LB COMITE DB SALUT PUBLIC AU MAIBB DB PAE18 ^K
Paris, le 5 septembre 1793, Tan 11 de Ift Républiqtie françuse.
Iff COMITE DB 8ALVT PVBUO DB U COBfBNTION NATIOKÀlM AO MÀIBB DB PAB18.
Citoyen ,
En vertu du décret de la Convention nationale du a 3 août dernier, qui met tous les Français en réquisition pour combattre les ennemis de la République, nous vous prévenons que les architectes ci-après nommés, savoir : les citoyens Vignon^^), Glise, Hubert ^^^ Mouton ^^^ PoyetW, Piron, Poidevin^^), SignyW, Vachette, Delespine^, De Wailly^»^) et Roucelle^^^^ chargés de la construction des forges et ateliers néces-
(^) Cf. lettre du Comitë de salut publie an ministre de la guerre, à la date du 10 septembre 1793.
^ Jean-Nicolas Pacbe, ex-ministre de la guerre, élu maire de Paris le \h février 1793, remplacé par Lescot-Fleuriot le it floréal an ii (lo mai 179&).
(S) Barthélémy Vignon, élève de Poyet, né à Lyon en 1 769 , mort à Paris le 96 juillet 18&6.
(^) Auguste Hubert, élève de Peyre le jeune, grand prix d*architecture en 178&, collaborateur de David pour les fêtes nationales. (Cf. Ad. Lance, Dic^tmairê dm arekUêetm Jramçaii , I, 365.)
(*) Adrien Mouton, né à Marseille en 1741, grand prix d*arcbitecture en 1764. (Cf. Ad. Lance, II, 16s.)
<*) Bernard Poyet, né à Dijon le 3 mai 17A9 , élève de Ghariesde Wailly , membre de l'Académie d'architecture le 1*' mai 1 786 et de TAcadémie des beaux-arts le 1 9 décembre 1818, mort à Paris le 6 décembre 189&.
^ Cet arehitede acheva la constnictioQ de Tabattoir Montmartre à Paris. (Gt Ad. Lance, II, 917.)
(•) Louis Signy, architecte expert depms 1779$ électeur du département de Paris en i79tr membre de la Société des anus de la Constitution. {CL Etienne Gharavay, AtêêmhUeéUetoraiêdêPÉnê^iygi,^, 17.)
(*> Pieire^ules Dde^ine, né à Paris le 3 1 octobre 1766, memlire de l'Académie des beaux-arts le 96 juin tSaA, mort à Paris le 16 septembre 1896.
(»^ Gharies de Wamy, né i Paris le 9 novembre 1799, membre de TAcadémie d'architecture le 91 mai 1767 et de celle de peinture le 97 avril 1771, membre de l'Institut le 90 novembre 1796, mort à Paris le 9 novembre 1798.
t") Bertrand -Eugène Boucdle, né en 1769, architecte du département de la guerre, électeur du département de Paris en 1790 et en 1791. (Cf. Etienne Charavay, Aiê0mbUe ^Uctcrakdê PutrU de 1 790 H dêfjgt,)
saires à la fabrication des armes de Paris, pourront employer à ces édifices tous les citoyens maçons , charpentiers , menuisiers , plâtriers , etc., dont ces travaux exigeront l'industrie et les fournitures ^^^
Ces ouvriers seront payés sur le taux des prix courants des ouvrages et des journées déterminés pour les travaux du mois d'août dernier.
Nous invitons tous les ouvriers, amis du bien public et qui veident sincèrement le salut de la patrie , de se réunir pour contribuer à faire accélérer ces travaux importants.
Nous invitons les sections de Paris , le conseil municipal; le directoire du département, toutes les autorités constituées, à user de tout leur pouvoir pour la prompte construction de ces immenses ateliers qui produiront les foudres qui doivent exterminer les tyrans.
Les membres du Comité de sdtU publie, Laz. Garnot, G. -A. Prieub, Thuriot.
(Orig., Arch. nat, DXiH, carton 1.)
LB MINISTRE DE LA GUERRE BOUGHOTTE AU COMITE DE SALUT PUBLIC
Analyse. — Deux lettres : 1* U demande l'autorisation d'employer provisoirement dans des corps de cavalerie quelconques les chefs d'escadrqn et capitaines nommés dans les nouveaux escadrons, qui sont momentanément sans traitement ni emploi. — 9* Il renvoie trois mémoires des citoyens De£^ et Guiiliot et d'un volontaire anonyme sur les moyens d'effectuer la levée en masse , parce que les dispositions proposées ne feraient qu'entraver les mesures générales adoptées par le Comité.
(Orig., Areh. de la gaerro, eorrespondanea générale.)
'^) Le Comité de salut public montrait, par Torgane de Carnet et de C.-A. Prieur, la plus grande sollicitude pour cette importante question de la fabrication des armes, dont il 8*élaît occupé à diverses reprises; il avait donné à r^t effet au ministre de la guerre rautojpsalion de faire con-
struire à Paris des ateliers d*aju8tenr»-monleurs de fusib et de platineurs aux architectes Piron (98 août 1793), Hubert, Poidevin, Roucelle, de Wailly (99 août), Delespine, Mouton (3o août), dise (3i août), Signy (3 septembre). — Cf. Aulard, YI, i45, 166, 167, 188, aoS, aSi.
92 CORRESPONDANCE GÉNÉRALE DE GARNOT. [5 sm. 1793.]
GASSEL, 5 SEPTBMBBB ^793.
LB G^lfÏRAL BOUCHARD AU MINISTBE DE LA GUERRE BOUGHOTTE.
