‹ Correspondance générale de Carnot (volume 2)Chapitre 62 sur 147 · ET DES ARDENNES · texte numérisé non relu

ET DES ARDENNES

Ijes représentants dn peuple composant le Comité de salut public arrêtent que lear coll^^e Camot se rendlra sans délai aux armées du Nord et des Ardennes pour se concerter avec les représentants du peuple près ces armées et les généraux sur les mesures à prendre pour la défense de la frontière ^*K

A Paris , le aS septembre 1 ygS , Tan 11 de la République.

B. BARkBB , HERAULT, C.-A. Prieor.

(Orig. aat. de Prieur, Areh. nal., AF 11 aA&. — Ampliation lignée par Hérault, BUland- Vareone, C.-A. Prieur, Prieur de la Marne et Barère, Areh. de la famille Camot.)

<*) L'armée du Rhin n^ayant pas reçu de ^^ Le même jour le Comité délivra k

renforto et d^umie d'un chef habile, Camot un passeport signé par Biilaud-Va-

laiflsa forcer les lignes de Wissembourg par renne et Barère (orig. , Arch. de la faroiiie

Wurraser le 1 3 octobre 1 793. Camot). Le lendemain s 4 , Camot rédigea

198 CORRESPONDANCE GÉNÉRALE DE CARNOT. [ah sept. 1793.]

9 3 8BPTBUBRB 1793. LB âbl^RAL FBBRAIID AU COMITE DB SALUT PUBLIC.

Anaii/seu — D envoie la copie d'une lettre qu'il a adreseée au ministre de la guerre et au général Jourdan sur Tattaque du bois du Tilleul et sur Tarreslation (lu reprësentsjnt Drouet.

(Analyse, Arth. de la guerre, reg. du Comité de talat pablic, D, fol. 6a8.)

LB MINISTRE DE LA GUERRE BOUG^TTB AU COMITE DE SALUT PUBLIC

Analyse, — Envoi d'une copie d'une lettre du général Moreaux au général Schauenburg relative k un échec éprouvé par la petite armée qu'il avait tirée du corps des Vosges pour attaquer Pirmasens ^^K Le capitaine d'arûiierie de Belie ^*^ a sauvé ses canons et ses caissons.

(Orig., Arth. de la gaerre, armée de la MMeDe.)

PARIS, uà SEPTEMBRE 1793.

JOURDEUIL^'^ ADJOINT DU MINISTRB DE LA 6UERRB, AU COMITE DB SALUT PUBLIC.

Analyse, — Envoi de la copie de la capitulation du Quesnoy. trCette transaction honteuse faite avec l'ennemi ne peut être que l'ouvrage d'un trattre et d'un

Tarrété suirant (cf. Aulard, Vil, 98) : «Le Comité de sdut public arrête que le maître de poste de Paris fournira trois chevaux de Umonière au porteur pour demain a 5 du courant, six heures précises du matin. » Cet ordre nous apprend que Camot partit pour Tannée du Nord le a 5 septembre ] 793. La destitution de Houchard et son remplacement par Jourdan étaient en partie la cause de cette mission, qui ne dura que jusqu'au 98.

(*) Cf., p. i53, la lettre du général Schauenburg au Comité de salut public, en date du 16 septembre 1793.

(') Jean-François-Joseph de Belle, né à Voreppe (Isère) le 99 mai 1767, canonnier an régiment d^artillerie d^Auxonne le r' octobre 1789, sergent le 1" janvier 1786, lieutenant le 1" septembre 1789,

capitaine le 18 mai 1791, adj'udant général chef de bataillon provisoire à Tannée de Rhin-et-Moeelle le 19 novembre 1793, général de brigade provisoire le 10 janvier 1 79& , chef de brigade d^artillerîe le 9 mars 179&, général de brigade provisoire le a septembre i79&« confirmé le 6 novembre suivant, général de division le 16 novembre 1796, commandant en chef Tartillerie de Tannée de Saint-Domingue le 7 décembre 1 801, mort k Saint- Domingue le 1 5 juin 180 a. Il était beaufrère du général Hoche,

(') Didier Jourdeuil, administrateur du comité de salut public du département de Paris au 10 août 1799, avait été choisi par Boucbolle, le a août 1793, pour être adjoint de la 5' division du ministère de la guerre. (Cf. Autard, V, h^H.)

