIISTRB DE LÀ OVEEtlB,

La journée d'bier a été totalement employée au changement du quartier général , qui est venu s'établir ici. Beaucoup de militaires ne croyant pas Maubeuge propre k cet établissement, en raison de la position de Tannée ennemie, nous ne prononcerons pas sur cette question; mais ce que nous pouvons dire, c'est qu'il nous semble qu'avant de faire venir le quartier général dans cette ville, on aurait dû veiller à ce que les approvisionnements de première nécessité y fassent apportés , tandis qu'au contraire toutes les denrées manquent absolument; il n'y a pas même de fourrage au magasin et l'on est obligé, pour s'en procurer, d'aller à celui destiné à l'approvisionnement du parc et hors de la ville , et en ce moment il n'y en a pas une botte. Il parait qu'on n'a pas encore perdu la vieille et ridicule habitude de toi]gours placer le quartier général des armées dans les villes. Nous croyons que cet usage subsistera tant qu'il y aura dans les états-majors des muscadins qui ne conçoivent pas comment on peut exister dans un village. Ce n'est pas que nous fiissions ce reproche au général en chef, qui est généralement désigné pour un bon républicain, mais il est entouré de tant de monde qu'il 8*en trouve dans ce nombre qui l'influencent et qui l'entraînent quelquefois dans des démarches ausquelles il n'eût pas même pensé, s'il n'eût suivi que son impulsion.

Nous savons que Jourdan est tellement entravé dans ses opérations que déjà il aurait donné sa démission, sans quelques patriotes qui l'en ont détourné; mais cela n'empêche pas que souvent il a beaucoup de chagrin de voir que des hommes couverts de l'inviolabilité nationale sont tout à l'armée , excepté ce qu'ils doivent être. Nous sommes cependant forcés de dire que Jourdan a montré de la fidblesse envers les représentants, en sonflrant que, lors de la bataille des 1 5 et 16 de ce

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mois, ils aient donne impunément des ordres k des officiers généraux. Noas voyons, d'ailleurs, que Jourdan a porté la complaisance ou la faiblesse jusqu'à &ire un éloge pompeux du général Duquesnoy, frère du représentant , et qn a peine a-t-il parlé des autres qui ne se sont pas moins bien montrés que lui. Pourquoi donc le 1 5 Jourdan ténioigna>t-il haulement son étonnemeni de ce que la colonne de Duquesnoy ne donnait pas , lorsque le centre et la gaucbe se battaient depuis deux heures ^*^ Nous ra\ion8 bien pré\u lorsque, dans une lettre précédente, nous vous disions que Ton ne manquerait pas de faire Téloge du général Duquesnoy. Si Jourdan eut eu plus de fermeté, il n*eut pas souffert que le représentant Duquesnoy logeât avec lui et ne le quittât pas . et que , de concert avec son collègue Camot , ils eussent pour ainsi dire été les généraux de Tannée ^'' ; mais il a craint de déplaire à la représentation nationale; il a craint peut-être d*élre dénoncé par le représentant, et c'est ainsi, comme nous vous Tavons déjà dit, que, par une condescendance qui a toujours existé entre les généraux et les représentants, ils ont réciproquement &it Téloge les uns des autres. Quoi qu'il en soit, Jourdan est pur; au moins nous n'avons encore rien remarqué qui puisse nous faire croire le contraire , et nous espérons qu'enfin il saura déployer Ténei^e dun républicain qui, fier de la cause qu'il défend, ne doit pas souffrir que des hommes fassent ce qu'il doit faiire , mais doit les rappeler k leurs devoirs lorsqu'ils s'en écartent.

Notre année doit, après-demain, se porter sur Thuin et de là à Binche, s'il est |)ossible de percer jusque-là. Aussitôt que nous aurons quelque chose de nouveau , nous aurons le soin de vous en instniire.

Leê agents du Conseil exécutif à Varmée du Nord, P. Crmjrz, m. t. Rerton.

(Orig. , Arcb. de la guerre, ann^ do Nord.)

SGHlLTlGHBllf, 5 BRUMAIRE AN II (96 OCTOBRE lygS). LUDJIDANT G^Nl^RAL DKMONT Al GOMITK DE SALUT PUBLIC.

Analyse, — L'avant-garde de l'armée s'est battue aujourd'hui du matin jusqu'au soir. trLes ennemis nous ont enlevé le village de Wantzenau. Ils s'étaient rendus maîtres , le matin , du bois qui se trouve en avant de Beichstett , mais ce bois leur

U) Jourdan raconte lui-même cet épisode ^'^ (îette appréciation du rôle de Jourdan

dans ia lettre du 93 octobre, publiée À la à Wattignies est piquante, et elle complète

page 3o8 , noie 9. Le général Duquesnoy la série des documents relatifs à cette vir

déclara qu'il avait donné ordre au générd toire. Les insinuations des commissaires du

Gratien de se porter en avant, mais que Conseil eséculifsnr le général Duquesnoy

celui-ci ne lui avait pas oI)éi. furent d'ailleurs réfutées.

[37 ocT. 1793.] CORRESPONDANCE MILITAIRE DU COMITÉ. 413

a été repris dans le courant de la journée. Les soldais de la République ont trop de confiance en leur courage , car les ennemis se sont trouvés au milieu du village fie Wantzenau que notre cavalerie avait à peine monté k cheval. r>

(Orig., Areh. de b guerre, armée du Rhin.)

PARIS, 5 BRUMAIRE AN U (a6 OCTOBRE lyQS). LE GÉNE'rAL GUILLAUME AU COMITE DE SALUT PUBLIC.

Analyse, — U écrit de la prison de la Force pour demander qu'on décide de son sort, aGn qu'il puisse servir de nouveau la République.

(Andyse, Areh. de la guerre, eorr. géii. ) «

116. PARIS, 6 BRUMAIRE AN II [q'J OCTOBRE 1793)^*^ LE COMITÉ DE SALUT PURLIG À SAINT-JUST.

6* du 9' mois 9* année.

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