LE GÉNÉRAL EN CHBP ROSSIGNOL ^'^ AU COMITÉ DE SALUT PUBLIC
Ao quartier (péoéral à Sâumiir, le 9 septombre 1793, l*an n de la République française nne et indivisible.
LK GKNERAL EX CHEF DE L'ÀBMÉE DES câfES DE LA ROCBELIE '*' ÀVI CITOYENS COMPOSANT LE COMITE DE SALUT PUBLIC.
Cilovpns,
Je viens de faire chasser IVnnenii des buttes d'Erignë et rétablir les communications du Pont-de-Cë , et assurer ia route de Brissac. L'avant-garde , chaînée de cette expédition, s'était portée dès la nuit du 7 près de ce point ^'\ Trois coups
(') Jean-Antoine Rossignol, ne à Paris le 7 novembre 17^7 (d'après son brevet de général de brigade) ou en 1769 (d'après SOS Mémoirêi)^ fils d*un facteur à la messagerie de Lyon, apprenti orfèvre, engagé au régiment de RoyaURoussillon à Dunkerque le i& août 1776 sous le nom de Francœur, congédié le là août 1783, ouvrier orfèvre , assiste à ia prise de la Bastille , entré dans la compagnie des volontaires nationaux de la Bastille et officier provisoire en septembre 1789, fusilier dans la garde nationale le 90 août 1791^ puis sergent, capitaine de gendarmerie en août 179a, lieutenant-colonel de la 35* division de gendarmerie le 9 avril 1793, adjudant général chef de brigade le 1 0 juillet 1793, général de brigade le is et de division le i5, commandant en chef de Tarmée des Côtes de ia Rochelle le 36 et confirmé le 37 juillet, suspendu par les représentants Bourdon de l'Oise et Goupilieau de Fontenay le 99 août 1793, rétabli dans ses fonctions par la Convention le 98 du même mois, général en chef de l'armée des Côtes de Brest le 1*' octobre 1793, destitué le 98 floréal an 11 (17 mai 1794), décrété d'arrestation le i5 thermidor ( 9 août 1796 ) et le 5 prairial an m {ah mai 1790), mis en liberté le 3 brumaire an i¥ (95 octobre 1799), arrêté le 99 floréal an iv (11 mai 1796) comme
complice de Babeuf, acquitté par la hautecour de Vendôme le 7 prairial an t ( 96 mai 1797), déporté aux lies Seycheiles en vertu de l'arrêté consulaire du ih nivôse an n (& janvier 1801), mort â l'fie d*Anjouan en avril 1809. Rossignol a laissé des Mémoirff, dont M. Ch.-L. Chassin a donné une partie dans sa Vendée patriote (cf. t. I, p. ^83 et t. II et III), etqueM. Barrucand publie dans la Revue Uanchê,
^*) Rossignol avait été nommé général en chef de l'armée des Côtes de la Rochelle le 9& juillet. Le 3 1 du même mois il écrivait aux représentants du peuple : «Je voudrais pouvoir sauver ma patrie, qui m'est plus chère que tous les grades que la Répubfique m'a jusqu'à présent conférés. Mon peu de C4ipacité pourrait, tout en voulant le bien, occasionner le mal, sans le vouloir; mais je saurai mourir dans le combat et non sur l'échafaud.)) Rossignol terminait sa lettre en demandant des brevets de général de division pour Ronsin et pour Santerre, puisque les sans-culottes remplacent enfin les intrigants et les traîtres. (Cf. Lticnne Charavay, catalogue Benjamin Fillon, n* 9779.)