[ai SEPT. 1793.] CORRESPONDANCE MILITAIRE DU COMITÉ. 199

paijure. Tant de bassesse n^entra jamais dans le coeur d'un républicain. 11 est bien temps, je pense, de punir plus que par Tinfamie de pareils scâërats. Leur âme n'est point susceptible d'un tel sentiment ^^K »

(Ori^., Arch. de la guerre, armée du Nord.)

ARRAS, 3& SBPTBIIBRB 1793. LBS RBPRiSBlITAIfTS HBIITZ,

ihlE LAGOSTB BT PBTS8ARD AU GOMITJS DE SALDT PUBLIC ^^\

Arraa, le 9& septeiiibre 179S, an n de la Répnbfiqae une et indiviaible.

Citoyens nos collègues,

Berthefany ^'^ et Houcbard sont en arrestation depuis hier au soir ^^^ ; ils partent aujourd'hui pour Paris. Vemon n'était plus ici depuis trois jours; on le dit retourne chez lui.

(*) La capitulation est datée da Que»- Doj, 11 eeptembre 1793, et est signée, pour les Français, par le chef de brigade Gouihis, et, pour les Autrichiens, par le général Clerfayt

(^ jCette lettre n'a été qu'analysée dans le recueil Aulard, VII, 16, et sous la date du 93 septembre.

^^ Le nom de ce général est constamment orthographié par erreur Barthélémy.

w Hou<^ard avait été destitué par le Comité exécutif le as septembre et remplacé par Jourdan. Bouchotte avertit la Convention de cette destitution et de cdle des généraux Landremont et Schauenburg par une lettre <{ui fut lue à la séance du th septembre. Le lendemain s 5 le représentant Bries accusa, dans un mémoire sur Tctat de Tannée du Nord, le Comité de salut public de garder le silence et de ne pas prendre les mesures nécessaires. Barère prit alors la défense du Gondté et fonnida contre Houchard les accusations suivantes : «Quatre faits rendent Houchard infiniment suspect : le premier, de n'avoir pts jeté à la mer les An^ais après leur déroute; le second, de n'avoir pas taillé en pi^es les Hollandais qu'il tenait cernés; le troisième, de n'avoir donné qu'un mouve- Dienl partiel â l'armée et d'avoir laissé dans

l'inaction des troupes qui auraient pu être d'un grand secours, quand on assassinait la garnison de Cambrai dans un ravin; enfin, d'avoir abandonné Menin, laissé tailler les derrières de cette armée pendant la retraite, et d'avoir gardé le silence sur cette affaire. 7} Barère dit que ce n'est qu'après les renseignements fournis par Hentz que le Comité a pris le parti de destituer Houchard et de mettre à sa place un général sans-culotte, un patriote prononcé. «Quant aux nominations, ajoutet-il, que le Comité a concertées avec le ministre , il n'a appelé à cette régénération de l'armée que des sans-culottes par état et par principes, combattant pour leurs propres droits; car il est inouï que la noblesse, contre laquelle on se bat, dirige cette guerre dans le succès de laquelle elle a tout à perdre. Nous avons voulu ôler des armées les nobles, les Iriandais, les gens suspects. Nous l'avons fait avec les connaissances qiTa le ministre de la guerre dans ses bureaux, avec celles qu'ont recueillies Camot et quelques autres membres du Comité de salut public, ainsi que les représentants du peuple délégués à cette armée, anfin avec les notions que les bons citoyens s'empressent de nous donner sur tel ou tel militaire.» Après Barère, Rob*»8-

:200 CORRESPONDANCE GÉNÉRALE DE CARNOT. [ai sert. 1798.]

Nous irons dans la journée parler k la partie de Tannée qui est au camp de Gavi'elie; nous faisons imprimer une proclamation qui sera distribuée à toute Tannée du Nord. Elle motive Tarrestation.

Nous n'avons pas cm devoir différer cette arrestation jusqu'à Tarrivée du général Jourdan , dont nous n'avons pas encore de nouvelles. D était k craindre qu'Houcliard ne fût instruit de sa suspension; et Ton peut pensera quoi c^edt été s'exposer cpie de laisser le commandement k un honune qui sait qu'il est accusé cl qu'il va le perdre.

Nous avons d'abord jeté les yeux sur un officier général qui fiit sur les lieux pour commander jusqu'à Tarrivée de Jourdan ; nous n'avons trouvé ici que le général Duquesnoy ^^K □ est aimé des soldats qu'il a conduits avec bravoure an

pierre, Jeanbon Saint-André et Bîltaud- Varenne parlèrent dans 1c même sens, et la Convention déclara que le Comité de salut public avait toute sa confiance.

