LE GISN^RAL BEYSSER AU COMITE DE SALUT PUBLIC
Analifse. — Chargé d'une expédition militaire , il ne peut continuer à remplir la mission politique dont le Comité Tavait chargé. Il va se mettre k la tête des troupes, frj'espère que je serai plus heureux k la poursuite des rebelles armés qu'à celle des chefs de parti qui se cachent. J'aime beaucoup mieux combattre [ceux-là] les armes à la main que déterrer [ceux-ci] dans les ténèbres où ils se cachent. Au surplus, quelque service que la République attende de moi, je serai toujours disposé à faire tout ce qui pourra montrer mon respect pour la Convention nationale et servir la cause de la liberté, v»
(Orig., Arch. nat, AF ii 46. ^ PubL par CL L. Ghassin, La Vmtdée pmlrioie , II, 688.)
ai. PARIS, 9 SEPTEMBRE 1793^*^^ LE COMITÉ DE SALUT PUBLIC AU COMITÉ DE SÛRETÉ GÉNÉRALE.
Paris, le 9 soptembrp. Tan 11 de la R<^publique.
LES BEPHUSEXTANTS DU PEUPLE MKVBnES DU COMiri DE SALVT PUBLIC DE LA CONVENTtON NATIONALE
AU COUni DE stBETE GKNEBALE.
Nous VOUS prévenons que le général Brune nous écrit de Péronne,
(*) Co post-scriptum est de la main do nyr et Quëtineau. — I>c même jour, il fait
Rorlior. derréler par la (ionvention nationale une
(*) (iAmot est pn^sent à la séance du instniclion pour la formation de Tannée
Comité. (Cf. Aulard, VI, 373.) Il écrit révolutionnaire de Paris. (tfomCeicr, \ VII,
Tordre d*arrestation des généraux Leygo- 69/4).
le 28 du mois dernier, que Tex- constituant Foileviile^*^ royaliste connu, s entoure de nombreux domestiques, et qu'il lui suppose des projets sur lesquels il croit qu'il faudrait envoyer des ordres, les autorités constituées n'ayant aucune énergie.
Les metnbres du Comité de salut public chargés de la correspofidance ,
Cârnot, Prikur, Billaud-Vàrbnne.
Ong. , Coll. de M. Etienne Charavay. )
LB COmTé DE SALUT PUBLIC AU REPRESENTANT FERAUD.
Paris, le 9 septembre. Tan ii de la République.
LBS BSPnésKBlTÀSTS DU PEUPLE, MEMBRES DU COMITE DE SALUT PUBLIC DE LÀ CONVEN- TION BÀTiONALE, AU CITOYEN FEBAUD^*', BEPBisENTANT DU PEUPLE PBÈS L'ABMÉe DES PTBÉNEES OCCIDENTALES ^^\
Nous^ avons lu avec satisfaction, citoyen collègue, dans votre lettre du 1 7 août dernier ^^\ le compte que vous nous rendez de la bravoure et de la conduite républicaine de l'armée des Pyrénées occidentales. Le ministre de la guerre, à qiû nous avons renvoyé extrait de votre dépêche, ne manquera pas sans doute de pourvoir aux besoins de cette armée.
Les membres du Comité de salut public chaînés de la correspondance,
Carnot, Billaud-Varennb, Prieur, député de la Marne.
(Orig., Afch. mun. de Rayonne.)
(') Anne-Charies- Gabriel, marquis de Folterille, ne au château de ManancouK (Somme) le i& juillet iv^g* lieutenantcolonel d^infanterie, député-suppléant de la noblesse du bailliage de Péronne aux Élats- généraux le 5 avril 1789, appelé a si^er le 96 décembre suivant, mort au château de Manancourt le i5 mai i835.
''^ Jean -Marie -Hélène Feraud, né â
Arreau (Hautes-Pyrénées) le 91 mai 1766, député des Hautes-Pyrénées à la Convention, assassiné à Paris le 9 prairial an m (91 mai 1795).
W Le conventionnel Feraud avait été envoyé en mission à Tarmée des Pyrénées occidentales le 3o avril 1793. (Cf. Aulard^ m, 56o.)
(*) Cf. Aukrd, VI, 18.
