CARNOT AU REPRESENTANT LAURENT LE GOINTRE
Paris, ce 9 3 septembre 1798.
CÀH9I0T i LE COINTHE,
Le rapport que tu me demandes (*), cher collègue, sur Stetteifhoffen ne peut se faire et me parait non seidement inutile, mais nuisible peut-être au brave général. Il ne peut se faire , parce que je n'ai rieo d'officiel sur sa conduite dans la Belgique, et c'est sur ce point qu'il est attaqué par ses ennemis. Il est inutile, parce que Stettenhoffen ne demande point de service, mais une pension de retraite. Or le ministre convient qu'il a droit à cette pension et il doit la proposer au premier jour. Enfin le rapport peut lui nuire; car il a des ennemis, tu ne l'ignores pas, et la justice peut se trouver étouffée par la haine. Gomme il n'y a que moi qui puisse rendre témoignage au civisme et aux qualités militaires de Stettenhoffen, puisqu'il n'y a que moi qui ait été à même d'observer sa conduite, il m'est impossible d'inspirer aux autres l'intérêt que la justice et l'humanité me commandent à moi-même.
Garnot.
(Impr. dans Laarent Le Gointre, Lm mmet de aept iMmhrei du ânâtm comilét dt tmbu pîiÂUc et de tûnti génèràU , p. 161, note 1. )
LE GOMITii DE SALUT PUBLIC \ ROBERT LINDET, \ CAEN.
àV lŒPRBSENTàfiT DU PBVPLB UNDET, À CàEN,
La Gonvention nationale, cher collègue, ayant supprimé tous les commissaires du Gonseil exécutif, ceux qui étaient chargés de la fabrication des piques qnt dû être compris dans cette suppression; mais depuis lors la Gonvention a autorisé les ministres à nommer des agents: ils peuvent donc reprendre leur mission.
(') Cf. ia lettre de Le Cointre à la date du 9g septembre, p. iHh.
[aSsEPT. 1793.] CORRESPONDANCE MILITAIRE DU COMITÉ. 195
Quant à la nature de cette mission, elle a été jugée utile, puisquelle a été ordonnée par décret et qu'il faut bien suppléer de quelque manière à la pénurie des fusils. L'expérience prouve d'ailleurs que larme blanche réussit très bien entre les mains des Français. On ne peut donc discontinuer la fabrication des piques sans un motif puissant, tel que serait par exemple celui qui la fait suspendre à Paris. Ce motif, c'est la fabrication extraordinaire de fusils qui absorbe tous les fers et tout le temps des ouvriers. Si donc la même raison avait lieu dans votre arrondissement, il serait à propos de changer de même la destination des fers , qui seraient plus utilement employés à faire des fusils. C'est à vous , cher collègue , de prendre à cet égard des renseignements comme de décider des formes que vous jugerez les plus convenables à donner aux fers des piques , si vous en faites fabriquer. Ici l'on a adopté celle du maréchal de Saxe , mais rien n'empêche que vous n'en adoptiez une autre, si vous la jugez plus avantageuse^^).
Salut et fraternité.
A expédier : Cabnot.
(Mioute aat. de Caniot, Areh. nat., AF 11 967.)