(') Florent -Joseph Duquesnoy, né k Douviçny-Doieflles (Pas-de-Calais) le 97 février 176] (son acte de baptême a été publié par M. Paul Marmottan dans son étude sur U général Fnmeniin, p. 187), fils d'un fermier, carabinier le 10 mars 1783, congédié le 10 mars 1790, capitaine au &' bataillon du Pas-de-Calais le a8 janvier 179a, et au &' bataillon de chasseurs francs du Nord le 16 novembre suivant, général de brigade à Tannée du Nord le 3o juillet 1793, commandant le camp sous Caascl en août 1798, général de division le 3 septembre 1798, passé a Tannée de TOuest le 7 fnmaire an 11 (97 novembre 1793), su^ndu le a 5 floréal an m (t4 mai 1796), autorisé à prendre sa retraite le 11 nivôse an it (1" janvier 1796), obtient une pension de 800 livres le 5 thermidor an iv(93 juillet 1796), entré à cause de ses blessures à Thôlcl des Invalides, où il mourut vers la fui de Tannée 1796. Il était frère du conventionnel.

Quand Duquesnoy fut nommé général de brigade, il écririt au préaident de la Convention la lettre suivante, qui fut lue dans la séance du la aoât 1793 (Orig.

aut., Arrh. nal., C s 65, 609) :

(r(atoyen président, ^Ià: Conseil exécutif provisoire \ient de

mVIever au grade de général de brigade et me donner le commandement du camp sous Caasel. Moins instruit que léié, j*ai contemplé Tétendoe des fonctions d^nn général , mais j*ai cru que refuser ce grade on pourrait m'accuser de timidité ou de tiédeur pour la chose publique. Je me suis donc entièrement consacré au service de la République. Je vous prie donc, citoyen président, d'assurer T Assemblée nationale de mon entier dévouement; elle peut compter sur ma fermeté à mon poste, sur mon activité dans mes fonctions et sur ma résolution bien déterminée de cesser d*exLster avec Tunité et Tindivisibilité de la République , si le peuple français pouvait perdre la plus juste des causes contre les de^trs de toute T Europe.

«Je suis avec respect, citoyen président,

«Ls gémértd dé brigade,

cDdquisrot.ii

Sa nomination au grade de divînonsionnaire provoqua la lettre suivante de son frère k Boudiotte (Orig. aut, coll. de M. Etienne Charavay) :

«Arru, ic t5 MpCcmbre «798, l*ae II de la Répabliqv* oae «t iodivîsifale.

trLs repréêentant du peupU DuquuÊHnff envoyé prèi l'armée du Nord, au citoyen BouehoUe, miniêtre dé la guerre.

ffraurais désiré, citoyen ministre, qu'avant de porter mon frère au grade de général de division vous m'ayes consulté; non pas que je doute do son civisme, mais

[%i SEPT. 1793.] CORRESPONDANCE MILITAIRE DU COMITÉ. 301

fea et à la victoire dans i^afEaire toute récente de Wervicq, près Menin. 11 est puissamment secondé du citoyen Emouf , qui arrive.

Nos prisonniers ont évite à la gendarmerie nationale que nous avions envoyée les saisir la peine de les mettre en arrestation. Berthelmy, travaillé par Tinquiétude , était ici ; il vint nous demander pour lui des chevaux de luxe. Comme Duquesnoy le général n'était pas encore arrivé, nous le remîmes à une heure pour lui donner réponse. Il s'est rendu à Tépoque; même embarras de noire part, autre rendez-vous pour quatre heures. Dans Tintervalle il a été vraisemblablement instruit de ce qui l'attendait, car il n'a envoyé que ses chevaux et son domestique l'attendre à notre porte. Il s'est présenté pour monter à cheval et aller h toute bride an quartier général , mais alors Duquesnoy était là , avait accepté le commandement provisoire; Lacoste, l'un de nous, s'était mis sur la porte en embuscade et a fait mettre l'embargo sur l'homme. Il a été fort décontenancé, il a gémi en allant k la maison d'arrêt et nous sommes convaincus que nous renversons une des grandes batteries de l'ennemi.