110 eORRESPONDANCE GÉNÉRALE DE CARNOT. [9 sept. 1798.]
A3. PARI8, 9 SBPTEMBBB lygS.
• LE COMITE DE SALUT PUBLIC AUX ADMIlflSTRÀTEURS DU DJPABTENEIIT DU PÀS-DE-CÀUIS.
Paris, le 9 septembre 1793, Tan 11 de la Rëpubli<pie française.
LS8 RKPKisMnTÀKTS DV PEUPLE MEMBME8 MI COMIti DE 8ÀLUT POBUC AVr àDMINJSTRàTEVM do Pàa-DE-CàLÀiS, i iBIiS.
Nous avons reçu, citoyens, voire lettre du a 8 août dernier et les pièces qui y étaient jointes. Nous applaudissons à la surveillance et à Tactivitë que vous avez développées pour dissoudre le rassemblement contre-révolutionnaire qui s'était formé dans votre département.
Les membren du ComiU de sabd pMie chargés de la ccrrespoiidance ,
Carbot, Billaud-Varebbe, Prieur, de la Marne.
(Orig., Arch. dép. du Pa«-de-C«ltii , séria ui, Arrat.)
PARIS, 9 septembre 1793.
LE MINISTRE DE LA GUEBBE BOUGUOTTB AU COMITE DE SALUT PUBLIC
Analyse. — Il propose d^approaver un arrélë du directoire du dëpartenaent de la Soname portant qu on ne rassemblera aux chefs-lieux des districts que les hommes non mariés ou veufs sans enfants , de dix-huit à vingt-cinq ans.
( Orig. , Areh. de ia gaem « armée da Nord.)
DUNKBRQUE, 9 SEPTEMBRE I793.
LES BBPBISSENTANTS TRULLARD ET BERLIER AU COMITlî DE SALUT PUBLIC.
DuDkerqae, le g septembre 1793, Tan 11 de la République une et indiviaible.
TRDUAnD STEBEUER, EEPRisENTÀNTS DU PEUPLE ENVOYES PRÈS L'ARÊêÉE DV ffORD, À LEURS COLLÈGUES COMPOSANT LE COMIté DE SALUT PUBLIC,
Nous nous empressons, citoyens collègues, de vous informer que le camp devant Dunkerque est décidément abandonné par Tennemi, qui fuit du sol de ia
[9 SBPT. 1793.] CORRESPONDANCE MD.ITAIRE DU COMITÉ. 111
liberté; son entreprise lui a coûté cher, et il a perdu beaucoup de monde dans les sorties que nous avons faites pendant trois jours de suite.
Cependant et malgré la bravoure des troupes de la République et le zèle infatigable des habitants, cette importante place serait sans doute encore assiégée sans les grands mouvements et les heureuses attaques qui ont eu lieu ces joursn;! dans tous les points de Tarmée; mais avec Tesprit qui animait les troupes et les habitants, Dunkerque, si elle eût été réduite, n^aurait offert aux ennemis qn*un monceau de cendres et de cadavres. C^est un juste témoignage que nous devons k tous ces bons citoyens et aux autorités civiles et militaires , dons nous avons été bien secondés, k Texception toutefois du commandant de Tartiiierie, que nous avons ûdt arrêter et dont la conduite doit être sévèrement examinée. ' Nous devons beaucoup aussi au comité de surveillance que nous avons établi à Dunkerque, et qui nous avait mis à même de purger cette ville de qudques aristocrates, car il y en a partout. *
Les généraux de brigade Ferrand, Souham et de Rocque ^'^ se sont en toutes occasions comportés en bons citoyens et en braves militaires; ils ont la confiance de leurs camarades d'armes et nous croyons qu'ils la méritent à tous ^ards.
Le chef de brigade Hoche ^'' s'est aussi comporté avec une bravoure et une intelligence rares.
Enfin Dunkerque et Bergues ont réuni sous cet aspect ce qui a manqué en beaucoup d'autres points à la République.
Nous apprenons de Bergues que l'on a pris à l'ennemi honunes, chevaux, bagages, et que les Autrichiens, en fuyant comme des daims, ont laissé beaucoup de tralneurs. Cette place a pour commandants militaires les généraux Leclaire ^'^ et Carrion, dont le civisme et la bravoure sont généndement attestés.
