‹ Correspondance générale de Carnot (volume 2)Chapitre 33 sur 147 · LB COMITE DE SALUT PUBLIC A PHILIPPB^UX · texte numérisé non relu

LB COMITE DE SALUT PUBLIC A PHILIPPB^UX

Citoyen collègue.

Le Comité n'a pas été peu surpris du ton d'aigreur et de reproche avec lequel vous lui manifestez vos soupçons , vos craintes et vos voeux ^^K Si tel était le caractère de nos communications réciproques , bientôt le concours de nos efforts ne présenterait qu'une lutte fAcheuse qui substituerait les résultats de la mésintelligence à ceux d'une heureuse et nécessaire harmonie.

Le Comité n'a rien changé aux plans proposés le a 3 ^^\ Il pense que l'armée de Mayence doit être aux ordres du général Canclaux ^^\

écrit d'AiTMv le s5 aoèt 1 793, an GMmIé pour raveriîr qo^ils araîcnt maîutena dans Mf Ibndionf le coimniBwireHirdonnatenr Peti^ean, defdtné par le minûtre de la guerre. En marge ae trouve cette annotatioD autographe de Garaot : «A* conunnniqner au ministre de la guerre. Répondre que le ministre a nommé Pinthon, cornmisnire ordonnateur, pour remplacer Petitr jean.9 Une lettre conforme fut envoyée aux représentants ie 1* septembre. (Arcfa. nat , AP ti »38.)

('} La pièee est sans date, mais Philippeaux dit, dans son Qmftêrm^ 3* partie, p. 3i , ({u'elle était du 1* septembre.

(^ Pierre Philippeaux, né i Ferrîères (Seine-Inférieure) le 9 novembre 175&, avocat, député de la Sartbe à la Convention, décapité à Paris le 5 avril 179&.

(') La lettre de Philippeaux au Comité, datée de Tours, le 3o août 1793, trou heures de Taprès-midi, contenait des plaintes véhémentes sur le changement du plan de campagne du a3 aodt. «Depuis ma dernière missive, écrivait-il, expédiée par le tourrier ordinaire, une lettre de Ronsin nous annonce que, cédant aux observations de Rourfaotte, vous avei changé de fond en comble le plan de campagne du t3. Pignore si Rourbotte a su descendre jusqu^à protgéer une ligue infime qui vous

déshonore et perdra la République; mais, en tous cas, votre rétractation, si die existe, ne peut que vous eonpromettre essentieHement et vous faire soupçonner même de vouloir &voriser nos ennemis, qui certes, dans cette hypothèse, auraient tout Tavantage. Si c*est un mensonge de Ronsin, il est bien barbare à lui de eonatemer tous les honmies de bien qui veulent stneèremcnt sauver leur patrie. Cette nouvdk nous a pétrifiés, eonune si on nous eAt appris la perte de deux bataifles. . . Si eBe est réelle, vous pouves dire adieu i la ci -devant Rretagne. Les patriotes, qui avaient poussé des cris d^aUégresse lorsqu'ils voyaient Tarmée de Mayence descendre vers eux, vont être glacés d'indignation et de désespoir. Les fédéralistes, les fanatiques et les aiîstoerates vont triompher. Vous pouves concevoir dans quel abfme vous auries plongé toutes les contrées occidentales de la Répufafique. . .* (Cf. Aulard, VI, 193.)

(«) Cf. Chassin, U Vm^Êpainatê, ni,

(^) Cette phrase est de la main de CamoL — Jean-Raptiste-CamiHe de Candaui, né i Paris le a août 17&0, fils d'un conseiller au grand Conseil , vobntaire au régiment de Fumel-Cavderie le 1" juin 1766, cornette le 1" février 1767, rang

[i"8BPT. 1793.] CORRESPONDANCE MILITAIRE DU COMITÉ. 71

mais il n'a pas dû s'attacher assez à une opinion isolée pour lui sacrifier des opinions contraires qui méritaient aussi de sa part de grandes considérations. Nous avons donc jugé convenable qu'il y eût à Saumur une réunion des représentants du peuple pour concerter et arrêter définitivement les mesures qui doivent enfin rétablir le règne de la liberté dans cette partie de la République ^^\

Vous concevez comme nous , citoyen collègue , que le meilleur plan sera celui qui , formé par l'amour de la liberté , sera exécuté avec un concert plus parfait ^^\

(Minnle avte eorreetioiif aatograpbet de Carnot, Arch. naU, AF 11 967. — Pabl. par Auiud,YI, 94.)