Houchard a été instruit de l'arrestation de son cher Berthelmy par le domestique de celui-ci. Vite il est accouru lui-même fort affairé voir ce que c'était; nous le lui avons dit et qu'il était lui-même en arrestation. 11 en a paru moins étonné que Berthelmy; mais il a trouvé fort dur de ce que nous Ts^yons traité républicainement en ne mettant pas de difféi-ence entre son an*estation et celle d'un simple soldat, entre le lieu de sa détention et celle des autres citoyens. Ces ffénéraoT qui ne font qae commander ont de ]a peine & obéir.

Nous allons vous envoyer les autres qui sont dans l'armée; nous pouvons vous assurer que pas âme ne sourcillera de cette arrestation, qu'elle fera le meilleur effet pour l'esprit public de l'armée, qu'elle désaccoutumera k s'engouer des hommes.

D'ailleurs tout le monde s'étonnait, comme vous et comme nous, dé l'étrange conduite d'un général qui , après avoir vaincu trois fois en perdant de braves soldats, finit par se mettre sur une humiliante défensive et laisse travailler l'ennemi k l'aise.

Ces messieurs vont vous dire les plus belles choses du monde, mais vous ne serez pas leurs dupes. Les &its sont là et nous nous attendons à en apprendre bien d'antres. On va les dénoncer aujourd'hui qu'ils ne sont plus en place. Nous leur prouverons qu'ils désorganisaient tout, qu'ils dégoûtaient les patriotes purs et ne mettaient en avant que des intrigants. Vous verrez par nos notes signées Peyssard et Lacoste qu'ils livraient ce pays-ci à l'ennemi et laissaient couper la communication entre l'intérieur et les deux départements du Nord et du Pas-de-Calais, si on n'eàt rompu leurs mesures.

Os avaient âoigné de ce point important tout ce qui observe : le général d'Avaine, qui connaît le pays, était envoyé par eux vers Cassel. Le général de

parce que j'appréhende que ce grade soit On lit en tête de cette lettre, qui fait

au-dessus de ses forces. honneur aux scrupules et au patriotisme

«Salut et fralemitë. de son auteur : «Une réponse honnête. —

ffDijQi]R9ifor.ff R<^pondu le 5 octobre.»

202 CORRESPONDANCE GÉNÉRALE DE CARNOT. [%h sert. 1793.]

division Duquesnoy, dont ils ne pouvaient se passer, ils le faisaient valser de gauche k droite et de droite k gauche. D n*y avait ici presque point de généraL Nous sommes plus convaincus que jamais de la trahison de ces hommes4à ^^\

Houchard, après son arrestation seulement, nous a prévenu que Temienii se portait en force sur Maubeuge. U nous a montré les plus vives inquiétudes sur le sort de cette place, dont il regarde ia conservation comme Tobjet de la plus haute importance. Nous en bisons part k nos collègues de Maubeuge et an général qui commande U. L*armée des Ardennes, qui est k portée de Maubeuge, pourrait lui porter de grands secours.

I^ général Jourdan , qui vient de ce pays-là , saura si Tavertissement d*Houchanl est vrai; il prendra sûrement les mesures nécessaires. U ne sera s&rement pas comme Houchard qui nous a assurés , quand il était pris , que la République n^avait pas assez de monde pour se défendre.

Le$ repréêenkmit du peuple tnvoyiê près F armée du Nord, Hentz, Petssard, Élie Lacoste.

( Orig. aat de Heoli, Areh. de la guerre, armée da Nord.)

GUISB, 9 & SEPTEMBRE 17^3.

LE GlSNlfRAL JOURDAN AU MINISTRE DE LA GUERRE BOUCHOTTE.

GaiMf le 9& septembre 179S, Tan 11 de la Répabliqae ane et iodiviaible. LE GÀNinAL JOUnDÀN AU MUflSTRÉ DE LA GUEERE.

y ai reçu hier k Maubeuge, citoyen ministre, votre lettre par laquelle vous me prévenez que le Conseil exécutif m'a nommé pour commander en chef Tannée du Nord à la place du général Houchard, destitué (*'. Je me suis mis de suite en

^*ï Lp iD^me jour, a 4 septembre , les représentants Hentx , Élie Lacoste et Peyssard aiiiuvir^rent à Tarmée du Nord par une proclamation Tarrestation de Houchard (placard in-fol., Arch. nat., W 996, numéro ii 5o ) : (r Soldats républicains , disaientils, la Convention nationale a toujours ses regards sur vous; vous ^tes les objets de sa plus tendre sollicitude, et lorsqu'un général, au lieu de vous conduire dans le champ de la victoire, prépare des défaites par la trahison, elle le frappe avant qu*il ail consommé ses attentats. Vous applau-

direz donc à ses mesures; les républicains ne voient que la patrie , et Houdiard n'est plus rien i vos yeux : il était indigne d*étre votre chef, dèa que le salut de ta République ne commandait pas toutes ses actions et que la trahison dirigeait ses mouvements.»