'^) Cette expédition eut lieu le 7 septembre 1793 et fut conduite par les généraux Salomon et Turreau. (Cf. Savan', Guerret det Vendéenê et det Ckouan», II,
[osfPT. 1793.] CORRESPONDANCE MILITAIRE DU COMITÉ. 117
de canon étaient le signai convenu pour prévenir les Iroupes du Pont-de-Cë de Tarrivëe de Tarmëe, et pour qu'aussitôt elle raccommodât le pont, afin d'opérer la jonction des deux armées et attaquer les brigands en queue, pendant qu'on les chargerait en tête. Un peu de lenteur fut apportée à cette opération du côté du Pont-de-Cë, ce qui retarda la victoire qui se décidait déjà en notice faveur; car Tennemi , profitant de cela , fit une vigoureuse résistance et débusqua d'une hauteur très avantageuse une partie des bataillons qui l'occupaient; mais bientôt cette position fut prise d'après les ordres du général Turreau ^^K Danican ^*\ colonel des hussards du 8*, s'y porta avec intrépidité, chassa l'ennemi, et par cette action décida absoloment la victoire en notre faveur. L'ennemi fut repoussé deux lieues au delÀ; il perdit au moins 1 5o hommes, sans compter les prisonniers. Les repaires des rebelle» furent incendiés , les moulins des royalistes et les communes d'Erigné et Mors furent livrés aux flammes, les bestiaux saisis. On n'épargna qu'un moulin appartenant à un patriote. Le 93* régiment de chasseurs, les gendarmes
0) Louis-Marie Turreau, né à Évreux (Eure) le 6 juillet 1766, surnuméraire aux gardes d'Artois en 1786, commandant d*uii bataillon de garde nationale en 1791, élu chef du S* bataillon de l'Eure le 1 6 septembre 17991 adjudant générai chef de brigade, générai de brigade le 3 o juillet 1 793 et de division le 1 8 septembre sui- %iint , commandant en chef de Tarmée des Pyrénées orientales le 16 septembre 1793, envové à Tannée de TOuest le i4 brumaire an n (4 novembre 1793), suspendu le a6 floréal ( i3 mai 179Û), commandant de la place de Beilisle le 1" prairial (30 mai 179^), destitué le sa fructidor (8 septembre), arrêté le 7 vendémiaire an m (a8 septembre 179a), acquitté le 1" frimaire an iT ( 9 9 novembre 1 79/i ) , employé à farmée de Sambre-et-Meuse le 39 fructidor an V (8 septembre 1797) et h cdle d^Italie en frimaire an vni (décembre 1799)1 commandant du Bas- Valais le 5 brumaire an x(97 octobre 1801), ministre aux États-Unis de i8o4 à 1811, baron de Linièresie i3 mars 1813, commandant la 9 1' division militaire le a A mars i8i3« commandant par intérim la rive gauche de la Seine le 37 juin 1 81 5 , admis à la retraite le & septembre suivant, mort à (kinches (Eure) le 10 décembre 1816.
n a laissé des Ménoireê sur la guerre de Vendée.
^*î Louis-Michel- A uguiite Thévenet, dit
Danican, né à Paris le 38 mars 176/i, fils d'un employé aux aides, volontaire de 1** classe sur la frégate l'Amphitrite du 7 juin 1779 au 7 février 1781, engagé au régiment de Barrois-Infanterie le 36 novembre 1783, congédié par grâce le 3 A avril 1786, engagé au régiment de Quercy-Cavalerie le 17 décembre 1786, congédié par grâce le so septembre 1787, admis dans la compagnie des gendarmes de la Reine le 5 décembre 1787, réformé avec le corps le 1" avril 1788, entré dans la garde nationale parisienne non soldée le là juillet 1789, lieutenant dans la légion du Midi le 35 juillet 1793, lieutenantcolonel du corps des éclaireurs ie 1*' octobre 1793, chef de brigade le 38 mai 1793, général de brigade à Tarmée de rOuest le 3o septembre 1793, suspendu de ses fonctions le 37 novembre suivant, réintégré et employé à Tarmée des Côtes de Brest le a a avril 179a, démissionnaire le 11 septembre 1796, un des chefs des sections royalistes ie 1 3 vendémiaire an iv (5 octobre 1796), condamné à mort par contumace ie 39 (31 octobre 1796), réfugié successivement à Hambourg, en Suisse, en Piémont et en Angleterre, mort à Itzehoe (duché de Holstein) le 17 décembre i8à8. Danican avait publié à Londres en 1796 un livre intitulé : Les brigandâ démasquée ou Mémoires pour servir à l'histoire du temps présent.
118 CORRESPONDANCE GÉNÉRALE DE CARNOT. [9 sept. 1793.]
nationanx, les hussards et plusieurs bataillons se sont parfaitement bien distingués. L^ennemi a été mis dans une déroute complète.