PABI8, i** SBPTBMBRB lygS.

LE MIHI8TBB DB LA 6UBRBB BOUGHOTTB AU COMITE DE SALUT PUBLIC

Anabfu. — Il a reçu communication de la lettre anonyme arrivée de Farmée de la Moselle et signalant les vices de la composition des avant-gardes, irll n^est pas étonnant qu'il y ait des recrues dans les corps qui servent aux avant-gardes, puisque l*on en a veraé dans tous les corps des armées; mais les cbefs doivent les

de capitaine le 3o mai 1760, réformé en avril 1763, aide-major le 11 avrU 1768, major dn r^pmeat de Gonti-Dragona le 19 déeemlire 1768, rang de mestre de camp le a6 janvier 1773, chevalier de Saint-Lonis le 3 mars 1776, brigadier le 1* janvier 178a, maréchal de camp le 10 mars 1788, lieutenant généndle 7 septembre 1799, commandant en chef de l'armée eu GAtes ie 10 avril 1793, nispendn le 1 0 vendémiaire an n ( i** octobre 1793), rântégré et nommé commandant en chef de Tannée' de TOuest {017 vendémiaire an ni (8 octobre 179^)1 cesse tes fonctions le 1 9 firoctidor an m ( 99 août 1795), autorisé i prendre sa retraite le 9Â vendémiaire an iv (16 octobre 1795), commandant la i&* division militaire le ih frimaire an vni (5 décembre 1799), inspeetaur général de cavalerie le 5 thermidor an IX (9A juiQet 1801 ), membre de là L^pon dlmnnenr le 19 frimaire an xii (fi décembre i8o3) et commandant le

95 prairial (i& juin i8oà), sénateur le 3o vendémiaire an un ( 99 octobre i8o4i ), cemmandant des gardes nationales des départements de la Seine-Inférieure et de la Somme, comte de TEmpire en mars 1808, commissaire extraordinaire dans le département d*Ilie-et-Yilaine ie 96 déceinbre i8i3, pair de France ie à juin 181&, commandeur de Tordre de Saint-Louis le 93 août 181&, pair de France le 9 juin 181 5, refuse ce poste, rayé par ordonnance du 94 juillet i8i5, mais reprend son siège le 10 août suivant, mort à Paris le 97 décembre 1817.

(*) La réunion des représentants et des généraux eut lieu k Saumur ie 9 septembre 1793. (Cf. Savary, Guerm dn Fm- Htm et de$ Chouan§, II, 90, Aulard, VI, 969, et Ghassin, La Vendée patriote, III,

(*) Cf. dans Auiard , VI , 963 , la réponse de Philippeaux en date de Saumur, le 3 septembre 1793.

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faire exercer et instniire, et ne les jamais pheer dans des postes importants. Je vais recommander la plus gfrande attention et ia plus grande surveillance. Ten avais déjà écrit circulairenient, il y a un mois, aux génénux des annëes.*

(Orif., Areh. de la goerr», armée dn Nord.)

l** 8KPTI1IBRE 1793. LR GlilV^RAL BOUCHARD AU MINISTRB DE LA GUERRE DOUCHOTTK.

LB oiNihAL EM CBBV âU CITOTBN MiNISTÊB DK LA 6UBMÊK >*^

Je VOUS rends compte, citoyen ministre, des événements arrivés dqiuis ma dernière dépêche: les ennemis, bien décidément, ont divisé leurs forces en deux grands corps d^année , dont Tun agit sur ia Flandre maritime et Tautre sur les places du Hainaut.