Le lendemain aS septembre, le général Duquesnoy annonça la destitution de Houchard dans son ordre du jour aui soldais. (Arch. do la guerre, armée du Nord, reg. XIII Ifii, p. 93.)

<*) Le 9Q septembre 1793.

[îiisEPT. 1793.] CORMSPONDANCE MILITAIRE DU COMITÉ. 203

roate pour me rendre au quartier générai de cette année ^*) et j^espère y arriver dans la journée ^*^

JoURDiN.

(Orig ant, Areh. adm. de la guerre.)

(^) Le quartier général de i*année du Nord était alors à Gavrelle, village du canton de Vimy, dans rarrondissement d'Arras. Jourdan y arriva le 9 5 septembre au soir et prit sur-le-champ le commandement.

W Jourdan, dans ses Mémoirei inédits, parle en ces termes de sa nomination au commandement de Tannée du Nord (Orig. aut, Arch. de la guerre) :

«Le général Jourdan, qui avait eu le bonheur de se distinguer à la bataille d'Hondschoote en enlevant les retranchements à la tête de ses troupes, nommé général en chef dans une circonstance aussi critique, représenta que, n^ayant ni les talents ni l'expérience qu'exigeait un commandement si important, il était de son devoir de le refuser; mais les commissaires de la Convention lui ayant rappelé un décret qui ordonnait Tarrestation de tout dtoyen français qui n'accepterait pas l'emploi auqud il était appelé, il fut contraint d'obéir et arriva au quartier générai de Gavrelle le 96 septembre.

«L'armée du Nord comptait à cette époque 106,000 hommes de troupes disponibles, dont 9,000 de cavalerie. Trentetrois mille sous le général d'Avaine étaient répartis dans les camps retranchés de Dunkerque, de Gassd et de Bailleul; vingt-huit mille sous le général Béru dans les camps de Mons-en-Pevèie, de la Madeleine-sous- Lille et d'Armentières; vingt-huit mille campaient k Gavrdle et Arieux, et quinte miUe sous le général Ferrand occupaient le camp retranché de Maubeuge. 11 y avait , en outre, trente-cinq mille hommes dans les places qui n'en pouvaient sortir qu'en vertu d'un ordre du ministre de la guerre ; ces garnisons étaient formées en grande partie de dépôts et de bataillons de réquisition non armés.

«Inférieure en nombre à celle des alliés, et surtout en cavalerie, l'armée était en même temps dans une situation pitoyable. Les généraux et officiers supérieurs, parvenus dans l'espace de peu de mois des rangs subalternes aux plus hauts grades, n'avaient encore que du xèle et du courage. Les troupes étaient dénuées d'effets d'habillement et d'équipement et les arsenaux dépourvus d'armes et de munitions.

La cavalerie souffrait de la disette des fourrages; enfin les anciens régiments, ne recevant plus de recrues depuis longtemps, étaient réduits de moitié. La Convention , par son décret du 9 3 août, avait prescrit, il est vrai , la levée de tous les Français de dix-huit à vingtrcinq ans; mais, en les autorisant à se former en bataillons et à choisir parmi eux les officiers, elle accumula sur la frontière des nouveaux corps privés de chefe expérimentés, qu'on ne put mener à l'ennemi que quand quelques mois plus tard le g^éral en chef eut obtenu l'autorisation de les incorporer dans les anciens cadres. D'ailleurs il était plus aisé de lever des bataillons que de les armer. Le plus grand nombre n'étaient munis que de piques et de bâtons. Cependant, comme ils figuraient sur les états de situation, le comité de gouvernement, qui fondait les forces de la République sur la multitude , croyait qu'on pouvait entreprendre les plus grandes choses

«L'armée des alliés, répandue sur la firontière du Nord depuis Mons jusqu'à la mer, ayant une cavalerie nombreuse et bien tenue, comptait cent vingt mille combattants: 70,000 Autrichiens, 36,ooo Aurais, Hanovriens et Hessois, et 16,000 Hollandais. Sa position était fortifiée des places de Coudé, Valenciennes et le Quesnoy, et dn la forêt de Mormal.»

20& CORRESPONDANCE GÉNÉRALE DE CARNOT. [ai sept. 1793.]

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