Aa quartier génénl de C«Mel , le 6 lepCembre 1793 , rêD I*' de la Républiqiie fraoçaiw, A beiiret après
LÉ CBNiRÀL BOOCffARD AO MI9l8TUi DE LA CVEMBi.
Aussitôt que j'ai su le dëpart du général Souham ^^\ j*ai poonru à son remplacement par le général Perrand. Je regrette cependant que le premier en ait été tiré, car malgré ce qu*il a écrit an Comité de salut public sur la rénalance qu*il limitait pour la défense de Dunkerque, j*ai lieu de croire, d'après ce qu'on m'en a dit, qu'il n'était nullement disposé à rendre la place. Il aura oui dire de quelques officiers du génie, qui raisonnent toujoun mathématiquement sur les opérations de guerre et d'après d'anciens calculs établis lora des guerres de roi à roi , que la place ne devait tenir que cinq jours, et il l'aura répété; il ne l'eût pas fait, s'il avait eu plus d'expérience et plus de moyens. Je voudrais, citoyen ministre, vous voir ici pour que vous puissiez vous-même juger nos généraux et vous convaincre de l'espèce d'inanition dans laquelle ils se trouvent par la crainte de leur responsabilité. Alora vous sentiriez véritablement notre misère et notre embarras sur ce point. Rarement il se donne un ordre qu'il ne soit suivi de refus d'accepter un commandement trop étendu, ou d'observations minutieuses sur les détails des opérations. Je voudrais bien pouvoir vous indiquer dans l'armée trois ou quatre bons généraux de division , et le double de généraux de brigade. Ceux annoncés n'arrivent pas ou n'arrivent que pour dire qu'ils ne sont bons à rien. Je n'ai personne absolument à envoyer à Maubeuge à la place du général Gudin. Je sens néanmoins, comme vous, qu'il faut de nécessité absolue le remplacer. Si vous ne trouvez personne , je n'ai à vous proposer de cette armée que le jeune général de brigade Dupont (*^ C'est le seul capable de faire des dispositions en grand et de donner de la vigueur au corps d'armée de Maubeuge. Il vient de vous être tout récemment proposé pour le grade de général de brigade par les représentants du peuple. Il laissera un grand vide au camp de la Madeleine, et je serai dans le même embarras pour l'y remplacer.
Demain matin nous allons faire un déjeuner à l'anglaise. Je vous rendrai compte de l'issue. Nos corps de troupe se rassemblent aujourd'hui sur les différents points de départ des colonnes. Nos avani -postes ont été attaqués ce matin sur tout notre front. Je présume qu'on voulait nous reconnaître et prendre des notions sur nos forces et nos dispositions. L'ennemi a été repoussé partout, à l'exception d'un
(') Cf. lettre de Berthelmy à Hoche, du rarmée du Nord, s^étaît emparé, le 98, de
97 août 1793. Tourcoing et avait pris cent hommes et un
(') Pierre Dupont, âgé de vingt-huit obusier. (Cf. Notn hiàtùriquei du ecnvên-
ans, nommé général provisoire le 96 août tioimel DelLrel , publiées par Aulard ; Paris,
1793 par les reprëaentants du peuple k 1893, in-8*, p. 68.)
poste où le 36* régiment ne s'était pas levé aussi matin qu'il en avait reçu Tordre. Ce it^ment a fait quelques pertes , qui ne sont pas néanmoins très considérables. Je vais en ce moment faire sentir au chef qu'il aurait dû être plus vigilant.
Parmi les pertes de Tennemi, on compte un colonel anglais, dont la riche dépouille a passé à nos tirailleurs.
HOUCRARD.
( Orig. , Arehireg de la guerre , armée do Nord. )
LILLB, 5 SEPTEMBRE 1793.
LE ciN^RAL FAVART AU COMITE DE SALUT PUBLIC.
Analyse, — Détails sur la situation de Lille et sur les moyens qu'il a employés pour mettre cette place en état de défense.
(Analysa, Arch. de la gaem, rag. da Comité de salut publie, C , fol. 669. )
LB COUiri DE SALUT PUBLIC A CAVAIGNAG , RBPRifsBNTANT DU PEUPLE
PRÈS L'ARMIÎE DES GÔTES DE BREST.
Paris, 6 septembre i793«
Citoyen collègue ,
Le Comité n'a pas demandé votre rappel ; il ne doute pas que votre présence près Tarmée des Côtes de Brest soit utile à la République. Le zèle que vous témoignez ajoute encore à sa confiance ^^^
( Minute , Areh. nat , AF n 967. )
t') Gamot est présent i la séance du Go* mité. (Gf. Aulard, VI, 995.) Il rédige et écrit deux arrêtés : 1* Le générai Souham reprendra provisoirement le commandement de Dunkerque; 9* Payement d'une indemnité au citoyen Vandick. — Gf. aussi dans Aulard, VI, 999, les lettres du Gomité de salut public aux représentants i farmée du Nord sur la réponse faite par 0*Meara aux Anglais qui sommaient Dunkerque , et aux représentants â Tannée des
Alpes sur la nécessité de terminer au plus tôt le siège de Lyon. Il est vraisemblable que Gamot a été le rédacteur ou au moins rinspirateur de ces lettres.
(') Par une lettre datée de Saumur, le 3 septembre 1 798 , Gavaignac avait déclaré au Gomité qu'il resterait volontiers à Tarmée des Gôtes de Brest. (Gf. Aulard, VI, 96Û.) En marge, Gamot avait écrit : «Répondre à Gavaignac qu on n'a pas demandé son rappel.»
CORRESPONDANCE GÉNÉRALE DE CARNOT. [6 sm. 1793.]