^ Nicolas de Rocque, né à Golmar (Haute-Alsace) le i5 février 17^3, enseigne dans le régiment de Berg le 1 " mars 1767, lieutenant en premier le t** mai i76o,aoas-«ide-major le ta avril 176a, aide-major le 39 février 1768, capitaine en second des grenadiers ie 99 mai 1776, rapîtiiîtta commandant le 7 août 1778, migor du régiment de Darmsladt le 96 mars 1783, lieatenantrcolonel le i3 février 1787, colonel le ao décembre 1791* adjodant général chef de brigade le 1 6 mai *19*% général de brigade à Tarmée des Ardennes le i5 mai 1793, suspendu le i5 septembre 1793, réintégré et nommé général de division le 3 5 prairial an m (i3 juin i79&)9 cesse ses fonctions par suite de la suppression de l'armée des Côtes de l'Océan le i** vendémiaire an v (99 septembre 1796), retiré a Colmar.Le général de Rocque avait fait les campagnes
d'Allemagne de 1767 à 1769 et de Corse en 1770.
<^) Les représentants ont écrit par erreur de Boeque, mais il s^agit éridemment de Hoche, dont le commissaire Deschamps parie dans des termes analogues (p. 11 3).
(') Théodore-François-Joseph Leclaire, né à Termonde (Pays-Bas) le 18 octobre 1769 , enfant de troupe au régiment d'Anhalt-Infanierie, sous-lieutenant ie 17 juillet 176^, lieutenant en premier le 16 octobre 1768, lieutenant de grenadiers le 8 juin 1776, capitaine en second le h juillet 1777, premier capitaine en second ie i*' septembre 1786, major du régiment de Bouillon -Infanterie le S novembre 1786, chevalier de Saint -Louis le 7 janrier 1787, lieutenant-colonel le 1" janvier 1 791 , colonel le 1 9 juillet 1 799 , générai de brigade le 8 avril 1793 et de division le 99 septembre suivant, inspec-
112 CORRESPONDANCE GÉNÉRALE DE CARNOT. [9 scpt. 1793.]
Nous allons ramasser les magasins que Ton dit avoir éié laissés par Tennenii; Ton nous rapporte, entre autres choses, qu^il a abandonné on parc d^artillerie; cela viendrait fort à propos, car Ton a fait ici de grandes consommations en ce genre.
Nous ne pouvons terminer cette lettre sans vous peindre le dénuement où sont les braves défenseurs de la République, relativement à leur équipement : habits, chemises et souliers, tout cela manque, et il est instant d*y pourvoir; nous n*avons pas ici pour cela de ressources personnelles. L'énergie de ces braves gens n'en est pas diminuée, mais aussi la patrie doit acquitter sa dette env«« eux.
Nous avons remarqué que les hApitanx sont bien tenus et que le soldat est mieux nourri qu'habillé; c'est quelque chose sans doute, mais ce n'est pas tout ce qui lui est dû.
Une conuuission militaire , créée ici par nos collègues Hentz et Duquesnoy, va juger aujourd'hui une affaire dans laquelle plusieurs particuliers sont prévenus d'avoir donné des signaux nocturnes.
Adieu , coliques , ça ira. T. Tbcllaid , Bbilibi.
P. -5. Nous apprenons en ce moment que l'ennemi a laissé derrière lui quatorze canons du calibre de si , que Ton amène en ce moment ^^K
(Orig., Arch. de ta guerre, armée du Nord.)
OUMlERQUE, 9 SEPTEMBRE 1798.
DESCUAMPS, COIIMISSAIBE DU GOMITli DE SALUT PUBLIC,
AU COMITÉ DE SALUT PUBLIC
Dunkerque, !e 9 septembre 179$, l'an II de la République française une et indinaible.