Après cette expédition , i*armée est revenue k Brissac , où il a été laissé un poste assez considérable pour protéger cet endroit D a été laissé paiement des troupes au Pont-de-Cé. Déjà le soldat, tout glorieux de ce succès, voulait continuer sa marche sur Tennemi et ne lui donner aucune relAdie; mais la nouvelle que je reçus de la défaite de la division de Tuncq^'^ i Ghantonnay <*', m'obligea de donner des ordres aux généraux de Tavant-garde de l'expédition du Pont-de-Gé, de ûûre entrer promptement Tannée k Doué , afin de porter des forces k cdle de Thonarcé. Mes ordres furent exécutés aussitôt : une très grande partie de Tannée rentra; les généraux ne conservèrent que 9,000 hommes environ, avec 9,000 hommes de contingent, pour faire le lendemain Texpédition arrêtée le jour entre eux au Poni-de-Cé. Le 8, cette petite armée se porta en partie à Thouaroé, repaire des rebelles, où ils avaient leurs forces et leur comité, oà se formaient les noyaux de leurs rassemblements; Tautre partie de Tarmée resta au chemin coupé de la croix , pour prot^fer la retraite , en cas qu'on fàt obligé de la faire. Le oommandement de cette expédition fut confié k Danican , colonel des hussards , et k Tadjudant général Salomon ^'^. A peine Tarmée fut-elle arrivée que Taetion s'engagea. On tna
O Augustin Tuneq, né i Gonteville (Somme) le 97 ao6t 17&6, fils d'un tÎMennd, v<4ontaire au régiment de Provence le 7 fémer 1767, seront le 1" janvier 1768, a déserté le do juin 1770, cavatier de la maréchaussée de Guyenne le 8 mars 1773, démissionnaire le 19 octobre suivant, archer-garde dans ia compagnie du prévôt général des monnaies le i3 mars 177&, capitaine de grenadiers dans la gaitle nationale de Chatou en août 1789, capitaine dans la légion des Pyrénées le
16 septembre 179a , adjudant g^érd lieutenant-colonel le 16 février 1798 et chef de brigade le 11 mai suivant, général de brigade le 19 juin 1793, employé à Tarmée des Gâtes de la Rochelle le 9 3 du même mois, suspendu le i3 août 1798, maintenu dans ses fonctions et nommé général de division provisoire par les représentants le 1 & et confirmé le 1 7 août , mis en arrestation le 1 9 septembre 1 793 , mis en liberté et réintégré dans son grade le
17 août 179A , employé A l'armée des Côtes de Brest le 6 août 1 796 , autorisé A prendre sa retraite le 1*' janvier 1 796, employé k Tarmée de Rhin et Moselle du à mars au 17 septembre 1796, arrêté A Phalsbourg le 7 mars 1797, acquitté par le conseil de
guerre le 8 août, admis an trûtement de réforme le 9 septembre 1797, employé dans ia i5* divinon militaire le ai août 1 799 « réadmis au traitement de réforme le 91 décembre suivant, mort à Paris h l'hôpital du Val-de-GrAce le 9 février 1 800, des suites d'une chute de cheval.
(*) Cf. sur cette malheureuse affaire le rapport du général Lecomte au général Chidbos dans Savary, II , 117. — Le Gomité de salut public mit le général Tuncq en arrestation le 19 septembre 1798 (cl Aulard, VI, ààà) et écrivit à Booibotte : ffL*événement de Ghantonnay était de nature k fixer votre surveillance sur le général Tuncq. Vous avei pris k son égard des mesures dictées par la prudence. Il est en état d'arrestation; s^il est coupable, la loi le punira.» (Gf. Aulard, VI, &33.)
(*) Gharies- Augustin Sdomon, né k Boiug (Charente) le a 3 février 17^4, fils d'un trésorier de France k la généralité de Limoges, garde du coips du roi le la décembre 1 765 , sous-lieutenant au régiment de Jamac- Dragons le 18 octobre 177a, lieutenant le 5 mars 1786, capitaine au 3* chasseurs k chevd le aS janvier 1799, lieutenant-colonel le i*' septembre 1793, chef de brigade le 17 brumaire an n
[9nPT. 1793.] CORRESPONDANCE ItlUTAIRE DU COMITÉ. 119
pfaiâeim brigands sur les ponts; les autres prirent la fuite; on les poursuivit très loin, puis on revint à Thonaicë, où Ton mit le feu au comité qui se tenait à la cure. Toutes les rues étaient tapissées de proclamations de Louis XVII. Après avoir prévenu les femmes, les en&nts et les vieillards de prendre leurs effets et de se retirer auprès de Farmée, le feu fut mis k ce repaire, <jui fut entièrement détruit. n fut mis également à des genêts et des haies, ainsi qu*à la maison du ci-devant marquis de Maillé-la-Tour-Landry, qui servait de retraite aux chefs des brigands et où ils tenaient aussi leur comité ^^K Cette maison était au milieu des bois. Les femmes, les enfants et les vieillards furent traités conformément aux décrets, avec tous les ^ards possiUes. D n^est pas un citoyen qui ne se soit empressé de porter des secours à ces malheureux.
L*aiii6Hii avait enlevé de cet endroit toutes les provisions en disant aux habitants qu^ils allaient les porter plus loin, qu'ils venaient de nous battre aux buttes d'Erignë et avaient brAlé plusieurs de nos communes, qu'ils en allaient encore hrâler d'aatres, ce pourquoi il leur fallait des vivres.