Le rapport ci-joint du général Ihler vous fera voir qu*il a été forcé d*évacuer la forêt de Normal et de se retirer par Avesnes sur Maubeuge, comme je lui avais donné Tordre de le faire , au cas quHl fût forcé de faire sa retraite. En effectuant cette retraite, il a jeté dans Landrecies la garnison nécessaire à sa dâiense. Le commandant de cette place ne nravait rendu aucun compte des objets qui peuvent lui manquer; je n'ai pu donc les lui faire fournir; la poudre y est en petite quantité, mais vous savez que cette espèce de munition manque totalement dans cette partie de la firontière.

Les ennemis ont aussi fait des attaques multipliées du côté de Lille; |dusieurs actions ont eu lieu dans cette partie , où les troupes de la République ont toujours eu Tavautage sur celles des tyrans. Le dernier combat , dont vous verrez le détail dans le rapport du général Jourdan que je vous envoie , aurait été une des actions les plus brillantes, si nos troupes, au sein de la victoire, avaient resté fermes et disciplinées. Ce fatal exemple d'une terreur panique qui s'empara des esprits au milieu des succès est la cause de presque toutes les défaites que nous éprouvons. Combien il est douloureux de voir passer dans les mains des ennemis notre superbe artillerie que celle prise sur eux ne peut pas remplacer, à cause de la différence des calibres des boulets 1 II faut que nous la reconquérions; et j'espère que les troupes qui l'ont abandonnée répareront ce malheur. Je vais faire filer du cêté de Lille une autre division, afin que si décidément Dunkerque est menacé, comme cela est probable , nous ayons une armée ca|)able non seulement de résister, mais de battre les ennemis. Nous étions extrêmement faibles dans cette partie de la Flandre maritime : depuis Bailleul jusqu'à Dunkerque , la masse totale ne va pas, y compris les garnisons, à plus de 17,000 hommes, et vous savez que Dunkerque ne peut être considéré que comme un camp retranché à la défense duquel il faut beaucoup de troupes.

(') On Ut en tête ces mots autographes de Bouchotte : r Secrétariat. Faites k Tinstant une copie pour le Comité de salut public.»

[i-siPT. 1793.] CORRESPONDANCE MILITAIRE DU COMITÉ. 73

La prochaine arrivée des troupes de la Moselle m'a facilite dans Tenvoi des troupes nécessaires pour la défense de la Flandre maritime. J'y ai donc envoyé trob divisions : une, commandée par le général Romanet ^^\ occupe le camp de Mons-en-PévMe et assure la communication de Douai à Lille; la seconde, commandée par le généra] Jourdan , se porte sur tous les points menacés pour y combattre Tennemi. Je ne puis que me louer de la conduite brave et intelligente de ces deux généraux; la troisième va être conunandée par le général Landrin; elle se portera entre Dnnkerque et Cassel. Dans cet état de choses il me reste peu de monde au camp de Biache , et il est instant que les troupes de la Moselle viennent me recomposer une armée avec laquelle j'espère marcher à la victoire. Je pense que 10,000 hommes d'infanterie et 3,000 hommes de cavalerie venant de la Moselle doivent rester entre Philippeville et Maubeuge pour agir conjointement avec les deux divisions du camp retranché de Maubeuge; les autres ii,ooo hommes d*infanterie et &,ooo de cavalerie me joindront au camp de Biache , pour former le corps d'armée que je commanderai particulièrement ^'^ Les troupes qui sont dans la Flandre maritime formeront une masse qui agira de ce cAté. Telles sont les dispositions que j'entrevois , citoyen ministre, et dont je vous prie de faire part de suite au Comité de salut public , n'ayant pas le temps de lui envoyer une dépêche particulière; j'y joins les deux rapports du général Ihler et du général Jourdan. Je n'ai encore reçu aucuns détails particuliers sur les différentes actions.

Le général en chef de V armée du Nord et det Ardeime»,

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