Ije lendemain du départ de mon coU^e Becard pour Paris, j'ai quitté LiUe pour me rendre à Dunkerque , où j'ai pensé que ma présence pouvait être plus utile , attendu que l'ennemi était sous ses murs. J'ai passé par Cassel , Saint-Omer et Gravelines. Cassel était dans une position bien avantageuse pour nous et les redoutes qui l'entourent le rendent formidable, fl y est arrivé 10,000 hommes le
teur générd de Tinfanterie A i*armée de Leriaire avait fait la campagne de Corse
Sambre-et -Meuse le s 5 décembre 1796, de 1768 A 1770.
commandant d'armes à Lille le i3 octobre '^^ Cette lettre a été publiée dans le Mo-
1800, membre de la Légion d'honneur le niteur du i3 septembre 1793 (XVIl, 63 1)
19 décembre 180 3 et commandant le et analysée dans le recueil de M. Aulard
lA juin 180/j, commandant de place A (VI, 38 1). Le Comité de salut public y
Slrasboui^f le 3 décembre 180A, mort A répondit le a A septembre. (Cf. Aulard,
Strasboui^g le i3 janvier 1811. Le générd VU, 37.)
h ooaFBnt Saint-Omer n*a point de garnison; la place est forte, surtout par ses eaux. On travaille à réparer les fortifications; on y arrête les gens suspects et tous les étrangers. Gravelines est très forte aussi par ses eaux. Il y a environ 9,5oo hommes de garnison; on y arrête de même les gens suspects. Dunkerque, où je suis depuis cinq jours, était à mon arrivée en très mauvais état. Beaucoup de choses manquaient aux fortifications, la garnison avait été travaillée par les malveillants, elle n'observait aucune discipline, les chefs non plus. Mais à présent tout est changé. Les fortifications sont hérissées de canons, la troupe fait son devoir ainsi que les officiers, et les malveillants sont partis de la ville avec bonne et sure garde. Les représentants du peuple TruUard, Berlier, et Hoche, adjudant général, ont constamment été sur pied pour rétablir Tordre. Les généraux Ferrand, Souham et de Rocque ont partagé leurs travaux. Ils ont montré beaucoup de civisme et de talent militaire; surtout Souham, qui nous a paru vrai républicain, et sa suspension nous avait fait, ainsi qu*à tous les bons citoyens de la ville, une peine sensible. Ferrand est bon; c^est un ancien soldat de la ci-devant Franche-Comté, qui ne parait pas être capable de nous trahir. Quant à de Rocque nous ne pouvons encore dire ce qu'il est, ni les représentants non plus, mais nous le surveillons de près.
Depuis que je suis à Dunkerque, nous avons fait trois sorties vigoureuses qui nous ont été très favorables. Hoche, adjudant général, a montré beaucoup d'intelligence et de bravoure. Les généraux se sont bien conduits. A la première sortie nous avons eu lao hommes environ tant tués que blessés. L'ennemi en a perdu considérablement. A la seconde, nous n'avons eu que peu de tués et de blessa. L'ennemi, cette fois-là, a été vivement repoussé dans ses retranchements avec grande perte. La troisième, qui s'est faite hier, a été pour nous un triomphe; nous n'avons encore eu que peu de tués et de blessés, mais l'ennemi en a laissé des siens par centaines sur le champ de bataille. Ils ont levé leur camp , brûlé leurs magasins, laissé en notre disposition environ cent voitures de boulets et un magasin de toiles; et si nous les eussions poursuivis, nous leur aurions bien pris antre chose; mais, comme les chemins étaient extrêmement couverts , on n'a pas JQgé k propos de le faire. Nous venons d'apprendre par un déserteur que , hier, nous leur avons tué 900 hommes dans un seul riment de 600. Une lettre, trouvée sur un officier ennemi fait prisonnier, nous apprend qu'il y avait aux environs de Dunkerque, Bergues et Cassel, /lo,ooo honmies, et qu'une flotte anglaise, composée de trois vaisseaux de ligne et neuf frégates, a mouillé hier à oeuf heures et demie du matin devant Gravelines. Cette flotte était le signal d'attaque. L'ennemi devait attaquer Dunkerque, secondé par cette flotte; mais quand ils ont appris que Wormhoudt était pris et qu'ils étaient repoussés de toutes parts , ils ont pris la fuite, laissant toutes les routes où ils passaient couvertes de leurs cadavres.
