‹ Correspondance générale de Carnot (volume 2)Chapitre 63 sur 147 · LE GJN^RAL 9AG0BERT AU COMITE DE SALUT PUBLIC · texte numérisé non relu

LE GJN^RAL 9AG0BERT AU COMITE DE SALUT PUBLIC

Perpijrnao , If aA septembre J79S, Tan 11 de la Républiqae fnn^ùae.

LK GiNBRÂL EN CHEF DE L'ÀRMEK DES PfEiffiES OEIENTALES ÀUT CFT0TEE8 EEPEE- SENTANTS DU PEUPLE COMPOSANT LE COUni DE 8ALVT PVBUC DE LA CONVENTION NATIONALE,

Citoyens représentants,

Je sais arrivé k Perpignan le 19 au soir; je me rendis aussitôt chez tes représentants du peuple Fabre et Cassanyès. Vous aurez peine à concevoir mon étonnenient quand je les entendis me dire que tout était arrangé pour attaquer Tennenii pendant la nuit, sans attendre la petite armée que j'amenais de Mont-Libre, qui était encore k cinq lieues et qUi ne devait arriver que le lendemain. Ost craprès ces sollicitations d'attaquer que je m*y déterminai le 99 au matin : j'étais déjà pai'venu à éviter les i*etranchements et les batteries nombreuses dont le front du camp ennemi est hérissé et je m'étais porté sur son quartier général, j'étais entré dans les retranchements et j'étais maître du camp quand un gros de cavalerie venant h paraître a jeté l'épouvante dans ma troupe. Un officier de cette cavalerie s'avançant et proposant une capitulation, un capitaine du 61' r^^ent eut la lAchclé de proposer k sa troupe de se rendre et de fiiire la même proposition aux bataillons de volontaires qui se trouvaient auprès de lui. Malheureusement cet exemple n'a été que trop suivi; cependant le capitaine Bresson ^*\ qui commandait le bataillon du Gard , fit une réponse républicaine , se saisit du drapeau et prit le parti de s'enfuir k toutes jambes avec quelques braves de son bataillon , qui furent assez heureux pour évit^ la cavalerie qui les poursuivait. C'est ainsi qu'une victoire certaine et brillante m'est échappée et que j'ai été forcé de fiiire ma retraite, ce qui s'est exécuté en bon ordre , après avoir retiré toute mon artillerie. Je ne dois pas vous dissimuler, citoyens représentants, que je n'ai point été secondé et que c'est le bruit général de la ville et du camp qu'on a voulu me sacrifier. La cavalerie et l'élite de l'armée sont restés cachÀ derrière un bois sans faire le moindre mouvement, ce qui aurait déconcerté l'ennemi, car, pour peu que la cavalerie se fût montrée, die aurait rassuré notre infanterie et en aurait imposé à celle de l'ennemi. Au reste , à la perte près de 5 k 600 hommes qui ont lAchement mis bas les armes, la perte des ennemis aurait été plus considérable que la nôtre.

Il était loin de mon idée de vouloir incidper personne, mais j*entends que

(') Louis Bresson, né à Usés (Gard) le 9' bataillon des grenadiers du Gard ic

98 janvier 1768, entré au service dans ie fi6 aoàt 1799, chef de bataillon au 63* de

régiment de Languedoc le 96 octobre 1785, ligne le 3 mars 1807, commandant du

congédié le 95 août i79i> capitaine au Pont-Saint-Esprit ie 99 avril 181 5.

[aftsBPT. 1793.] CORRESPONDANCE MILITAIRE DU COMITÉ. 205

celïd-là même qui commandait Tâite de l'armée, qui avait toute la cavalerie avec lui, qui, loin de se rendre au lieu indiqué, est resté près d'une lieue en an*ière caché dans des oliviers, le général Goguet^'^ enGn, croit pouvoir se disculper en criant plus fort que moi. Il lui était désigné de se rendre devant Sainte-Colombe , ce qu'il n*a pas &it, puisqu'il est resté bien loin en arrière de l'autre côté de Thuir. S'il a eu le bonheur de venir en un an de médecin général de division , si le représentant du peuple Fabre , par sa grande liaison avec lui , a dessein de le faire commander l'armée , il était pour le moins inutile de me faire les instances qu'on m'a faites pour me faire accepter un poste où je ne suis airivé que malgré moi et où je serais bien aise qu'on me fit remplacer pai* quelqu'un qui ait plus de talents que moi , mais qui à coup sûr n'aura jamais plus de zèle pour le service de la République.

(Orig., Arch. de U gaerre, armée des Pyrénées orientales.)

DiGOBIRT.

THOUABS, â& SEPTEMBRE 1793.

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