Après cette nouvdle expédition Tarmée est rentrée dans Doué. Le soir même j'ai bit donner aux femmes, aux enfants et aux vieillards de Thouarcé tous les secours dus à Thumanité. Je les ai logés et mis en subsistance provisoirement, jusqu'à ce que le Comité de salut public ait tracé la conduite que je dois tenir k
CBîégBtÛm
Ces deux journées ont dâ produire un bon effet, en jetant la terreur et Tépouvante chez Tennemi et en mettant en garde contre eux les autres communes, et en leur faisant partager notre haine. L'armée, en général, a montré beaucoup d'intrépidité. Nous allons tâcher de réparer, par une marche simultanée et par une sorte d'invasion dans le pays ennemi, les revers qu'a éprouvés la division de Tnncq. La Vendée n'existera plus ou nous périrons.
Le général en chef, Rossignol.
P.-S. Je prie le Comité de salut publie de tracer la conduite que je dois tenir rdativement aux citoyennes de Thouarcé qui se sont réfugiées à Saumur. J'observe que nos subsistances pourraient en souffiîr, s'il nous en arrivait un grand nombre.
(Orig., Areh. de la gnerre, année des Gôtea de la Rochelle. — Pnbl. par le MonUmr da iS aeptembre i798<'>.)
(7 Dovembre 1793), aotoriaë k prendre sa (') Cette lettre fut lue dons la séance de
retraite le 17 germinal an vu (6 avril la Convention du i3 septembre. Le texte
17^). puUië par le Momtewr est incomplet du
(*> Le 1 a septembre , Boorbotte annonça post-scriptum et a plusieurs erreurs de lec-
au Gomilé de salut public la prise de ce ture : butUê dkignéa, au lieu de butUi
»mme, de sa femme et de ses en- ^Erigné; Damia», au lieu de Dankan;
ianta. (Cf. Aulard, VI, A3/ï.) Thouan, au lieu de Thouarcé.
LB GiN^RAL DB DIVISION CHARLBS HBSSB AU COMITE DB SALUT PUBLIC.
Analyse, — Il développe au Comité un projet infaillible de défense pour les places frontières ^*\
( Orig. , Areh. de la gaerre, eorr. générale.)
à à. PARIS, 10 SBPTBMBBB 1798 ^^^ LE COMITE DB SALUT PUBLIC AD MIlflSTBB DB LA GUBRRB BOUCHOTTB.
Analyse. — Envoi des eitraiis des pièces adressées au Comité par les représentants du peuple près l'armée du Rhin ^^K
(Orig. aig. par Garnot et Billaud-Varenne , Arch. de la gnerr* année do Rhin. )
(*) Le général Charles Ueaae avait été chargé, le h août 1793, de recevoir i Orléans les troupes de la garnison de Mayence , qui étaient dirigées sur la Vendée, et le général Rossignol avait écrit A ce sujet à Bouchotte , le 8 août : «Je suis étonné qu'un prince étranger soit chargé d'organiser à Oriéans Tannée que commande un sans-culotte. Tous les républicains pensent comme moi et vous conjurent d'envoyer un homme plus recommandable par sa naissance et surtout par ses principes, n (Cf. Ghassin, La Vendée potriatê, m, ta et i3.)
^*) Gamot est présent à la séance du Gomité. (Cf. Auiard, VI, Zgb.) H rédige et écrit un arrêté accordant une indemnité aux ouvriers de la fabrique d'armes de l'esplanade des Invalides. — Ce même jour, Camot fait prononcer la destitution des administrateurs de la manufacture d'armes de Moulins pour n'avoir pas, depuis dixhuit mois, fourni aucune arme à la République. (Cf. lettre du Comité k Legendre de la Nièvre, en date du 8 septembre 1 793 , (p. io3). Enfin il rédige le décret de la Convention résiliant le marché passé le 93 février 1799 entre le ministre Narbonne et l'entrepreneur de la manufacture
d'armes de Moulins, supprimant le conaeil d'administration de cette manufacture et ordonnant au ministre de la guerre de passer de suite un nouveau marché aux conditions les plus avantageuses à la République, [lequel marché n'aura son effet qu'après sa ratification par le Comité de salut public. (Orig. aut. sig., Arth. nat,, G 968.)
^^ Ces pièces sont les suivantes : 1* Lettre des représentants Borie , Milhaud et Ruamps au Comité de salut public, en date de Wissembouig, aS août 1793. (Cf. Auiard, VI, 11 3.) ~ 9* Arrêté de MUbaud et Ruamps, en date de Wissembourg, 9 3 août 1793, acceptant la démisnon d'Alexandre Beaubamais et le remplaçant par Landremont — 3* Lettre de Milhaud et Borie, en date de Wissembourg, 95 août 1 793 , transmettant une lettre du chef d'e»cadron Alexis Dubois, qu'ils ont nommé la veille général de brigade. — &* Lettre du général Alexis Dubou aux représentants, en date de Haguenau, 9 5 août 1793.
En marge de la lettre, on lit cette mention autographe de Bouchotte : «Observer en général aux représentants du salut public que beaucoup des objets qu'ils renvoient portent des dates anciennes.»
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