Les généraux Leclaire et Carrion, qui commandent à Bergues, ont aussi fait de fortes sorties , dans lesquelles ils ont attrapé plusieurs émigrés. Les colonnes , qni sont^rties de Cassel pour faire divei*sion, ont, le 7, fait cinq à six cents prisonniers, le 8 autant, et pris beaucoup de bagages à l'ennemi, qui a eu une colonne entière mise en déroute , tellement que les soldats se poilaient du côté de
tHfKIHKmiB *ATIO!l«LL.
lU CORRESPONDANCE GÉNÉRALE DE CARNOT. [9 opt. 1793.]
Saint-Omer sans savoir où ils allaient Relègues s^est bîea conduit; les généraux sont bons. D parait que le plan da général Honchard a eu un plein succès. Il a eu une «ffidre à Hondachoote qui lui a très bien réussi ^^^ : il a fiût sept à huit cenU priaonniers, pris beaucoup de bagages et repoussé Tennemi ^^ ; de aorte que nous
(') La première nouvelle de la victoire de Hondschoote, livrée par Honchard le 8 septembre 1798, fut envoyée le jour même par le génénd Berthelmy au minislre de la gueire, qui la oommnmqoa & la Gonventioa dans la séance du 10. De leur côté les représentants Ddbrel et Levasseur, qui avaient pris une part active i la bataille, écrivirent à la C<»ivention la lettre suivante, qui n^arriva à Paris qae en (orig. aut. de Levasseur, Arch. de la guerre, armée du Nord) :
«Au quartier général de Hondicboole, le S septembre , Tan n de la République.
ftLu repréëentmUê du peuphprèi Twrmk du Nord à la ConMnlîbii naiionaU,
«Citoyens nos collègues,
«Depuis le 6 de ce mois Tarmée réunie aux environs de Gassel bat les ennemis. Le 6 et le 7, nos troupes ont emporté plusieurs postes de vive force, malgré les obstades multipliés qui «^opposent è la marche d*une armée dans un pays aussi difliâle que ce- Im-d. Ai^ourdlrai 8, les trsnpes de la RépubMque se sont emparées de la ville de Hoodschoate. Ce peste était occupé par 1 5,000 hommes; il a été v^oureusement défendu, mais rien n*a pu résister i la valeur de nos soldats. Après cinq à six heures de combats, le pofAe a été enq>orté à la bayonnette. Cette affaire, que nous avions d^dxnd considérée comme de peu de conséquence, est deveane très îii^or* tante par le noadire des ennenûs qui y étaient nnCaruiéset i^ctwathés et par la résistance ifaL^'àt y ont iaite. L^ennemi a perdu douxe à quinze cents hommes blessés ou tués; le nombre des prisonniers se porte à six ou sept cents. Nous avons de notre côté quatre on cinq cents blessés et peu de tués. Nos soldats ont pris des canons et des drapeaux. Nous vans ferons connaître les détails de cette expédition et
bientôt aussi les nouveaux avantages que nous promettent la valeur de nos troupes et les dispositions faites par le générd.
«Bergues est dégagé. Si Daaberque ne Test pas encore , Tennenn pourrait bien s*en repentir. Nous regrettons que la nécessité de pourvoir aux besoins de Tarmée ne nous laisse pas le temps de retracer ici toutes les actions d^éclat et dliéroîsme dont nous avons été témoins depuis trois jours. C*est un devoir dont nous nous acquitterons au premier nwmeit. Nous avons phisieuni corps et plusieurs îmËndas è désirer à k reconnaissanee pubiiqne.
trDxunii, LivAssiva, de la Sartfae.*
^') Honchard n*écririt au ministre que le 10 (cf. cette lettre i sa date). — Cf. sur Hondschoote les relations de Honchard en date des 11 et a 9 septembre, publiées dans le présent volume; le rédt rédigé en 1899 par M. A. de BoisdefEre, lieojfcenant d^état-m^or, et conservé aux Ardnves de la guerre; les Mémoim de Levasseur de la Saîthe; les Aittss Asslori^aai da etwaeii* timmd Oeftnni, publiées par Anlaid; et A. Ghuquet, Homitchoolê, p. 186 etauiv.
