‹ Correspondance générale de Carnot (volume 2)Chapitre 34 sur 147 · HOUCHARD · texte numérisé non relu

HOUCHARD

P.- S. n est pressant, citoyen ministre, que vous me fassiez passer avec la plus grande diligence vingt pièces de canon de bataille avec tous leurs accessoires.

(Orig., Areh. de la gaerre, ormée da Nord.)

t*) Joseph Romanet, chevalier du Gaillaod, né à Limoges (Haute -Vienne) le h décembre 17^8, soldat au régiment de Périgoni-Infanterie le 1*' mai 1764 , souslieutenant le 18 août 1766, lieutenant le 17 août 1770, lieutenant de la compagnie rolonelle le 17 juillet 177A, capitaine en second au riment de la Marche le 9 4 juin 1 780 , chevalier de Saint-Louis le 5 octobre 1 788, capitaine-commandant le sa juin 1789, lieutenant colonel du &5* régiment dHnfanlerie le s juin 1799, colonel provisoire le 7 avril 1 793 , général de brigade à Tannée du Nord le i5 mai 1793, suspendu le 1 5 septembre 1 793 , réintégré et

employé à Tannée de Tinlérieur le 1 3 juin

1795, autorisé & prendre sa retraite le 19 octobre 1795, pensionné le 3i mars

1796, membre de la Légion d^honneur le 4 février 1810 et officier le 19 octobre i8i4 , mort & Paris le 1 1 décembre 1899. Le général Romanet avait fait sous Tanden régime les campagnes de la Martinique de 1769 & 1773* des eûtes de Normandie en 1779 1 et de Belle-Ide en 1781 et 1789.

(*) Houchard, on le voit, comptait sur un renfort de trente mille hommes tirés de Tarmée de la Moselle, mais on ne lui en envoya que ringt-deux mille (cf. p. 60).

CORRESPONDANCE GÉNÉRALE DE GARNOT. [i*' sept. 1793.]

PABIS, i'^ SBPTBHBBE 1793.

L'EX-G^IIJRAL STEBGEL ^^^ AU GOMITli DE 8ALDT PUBLIC.

Dm prifonf dt l'Abbaye, k Ptrif , ee i*' Mptambr» 179S, Tan n da la Bépubliqiie françaiie.

IK CnOTBK STBtieKL, d-DgrANT GinitiAL DE BB!€ÀDË , AVI CIT0TBN8 MnàsBKTAtlTS DV PKVPLB COMPOSABT LB COUiti DB SALVT PVBUC DB LA COBYBJiTiOB MATWNALB DE rBAKCB.

Citoyens,

Traduit comme gënéral de brigade au tribunal révolutionnaire pour la retraite d*Aix, à laquelle je n^ëtaia qu*agent en aoua-ordrea, moninnocenee a été reconnue par Tunanimitë du juré de ce tribunal, et le peuple présent à ma justification y a applaudi avec un enthousiasme dont je puis tirer une dëmonstration flatteuse de la pureté de mes principes et de ma conduite ^'^.

Rendu à la libôrté avec une sorte de gloire qui m*a dédommagé des humiliations que je devais à Terreur et à la calomnie, je reçois peu de jours après une lettre du ministre Bouchotte, qui me suspendait de mes fonctions ^*K Cette lettre, qui me plonge dans Tindigence, m*a ravi tous les avantages que j*espérais de trente-trois années de services rendus à la France, et m*âoigne du prix que la nation bien informée m^accordera lorsqu'on lui aura rappelé que c'est moi qui ai eu la plus grande part à la journée du 90 septembre, et que, si les ennemis ont été arrêtés Tannée passée en Champagne, c'est principalement aux braves troupes que j'ai commandées que le succès en est dû ^^^; et les représentants du peuple ne voudront pas qu'il soit dit qu'un officier qui a conquis pour la République, Tannée passée, la ville de Malines ^'^ avec des effets pour la valeur de li millions, est réduit aujourd'hui à l'indigence et, ce qui est pis, qu'il est privé de sa liberté.

Malade et infirme , je traînais ici une existence pénible , espérant cependant que.

(*) Henri-Ghriatian-Michel de Stengei, né k Neufltadt(Palatinat)le 11 mai 17&4« entré au service de Fnaice comme m>ublieutenant au régiment d'Alsace-Infanterie le i3 février 1760, lieutenant le 1*' mai 1 765 , capitaine aux hussards de Chamborant le 11 mai 1769, capitaine commandant le 11 mars 17^1, chevalier de Saint- Louis le 9 novembre 1 786 , chef d'escadron le 90 mai 1788, major des hussards de Ghamborant le i5 juin 1788, lieutenantcolonel le a 5 juillet 1791, colonel du 9* dragons le i3 avril 1799 et du 1*' hussards le 16 mai suivant, maréchal de camp k Tarmée du Nord le i3 septembre 1799, général de division le 1 3 juin 1 796 , blessé

à la bataille de Mondovi le il avril 1796, mort le 98 du même mois. (Cf. Jacques Charavay, Lss généraux morls ptmr la patrie, p. 39.)

t') Stengei avait été arrêté avec le général La Noue k cause de la déroute d'Aixla-Chapelle; mais tous deux, renvoyés le 19 avril 1793 devant le tribunal révolutionnaire, avaient été acquittés le 98 maL

W Le i** juin 1793.

(*) Stengei avait en effet pris une part des phis actives k la bataille de Yalmy. (Cf. A. Ghuquet , Valmtf, p. 9 1 7, et Etienne Charavay, Ls général Alexiê Le Venear, p. 56.)

(*) Le i5 novembre 1793.

[t- SEPT. 1793.] CORRESPONDANCE MILITAIRE DU COMITÉ. 75

lonqae ma santé serait rétablie, le ministre aurait pu recueillir des renseignements snr mon compte dans les régiments qui avaient servi sous mes ordres, et je ne devais pas douter que le témoignage de tant de braves gens le dispose à m'employer; cette idée me faisait redoubler de soins pour recouvrer ma santé, lorsque le 3 1 juiUet je fus prévenu que je serais arrêté. Je me suis rendu alors au Comité de salut public, et de là à la mairie, sans pouvoir apprendre la raison pourquoi Torage grondait encore sur ma tête. Dans la nuit de ce même 3i juillet, je fus arrêté dans mon lit à Thêtei Grange-Batelière, et les sceflés mis sur mes papiers; et je fus conduit ici, à TAbbaye, où je vis couvert par l'assurance que donne la conviction de Tinnocence , mais pas moins assiégé par les borreurs et rinquiétnde d'une détention, dont j'ignore les motifs et le terme.

On m'assure, citoyens, que vous seuls pouvez à cet ^ard me tirer d'incertitade. Mon innocence est^Ile de nouveau attaquée? Qu'on la juge encore; je suis aussi certain de son second triomphe, que je le suis de l'intégrité des juges. Mais s'il n'y avait point de plaintes fondées contre moi, je vous supplie, citoyens, au nom des droits sacrés de l'homme et du citoyen , après que l'on m'a tout ravi , après avoir été proscrit dans mon pays natal et avoir été mis au ban de l'Empire pour me punir de ma constance à servir dans les armées de la République , faitesmoi rendre du moins le seul bien qui me reste : la liberté ^^K

Le citoyen Stengel, ci-4evant général de brigade.

(Orig. aot., coll. de M. Etienne Gharavay.)

1^ SBPTBMBBE 1793.

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