— Ddbrel et Levasseur prirent une part active à la bataille de Hondschoote, Inen qu^ils n^'en aient rien dit dans la lettre publiée ci-dessus. Delbrel, dénoncé par les CambrésKOs, se justifia en ces tennes (p. S5 de ses Not8$ huttorifmt) : eDviales lappsits qae j'ai fûts, dans les lettres que j*aî «Ireasées à la Conventâoa nationaie au au Gonité de safait public ponrles inslniire des opérations de Tannée, j*ai eu la délicatesse , la modestie de ne jamais parier de moi. Mais, puisque, par une dénonciation solennelle, la commune et le district de Cambrai ont voulu jeter du doute sur Ténergie et la pureté de mes seAiments, il doit m*étre permb d^exposer fiwichement tout ce qui peut caradéoser ma condinte.
[9 WPT. 1793.] CORRESPONDANCE MIUTAIRB DU COMITÉ. 115
espérons aller bientôt à Furncs leur faire danser la Carmagnole au son de Çorira et de «Vive la République l?»
Voici la copie d une lettre que le général Leciaire écrit au général Carrion, à Berguesi
rTout va bien; force de voitures et de prisonniers; les chasseurs de Languedoc, de Cassel , sont reconnus sor ma droite. Mille ennemis doivent se trouver cernés. En effet tout arrive en abondance et leur cavalerie est parfaitement en déroute. 3)
Nous venons d*apprendre qu*au camp de Leffirinkhoucke Tennemi avait abandonné quatorze pièces de canon de a & et beaucoup ji*avoine , qu'ils ne savent où porter leurs pas. La terreur est parmi eux: Vive la République!
Je n*ai pas quitté Dunkerque , attendu que j*y suis nécessaire , tant pour surveiller les malveillants que pour aider les représentants à réformer les abus qui y régnent.
Hier, le eîtoyen Trullard a vu tomber à deux pieds de lui un boulet ennemi de 1 7 ; mais Tesdave a respecté Thomme libre.
A tous moments il arrive ici de bonnes nouvelles et beaucoup de prisonniers et de déserteark Nous allons en avoir bien d'autres. Un renfort de 10,000 hommes vient d'entrer et noui «UonB tout de suite à h poursuite de ces bandes de cannibales.
Salut et fraternité.
Dksghamps; QuiNcr, uerétaire.
Tout le monde ici est dans la plus grande joie de ce que l'ennemi est repoussé; la tranquillité Tkgae et tout va bien. Un autre courrier vient de nous apprendre qu'on a découvert dans une é(^iae une quantité immense de poudre que l'ennemi a abandonnée.
(On;. , Arch. de la guerre, armée dn Nord.)
Je dok doue dire qu'à k iMtttiile d'HondrniiooCe mon collège Levaaseur (de la Saitbe) et moi avooe fût preuve de coalise. LevMteur eut un ebevd tué sous lui. i^ mon o6lé, «i momciii ok lee («Nipes munmireieat de ce qa*on les retenait si lao^llmps dans i'inactioa sous le feu des iietierîes d*Hondschooie, j*cttâ me placer 4 11 télé de la coloone, eali« deux pièees d^aHîMcne, les seules que nous passioBs eoifdover dans cette portion. Je restai là pendant deitt beares, monté sur un chevd bUnc, servant de point de mire a Tartiiiene ennemie. En mViqMMant ainsi à une ■oit presque certaine, j'avais Tintention de oonienir par mon exen^ les troupes
que je voyais prêtes à se débuider. JSile est importante, la victo&re d'Hondscboote , parce qu'elle rompît cette longue chaîne de revers qui, depuis la dénH^ de la Belgique , flétrissait la ^oire de noe armes. Elle est importante, puisque c'est par elle que GomHieafa cette nouvelie période de rictoires dont le taUeau, tracé par Garaot, fut publié en Tan ni par la Gonventieo nationale. Hle est importante, cette victoire, parce qu'ette força le duc d'York à renoncer aux sièges de Bergucs et de Dunkerque, et que l'armée anglaise, campée sur les dunes, se retira avec jH^ipitaUon, laissant en notre pouvoir toute son artillerie et des mumtilms immenses.»
H fi CORRESPONDANCE GÉNÉRALE DE GARNOT. [9 sept. 1793.
S.\UMUn, 9 SEPTBIIBRB 1793.